Le Vieux Fusil
Le Vieux Fusil
Photo des Châteaux de Bruniquel, qui ont servi de décors au film
| Réalisation | Robert Enrico |
|---|---|
| Scénario | Pascal Jardin Robert Enrico Claude Veillot |
| Acteurs principaux | |
| Sociétés de production | Les Productions Artistes Associés Mercure Productions TIT Filmproduktion GmbH |
| Pays d’origine | |
| Genre | Drame |
| Sortie | 1975 |
| Durée | 103 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Le Vieux Fusil est un film franco-allemand réalisé par Robert Enrico, sorti en salles en 1975.
Inspiré du massacre d'Oradour-sur-Glane en 1944, il triomphe lors de la toute première cérémonie des César du cinéma français en 1976 (meilleur film, meilleur acteur pour Philippe Noiret, meilleure musique pour François de Roubaix). Il est également César des Césars en 1985.
Sommaire |
Synopsis [modifier]
Peu après le débarquement de Normandie, en juin 1944, un médecin venge la mort de sa femme et sa fille, sauvagement assassinées par des soldats allemands stationnés dans un petit village où elles étaient réfugiées.
Résumé [modifier]
Pendant la Seconde Guerre mondiale, à Montauban, en 1944, le docteur Julien Dandieu, chirurgien pacifiste et humaniste convaincu, mène une vie bourgeoise avec son épouse Clara et sa fille Florence, née d'une précédente union. Participant à la Résistance française en soignant de façon risquée des maquisards dans son hôpital, il est régulièrement menacé par la Milice. Afin de les mettre à l'abri jusqu'à la fin de la guerre, il envoie Clara et Florence au hameau de la Barberie, château familial situé à proximité d'un petit village de campagne de la région.
Ne pouvant supporter leur absence, Julien décide de les retrouver, les croyant en sécurité. Mais à son arrivée, il découvre que le village est vide. Tous les villageois ont été regroupés dans l'église et assassinés par balle. Son inquiétude envers ses proches va s'accentuer jusqu’à ce qu'il découvre les cadavres de sa fille, tuée par balle, et de Clara, violée - c'est du moins ce qu'il imagine - et brûlée vive au lance-flammes, par une des sections de la SS Panzer Division Das Reich. Celle-ci stationne dans la région avant de se rendre en Normandie en renfort à la suite du Débarquement, traversant le village sur sa route et occupant le château, après avoir massacré de façon sauvage tous les villageois.
Détruit, ivre de douleur et de haine, Julien se reprend peu à peu pour ensuite se venger froidement et méthodiquement en devenant une redoutable et impitoyable « machine à tuer ». Connaissant bien les passages secrets du château, il s'arme du vieux fusil que son père utilisait jadis pour chasser le sanglier. Ainsi, il va exterminer, un par un, tous les membres de la section SS responsables du massacre. Sa chasse à l'homme est ponctuée de retours en arrière retraçant les moments de bonheur vécus avec Clara et sa fille.
Après avoir éliminé la majorité des bourreaux nazis, et ce malgré une blessure au bras, Julien parvient à accomplir seul - il n'hésite pas pour cela à mentir à un groupe de résistants pour retarder leur intervention - sa vengeance jusqu'à son terme, en tuant le chef du groupe au lance-flammes.
Au même moment, les membres de la Résistance débarquent dans le petit village. François, collègue et meilleur ami de Dandieu, qui se trouve également sur les lieux, le retrouve et le ramène en ville en voiture. Sur le chemin du retour, Julien semble nier la tragédie qui vient de se passer.
Fiche technique [modifier]
- Titre : Le Vieux Fusil
- Réalisation : Robert Enrico
- Scénario : Pascal Jardin, Robert Enrico et Claude Veillot
- Photographie : Étienne Becker
- Montage : Eva Zora
- Décorateur de plateau : Jean Saussac
- Costumes : Corinne Jorry
- Maquillages : Didier Lavergne et Phuong Maittret
- Assistants réalisateurs : Claire Denis et Jacques Santi
- Second assistant réalisateur : Jean Achache
- Opérateur caméra : Patrice Wyers
- Script-girl : Catherine Prévert
- Musique : François de Roubaix
- Son : Bernard Aubouy
- Producteur : Pierre Caro
- Directeur de production : Alain Belmondo
- Pays :
France ;
Allemagne de l'Ouest - Tournage :
- Durée : 103 minutes
- Date de sortie en salles :
France : 22 août 1975 - Film interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles en France (visa n°44037[1])
Distribution [modifier]
- Philippe Noiret : Julien Dandieu
- Romy Schneider : Clara Dandieu
- Jean Bouise : François
- Joachim Hansen : l'officier SS
- Robert Hoffmann : le lieutenant
- Karl Michael Vogler : Dr Müller
- Madeleine Ozeray : Mme Dandieu
- Caroline Bonhomme : Florence Dandieu, à 8 ans
- Catherine Delaporte : Florence Dandieu, à 13 ans
- Antoine Saint-John : le soldat allemand tué dans la cuisine
- Jean-Paul Cisife : le chef milicien
- Jean-Pierre Garrigues : un interne à l’hôpital
- Le chien Marcel : non crédité
Analyse [modifier]
Le film tire toute son originalité de sa manière de traiter un thème classique de la littérature et du cinéma : la vengeance. C'est l'un des rares films de justice expéditive (Rape and revenge) français, sorti peu de temps après la référence américaine du genre, Un justicier dans la ville[2]. Par le massacre de la division Das Reich, Julien Dandieu ne fait pas que répondre à un instinct animal, mais à un besoin de compréhension et de guérison de sa propre douleur (il est d'ailleurs chirurgien). Il tuera un à un les SS comme il laissera échapper de sa mémoire les instants heureux de sa vie de famille, en remontant à l'origine de cette vie ; ainsi, sa dernière vision est celle de sa rencontre avec Clara : pourquoi a-t-elle voulu de lui ? Parce que la guerre était imminente… Manière de relativiser l'horreur absolue en se prouvant à soi-même l'inanité des rencontres, l'inanité de la guerre, l'inanité de la vie. En ce sens, la musique de François de Roubaix accompagnant la famille faisant une promenade à vélo renforce ce lien étrange entre cet absurde existentiel et ce bonheur humain qui demeure éternellement dans la mémoire.
Production [modifier]
Scénario [modifier]
Le Vieux Fusil est librement inspiré d'un fait historique réel : lors du débarquement de Normandie en juin 1944, la Panzer division SS Das Reich est appelée en renfort en Normandie. Excédée par les harcèlements des résistants français qui font tout pour freiner sa progression, elle sème la terreur et la mort sur son passage. Des membres du 1er bataillon du régiment Der Führer commettent le massacre d'Oradour-sur-Glane au cours duquel ils assassinent 642 civils, hommes, femmes et enfants et mettent le feu au village.
Par ailleurs, il y a plusieurs similitudes entre l'ambiance de plomb qui régnait sur le Limousin en juin 1944 et le film.
Au début du film, des soldats allemands marchent devant des pendus, ce qui rappelle les pendaisons de Tulle le 9 juin 1944 et de Montauban le 24 juillet 1944.
La tension Maquis / Milice / Gestapo / SS est également retranscrite au début du film.
Casting [modifier]
À l'origine, le rôle principal devait être interprété par Lino Ventura, qui avait déjà tourné sous la direction de Robert Enrico à trois reprises (Les Grandes Gueules, Les Aventuriers et Boulevard du Rhum), mais ce dernier refusa en raison de la violence du scénario[3]. Le rôle fut finalement confié à Philippe Noiret, qui avait également tourné sous la direction d'Enrico dans Le Secret. Robert Enrico confia également à Stefan Moriamez dans son interview en 2002 qu'il avait pensé à Catherine Deneuve pour le rôle de Clara.
Tournage [modifier]
Deux châteaux ont servi de décor pour le film : le château de Bonaguil, en Lot-et-Garonne, et les châteaux de Bruniquel, en Tarn-et-Garonne. De plus, plusieurs scènes au début du film ont été tournées à Montauban. Le film fut également tourné à Paris[4].
Romy Schneider était tellement crédible lors de la scène du viol que des figurants se sont sentis très mal à l'aise.
Réception [modifier]
Lors de sa sortie en salles, Le Vieux Fusil a enregistré 3 365 471 entrées en France[5], dont 958 178 entrées à Paris[6], confortant Philippe Noiret et Romy Schneider dans leurs statuts de stars du cinéma en France.
Il s'agit du dernier film mis en musique de François de Roubaix, mort trois mois après la sortie en salles. Lors de la 1re cérémonie des Césars, il obtient à titre posthume le César de la meilleure musique. À cette même cérémonie, le film a obtenu le César du meilleur film et le César du meilleur acteur pour Philippe Noiret.
Toutefois, le film divisa la critique cinéphile. Louis Skorecki cite dans Libération les propos de Jean-Pierre Oudart qui, dans Les Cahiers du Cinéma, reproche à Robert Enrico de tenir un discours [...] abject sur la dernière guerre, sur le nazisme et Vichy et de faire prendre plaisir à une chasse à l'homme qui dure trois quarts d'heure[7]. Il prend parti lui-même, en 2001, contre le film affirmant : on a du mal à pardonner à Robert Enrico, serviteur académique du pire cinéma français, les indécences obscènes du Vieux Fusil[8].
Hommages [modifier]
Une allusion au Vieux Fusil est faite dans le film C'est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux et André Bonzel en 1992. Dans le film, Ben, l'assassin interprété par Benoît Poelvoorde saisit la chevelure d'un homme et le tue en frappant plusieurs fois sa tête contre un lavabo, reproduisant ainsi l'exécution d'un des soldats allemands par le personnage de Philippe Noiret dans Le Vieux Fusil. Ben ponctue alors son acte macabre de la remarque suivante : « Ça ne vous rappelle rien ? Le Vieux Fusil...? Philippe Noiret...? Bon film. »
Récompenses [modifier]
- Césars 1976 :
- César du meilleur film
- César du meilleur acteur pour Philippe Noiret
- César de la meilleure musique originale pour François de Roubaix
- nomination au César du meilleur réalisateur pour Robert Enrico
- nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Jean Bouise
- nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation pour Robert Enrico et Pascal Jardin
- nomination au César du meilleur son pour Bernard Aubouy
- nomination au César de la meilleure photographie pour Étienne Becker
- nomination au César du meilleur montage pour Eva Zora
- 1976 : David di Donatello Awards du meilleur acteur pour Philippe Noiret
- Césars 1985 : César des Césars
Bibliographie [modifier]
Stefan Moriamez, Le Vieux fusil : film de Robert Enrico tourné à Montauban, revue Arkheia, n°4, Montauban, 2002.
Vidéographie [modifier]
Le Vieux Fusil (Édition limitée) - 1 DVD sorti le 13 octobre 2010 édité par MGM Vidéo[9]
Le Vieux Fusil (Édition simple) - 1 DVD sorti le 9 février 2011 édité par MGM Vidéo[10]
Notes et références [modifier]
- http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=20810.html
- Que justice soit faite : les 10 meilleurs justiciers expéditifs du cinéma, Première, le 19 décembre 2010
- (fr) Lino Ventura refuse « Le Vieux Fusil », sur L'Internaute, 24 avril 2011
- http://cinema.encyclopedie.films.bifi.fr/index.php?pk=48388
- (fr) Le Vieux Fusil - Box-office, sur Jp's Box-office, 25 avril 2011.
- (fr) Le Vieux Fusil - Box-office, sur Box office story, 25 avril 2011.
- (fr) Le Vieux Fusil, 26 mars 2013.
- (fr) Le Vieux Fusil, 26 mars 2013
- (fr) Le Vieux fusil (édition limitée), sur DVDFr, 25 avril 2011.
- (fr) Le Vieux fusil (édition simple), sur DVDFr, 25 avril 2011.
Voir aussi [modifier]
Liens externes [modifier]
- (fr) Le Vieux Fusil sur AlloCiné
- (en) Le Vieux Fusil sur l’Internet Movie Database
- (fr) Erreurs de montage dans le film
- Film français sorti en 1975
- Film allemand
- Film dramatique
- Film réalisé par Robert Enrico
- Film sur l'Occupation allemande en France
- Film tourné en Tarn-et-Garonne
- Film tourné en Lot-et-Garonne
- Film à flash-back
- Film de rape and revenge
- César du meilleur film
- Film avec un César du meilleur acteur
- Film avec un César de la meilleure musique originale