Budd Schulberg

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Budd Schulberg

Nom de naissance Seymour Wilson Schulberg
Activités Romancier, scénariste
Naissance
New York, État de New York
Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 95 ans)
Southampton, État de New York
Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue d'écriture Anglais américain

Œuvres principales

  • Plus dure sera la chute

Budd Schulberg () est un scénariste, producteur de télévision, romancier et écrivain sportif américain. Il est surtout connu pour ses scénarios de Sur les quais en 1954 pour lequel il reçoit un oscar, et Un homme dans la foule en 1957. Il a également établi sa réputation avec ses romans Plus dure sera la chute, adapté au cinéma en 1956, et Qu'est-ce qui fait courir Sammy ?

Biographie[modifier | modifier le code]

Seymour Wilson Schulberg est le fils du producteur B. P. Schulberg et d'Adeline Jaffe Schulberg, fondatrice d'une agence artistique reprise plus tard par le frère de celle-ci : Sam Jaffe, également producteur.

Au cours de ses études au Dartmouth College, Schulberg participe activement au magazine humoristique local, le Dartmouth Jack-O-Lantern. En 1939, il collabore au scénario de la comédie Winter Carnival de Charles Reisner, dont l'action se déroule sur le campus. Parmi les coauteurs figure F. Scott Fitzgerald, mais qui est renvoyé pour sa consommation excessive d'alcool lors d'une visite à Dartmouth[1]. L'université octroiera à Schulberg un diplôme honoraire en 1960.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans la Marine et est affecté à l'OSS, dans l'équipe de John Ford chargée de réaliser des documentaires sur le conflit. À la suite de l'armistice, il est au nombre des premières troupes américaines qui découvrent et libèrent les camps de concentration[2]. Il participe à rassembler les preuves contre les criminels de guerre en vue du procès de Nuremberg, notamment par l'arrestation de la réalisatrice Leni Riefenstahl dans son chalet de Kitzbühel en Autriche : on exige d'elle qu'elle identifie les responsables nazis à partir de bobines de films allemands capturés par les Alliés[3].

Fils de producteur, Schulberg a une connaissance intime d'Hollywood, que restituent ses écrits. Son roman le plus célèbre, Qu'est-ce qui fait courir Sammy ? (What Makes Sammy Run?, 1941), décrit cet univers qui, pour son héros Jimmy Glick, commence comme un conte de fée mais dont la fin est loin d'y ressembler.

En 1950, il publie Le Désenchanté (The Disenchanted), l'histoire d'un jeune scénariste qui doit collaborer au scénario d'un film sur les fêtes hivernales d'une université, avec un célèbre écrivain. Celui-ci, derrière lequel se dessine assez nettement la figure de F. Scott Fitzgerald mort dix ans auparavant, est dépeint comme un personnage imparfait et tragique, au contact duquel le jeune scénariste devient désabusé. 10e meilleure vente de l'année 1950 aux États-Unis, le roman est adapté au théâtre à Broadway en 1958, avec Jason Robards, qui emporte un Tony Award à cette occasion, George Grizzard dans le rôle inspiré de Schulberg lui-même.

En 1951, il se retrouve au cœur des controverses du maccarthysme lorsque le scénariste Richard Collins témoigne devant la commission des activités anti-américaines en le désignant comme ancien membre du parti communiste américain[4]. Il comparaît alors devant la commission et témoigne que des membres du parti avaient cherché à influencer le contenu de Qu'est-ce qui fait courir Sammy ? et désigne à son tour d'autres membres et sympathisants communistes à Hollywood : « Schulberg déclare aujourd'hui de son plein gré devant la CAA qu'il est devenu communiste vers la fin des années 1930 mais qu'il a quitté le parti quand celui-ci chercha à lui imposer ce qu'il devait écrire. Il désigne John Howard Lawson, un des dix d'Hollywood, comme l'ayant incité à écrire sous la gouverne du parti, ainsi que les scénaristes Waldo Salt, Ring Lardner Jr., Lester Cole, John Bright, Paul Jarrico et Gordon Kahn ; le réalisateur Herbert Biberman et l'agent artistique Meta Reis Rosenberg »[5].

1954 voit la sortie de Sur les quais (On the Waterfront) d'Elia Kazan avec Marlon Brando, dont le scénario est écrit à partir d'une série d'articles sur le milieu des dockers, et qui lui vaut d'obtenir l'oscar du meilleur scénario original.

En 1957, Schulberg écrit le scénario de Un homme dans la foule (A Face in the Crowd), à nouveau d'Elia Kazan, au sujet de l'ascension d'un jeune chanteur de country qui devient maniaque dans le contrôle de son succès.

En 1958, il écrit et coproduit avec son jeune frère Stuart La Forêt interdite (Wind Across the Everglades) de Nicholas Ray.

Ultérieurement, il ne travaillera plus que pour la télévision, notamment en tant que producteur, dans les années 1960, de la série Everglades.

Autre facette de sa carrière, Schulberg est également écrivain du sport et correspondant en chef pour la boxe du magazine à grand tirage Sports Illustrated. À ce titre, il entre au hall de la célébrité de la boxe (Boxing Hall of Fame) en 2002, en reconnaissance de sa contribution pour ce sport, qui est le cadre de son roman Plus dure sera la chute (The Harder They Fall, 1947).

À la suite des émeutes de 1965 qui secouent le quartier de Watts à Los Angeles, Schulberg crée l'atelier des écrivains de Watts (Watts Writer Workshop) en vue d'insuffler des approches artistiques et culturelles à la population défavorisée.

Schulberg a été marié quatre fois : Virginia Ray, Victoria Schulberg, l'actrice Geraldine Brooks et Betsy Ann Langmann et a eu cinq enfants.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Au titre de scénariste, sauf mention différente[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Cet article est initialement adapté de l'article de la Wikipédia anglophone (version du 19 décembre 2011).

  1. (en) Jason Tanz, Lost Weekend: F. Scott and Budd Go to Dartmouth, article du New York Times du 7 février 2003.
  2. (en) Paul Cullum, A Face in the In Crowd, article du LA Weekly du 6 juillet 2006.
  3. (en) Philip Kennicott, Art of Justice: The Filmmakers At Nuremberg, article du Washington Post du 29 novembre 2005.
  4. (en) Gare Joyce, [1], article de The Walrus de juin 2004.
  5. (en) C.P. Trussell, Schulberg Tells of Red Dictation: Move To Control His Writing Cause Him to Leave Party article (PDF) du New York Times du 24 mai 1951.
  6. Source : IMDb au 21 décembre 2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur Budd Schulberg[modifier | modifier le code]

Peu d'écrits en français sur Budd Schulberg. Se référer à l'article en anglais.

De Budd Schulberg[modifier | modifier le code]

  • Qu'est-ce qui fait courir Sammy ?, Mengès, 2003
  • Un homme dans la foule, Rivages Poche, 2004
  • Plus dure sera la chute, Encre de nuit, collection Nuit américaine, 2003
  • Le Désenchanté (épuisé)
  • Le Visage de Hollywood, Rivages Poche, 1995

Liens externes[modifier | modifier le code]