Miguel Delibes

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Miguel Delibes

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Plaque installée rue Santiago à Valladolid.

Nom de naissance Miguel Delibes Setién
Activités Écrivain et essayiste
Naissance 17 octobre 1920
Valladolid Drapeau : Royaume d'Espagne Espagne
Décès 12 mars 2010 (à 89 ans)
Valladolid Drapeau de l'Espagne Espagne
Langue d'écriture Espagnol
Genres roman, essai
Distinctions Prix Nadal (1947)
Prix national de Narration (1955 et 1999)
Prix Prince des Asturies des Lettres (1982)
Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres (1985)
Prix national des Lettres espagnoles (1991)
Prix Cervantes (1993)

Œuvres principales

Diario de un cazador ; El hereje

Signature

Signature de Miguel Delibes
Miguel Delibes à l'âge de six ans.

Miguel Delibes Setién, né le 17 octobre 1920 à Valladolid, Castille-et-León, et mort le 12 mars 2010 (à 89 ans) à Valladolid[1], est un écrivain espagnol de la Génération de 36.

Lors de sa très longue carrière, il s'est vu recevoir de très nombreux prix dont le Prix Prince des Asturies de littérature en 1982, le Prix national des Lettres espagnoles en 1984 et le prix Cervantes en 1993 pour l'ensemble de son œuvre, ainsi que le Prix national de Narration à deux reprises : pour Diario de un cazador en 1955, et pour El hereje (es) en 1999.

Biographie[modifier | modifier le code]

Miguel Delibes est le petit-neveu de Léo Delibes. Son grand-père, frère du compositeur, s'était installé en Espagne pour y participer à la construction du chemin de fer en Cantabrie.

Après des études de droit, pendant lesquelles il suit en parallèle une formation au dessin et à la peinture, Miguel Delibes devient enseignant et journaliste : il collabore au journal El Norte de Castilla dont il deviendra par la suite directeur. Il obtint le prix Nadal en 1947 pour son premier roman La sombra del ciprés es alargada (L'ombre du cyprès est allongée). Ses romans se déroulent pour la plupart dans le cadre de la Castille de l'après-guerre. Certains décrivent le milieu rural comme El camino (Le Chemin, 1950), Diario de un cazador (Journal d'un chasseur, 1955), Las ratas (Les Rats, 1962) ou plus tard Los santos inocentes (Les Saints Innocents, 1982). D'autres ont pour cadre des villes moyennes de province, comme Mi idolatrado hijo Sisí (1953) ou ''Cinco horas con Mario'' (''Cinq heures avec Mario'', 1971).

En 1998 il publie El hereje (L'hérétique), un roman historique, situé à l'époque de la contre-réforme à Valladolid.

Son œuvre est marquée par un profond humanisme d'inspiration chrétienne et par l'influence de romanciers comme Ivan Tourgueniev. Son amour pour la nature, la chasse et les paysages de Castille l'a fait passer à tort pour un écrivain "ruraliste". Si une partie non négligeable de son abondante bibliographie est en effet consacrée à ces thèmes, Miguel Delibes est surtout un grand styliste qui a également donné des écrits extrêmement engagés, jouant parfois avec les procédés de la littérature d'avant-garde (Parábola del Náufrago, 1969). Il aura d'ailleurs maille à partir avec la censure du régime franquiste en de nombreuses occasions (son deuxième roman, Aún es de día, sera censuré et son journal connaîtra de nombreuses vicissitudes).

Cinq heures avec Mario a connu un fort retentissement dans l'Espagne de la fin du franquisme. Le roman met en scène une veuve qui veille le cercueil de son mari mort subitement et soliloque cinq heures durant, dans un discours presque entièrement fait de lieux communs qui met en évidence le contraste entre la médiocrité conformiste de la veuve et la personnalité du mari professeur de lycée, intellectuel provincial, chrétien progressiste, brimé par le régime. La restitution du langage et de la mesquinerie quotidienne de la petite bourgeoisie provinciale espagnole des années 1960 est saisissante, mais à travers le discours de Carmen s'expriment aussi les frustrations, la solitude de la femme mariée dans une société fermée. Son adaptation au théâtre par l'auteur lui-même, avec Lola Herrera dans le rôle de Carmen Sotillo[2], tiendra l'affiche pendant près de 10 ans - avec quelques interruptions - de 1979 à 1989.

Lors de sa très longue carrière, il s'est vu recevoir de très nombreux prix dont le Prix Prince des Asturies de littérature en 1982, le Prix national des Lettres espagnoles en 1984 et le prix Cervantes en 1993 pour l'ensemble de son œuvre, ainsi que le Prix national de Narration à deux reprises : pour Diario de un cazador en 1955, et pour El hereje (es) en 1999.

Il a soutenu à ses débuts l'écrivain Francisco Umbral.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aparicio Nevado, Felipe, Miguel Delibes : le Chasseur d'histoires, (Publibook Université, 2010, ISBN 9782748357233).
  • CERILA, Cuadernos de la Hispanidad, Actes de la journée d'hommage à Miguel Delibes du 28 juillet 2010, (Libreville, ODEM, 2011, ISBN 978-2-919487-06-6).

Livres traduits en français[modifier | modifier le code]

  • Les Rats (1962), traduit par Rudy Chaulet (Verdier, coll. « Otra memoria », 1990).
  • Les Saints Innocents (1981), traduit par Rudy Chaulet (Verdier, coll. « Otra memoria », 1992).
  • Le Chemin (1950), traduit par Rudy Chaulet (Verdier, coll. « Otra memoria », 1994).
  • Le Fou, traduit par Dominique Blanc (Verdier, coll. « Otra memoria », 1995).
  • Le Linceul (1970), traduit par Rudy Chaulet (Verdier, coll. « Otra memoria », 1998).
  • Dame en rouge sur fond gris (1991), traduit par Dominique Blanc (Verdier, coll. « Otra memoria », 1998).
  • Vieilles histoires de Castille (1964), traduit par Rudy Chaulet (Verdier, coll. « Otra memoria », 2000).
  • L’Hérétique (1998), traduit par Rudy Chaulet (Verdier, coll. « Otra memoria », 2000).
  • L’Étoffe d’un héros (1987), traduit par Dominique Blanc (Verdier, coll. « Otra memoria », 2002).
  • Cinq heures avec Mario (1966), traduit par Dominique Blanc (Verdier, coll. « Verdier/poche », 2010).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.lanouvellegazette.be, consulté le 12/03/2010.
  2. [1]