Le Vieux Fusil

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Le vieux fusil)
Aller à : Navigation, rechercher

Le Vieux Fusil

Description de cette image, également commentée ci-après

Photo des Châteaux de Bruniquel, qui ont servi de décors au film

Réalisation Robert Enrico
Scénario Pascal Jardin
Robert Enrico
Claude Veillot
Acteurs principaux Philippe Noiret
Romy Schneider
Jean Bouise
Sociétés de production Les Productions Artistes Associés
Mercure Productions
TIT Filmproduktion GmbH
Pays d’origine Drapeau de France France,
Drapeau d'Allemagne Allemagne
Genre Drame
Sortie 1975
Durée 103 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Vieux Fusil est un film franco-allemand de Robert Enrico, sorti en salles en 1975.

Inspiré du massacre d'Oradour-sur-Glane en 1944, il triomphe lors de la toute première cérémonie des César du cinéma français en 1976 (meilleur film, meilleur acteur pour Philippe Noiret, meilleure musique pour François de Roubaix). Il est également César des Césars en 1985.

Sommaire

[modifier] Synopsis

Pendant la Seconde Guerre mondiale, à Montauban, en 1944, le docteur Julien Dandieu, chirurgien pacifiste et humaniste convaincu, mène une vie bourgeoise avec son épouse Clara et sa fille Florence, née d'une précédente union. Participant à la Résistance française en soignant de façon risquée des maquisards dans son hôpital, il est régulièrement menacé par la Milice. Afin de les mettre à l'abri jusqu'à la fin de la guerre, il envoie Clara et Florence au hameau de la Barberie, château familial situé à proximité d'un petit village de campagne de la région.

Ne pouvant supporter leurs absences, Julien décide de les retrouver, les croyant en sécurité. Mais à son arrivée, il découvre que le village est vide, ainsi que les corps des villageois dans l'église, assassinés par balle. Son inquiétude envers ses proches va s'accentuer lorsqu'il découvre les cadavres de sa fille, tuée par balle, et de Clara, violée et brûlée vive au lance-flammes, par une des sections de la SS Panzer Division Das Reich, stationnant dans la région afin de se rendre en Normandie en renfort suite au débarquement, traversant sur leur route le village et occupant le château, après avoir massacré de façon sauvage et bestiale tous les villageois, y compris Clara et Florence.

Détruit, ivre de douleur et de haine, Julien se reprend peu à peu pour ensuite se venger froidement et méthodiquement en devenant une redoutable et impitoyable 'machine à tuer'. Connaissant bien les passages secrets du château, il s'arme du vieux fusil que son père utilisait jadis pour chasser le sanglier. Ainsi, il va exterminer, un par un, tous les membres de la section SS responsables du massacre. Sa chasse à l'homme est ponctuée de retours en arrière de ses moments de bonheur vécus avec Clara et sa fille.

Après avoir éliminé la majorité des bourreaux nazis, et ce malgré une blessure au bras, Julien parvient à accomplir seul sa vengeance jusqu'à son terme, en tuant le chef du groupe au lance-flamme.

Au même moment, les membres de la Résistance débarquent dans le petit village. François, son collègue et meilleur ami de Dandieu, qui se trouve également sur les lieux, le retrouve et le ramène en ville en voiture...

[modifier] Fiche technique

[modifier] Distribution

[modifier] Analyse

Le film tire toute son originalité de sa manière de traiter un thème classique de la littérature et du cinéma: la vengeance. Par le massacre de la division Das Reich, Julien Dandieu ne fait pas que répondre à un instinct animal, mais à un besoin de compréhension et de guérison de sa propre douleur (il est d'ailleurs chirurgien). Il tuera un à un les SS comme il laissera échapper de sa mémoire les instants heureux de sa vie de famille, en remontant à l'origine de cette vie; ainsi, sa dernière vision est celle de sa rencontre avec Clara: pourquoi a-t-elle voulu de lui? Parce que la guerre était imminente... Manière de relativiser l'horreur absolue en se prouvant à soi-même l'inanité des rencontres, l'inanité de la guerre, l'inanité de la vie. En ce sens, la musique de François de Roubaix accompagnant la famille faisant une promenade en vélo renforce ce lien étrange entre cet absurde existentiel et ce bonheur humain qui demeure éternellement dans la mémoire.

[modifier] Production

[modifier] Scénario

Le Vieux Fusil est librement inspiré d'un fait historique réel : lors du débarquement de Normandie en juin 1944, la Panzer division SS Das Reich est appelée en renfort en Normandie. Des membres du 1er bataillon du régiment Der Führer commettent le massacre d'Oradour-sur-Glane au cours duquel ils assassinent 642 civils, hommes, femmes et enfants et mettent le feu au village.

Par ailleurs, il est intéressant de noter plusieurs similitudes entre l'ambiance de plomb qui régnait sur le Limousin en juin 1944 et le film.

Au début du film, nous pouvons apercevoir des soldats allemands marcher devant des pendus, ce qui rappelle les pendaisons de Montauban le 24 juillet 1944.

La tension Maquis / Milice / Gestapo / SS est également bien retranscrite au début du film.

[modifier] Casting

À l'origine, le rôle principal devait être interprété par Lino Ventura, qui avait déjà tourné sous la direction de Robert Enrico à trois reprises (Les Grandes Gueules, Les Aventuriers et Boulevard du Rhum), mais ce dernier refusa en raison de la violence du scénario[2]. Le rôle fut finalement confié à Philippe Noiret, qui avait également tourné sous la direction d'Enrico dans Le Secret.

[modifier] Tournage

Deux châteaux ont servi de décor pour le film : le château de Bonaguil, en Lot-et-Garonne, et les châteaux de Bruniquel, en Tarn-et-Garonne. De plus, plusieurs scènes au début du film ont été tournées à Montauban. Le film fut également tourné à Paris[3].

Romy Schneider était tellement crédible lors de la scène du viol que des figurants se sont sentis très mal à l'aise.

[modifier] Réception

Lors de sa sortie en salles, Le Vieux Fusil a enregistré 3 365 471 entrées en France[4], dont 958 178 entrées à Paris[5], confortant Philippe Noiret et Romy Schneider dans leurs statuts de stars du cinéma en France.

Il s'agit du dernier film mis en musique de François de Roubaix, mort trois mois après la sortie en salles. Lors de la 1re cérémonie des Césars, il obtient à titre posthume le César de la meilleure musique. A cette même cérémonie, le film a obtenu le César du meilleur film et le César du meilleur acteur pour Philippe Noiret.

[modifier] Hommages

Une allusion au Vieux Fusil est faite dans le film C'est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux et André Bonzel en 1992 lors de la scène du lavabo ou Benoît Poelvoorde dit « Ça ne vous rappelle rien ? Le Vieux Fusil, Philippe Noiret… bon film ça. »

[modifier] Récompenses

[modifier] Bibliographie

Stefan Moriamez, Le Vieux fusil : film de Robert Enrico tournée à Montauban, revue Arkheia, n°4, Montauban, 2002.

[modifier] Vidéographie

[modifier] Notes et références

[modifier] Liens externes


Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues