Sinti

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Sinté
Sinto
Sintsa

Populations significatives par région
Drapeau de la France France 250 000 à 450 000, Soit 0,5% (03 Novembre 2013)Les difficultés d’habitat et de logement des « Gens du Voyage » - Les Cahiers du mal-logement de la Fondation Abbé Pierre, janvier 2006, page 11 [PDF]
Autres
Régions d’origine

Drapeau de l'Inde Inde

Langues

Rommeless[réf. nécessaire]

Ethnies liées

Roms, Yéniches

Les Sinté, ou par abus Sinti (au singulier un Sinto , au féminin une Sinteza ) sont un groupe ethnique nomadisant des régions germanophones ayant été déporté et en grande partie exterminé par les nazis, à l'instar des Tziganes dont ils partagent l'origine indienne.

Origine et langage[modifier | modifier le code]

On suppose que le nom vient de la province Sind, ou d'une ancienne appellation du fleuve Indus, « Sindhu ». À la place de Sinto on utilise souvent aussi les noms de «Morche» (Homme).

Les Sinté vivant en France, principalement en Alsace, y sont appelés les « Manouches » ou « Gitans » .

Les Sinté parlent le Romanes appelé précisément Sintitikes, variante issu d'un dialecte Indo-Germanique.

Les premiers indices d'une présence de ce groupe indien des Sinté en zone germanophone datent du XVe siècle. Il s'agissait de réfugiés de l'esclavage issus de l'Europe du Sud-Est, qui se sont installés dans de nombreux pays européens en raison de l'invasion ottomane dans les Balkans.

L'histoire des Sinté dans les régions allemandes[modifier | modifier le code]

Les Sinté, Roms et autres groupes semblables sont d'origine indienne et sont arrivés dans le Nord de l'Europe à partir de l'Afrique du Nord et des Balkans[réf. nécessaire].

Encore tolérés au début du XVe siècle, leurs conditions de vie sont dégradées après les Reichstage de Lindau (1496) et Fribourg (1498). Le Reichstag d'Augsbourg (1551) légitime même l'assassinat et la spoliation des Sinté[réf. nécessaire]. Aux XVIIIe et XIXe siècles, des tentatives de sédentarisation des Sinté et Roms, couplées à des politiques d'assimilation forcée (notamment par la confiscation des enfants à leurs parents) sont lancées.

Pendant la période nazie, Sinté et Roms sont poursuivis sur des bases raciales. En 1935, les lois de Nuremberg leur interdisent la participation aux élections, ainsi que le mariage et les relations sexuelles avec des Aryens. Les Sinté sont catalogués par les « scientifiques » nazis comme « asociaux et paresseux ». À partir de 1938, environ 85 % de la population des Sinté a été déportée dans des camps de travail ou de concentration, dont une minorité seulement a survécu. Des 130 000 Sinté vivant en 1939 dans l'Empire allemand, il en restait 50 000 dans la République allemande des années 1990[réf. nécessaire].

Culture[modifier | modifier le code]

Les Sinté ont acquis une autonomie culturelle considérable, malgré une immense pression d'adaptation depuis des siècles. Ils parlent souvent encore leur propre langue, le rommeless ; ils conservent également de nombreuses coutumes et normes légales en partie originaires de leurs racines indiennes[réf. nécessaire].

Traditionnellement, la vie des Sinté est réglée par une loi très stricte. Les plus âgés de chaque clan (famille) portent le rôle de chef et les anciens ont un poids très important et reconnu. La virginité chez les femmes jusqu'au mariage est aussi très importante et fait partie de la coutume. Certaines normes de propreté sont aussi issues de rituels religieux de leur origine indienne, appliquées de la naissance jusqu'à la mort.

De ce groupe culturel sont issus de nombreux musiciens et groupes, qui s'inspirent de Django Reinhardt et de la musique folklorique hongroise par exemple, du swing, de la bossa nova et de la valse musette donnant naissance au style jazz manouche.

Mandino Reinhardt, Dorado Schmitt, Schnuckenack Reinhardt, Rosenberg Trio, Martin Weiss, Tchavolo Schmitt, Biréli Lagrène, Coco Briaval, sont entre autres devenus célèbres.

Le guitariste Patrick Saussois leur a rendu hommage en appelant son groupe Alma Sinti.

Le réalisateur Teddy Lussi-Modeste est un sinto originaire de Grenoble.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Sur ces chemins ou nos pas se sont effacés , mémoires d’une tzigane d'Alsace » Éditions La Nuée Bleue, Strasbourg , 2012.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]