Guerre civile rwandaise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Guerre civile rwandaise
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte du Rwanda avec les villes et les routes
Informations générales
Date 1 octobre 1990 - 4 août 1993
(2 ans, 10 mois et 3 jours)
(première phase, jusqu'aux accords d’Arusha)
7 avril - 18 juillet 1994
(3 mois et 11 jours)
(deuxième phase, jusqu'à la victoire du FPR) .
Lieu Rwanda
Issue

Victoire du FPR :

Changements territoriaux Rwanda
Belligérants
Rwandan Patriotic Front Flag.png FPR (front patriotique rwandais)
Soutien
Drapeau de l'Ouganda Ouganda
Drapeau des États-Unis États-Unis[réf. nécessaire]
Drapeau du Rwanda FAR (Forces armées rwandaises)
Flag of the Rwandan Democratic Movement.svg Interahamwe
Flag of the CDR of Rwanda.svg Impuzamugambi Soutien et présence militaire
Drapeau de la France France
Drapeau du Zaïre Zaïre
Commandants
Rwandan Patriotic Front Flag.png Fred Rwigema
Rwandan Patriotic Front Flag.png Peter Bayingana
Rwandan Patriotic Front Flag.png Paul Kagame
Drapeau du Rwanda Juvénal Habyarimana
Drapeau du Rwanda Déogratias Nsabimana
Drapeau du Rwanda Augustin Bizimungu
Forces en présence
20 000 FPR [1]35 000 FAR [1]


500 soldats des FAZ


688 soldats français[2]
Pertes
5 000 tués
Génocide : 800 000 morts (estimation ONU) - plus d'un million de morts (recensement rwandais)
5 000 tués
Peut-être 200 000 morts dans la population civile hutue d'après la journaliste canadienne Judi Rever

La guerre civile rwandaise (1990 - 1994) opposa l’armée patriotique rwandaise du Front patriotique rwandais (FPR) aux Forces armées rwandaises (FAR) de l’État Rwandais, fermement soutenu par l'engagement politique et militaire français. Cette guerre civile voire ethnique se déroula en deux phases au Rwanda : la première entre 1990 et 1993, année des accords d'Arusha, puis, durant le génocide des Tutsi, entre avril et juillet 1994. Il prit fin définitivement avec la victoire militaire et la prise du contrôle du pays par le FPR. Après une montée en puissance de 1990 à 1994 (arrestation de 10 000 Tutsis en et massacres de masse successifs sur cette période), le génocide des Tutsis intervient dans cette guerre civile comme solution finale de la deuxième république hutue pour tenter de rester en place. Cette guerre est parfois considérée comme « ethnique » mais l'assimilation des belligérants à des ethnies est aujourd'hui remise en cause[3].

Contexte[modifier | modifier le code]

Période coloniale[modifier | modifier le code]

Vers la fin du XIXe siècle, le mwami du clan dominant est Kigeli IV, qui meurt en 1895. En 1885, la Conférence de Berlin attribue le Rwanda à l'empire allemand. Les premiers Européens à pénétrer au Rwanda, en 1892 et 1894, sont Oscar Baumann et Gustav Adolf von Götzen. À leur arrivée, les colonisateurs allemands, puis belges trouvent une société qui ne correspond pas aux critères européens et décident de classer les populations en fonction de caractéristiques comme leurs activités ou leur apparence physique. Ils sont en particulier impressionnés par la monarchie rwandaise tutsi et assimilent les Tutsi en général à la cour royale et à une « race » supérieure. Les colonisateurs décrivent les Tutsi comme plus grands, plus beaux et plus aptes à diriger[4].

L'administration coloniale s'appuie donc sur les Tutsi, au détriment des mwami des clans hutu. L'ancienne distinction entre Hutu et Tutsi s'exacerbe, les Hutu étant considérés comme inférieurs dans la société coloniale. L'accès aux avantages, à l'enseignement et aux postes administratifs est réservé prioritairement aux Tutsi. Les termes de « Hutu » (roturier) et de « Tutsi » (noble) deviennent une référence identitaire essentielle pour les Rwandais, entraînant une différenciation antagonique de la société entre ces deux groupes. Le terme « ethnie » n'ayant pas d'équivalent en kinyarwanda, l'administration coloniale utilise à sa place le terme « ubwoko », qui désigne le clan[5].

L'histoire enseignée durant la tutelle belge décrit les Hutu majoritaires comme des fermiers d'origine bantoue, tandis que les Tutsi seraient un peuple pastoral arrivé dans la région au XVe siècle depuis les hauts-plateaux éthiopiens, d'un ADN nilo-hamitique mais des recherches ADN réfutent cette théorie colonisatrice et place leur arrivée vers le IXe siècle. Les Twa seraient les descendants, issus des Pygmées, des premiers habitants de la région.

Ces théories sont désormais fortement remises en cause. On tend aujourd'hui à considérer que les colonisateurs belges des années 1920, négligeant les références claniques, ont interprété de façon ethnique la structure socio-professionnelle de la population, sous l'influence aussi de l'organisation héritée des colonisateurs précédents, les Allemands, et ont ainsi appliqué une politique formellement appuyée par la Société des Nations qui avait confié à la Belgique la tutelle du Ruanda-Urundi[6].

Les Tutsi, érigés par le colonisateur en caste dominante[7], sont de plus en plus dénoncés par la majorité hutu à partir des années cinquante. Dans un texte publié le , le Manifeste des Bahutu, neuf intellectuels hutu dénoncent « l'exploitation » dont les Hutu seraient victimes. La revendication d'indépendance des Tutsi incite les Belges à renverser leur alliance au profit des Hutu. En novembre 1959 éclate la révolution rwandaise, accompagné de massacres ethniques qui entraîne le départ en exil de 300 000 Tutsi[7]. La majorité hutu prend le pouvoir, avec le soutien des autorités coloniales belges.

Après l'indépendance[modifier | modifier le code]

La première république est proclamée le 28 janvier 1961 et Grégoire Kayibanda, un Hutu, accède à la présidence de la République le 26 octobre 1961. L'ONU fixe au 1er juillet 1962 la date d'indépendance du Rwanda. La passation des pouvoirs et l'évacuation des troupes belges ont lieu le 1er août 1962. Le nouveau régime affronte des attaques des exilés tutsi, qui sont le prétexte de violentes répressions sur les Tutsi de l'intérieur, notamment en décembre 1963 où plusieurs milliers de Tutsi sont massacrés[8].

Pour maintenir l'unité politique, Grégoire Kayibanda instrumentalise les massacres de masse dont furent victimes les Hutu du Burundi en 1972, il justifie la crainte d'une menace des Tutsi rwandais. Les Tutsi, élèves et professeurs, sont systématiquement expulsés de l'enseignement, quelques-uns massacrés dans les établissements scolaires. Ces événements provoquent une nouvelle vague d'exode des Tutsi. Exploitant ces événements, Juvénal Habyarimana renverse Grégoire Kayibanda en juillet 1973, puis fonde un parti en 1975, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND). La même année, le président français Giscard d'Estaing signe un Accord particulier d'Assistance Militaire[9] avec le gouvernement rwandais. Entre 1987 et 1994, des livraisons régulières d’équipement militaire vers le Rwanda seront effectuées par la France[10]. En 1978, Habyarimana change la constitution et fait adopter un régime à parti unique, le MRND, dont tous les Rwandais sont membres d'office.

Protagonistes[modifier | modifier le code]

Front patriotique rwandais (FPR)[modifier | modifier le code]

Paysage des montagnes des Virunga, base des rebelles du FPR.

En 1960, les Hutus obtiennent l’indépendance du Rwanda, amenant 200 000 Tutsis à fuir en Ouganda en raison d'exactions, de persécutions et de massacres à leurs encontre. En 1987-1988, des exilés tutsis créent un parti politique, le Front patriotique rwandais (FPR), dans le but de négocier un retour des exilés au Rwanda. Il sera ensuite doté d’une armée, l'APR, dans le but de revenir par la force au Rwanda pour y installer un gouvernement et une armée ouverts à tous les rwandais, sans discrimination dite « ethnique »[11]. Ses principaux membres sont : Fred Rwigema, président fondateur du FPR, et secrétaire d'État à la Défense de l’Ouganda, puis conseiller du président Yoweri Museveni, Paul Kagame, chef de la Sécurité militaire, Sam Kaka, chef de la Police militaire, le Dr Bayingana, chef du service de santé de l'armée ougandaise, et le commandant Musitu, responsable du service d'entraînement[12].

Par la suite, des Hutus, dits « modérés », comme Pasteur Bizimungu, fuient le Rwanda gouverné par le président Habyarimana et rejoignent le FPR.

Forces armées rwandaises (FAR)[modifier | modifier le code]

Les forces armées rwandaises (FAR) représentent l'armée de l’État du Rwanda depuis l’indépendance du Rwanda en 1960. L’armée est composée presque entièrement de Hutus, selon l'ethnisme en vigueur au Rwanda de 1959 à juillet 1994.

Première phase (1990-1993)[modifier | modifier le code]

Déclenchement militaire du conflit et montée du péril[modifier | modifier le code]

Carte des zones contrôlés par les différents acteurs en février 1993.

Le conflit a commencé le , lorsque le FPR a envahi le Rwanda à partir de l'Ouganda[13]. Selon Human Rights Watch, si les troupes ougandaises n'ont pas participé aux combats[14], elles soutiennent logistiquement le FPR.[15] Fred Rwigema, président du FPR est tué dès le deuxième jour de l'offensive dans des circonstances obscures et non élucidées. Le FPR est d'abord stoppé par les FAR. Mais en février 1993 il lance une attaque de plus grande envergure au nord du pays. Des centaines de milliers de Rwandais sont obligés de fuir plus au sud à Kigali ou dans des camps de réfugiés insalubres. Pendant toute cette période les violences contre les Tutsis reprennent et dégénèrent parfois en pogroms comme dans les années 60. Les milices Interahamwe sont créées en 1992 ainsi que les milices Impuzamugambi bras armé de la CDR, la Coalition pour la défense de la République. Puis en 1993 la Radio-télévision libre des mille collines la RTLM propage l'idéologie du Hutu Power et lance ouvertement des messages de haine qui deviendront des appels au meurtre après l'attentat[16].

Engagement de la France[modifier | modifier le code]

Le président rwandais Juvénal Habyarimana demande de l’aide à son homologue français François Mitterrand qui lance l'opération Noroît le [17]. Le même mois, 500 soldats zaïrois sont envoyés au Rwanda. Leur manque de discipline et les abus dont ils se rendent coupables poussent à leur retrait au bout de quelques semaines.[18] La guerre pris fin le , avec la signature des accords d’Arusha[19].

L'exécutif français est accusé d'avoir soutenu à l'époque militairement un gouvernement sans prendre la mesure des signaux d'alerte quant au risque de génocide. Le rapport Duclert pointe du doigt cet aveuglement de la politique française au Rwanda entre 1990 et 1993[20].

Accords d’Arusha et intermède (1992-1994)[modifier | modifier le code]

Les accords d'Arusha, concernant le Rwanda, se sont déroulés de à par étapes successives entre l'État rwandais et le Front patriotique rwandais de Paul Kagame afin de mettre un terme à la guerre civile rwandaise commencée en 1990. Ce fut d'abord le ministre des Affaires étrangères, Boniface Ngulinzira qui dirigea la délégation rwandaise des négociations conduites à Arusha, en Tanzanie. Il fut remplacé par le ministre James Gasana qui mena les accords jusqu'à leur signature en .

Cinq accords furent signés à partir de . Le dernier accord fut signé le [21].Ces accords prévoient à terme l'intégration politique et militaire des différentes composantes internes (à l'exception des partis ouvertement racistes anti-Tutsi) et externes de la nation rwandaise (le FPR) et le départ des troupes françaises (à partir d'[21]). Une mission des Nations Unies, la MINUAR, fut créée le pour veiller à leur application. Le , la Minuar remplace l'armée française qui quitte le Rwanda le , mettant fin à l’opération Noroît, à l’exception de 24 AMT (assistant militaire technique) autorisés à rester pour des opérations de maintenance technique selon les accords de coopération militaire bilatéraux.

Au terme de ces accords, Faustin Twagiramungu devait former, à partir du , un gouvernement de transition consacrant la réintégration des exilés Tutsi. Fin , Un bataillon du FPR est autorisé à s'installer à Kigali, comme garantie de la sécurité des représentants du FPR qui devaient participer au nouveau gouvernement. Une assemblée nationale de transition est mise en place le . Préfigurant également l'intégration militaire des exilés, un détachement de six cents soldats du FPR fut autorisé par les négociations d'Arusha à s'installer dans les locaux du Conseil national de développement (CND) (ancien parlement rwandais).

La mise en œuvre de ces accords sera partiellement retardée par le président Juvénal Habyarimana, dont les alliés extrémistes de la Coalition pour la défense de la République (CDR) n'accepteront pas les termes. Ce fut d'abord le gouvernement du premier ministre Dismas Nsengiyaremye qui négocia les Accords d'Arusha puis celui d'Agathe Uwilingiyimana. Celle ci aurait dû être remplacée par Faustin Twagiramungu en vertu des accords. Cependant elle est assassinée le , le lendemain de l'attentat qui coûte la vie au président Juvénal Habyarimana et empêche également l'application des accords d'Arusha. C'est Jean Kambanda qui lui succède pour mettre en place la politique génocidaire du gouvernement intérimaire animé par les membres de Hutu Power.

Les accords d'Arusha ne sont définitivement appliqués qu'à partir du , date de la fin du génocide rwandais.

Avant le génocide, les accords de cessez-le-feu n'ont jamais vraiment été respectés sur le terrain. Durant l'hiver 1994 des caches d'armes et des attentats se sont multipliés dans tout le pays. Le climat d'insécurité est devenu de plus en plus pesant, d'autant plus que des réfugiés hutus du Burundi sont venus grossir les rangs des milices après le coup d'État d'octobre 1993.

Deuxième phase (avril-juillet 1994)[modifier | modifier le code]

Attentat du 6 avril et déclenchement du génocide[modifier | modifier le code]

Le mercredi , deux heures et demie après que la nuit est tombée sur Kigali, l’avion présidentiel rwandais est abattu par un missile sol-air, provoquant la mort des présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira. Le major Aloys Ntabakuze (en) va sur le lieu du crash et revient 30 minutes après au camp militaire de Kanombe. Fait remarquable, Il est accompagné d'un officier français, le Lieutenant-Colonel Grégoire de Saint-Quentin ou y retourne aussitôt après avec lui[22]. Le lendemain , il rassemble le bataillon paras-commando et lance l’ordre du massacre des Tutsi : « Habyarimana vient de mourir, par conséquent un Tutsi doit mourir où qu’il soit »[23].

Pendant la nuit, le comité de crise réuni pour former un gouvernement intérimaire rwandais, fait bombarder le CND (conseil national de développement) où loge le FPR et exécuter le dans les heures qui suivent leurs opposants politiques dont la Première ministre hutue modérée Agathe Uwilingiyimana, Déo Havugimana, Lando Ndasingwa, Faustin Rucogoza, Joseph Kavaruganda, Félicien Ngango, Frédéric Nzamurambaho

Le jeudi avril, vers 13 h, les FAR assassinent dix casques bleus belges. Trois heures plus tard, deux groupes du FPR sortent du CND : un groupe va au rond-point N4 et remonte jusqu’à l’hôtel Méridien et l’hôpital Roi Fayçal, pendant que l’autre va du côté de l’hôtel « Chez Lando » et remonte jusqu’au stade Amahoro où se trouve le QG de la Minuar[24],[25],[26],[27] .

Les effectifs de la MINUAR vont être drastiquement réduits et la mission des Nations-Unies n'aura pas les moyens d'empêcher le drame de se produire.

Déroulement du génocide[modifier | modifier le code]

Entre avril et juillet, les Tutsi sont massacrés par des milices Interahamwe, les FAR et la population civile. Entre 800 000 et 1 million de personnes sont tuées[28],[29].

Progression et offensive victorieuse du FPR[modifier | modifier le code]

Carte montrant la progression du FPR durant le génocide de 1994.

Selon une version française controversée, le vendredi avril, le FPR serait passé à l'offensive à Kigali, et serait responsable de l’assassinat des gendarmes Didot et Maier et de l'épouse de Didot. Les dates d'entrée en action du FPR et de l'assassinat des gendarmes français sont brouillées par des auteurs et officiers français. Les députés français datent l'entrée en action du FPR au [30]. Avec l’Italie et la Belgique, la France organise une réunion à Bruxelles pour coordonner le rapatriement des occidentaux. À 23 h 30, l’opération française Amaryllis et belge Silver Back sont lancés[31].

Le , la France lance l’opération Turquoise, une intervention « militaire et humanitaire » controversée, objet de suspicions concernant le rôle de la France dans le génocide. Le , Kigali est prise par le FPR. Le lendemain, le commandement de l'opération Turquoise crée une ZHS (zone humanitaire sûre) où se réfugient de nombreux Hutus. Dans les semaines qui suivent, le gouvernement intérimaire, les FAR et les Interahamwe, mais aussi des civils, soit plus d'un million de Hutus se réfugient au Zaïre (Région des grands lacs).

Le , le FPR contrôle l'essentiel du pays, mettant fin au génocide des Tutsis. Le , le FPR déclare un cessez-le-feu unilatéral, mettant ainsi un terme définitif à la guerre civile rwandaise.

Le 19 juillet, le FPR constitue un gouvernement de transition avec le hutu modéré Pasteur Bizimungu comme président de la République, Paul Kagame comme vice-président et ministre de la Défense, et Faustin Twagiramungu, hutu comme Premier ministre, respectant ainsi les accords d'Arusha. Le 22 août, l'opération Turquoise est terminée, remplacée par la Minuar II.

Le , les Casques bleus quittent le Rwanda.

En juillet 1994 la guerre civile est terminée mais elle se poursuit à l'extérieur contre les camps de réfugiés au Zaïre puis lors des deux guerres du Congo.

L'ONU et des ONG comme Human Rights Watch ont documenté les actes attribuables au FPR, actes qualifiés de violations du droit humanitaire et de crimes contre l'humanité[32].

La justice française à propos de l'attentat du 6 avril 1994[modifier | modifier le code]

Le juge Bruguière délivre en neuf mandats d'arrêt visant l'entourage de Paul Kagame[33]. Néanmoins, une expertise balistique effectuée ultérieurement dans le cadre de l'instruction menée par Marc Trévidic désigne les extrémistes Hutu en tant que commanditaires de l'attentat : l'abandon des poursuites dirigées contre les proches du président rwandais est ordonné en  ; le non-lieu est confirmé en par la Cour d'appel de Paris[34].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Le film Hôtel Rwanda sorti en donne lieu à de vives polémiques autour de l'authenticité du récit[35],[36]. Shooting Dogs, sorti la même année, est tourné sur les lieux même d'un massacre[Où ?] avec des rescapés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b IPEP 2000, p. 50.
  2. Rapport des députés français
  3. « Les « ethnies » Hutu et Tutsi procèdent de constructions idéologiques. Les mythes raciaux, forgés par les missionnaires et les colonisateurs à la fin du XIXe siècle et au cours de la première moitié du XXe siècle, qui assignaient aux Tutsi une origine éthiopienne ou centre-asiatique ont trouvé une actualité nouvelle dans les discours qui ont préparé, puis justifié l'extermination à partir de 1990. » Hélène Dumas et Stéphane Audoin-Rouzeau, Rwanda 1994 : le génocide des Tutsi, Paris, Mémorial de la Shoah, , 48 p. (ISBN 978-2-916966-69-4), p. 23. (livret d'exposition au Mémorial de la Shoah)
  4. « Les Batutsi très grands, doués de sens politique qui, pendant des siècles, ont exercé sur les autres une sorte de domination féodale. […] Sa stature était très haute, son teint brun-clair, ses traits fins et réguliers  » - Paul Dresse, Le Rwanda d'aujourd'hui, édition Charles Dessart, Bruxelles, 1940
  5. Traduction d'ubwoco - L'usage du terme ubwko pour désigner « l'ethnie » se perpétua sous les premières Républiques jusqu'en 1994
  6. Brice Poreau, Extension de la théorie de la reconnaissance : l'exemple du génocide rwandais, Paris, L'Harmattan, , 202 p. (ISBN 978-2-296-55572-3), p. 61, 65 à 67
  7. a et b Paul Quilès (Président), Pierre Brana et Bernard Cazeneuve (rapporteurs), Mission d'information sur le Rwanda - Tome I, Paris, Assemblée nationale française, , 413 p. (lire en ligne), p. 41 et s. : La mise en place du “piège ethnique”
  8. « L'extermination des Tutsis - Les massacres du Ruanda sont la manifestation d'une haine raciale soigneusement entretenue », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. Annexe du rapport du parlement français- Accord particulier d'Assistance Militaire - article premier « [...] pour l'organisation et l'instruction de la gendarmerie rwandaise » et dont l'article VII stipule que des fournitures d'armes sont possibles à la demande des autorités rwandaises.
  10. Pour une valeur de 591 millions de francs (ce qui correspond aux accords militaires que la France entretient avec toutes ses anciennes colonies). Rapport d’Information de la Mission parlementaire présidée par Paul Quilès à l’Assemblée nationale, décembre 1998, tableau p. 179
  11. Enquête sur la tragédie rwandaise, tome I, p. 112
  12. Gérard Prunier, « Eléments pour une histoire du Front patriote Rwandais », Politique africaine, no 51,‎ , p. 121-138, spéc. p.126-127 (lire en ligne)
  13. Abdul Joshua Ruzibiza Rwanda, l'histoire secrète, éd. du Panama, 2005, p. 108-109
  14. HRW1994, p. 24-25.
  15. HRW1994, p. 20-21.
  16. « Archives de l'Assemblée nationale »
  17. selon Abdul Joshua Ruzibiza, dans Rwanda, l'histoire secrète, éd. Panama, 2005), et selon les enquêtes d'André Guichaoua, professeur à Paris-I-Sorbonne, expert auprès du TPIR ([1]).
  18. HRW1994, p. 24.
  19. "Chronologie: Rwanda", BBC News, 8 août 2008; to support wording "ostensibly ended"]
  20. « Le rapport Duclert »
  21. a et b Emmanuel Cattier, « Le Chiffon de papier » : du premier accord d'Arusha à la rébellion des autorités de la France au Rwanda, Commission d'enquête citoyenne, , 91 p. (lire en ligne)
  22. Selon le Docteur Pasuch, voisin des deux officiers au camp militaire de Kanombe. Cf. Jacques Morel La France au cœur du génocide des Tutsi Izuba/L'esprit frappeur - 2010 p. 359 ou p. 373 de la Version 2.18 de 2017 téléchargeable sur le site de l’auteur
  23. Charles Bugirimfura, rapport de la Commission Mucyo, [20, Annexes, Témoin 17, p. 36]
  24. « Kigali, nuit du 6 au 7 avril 1994 », sur L'Humanité, (consulté le )
  25. Colette Braeckman, « Les heures poignantes du colonel Ballis au parlement rwandais », Le Soir,‎ , p. 3
  26. DGSE, Note no 18491/N du 8 avril 1994. Fiche particulière Rwanda. Analyse de la situation à 12 heures
  27. Colonel Balis, Audition de la Commission d’enquête parlementaire du Sénat belge [64, CRA 1-62, 29 mai 1997, p. 587]
  28. Frédérique Schneider, « Génocide au Rwanda, un million de morts en 100 jours », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  29. Jean-Marc Four et Franck Ballanger, « Le regard du pouvoir rwandais sur la France et le génocide de 1994 », sur France Culture, (consulté le )
  30. Assemblée nationale 1998 rapport sur le Rwanda p. 267 de sa version pdf R1271
    Cf. Jacques Morel La France au cœur du génocide des Tutsi Izuba/L'esprit frappeur - 2010 p. 477 et suivantes ou p. 501 et suivantes de la Version 2.18 de 2017 téléchargeable sur le site de l’auteur
  31. Bernard Lugan, Rwanda: un génocide en questions, 2014
  32. « Rwanda: Le Tribunal pénal international pour le Rwanda risque d’encourager une « justice des vainqueurs » », sur Human Rights Watch, (consulté le )
  33. Piotr Smolar, « Rwanda : le juge Bruguière met en cause le président Kagamé », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  34. Laurent Larcher, « Non lieu confirmé dans l’affaire de l’attentat du 6 avril 1994 au Rwanda », sur La Croix, (consulté le )
  35. « RWANDA. Paul Rusesabagina : et si le héros d’“Hotel Rwanda” était un salaud… », sur Courrier international, (consulté le )
  36. Marion Van Renterghem, « Hôtel Rwanda : le bûcher d’une vanité », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]