Front de salut national (Roumanie)

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Front de salut national
(ro) Frontul Salvării Naționale
image illustrative de l’article Front de salut national (Roumanie)
Logotype officiel.
Présentation
Fondation Été 1989 : mouvement politique clandestin
Décembre 1989 : organe exécutif
1990 : parti
1993 : Changement de nom en Parti démocrate
Scission de PCR
Disparition 2007
(disparition du PD)
Fusionné dans PDL
(fusion du PD)
Positionnement Centre gauche

Le Front de salut national (en roumain Frontul Salvării Naționale ou FSN) est créé à l'été 1989 comme mouvement politique clandestin. Il se transforme en décembre de la même année en organe exécutif et collégial de la Roumanie dans les premières semaines qui suivent le renversement du régime Ceaușescu. L'année suivante, il se transforme en parti politique et obtient 85 % des suffrages lors des premières élections libres de . Le Parti social-démocrate (PSD) et le Parti démocrate-libéral (PDL) sont issus du FSN.

Origines[modifier | modifier le code]

Le Front de salut national est créé avant le renversement de Ceaușescu durant l'été 1989[1], mais reste assez discret. Le journal hongrois Nemzetör, écrit par des progressistes en exil, relève en septembre un communiqué du Front de salut national envoyé aux agences de presse à Vienne, qui est durant la guerre froide la « pointe orientale » de l'Europe de l'Ouest. Des lettres rédigées par le FSN et critiquant le régime de Ceaușescu, sont également envoyées et lues sur Radio Free Europe[1].

Pendant la révolution roumaine de 1989, le Front de salut national prend le la direction du pays et le contrôle de la structure, des ressources et des biens du Parti communiste roumain (dissout), de la Securitate (la police politique) et des médias (dont le télévision). Il annonce sa fondation sur les ondes, pourtant une vidéo tournée ce même jour révèle les propos du général Militar : «... mais le Front fonctionne depuis six mois ! »[2].

Ce jour-là, les membres du front décident donc de donner une date officielle à la création de leur structure jusqu'alors clandestine, qui n'est alors pas encore un parti politique et qui a pour dirigeants deux membres de l'ancien Parti communiste : Ion Iliescu, qui devient président de la République, et Petre Roman, qui devient son Premier ministre. Durant environ une semaine, il n'est, pour eux, pas encore question de laisser se créer d'autres partis, ni de sortir de l'alliance avec l'Union soviétique, mais seulement de suivre la ligne politique de Mikhaïl Gorbatchev et de remplacer le communisme dictatorial du PCR et de Ceaușescu par un « socialisme scientifique et humain »[3]. Fin décembre, la situation a évolué et le front se présente comme un « gouvernement provisoire » qui promet de se dissoudre après avoir organisé début 1990 des élections libres, les premières dans l'histoire de la Roumanie depuis 1937.

Mais en 1990, le front se constitue lui-même en parti politique (parmi les autres qui émergent ou bien se reconstituent après un demi-siècle d'interdiction) et, fort de la logistique de l'État et de l'organisation de l'ex-PCR, se présente en favori aux élections qui ont finalement lieu en mai 1990 et qu'il remporte largement sur un programme à coloration socialiste, face à une opposition divisée, hésitante et manquant de ressources.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections parlementaires[modifier | modifier le code]

Année Chambre des députés Sénat Rang Gouvernement
% Mandats % Mandats
1990 66,3
263 / 396
67,0
91 / 119
1er Roman II (1990-1991), Stolojan (1991-1992)
1992 10,2
43 / 341
10,4
18 / 143
1er Opposition

Élections présidentielles[modifier | modifier le code]

Année Candidat 1er tour 2e tour
% Rang % Rang
1990 Ion Iliescu 85,1 1er

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Radio Romania International - Le Front du Salut National », sur Radio Romania International, (consulté le 31 décembre 2015).
  2. Vidéo tournée le , sur le site de l'INA, diffusée sur France 3, consultée le 26 août 2016.
  3. Déclaration d'Ion Iliescu à la télévision roumaine le .