Abijam

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Abijam
Abijam, d'après le Promptuarii Iconum Insigniorum (1553)
Abijam, d'après le Promptuarii Iconum Insigniorum (1553)
Titre
Roi de Juda
-913-911[1]
Prédécesseur Roboam, son père
Successeur Asa, son fils
Biographie
Dynastie Maison de David
Lieu de naissance Jérusalem
Date de décès -911
Sépulture Jérusalem
Père Roboam
Mère Maaca
Conjoint 14 épouses
Enfant(s) Asa
21 autres fils
16 filles
Résidence Palais royal de Jérusalem
Roi d'Israël contemporain : Jéroboam

Selon la Bible, Abijam (en hébreu אֲבִיָּם (ʾAbiyyām)[2] : « Mon père est (de) la mer », en grec ᾿Αβιοὺ (Abiou)[3], en latin Abiam[4]), fils de Roboam, a été roi de Juda durant 3 ans, à la fin du Xe siècle av. J.-C..
Il est aussi nommé Abija (en hébreu אֲבִיָּה (ʾAbiyyāh)[5] : « Mon père est le Seigneur », en grec ᾿Αβιὰ (Abia)[6], en latin Abia[7]).

Biographie[modifier | modifier le code]

La seule source dont on dispose sur Abijam est la Bible[8].

Fils de Roboam et de Maaca, il succéda à son père. Il eut 14 épouses, 22 fils et 16 filles.

Noms et ascendance[modifier | modifier le code]

Selon les livres de la Bible et les traductions, on trouve divers noms pour le successeur de Roboam :

Il est clair qu'à chaque fois, il s'agit du fils de Roboam et du père d'Asa. Mais ce nom étant aussi porté dans la Bible par d'autres personnages d'importance bien moindre[9], il convient de veiller à ne pas confondre.

L'ascendance maternelle d'Abijam pose aussi problème : sa mère, l'épouse préférée de Roboam, est nommée « Maaka, fille d'Absalom » dans le Premier livre des Rois et en 2 Chroniques 11,20, ou « Mikayahu, fille d'Uriel, de Gibéa » en 2 Chroniques 13,2[Note 1].
À cause de sa dévotion à Ashéra, Maaka sera déchue de son titre par son petit-fils Asa[10].

Vie et règne[modifier | modifier le code]

Fils de l'épouse préférée de son père, Abijam fut désigné par lui comme son successeur[11]. Roi semblable à son père par ses péchés selon le Premier livre des Rois, Abijam est décrit par le Chroniste[Note 2] comme un chef militaire très pieux.

Son règne fut marqué par le conflit qui l'opposa à Jéroboam. Le Chroniste raconte la bataille du mont Tsemarayim[12], qui opposa selon lui 400 000 hommes de Juda à 800 000 hommes d'Israël[Note 3] : celle-ci commença par une exhortation d'Abijam envers les armées d'Israël.
Dans ce discours, Abijam reprocha à Jéroboam d'avoir profité de la faiblesse de son père Roboam pour soustraire des israélites à la royauté de la maison de David, seule légitime à ses yeux puisque détentrice des promesses divines. Il lui reprocha aussi et surtout le schisme religieux consécutif au schisme politique, et accusa Israël d'avoir rejeté Dieu et le sacerdoce lévitique pour des idoles et des prêtres illégitimes. Ensuite, il déclare sa foi en Celui que, selon lui, ses adversaires ont abandonné, et les invite enfin à renoncer à la bataille, Dieu accompagnant les armées de Juda.
Jéroboam engagea la bataille en tentant une manœuvre d'encerclement, mais il fut rapidement vaincu, toujours selon le Chroniste, par une intervention divine, quand les prêtres sonnèrent de la trompette et quand les hommes de Juda poussèrent le cri de guerre[Note 4]. 500 000 hommes d'Israël ayant péri dans la bataille, Abijam et Juda acquirent ce jour-là un ascendant sur Israël qui leur permit de conquérir une partie du territoire ennemi.

Son fils Asa lui succéda.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses dates concernant les personnages bibliques de cette époque, celles-ci sont approximatives, et peuvent faire l'objet de débats entre exégètes.

Abijam aurait régné de -915 à -913 (Albright[13]), de -913 à -911 (Thiele[14]), ou de -914 à -911 (Galil[15]).
Ussérius situe son règne entre -957 et -955, entre ceux de Salomon et Roboam.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Diverses sources contournent cette difficulté en faisant d'Uriel le fils d'Absalom, moyennant une approximation qui est attestée ailleurs dans la Bible (1 Rois 15,10; 2 Chroniques 15,16; Genèse 28,13).
  2. On appelle « Chroniste » l'auteur des deux Livres des Chroniques.
  3. Les chiffres sont énormément exagérés par rapport à ce que suggèrent les découvertes archéologiques.
  4. On remarque dans ce récit des analogies avec les prises de Jéricho (Josué 6), d'Aï (Josué 8,14–17 ) et de Gibéa (Juges 20).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Thiele. Comme de nombreuses dates concernant les personnages bibliques de cette époque, celles-ci sont approximatives, et peuvent faire l'objet de débats entre exégètes. Cf. Rois de Juda
  2. Bible en hébreu
  3. Site internet Myriobyblos (Bible en grec)
  4. Site internet Biblos.com
  5. Bible en hébreu
  6. Site internet Myriobyblos (Bible en grec)
  7. Site internet Biblos.com
  8. Dans la Bible, la vie d'Abijam est racontée en 1 Rois 14,31–15,8 , en 2 Chroniques 11,20–23 et en 2 Chroniques 12,16–13,23 . Abijam y est aussi mentionné en 1 Chroniques 3,10 et en Matthieu 1,7
  9. Voir entre autres et par exemple : 1 Rois 14,1, 2 Chroniques 29,1 ou Néhémie 12,17
  10. 1 Rois 15,10–13
  11. 2 Chroniques 11,20–23
  12. 2 Chroniques 13,3–18
  13. (en) William F. Albright, « The Chronology of the Divided Monarchy of Israel », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 100,‎ 1945
  14. (en) Edwin R. Thiele, The Mysterious Numbers of the Hebrew Kings, Kregel Academic,‎ 1994, 256 p. (ISBN 0-8254-3825-X, lire en ligne), p. 81-82 ; 215 ; 217-218
  15. (en) Gershon Galil, The Chronology of the Kings of Israel & Judah, Brill,‎ 1996, 180 p. (ISBN 90-04-10611-1, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]