Sergio Pitol

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Sergio Pitol est un écrivain mexicain, né en 1933. Il a été lauréat de nombreux prix nationaux et internationaux, dont le prestigieux Prix Cervantes en 2005, la plus haute distinction des lettres espagnoles et latino-américaines, considérée comme le « Nobel » de littérature en langue espagnole. Il est membre correspondant de l'Académie mexicaine de la langue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Écrivain voyageur et diplomate, Sergio Pitol Demeneghi est né le 18 mars 1933 à Puebla, au Mexique. Né d'une famille originaire de Veracruz, il passe son enfance à Potrero, dans une propriété spécialisée dans la production sucrière. Il fait ses études à Córdoba (Veracruz). En 1953, il voyage à Cuba et au Venezuela. Il passe l'hiver 1957 à New York. En 1958, à l'initiative de Carlos Monsiváis et de José Emilio Pacheco, il collabore à la revue Estaciones, où sont publiées ses premières nouvelles. En 1961, il voyage en Europe (Londres, Paris, Genève) et s'installe pendant près d'un an à Rome. Il passe toute l'année 1962 à Pékin, avant d'aller s'installer à Varsovie (Pologne), de 1963 à 1966. En 1966, il rentre au Mexique et s'installe à Xalapa. En 1968, il repart pour l'Europe et devient attaché culturel à Belgrade, poste auquel il renonce à la fin de l'année suite au massacre de Tlatelolco à Mexico, quelques jours avant l'ouverture des Jeux olympiques d'été de 1968 (Octavio Paz, alors ambassadeur du Mexique en Inde, démissionnera lui aussi de son poste en signe de protestation). En 1969, il s'installe à Barcelone, où il restera jusqu'en 1971, collaborant avec de nombreuses maisons d'édition (Anagrama, Tusquets, Seix Barral).

C'est à Barcelone qu'il achève son premier roman, qu'il aura mis des années à écrire : El tañido de una flauta (1971). Suivront Juegos Florales (non traduit en français) en 1982, El desfile del amor (Parade d'amour) en 1984, Domar a la divina garza (Mater la divine garce) en 1988, La vida conyugal (La vie conjugale) en 1990.

En 1999, El desfile del amor, Domar a la divina garza et La vida conyugal sont réunis dans un triptyque sous le titre : Triptico del carnaval, avec une préface d'Antonio Tabucchi, grand ami de l'auteur.

À partir de la fin des années 90, Sergio Pitol délaisse quelque peu le roman et la nouvelle et s'adonne à un nouveau genre, qui mêle harmonieusement le récit autobiographique, l'essai, la fiction romanesque et le récit de voyage. Ce sont ainsi El arte de la fuga (L'art de la fugue) en 1996, El viaje (Le voyage) en 2000 et, enfin, El mago de Viena (non traduit en français) en 2005. Ces trois volumes sont ensuite eux aussi réunis dans un triptyque : Trilogia de la memoria (2007).

Essentiellement nouvelliste et romancier, Sergio Pitol est aussi essayiste et critique d’art. Il est souvent rangé dans ce que l'on appelle la "Génération du Demi-Siècle" (Generacion del Medio Siglo), qui rassemble des auteurs nés dans les années 1925-1935 au Mexique et qui commencent à publier dans les années cinquante. Parmi eux, Sergio Fernandez (1926), Tomás Segovia (1927-2011), Carlos Valdés (1928), Inés Arredondo (1928-1989), Jorge Ibargüengoitia (1928-1983), Juan Vicente Melo (1932-1996), Julieta Campos (1932-2007), Elena Poniatowska (1933), Huberto Batis (1934), José de la Colina (1934), Salvador Elizondo (1932-2006) et Juan Garcia Ponce (1932-2003) [1].

Sergio Pitol s’est également distingué par son travail de traducteur, ayant traduit en espagnol à la fois des auteurs italiens (Giorgio Bassani, Giuseppe Berto), anglais et américains (Jane Austen, Joseph Conrad, Ford Madox Ford, Robert Graves, Henry James), polonais (Jerzy Andrzejewski, Kazimierz Brandys, Witold Gombrowicz) et russes (Anton Tchekhov, Boris Pilniak). L'œuvre de Sergio Pitol est aujourd’hui traduite dans une dizaine de langues.

Au cours de sa longue carrière de diplomate, il a occupé les postes d’Attaché Culturel à Belgrade (1968), Varsovie (1972), de Conseiller Culturel à Paris (1975), Budapest (1976) et Moscou (1977-1979), avant de terminer sa carrière comme Ambassadeur du Mexique à Prague (1983-1988).

Moins diffusé en France que ses aînés Carlos Fuentes et Octavio Paz, il accède à une reconnaissance internationale à partir de l'obtention du IX Prix Juan Rulfo de Littérature Latino-Américaine et des Caraïbes, en 1999, qui permet au grand public de le découvrir. Au Mexique, il est reconnu comme un maître par les générations qui lui ont succédé : qu'il s'agisse des écrivains nés dans les années 50 (Carmen Boullosa [2], Juan Villoro [3], Mario Bellatin [4]) ; ou des écrivains nés dans les années 68-70, comme les membres du Crack (Jorge Volpi, Ignacio Padilla, Pedro Angel Palou, Eloy Urroz) [5] ou encore Álvaro Enrigue.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • Prix Xavier Villaurrutia (Mexique) pour Nocturno de Bujara, 1981.[6]
  • Prix Narrativa Comala (Mexique), 1982.
  • Prix Herralde du Roman (Espagne) pour El desfile del amor, 1984.[7]
  • Prix Annuel de l'Association Polonaise de Culture Européenne (Pologne), 1987.
  • Hommage à l'Instituto Nacional de Bellas Artes (INBA, Mexico), 1993, à l'occasion de son 60e anniversaire.
  • Prix National des Lettres (Mexique), 1993.
  • Prix Mazatlan du Meilleur Livre (Mexique) pour El arte de la fuga, 1996.
  • IX Prix Juan Rulfo de Littérature Latino-Américaine et des Caraïbes (Amérique latine), 1999.[8]
  • Prix International "Bellunesi Che Anno Onorato la Provincia in Italia e nel Mondo", Venise, 2000.
  • Prix Roger Caillois (France), 2005.
  • Prix Cervantes (Espagne), 2005.
  • Medaille d'or de l'Instituto Nacional de Bellas Artes (INBA, Mexico), 2008, à l'occasion de son 75e anniversaire.
  • Hommage (colloque international) à l'Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3 (France), 2008.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Parade d'amour (El desfile del amor), roman, Paris, Le Seuil, 1989 (trad. par Claude Fell).
  • Les apparitions intermittentes d'une fausse tortue (El tañido de una flauta), roman, Paris, Le Seuil, 1990 (trad. par Francis Pleux).
  • Le voyage (El viaje), récit, Montréal, Les Allusifs, 2003 (trad. par Marie Flouriot).
  • Mater la divine garce (Domar a la divina garza), roman, Paris, Gallimard, 2004 (trad. par Gabriel Iaculli).
  • L'art de la fugue (El arte de la fuga), essai, Albi, Passage du Nord Ouest, 2005 (trad. par Martine Breuer).
  • La vie conjugale (La vida conyugal), roman, Paris, Gallimard, 2007 (trad. par Gabriel Iaculli).
  • Nocturne de Boukhara (Vals de Mefisto), nouvelles, Montréal, Edition Les Allusifs, 2007 (trad. par Gabriel Iaculli)


Nouvelles publiées dans des revues :

  • Sur le chemin de Varsovie (Hacia Varsovia), nouvelle traduite par Guy Senzier, in La nouvelle contemporaine au Mexique (présentation de Louis Panabière), Villelongue d'Aude, Atelier du Gué - IFAL, 1995, p. 129-139.
  • Le récit vénitien de Billie Upward (El relato veneciano de Billie Upward), nouvelle traduite par Claude Fell, in Nouvelle Revue Française n° 528, janvier 1997, p. 87-109.
  • L'obscur frère jumeau (El oscuro hermano gemelo), nouvelle traduite par Albert Bensoussan, in Nouvelle Revue Française n° 555, oct. 2000, p. 240-256.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • José Balza, Victoria de Stefano, Anamari Gomis, et alii. Sergio Pitol, los territorios del viajero. México, ERA, 2000.
  • Karim Benmiloud. Sergio Pitol ou le carnaval des vanités. Paris, Presses Universitaires de France, 2012.
  • Karim Benmiloud, Raphaël Estève (dir.). El planeta Pitol. Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2012.
  • José Bru (comp.). Acercamientos a Sergio Pitol. Guadalajara, Universidad de Guadalajara, 1999.
  • Maricruz Castro Ricalde. Ficcion, narracion y polifonia : el universo narrativo de Sergio Pitol.
  • Laura Cazares Hernández. El caldero fáustico : la narrativa de Sergio Pitol. México, UAM, 2000.
  • (Collectif). Texto critico n° 21, Xalapa, Universidad Veracruzana, abr.-jun. 1981.
  • Pedro M. Domene. Sergio Pitol: el sueño de lo real. Batarro (revista literaria) n° 38-39-40, 2002.
  • Luz Fernandez de Alba. Del tañido al arte de la fuga. Una lectura critica de Sergio Pitol. México, UNAM, 1998.
  • Teresa Garcia Diaz. Del Tajin a Venecia: un regreso a ninguna parte. Xalapa, Universidad Veracruzana, 2002.
  • Teresa Garcia Diaz (coord.). Victorio Ferri se hizo mago en Viena (sobre Sergio Pitol). Xalapa, Universidad Veracruzana, 2007.
  • Alfonso Montelongo. Vientos troqueles : la narrativa de Sergio Pitol. Xalapa, Universidad Veracruzana, 1998.
  • Renato Prada Oropeza. La narrativa de Sergio Pitol : los cuentos. Xalapa, Universidad Veracruzana, 1996.
  • Eduardo Serrato (comp.). Tiempo cerrado, tiempo abierto. Sergio Pitol ante la critica. México, ERA - UNAM, 1994.
  • Hugo Valdés Manriquez. El laberinto cuentistico de Sergio Pitol. Monterrey, Gobierno del Estado de Nuevo Leon, 1998.

Référence[modifier | modifier le code]

  • Le Monde des Livres, 2 nov. 2007