Elena Poniatowska

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Elena Poniatowska

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Elena Poniatowska en 2008.

Activités Écrivain, journaliste, activiste politique
Naissance (81 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Langue d'écriture Espagnol
Genres roman, essai dans la presse
Distinctions Prix Cervantes 2013

Elena Poniatowska, née le à Paris, est une journaliste, écrivaine et activiste politique mexicaine. Elena Poniatowska, née princesse Hélène Elizabeth Louise Amélie Paula Dolores Poniatowska Amor, est la fille du prince Jean Joseph Evremond Sperry Poniatowski, descendant direct du roi Stanislas II de Pologne et d'une mère mexicaine d'ascendance française, Paulette Amor de Freitas e Yturbe. Elle reçoit en 2013 le plus important prix littéraire de la langue espagnole, le Prix Cervantes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elena Poniatowska en 2008.

Celle qui est surnommée la Princesa Roja est la fille de deux exilés. Sa mère est née en 1913 à Paris d'une famille en exil après la révolution mexicaine contre Porfirio Diaz. À Paris, elle épouse un héritier de la couronne polonaise Jean Evremont Sperry Poniatowski, de ce mariage naissent deux filles, Hélène et Sofia (Kitzia).

En 1941, n'ayant pu trouver la sécurité dans le Sud de la France, Paulette fuit la Seconde Guerre mondiale avec ses filles. Mexicaine par héritage, elle se réfugie dans le pays de sa famille. Le père s'est enrôlé dans l'armée française, participe au débarquement de Normandie et combat jusqu'à la fin de la guerre[1]. Un frère, Jan, naît en 1947. C'est la nounou Magdalena Castillo qui s'occupe des filles et leur enseigne l'espagnol. En 1949, Eléna est envoyée dans un pensionnat religieux aux États-Unis jusqu'en 1952. Les religieuses ne lui enseignent pas la réalité du monde et le Mexique lui reste un pays inconnu. Le père d'Eléna fonde les laboratoires Linsa où elle travaille comme secrétaire pendant une courte période. À la faillite du laboratoire, le père d'Eléna ouvre ensuite un restaurant qui échoue également.

Après avoir eu l'intention d'épouser un prince européen, Elena décide de devenir journaliste. En 1953, elle travaille à l'Excelsior. Elle se lance dans l'interview des grands artistes mexicains dont elle ne sait rien. L'année suivante, elle entre à Nouvelles. En 1954, elle publie son premier roman, Lilus Kikus. En 1955, elle donne naissance à Emmanuel, son premier enfant.

En 1965, elle visite la Pologne avec sa mère, son enfant reste en Suisse. Elle réalise une série de chroniques qui s'inspirent de la justice et de l'absurdité de la vie. Sa relation avec l'artiste socialiste Alberto Beltran renforce sa façon de penser et de ressentir. Elena s'engage pour le Mexique[2].

Sur un toit de la rue Revillagigedo, Elena Poniatowska est séduite par la sagesse d'une blanchisseuse qui parle fort, Josefina Borquez. D'un long entretien suit le roman Hasta no verte, Jesús mío, qui remporte le prix de littérature Mazatlan.

En 1968, elle épouse l'astrophysicien Guillermo Haro (décédé en 1984) dont elle fait la connaissance en 1959 en l'interviewant. Avec lui, elle a deux enfants : Philippe et Paula. Elle obtient la nationalité mexicaine et rédige un rapport sur la tragédie de Tlatelolco et un entretien avec Oriana Fallaci, blessée alors. Cette chronique lui vaut un emprisonnement et des menaces, La noche de Tlatelolco. Testimonios de historia oral n'est publié qu'en 1971[3]. Son frère Jan meurt dans un accident de voiture, ce qui effondre son père qui décède en 1979.

En 1979, elle reçoit le Prix national de journalisme[4].

L'activiste politique[modifier | modifier le code]

Elena Poniatowska émigre au Mexique en 1942 et est la première femme à recevoir le prix national du journalisme en 1979.

Dans les mois précédant les élections présidentielles mexicaines de 2006, Elena Poniatowska apporta son soutien au candidat du Parti de la révolution démocratique, Andrés Manuel López Obrador. En avril 2006, elle apparut dans une série de spots télévisés pour dénoncer les pratiques « calomnieuses »[5] des deux autres principaux partis, le Parti action nationale et le Parti révolutionnaire institutionnel. Ceux-ci cherchaient d'après elle à rapprocher López Obrador de la politique gauchiste du président vénézuélien Hugo Chávez, et à l'accuser de nuire à l'économie du pays.

Cet engagement provoqua de vives réactions de la part des partisans des partis conservateurs mais Elena Poniatowska reçut également l'appui d'un certain nombre d'intellectuels étrangers qui publièrent une brochure en sa faveur. Vingt-quatre personnalités internationales signèrent le document : le Prix Nobel de littérature 1998 José Saramago, Nélida Piñon, Rubem Fonseca, Rosa Montero, Juan Goytisolo, Fernando Savater, Helena Araújo, Laura Restrepo, Álvaro Mutis, Diamela Eltit, Gonzalo Rojas, Antonio Skármeta, Tomás Eloy Martínez, Gioconda Belli, Ernesto Cardenal, Sergio Ramírez, Eduardo Galeano, Doris Sommer, Beatriz Pastor, Alfredo Bryce Echenique, Julio Ortega, Mirko Lauer, Rosario Ferré et Edmundo Paz Soldán.

En juillet 2006, Elena Poniatowska et plusieurs intellectuels condamnèrent dans un pamphlet les attaques israéliennes au Liban. La conséquence fut des reproches de la part de l'ambassadeur d'Israël au Mexique, accusant le pays d'appuyer le terrorisme.

L'écrivaine[modifier | modifier le code]

H. Poniatowska signant un ouvrage sur Mariana Yampolsky au Musée des arts populaires (MAP, Mexico), 2012.

Elena Poniatowska pratique des investigations, des entretiens et des portraits en mélangeant légèreté et densité. Ses ouvrages les plus connus sont les récits du massacre des étudiants à Mexico en 1968 (La noche de Tlatelolco) et du tremblement de terre de 1985 (Nada, nadie : Las voces del temblor)[6].

Publié au Mexique en 1954, Lilus Kikus est son premier ouvrage de fiction. Ces petites histoires sont illustrées par Leonora Carrington et mettent en scène Lilus, une fillette rêveuse et anticonformiste, qui incarne le passage de l’enfance à l’adolescence dans le Mexique des années 1950. Le roman est en partie autobiographique.

Elle retrace la vie d'artistes comme le peintre mexicain Diego Rivera dans Cher Diego, Quiela t’embrasse (1978) d'après des "lettres" de sa première épouse Angelina Beloff, ou la carrière de la photographe Tina Modotti, Tiníssima (1992). Son dernier ouvrage retrace la vie de l’artiste peintre Leonora Carrington, compagne de Max Ernst, installée à Mexico en 1939 (et morte le 25 mai 2011). L'auteur évoque l’atmosphère d'une aristocratie intellectuelle cosmopolite et avant-gardiste de l’internationale artistique et surréaliste des années 1940. C'est aussi un milieu bien connu d'Helena Poniatowska. La fiction occupe une place importante dans son œuvre, sous forme de nouvelles ou de romans mais surtout elle s'intéresse à des épisodes historiques tourmentés.

Elle reçoit en 2013 le plus important prix littéraire de la langue espagnole, le prix Cervantes.

Publications[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Principales traductions en français, anglais et allemand des livres d'Elena Poniatowska. Pour les livres possédant plusieurs éditions, une seule est donnée.

En français[modifier | modifier le code]

En anglais[modifier | modifier le code]

En allemand[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Elena Poniatowska a participé au scénario d'un court métrage dramatique, La Muchacha (1990, de Dorotea Guerra), et à l'adaptation de son roman De noche vienes pour De noche vienes, Esmeralda (1997, de Jaime Humberto Hermosillo).

Prix et distinctions (liste sélective)[modifier | modifier le code]

Elena Poniatowska a remporté de nombreux prix, dont certains prestigieux.

  • 1970 : Premio Mazatlán, pour Hasta no verte Jesús mío.
  • 1970 : Premio Xavier Villaurrutia pour La noche de Tlatelolco (prix refusé)
  • 1978 : Premio Nacional de Periodismo pour ses entretiens
  • 1987 : Premio Manuel Buendía
  • 1990 : Premio Coatlicue de la Femme de l'Année
  • 1992 : Premio Mazatlán de Littérature pour Tinísima.
  • 1993 : Premio Nacional Juchimán en sciences et techniques de la communication remis par la Fondation Juchimán
  • 2001 : Premio Alfaguara de Novela pour La piel del cielo
  • 2002 : Premio Nacional de Ciencias y Artes
  • 2007 : Premio Internacional de Novela Rómulo Gallegos pour El tren pasa primero
  • 2011 : Premio Biblioteca Breve pour Leonora
  • 2011 : Doctorat honoris causa de l'université de Paris VIII
  • 2013 : Prix Cervantes

Notes et références[modifier | modifier le code]

Autorité[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elena Poniatowska, un clásico de la literatura mexicana ampliamente premiada : Biblioteca Breve (biografía), EFE News Service (Madrid), février 2011.
  2. Escritoras.com, literatura escrita por mujeres, Elena Poniatowska.
  3. Entretien à Lyon, mars 2009, avec Elena Poniatowska [1]
  4. Coonrod Martinez, Elizabeth, février 2012, Avant-Garde Mexican Women Artists: Groundbreakers Get Long Overdue Tribute. The Hispanic Outlook in Higher Education 12 (10): 20.
  5. (en) Dépêche El Universal
  6. Le Monde 30 sept. 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jörgensen Beth Ellen, 1994 - The Writing of Elena Poniatowska: Engaging Dialogues. Austin, Texas, University of Texas Press, (The Texas Pan American Series) ISBN 0-292-74033-6
  • Plavčak Barbara, 1997 - Die Annäherung an die Wirklichkeit in der Testimonialliteratur: Zu Elena Poniatowskas „Hasta no verte Jesús mío“ und „La noche de Tlatelolco“, unveröff. Mag.arb., Univ. Graz
  • Jorgensen B.E., 1994 - The writing of Elena Poniatowska: engaging dialogues. University of Texas Press, Austin
  • Bird L.C., 2000 - Elena Poniatowska and the literary collage. New York, P. Lang
  • Pino-Ojeda Walescka, 2000 - Sobre castas y puentes: Conversaciones con Elena Poniatowska, Rosario Ferré y Diamela Eltit. Providencia, Santiago, Ed. Cuarto Propio (Serie Ensayo). ISBN 956-260208-7
  • Ballmaier Priska M., 2001 - Von der Möglichkeit, ich zu sagen: Versionen weiblicher Lebensentwürfe im Werk mexikanischer Autorinnen. Hamburg, Verlag Dr. Kovač (Schriftenreihe Feminat; 10). ISBN 3-8300-0371-4
  • Medeiros-Lichem María Teresa, 2002 - Reading the Feminine Voice in Latin American Women's Fiction: from Teresa de la Parra to Elena Poniatowska and Luisa Valenzuela. New York, Lang, (Latin America 2). ISBN 0-8204-5665-9
  • Schuessler M.K., 2003 - Elenísima : ingenio y figura de Elena Poniatowska. México, Editorial Diana
  • Perilli C., 2006 - Catálogo de ángeles mexicanos : Elena Poniatowska. Rosario, Beatriz Viterbo Editora
  • CNL, article "Elena PONIATOWSKA" [2]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr+en) Internet Movie Database: Elena Poniatowska
  • (fr) Entretien (vidéo) avec Elena Poniatowska [3]
  • (es) [PDF] Entretien avec Elena Poniatowska
  • (es) Elena Poniatowska sur epdlp
  • (es) Escritoras.com : Biographie d'Elena Poniatowska [4]
  • (es) Reflexiones, ensayos sobre escritoras hispanoamericanas contemporáneas, Elena Poniatowska  : [5]
  • (fr) L’aventure surréaliste de Leonora Carrington, évoquée par l’écrivaine Elena Poniatowska, Le Monde 30 sept. 2012 : [6]
  • (de) GeoWis Online-Magazin, octobre 2012, Grande Dame des kritischen Journalismus : [7]