Aimable Pélissier

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Aimable Pélissier
(ou Pellissier)
Photographie du maréchal Pélissier par Roger Fenton, en 1855.
Photographie du maréchal Pélissier par Roger Fenton, en 1855.

Surnom Le Maréchal Duc, Le Maréchal de Malakoff, Le Duc de l'Armée, Le Duc Maréchal
Naissance
Maromme, France
Décès (à 69 ans)
Alger, Algérie
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Artillerie
Grade Général de division
Années de service 1818 – 1864
Conflits Expédition d'Espagne
Conquête de l'Algérie
Guerre de Crimée
Distinctions Maréchal de France
Grand-croix de la Légion d'honneur
Hommages Duc de Malakoff
Autres fonctions Gouverneur général de l'Algérie
Ambassadeur de France au Royaume-Uni
Grand Chancelier de la Légion d'Honneur
Famille PÉLISSIER (ou PELLISSIER)

Aimable Jean Jacques Pélissier, duc de Malakoff est un militaire français devenu maréchal de France, né le 6 novembre 1794 à Maromme et mort à Alger le 22 mai 1864. Artilleur de formation, il sert ensuite dans l'état-major et remplit à de nombreuses reprises les fonctions d'aide de camp. Il se distingue ensuite pendant la conquête de l'Algérie et en ressort quinze ans plus tard avec le grade de général de division. Appelé en Crimée pour y prendre le commandement en chef des troupes françaises, il est fait maréchal de France après la chute de Sébastopol le 12 septembre 1855.

Titré duc de Malakoff en récompense de cette victoire, Pélissier enchaîne les postes sous le Second Empire avant d'être nommé gouverneur général de l'Algérie en 1860. Il meurt dans l'exercice de ses fonctions à Alger, le 22 mai 1864. Bien que doté d'une réputation détestable en raison de ses manières brutales et de son franc-parler, il est considéré comme l'un des plus brillants militaires du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Du sous-lieutenant au gouverneur-général[modifier | modifier le code]

Aimable Pélissier naît le 6 novembre 1794 à Maromme, en Seine-Maritime. Fils de Pierre Pélissier, commissaire des poudres et salpêtres, et de Catherine Chartier, le jeune homme choisit la voie militaire et entre à l’Académie de La Flèche le 12 janvier 1814. Peu après, le 25 août, il intègre l'école de Saint-Cyr et en ressort avec le grade de sous-lieutenant le 18 mars 1815. À cette date, il est incorporé dans l'artillerie de la Maison du roi avant de passer au 57e régiment d'infanterie de ligne le 10 avril de la même année. Alors que se déroule la campagne de Belgique, il sert sur le Rhin avec son unité et ne participe donc pas aux combats. L'année 1815 s'achève par une affectation à la légion départementale de la Seine inférieure, corps au sein duquel Pélissier sert pendant quatre ans[1].

Il est ensuite affecté au corps d'état-major en 1819. En 1823, il fait l'expédition d'Espagne comme aide de camp et reçoit les croix de la Légion d'honneur et de Saint-Ferdinand d'Espagne. En 1828, il participe à la campagne de Morée et, à cette occasion, reçoit la croix de Saint-Louis. Il prend part à l’expédition en Algérie de 1830, ce qui lui vaut à son retour le grade de chef d'escadron. Après quelques années à l'état-major à Paris, il est envoyé de nouveau en Algérie, en 1844, et commande l'aile gauche française à la bataille d'Isly. Il occupe le poste de chef d'état-major de la province d'Oran avec le grade de lieutenant-colonel. La dureté de sa conduite après qu’il a étouffé une tribu arabe entière dans les montagnes du Dahra, près de Mostaganem, où elle avait trouvé refuge le 18 juin 1845, suscite une telle indignation en Europe que le ministre de la Guerre, le maréchal Soult, fait des excuses publiques. Toutefois, le maréchal Bugeaud, gouverneur-général de l’Algérie, non content de l’approuver, le nomme au grade de général de brigade jusqu’en 1850, date à laquelle il est promu général de division.

Le récit de l'enfumade est détaillée dans de nombreux livres, dont ceux de François Maspero, L'Honneur de Saint Arnaud, et de Olivier La Cour Grand Maison, Coloniser, exterminer : sur la guerre et l'état colonial, et Assia Djebar, L'Amour, la fantasia. Plusieurs centaines de personnes — guerriers, mais aussi femmes, enfants, vieillards —, poursuivies par les troupes du colonel Pélissier dans le Dhahra, se réfugient dans des grottes. Pélissier en ordonne l'encerclement et y fait mettre le feu. Il n'y a aucun survivant. Cette tragédie ne l'empêche pas pour autant d'être nommé une première fois gouverneur-général de l’Algérie en mai 1851, poste qu'il conserve pendant sept mois.

Maréchal de France[modifier | modifier le code]

Le maréchal Pélissier, duc de Malakoff. Huile sur toile d'Henryk Rodakowski, 1857.

En mai 1855, il est envoyé en Crimée, où il remplace le maréchal Canrobert comme commandant en chef des forces françaises devant Sébastopol. Son commandement se caractérise par une pression impitoyable sur l’ennemi et une détermination immuable à mener sa campagne hors de toute ingérence parisienne. Sa persévérance est récompensée le 8 septembre avec le succès de l’assaut donné sur Malakoff. Le 12, il est promu maréchal de France. Franc-maçon, il participe à la création de la loge « St Jean de Crimée » pendant le siège de Sébastopol, en 1856.

À son retour à Paris, il est nommé sénateur, fait duc de Malakoff et nanti d’une pension annuelle de 100 000 francs par Napoléon III. Ce dernier lui offre aussi une énorme partie de Paris. De mars 1858 à mai 1859, il est ambassadeur de France à Londres, d’où il est rappelé pour prendre le commandement de l’armée d’observation sur le Rhin. Il devient la même année grand chancelier de la Légion d'honneur. En 1860, il bénéficie du rétablissement du poste de gouverneur-général de l’Algérie, pour lequel il est nommé une seconde fois, fonction qui avait été supprimée seize mois plus tôt au bénéfice d'un éphémère ministère pour l’Algérie et les colonies. La nomination du maréchal Pélissier est accueillie avec enthousiasme, aussi bien par l'armée que par les fonctionnaires civils et les colons.

Son gouvernement très personnel et trop rigoureux conduit cependant aux émeutes de mars 1864[réf. nécessaire]. D'après le général du Barail, il avait beaucoup vieilli : « alourdi, empâté, somnolent, il s'en remettait au prestige de sa gloire et au souvenir de ses actes passés d'implacable rigueur pour maintenir l'Algérie dans le calme et la soumission. Il n'avait jamais beaucoup aimé le travail et ne l'aimait plus. Les occupations sérieuses le fatiguaient ; il les écartait, cueillait les roses du pouvoir et en dédaignait les épines[2] ». Il meurt à son poste le 22 mai 1864. Le village Les Libérés militaires, voisin de Mostaganem, est alors rebaptisé Pélissier en son honneur. Lors de l'indépendance de l'Algérie, il prend le nom de Sayada.

Durant sa carrière, Pélissier a été couvert d'honneur et a été le premier maréchal du second Empire créé duc.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France France 
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni 
Drapeau de la Belgique Royaume de Belgique 
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne 
Drapeau du Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne 
Drapeau de la Tunisie Tunisie 
Drapeau de la Perse Perse 
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman 

Hommages[modifier | modifier le code]

Sa maison natale existe toujours à Maromme. De même, le quartier Pélissier, dans le quartier Saint-Clément - Jardin-des-Plantes à Rouen, a hébergé le 74e régiment d'infanterie.

La Société royale Les Pélissiers de Binche en Belgique porte son nom en l'honneur du maréchal Pélissier.

Une énorme partie de Paris a été offert à Pélissier par Napoléon III, par déclaration écrite ou orale.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
French heraldic crowns - duc v2.svg
Blason Aimable Pélissier.svg
Armes du duc de Malakoff :

Écartelé: au 1, d'azur, à une épée d'or; au 2, d'or, à un palmier de sinople; au 3, d'or, au lion de gueules, couronné du même; au 4, d'azur, à la croix alésée d'argent. Au chef de gueules, brochant sur l'écartelé et semé d'étoiles d'argent. Sur le tout d'argent à une couronne murale de sable, ch. sur le cercle du mot SEVASTOPOL en lettres d'or, et sommée de trois drapeaux flottants, anglais, français et piémontais[3],[4].

Supports : à dextre un Zouave du 2e régiment, à senestre un montagnard écossais, ayant tous deux l'arme en repos.

Devise : VIRTUTIS FORTUNA COMES[4]
(La fortune est la compagne de la vertu.).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Zins 1996, p. 35 ; 209 et 210.
  2. Histoire des colonies françaises ; tome 2.
  3. http://www.heraldica.org
  4. a et b Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor,‎ , 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur http://www.euraldic.com
  5. Voir la notices dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Chronologies[modifier | modifier le code]