Edwin R. Thiele

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Edwin Richard Thiele (1895 - 1986) est un missionnaire adventiste américain, un archéologue, un directeur de rédaction, un écrivain et un professeur de l'Ancien Testament. Il est connu pour ses recherches sur la chronologie des royaumes hébreux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Natif de Chicago, Edwin Thiele obtient un Baccalaureate of Arts (l'équivalent de la licence en France) des langues anciennes en 1918 à Emmanuel Missionary College (qui fut renommé l'université Andrews en 1960). Après deux ans de service comme secrétaire du département de la mission intérieure (appelé aujourd'hui " les ministères personnels ") de la Fédération du Michigan Est de l'Église adventiste du septième jour, il partit servir en Chine comme missionnaire. Pendant douze ans, il fut le directeur et le rédacteur en chef de la maison d'édition " Signes des temps " à Shanghai.

À son retour aux États-Unis, Thiele obtint un Master en archéologie de l'université de Chicago in 1937. Il rejoignit alors la faculté de religion d'Emmanuel Missionary College, tout en poursuivant ses études doctorales à l'université de Chicago. Il obtint un doctorat en archéologie biblique en 1943. Sa thèse doctorale, publiée plus tard sous le titre The Mysterious Numbers of the Hebrew Kings (Les nombres mystérieux des rois hébreux)[1] est mondialement considérée comme l'œuvre définitive sur la chronologie des rois hébreux[Note 1]. Il voyagea beaucoup au Moyen-Orient dans le cadre de cette recherche.

En plus de cela, Thiele écrivit un livre populaire sur le christianisme, Knowing God (Connaître Dieu)[2]. De 1963 à 1965, il fut professeur d'antiquité à l'université Andrews. Quand il prit sa retraite en 1965, il partit résider en Californie où il continua à écrire. Il mourut à St. Helena en Californie en 1986. Il est enterré au cimetière Rose Hill à Berrien Springs dans le Michigan.

Après sa mort, son épouse, Margaret, acheva sa recherche sur le livre de Job, intitulé Job and the Devil (Job et le diable)[3]. Dans cette œuvre, Thiele argumente que le léviathan et béhémoth sont liés aux mythes du Moyen-Orient du chaos et du mal. Ainsi, il suggéra que le livre de Job représente derrière la souffrance de Job, Dieu luttant en coulisse contre le mal.

Chronologie des rois hébreux[modifier | modifier le code]

La chronologie des rois hébreux s'établit au départ en recoupant les informations trouvées dans les Livres des Rois et dans les Livres des Chroniques sur la durée de leurs règnes. L'accession au trône de chaque souverain est datée par rapport au nombre d'années de règne du roi contemporain du royaume du nord (Israël) ou du royaume du sud (Juda). Cependant, certains recoupements paraissent ne pas s'accorder, si bien qu'un règne d'une durée de 20 ans dans une référence semble correspondre à une autre durée, de 19 ou 21 années par exemple, dans une autre référence.

Deux méthodes de comptage des règnes[modifier | modifier le code]

Edwin Thiele remarqua que les références croisées durant le long règne d'Asa, roi de Juda, accumulaient une erreur d'une année pour chaque règne consécutif des rois d'Israël. La première référence croisée contenait une erreur d'une année, la seconde une erreur de deux années, la troisième une erreur de trois années, et ainsi de suite. Il démontra que c'était dû au fait qu'il existait deux méthodes différentes pour compter la durée des règnes : la méthode de l'année d'accession au trône et la méthode de l'année de la non-accession au trône.

Selon notre calendrier, si un vieux roi meurt un 31 décembre et que le nouveau roi démarre son règne le 1er janvier, il n'y a pas de problème pour dater sa première année de règne. Mais si le vieux roi meurt le 1er décembre, que fait-on des 30 derniers jours de l'année ? Selon la méthode hébreu de l'année d'accession au trône, ces 30 jours sont appelés " l'année d'accession " et la première année de règne du nouveau roi démarre le 1er janvier. Dans la méthode de l'année de la non-accession au trône, les 30 jours sont la première année de règne du nouveau roi et sa deuxième année de règne démarre le 1er janvier.

Deux calendriers[modifier | modifier le code]

Comme si ce n'était pas déjà assez compliqué, Thiele démontra aussi que suivant le calendrier de l'année religieuse, le royaume du nord (Israël) célébrait le nouvel an au printemps au mois hébreu de Nissan, alors que le royaume du sud (Juda) démarrait le sien en automne au mois de Tishri, suivant en cela le calendrier de l'année civile juive.

Ainsi donc, des différences sur le début des années et les méthodes de datation des règnes expliquaient en grande partie la confusion sur les recoupements de la chronologie des rois hébreux. Quand il publia la première fois ses découvertes, Thiele ignorait que le belge V. Coucke avait tiré une conclusion identique quelques années auparavant, un fait qu'il reconnut dans son livre, The Mysterious Numbers of the Hebrew Kings[4] :

  1. Le royaume du nord (Israël) démarrait le nouvel an au printemps et utilisait la méthode de l'année de non accession au trône.
  2. Le royaume du sud (Juda) démarrait le nouvel an en automne et utilisait la méthode de l'année d'accession au trône.

Thiele constata que le royaume du sud adopta la méthode de l'année de non accession au trône des pays voisins à une période d'alliance entre Juda et Israël. Ceci arriva quand Joram, fils de Josaphat (le roi de Juda), épousa Athalie, la fille d'Achab (le roi d'Israël). Cinquante ans plus tard, en 798 av. J.-C., le royaume de Juda revint à la méthode de l'année d'accession au trône[5]. À partir de cette date, les deux royaumes du nord et du sud utilisèrent la méthode de l'année d'accession au trône jusqu'à leur disparition[6].

Périodes 931-848 848-798 798-723 723-586
Système de datation d'Israël Année de non accession au trône Année de non accession Année d'accession
Système de datation de Juda Année d'accession au trône Année de non accession Année d'accession Année d'accession
Obélisque noir : Jéhu, roi d'Israël, au pied de Salmanazar III, roi d'Assyrie

Raffinements de la chronologie[modifier | modifier le code]

Par cette compréhension de la chronologie, Thiele démontra que les quatorze années entre les rois Achab et Jéhu furent en réalité douze ans. Il parvint ainsi à dater leurs règnes de manière précise car le nom d'Achab est mentionné sur le monolithe de Kurkh. Cette stèle rapporte l'invasion de l'Assyrie en Syrie et en Palestine lors de la Bataille de Qarqar en 853 av.JC. Jéhu est mentionné sur l'obélisque noir de Salmanazar III, lui payant le tribut en 841 av.JC. Comme douze ans séparent ces deux évènements dans la chronologie assyrienne, Achab a dû combattre les Assyriens durant sa dernière année de règne et Jéhu paya le tribut lors de sa première année de règne.

Thiele parvint à recouper toutes les données de la chronologie biblique des livres des Rois et des Chroniques, à l'exception des synchronismes entre Osée, roi d'Israël, et Ezéchias, roi de Juda, vers la fin du royaume du nord. Avec réticence, il conclut qu'il y avait une erreur sur ce point. Par la suite, d'autres chercheurs, dont son collègue Siegfried Horn, T. C. Mitchell, Kenneth Kitchen[7] et Leslie McFall[8] proposèrent une corégence non attestée d'Ezéchias et de son père Achaz pour expliquer le synchronisme entre Osée et Ezéchias[9].

Chevauchements de règnes[modifier | modifier le code]

Edwin Thiele constata aussi plusieurs chevauchements de règnes dans l'histoire des royaumes d'Israël et de Juda, en particulier durant les corégences. Par exemple, on plaça Jotham sur le trône quand Ozias fut atteint par la lèpre (1 Rois 15:5). À certains moments, des rois rivaux se disputèrent un royaume. Ainsi, Tivni régna sur une partie d'Israël et Omri sur une autre partie (1 Rois 16:21).

Thiele démontra qu'un mode inhabituel de datation fut utilisé pour certains chevauchements de règnes : la durée d'un règne correspondait au nombre total d'années sur le trône, de l'année du début du chevauchement à l'année de la mort du roi durant son règne unique. Thiele désigna l'année de la fin du chevauchement de deux règnes et du début d'un règne unique, une " datation duale ". Cinq des huit chevauchements de règnes furent des datations duales : les règnes d'Omri, de Jéroboam II et Pékah en Israël, et de Josaphat et Ozias en Juda. Selon lui, le système de datation duale est essentiel à la compréhension de la chronologie des rois hébreux[5].

Date de division du royaume unifié[modifier | modifier le code]

Bien que la chronologie de Thiele du royaume du sud (Juda) nécessita une légère révision, sa chronologie du royaume du nord (Israël) est demeurée intacte depuis sa première publication en 1944[10]. En particulier, sa date de 931 av.JC pour la division du royaume de Salomon est largement acceptée par les chercheurs[11],[12],[13],[14],[15]. Elle est indépendamment soutenue par les recherches de J. Liver[16], de Frank M. Cross[17] et d'autres chercheurs qui étudièrent la chronologie des rois de Tyr[18].

Cette date de 931 av.JC, en conjonction avec le synchronisme entre Roboam (ou Réhoboam) et le pharaon Shishak dans 1 Rois 14:25 est utilisée par les égyptologues pour attribuer des dates absolues à la 22e dynastie d'Égypte. L'œuvre de Thiele basée sur la chronologie biblique est donc aussi utile pour la chronologie de l'histoire non biblique[19].

Chronologie de Thiele[modifier | modifier le code]

ISRAËL JUDA
Roi Règnes simultanés

[Note 2]
Règne Durée Roi Nom du père Âge
d’accession
à la
corégence
Âge de
début de
règne
personnel
Corégence Règne Durée Âge
lors de la
naissance
du
successeur
Âge au
début de la
corégence
avec le fils
Âge de décès
Jéroboam 931/0 - 910/9 22 Roboam Salomon 41 931/0 - 913 17 59
Abijam Roboam 913    - 911/0 3
Nadab 910/9 - 909/8 2 Asa Abijam 911/0 - 870/9 41
Baasa 909/8 - 886/5 24
Éla 886/5 - 885/4 2
Zimri 885/4 0,02
Tibni 885/4 - 880
Omri 885/4 - 880 880    - 874/3 12
Achab 874/3 - 853 22 Josaphat Asa 35 38 872/1 - 870/9 870/9 - 848 25 23 54 59
Ochozias 853    - 852 2 Joram Josaphat 32 37 853    - 848 848    - 841 8 23 44
Joram 852    - 841 12 Ochozias Joram 22 (42) 841 1 22 22
Jéhu 841    - 814/3 28 Athalie Achab 841    - 835
Joachaz 814/3 - 798 17 Joas Ochozias 7 835    - 796 40 22 46
Joas 798    - 782/1 16 Amasias Joas 25 796    - 767 29 15 30 54
Jéroboam II 793/2 - 782/1 782/1 - 753 41 Azarias
(Ozias)
Amasias 16 39 792/1 - 767 767    - 740/9 52 33 57 68
Zacharie 753    - 752 0,5
Shallum 752 0,08
Ménahem 752    - 742/1 10 Jotham Azarias 25 36 750    - 740/9 740/9 - 732/1 16 21 44
Peqahya 742/1 - 740/9 2
Peqah 752    - 740/9 740/9 - 732/1 20 Achaz Jotham 20 735    - 732/1 732/1 - 716/5 16 16 40
Osée 732/1 - 723/2 9
Ézéchias Achaz 25 716/5 - 687/6 29 33 44 54
Manassé Ézéchias 12 22 697/6 - 687/6 687/6 - 643/2 55 45 66
Amon Manassé 22 643/2 - 641/0 2 17 24
Josias Amon 8 641/0 - 609 31 17 Joachaz
16 Joaqim
31 Sédécias
39
Joachaz Josias 23 609 0,25
Joaqim Josias 25 609    - 598 11 19 36
Joachin Joaqim 18 (8) 598    - 597 0,25
Sédécias Josias 21 597    - 586 11

Contribution de Thiele[modifier | modifier le code]

La recherche d'Ewin Thiele a été mis en contraste avec la méthode de Julius Wellhausen et des théologiens libéraux qui utilisèrent l'hypothèse documentaire. Wellhausen présupposa que les informations des livres des Rois et des Chroniques n'étaient pas historiques, estimant qu'elles auraient été assemblées artificiellement à une date plus tardive que les évènements qu'elles décrivaient[20]. Selon lui, les synchronismes de ces livres n'avaient pas de valeur car leurs écrivains ne connaissaient pas l'histoire correcte des époques dont ils parlaient[21].

À l'inverse, Thiele utilisa une approche non spéculative. Il rechercha les méthodes que les anciens scribes et chroniqueurs des palais royaux utilisèrent pour rapporter les évènements historiques. Se fondant sur les évidences des inscriptions archéologiques, il fournit une explication crédible aux problèmes de chronologie de l'histoire des rois hébreux. Son livre, The Mysterious Numbers of the Hebrew Kings, est considéré comme un classique et une œuvre compréhensive sur les dates d'accession au trône des rois des royaumes du nord et du sud, les calendriers et les corégences, se basant sur de nombreuses sources bibliques et extra-bibliques.

Avant la recherche de Thiele, de nombreux experts de la Bible doutaient qu'il soit possible de résoudre les difficultés de la chronologie des rois hébreux. Le fameux archéologue William F. Albright estima à un certain moment que les données du livre des Rois étaient incorrectes et qu'il fallait en fournir de nouvelles[22]. Frank Knight Sanders écrivit à propos de ces chiffres : " Déterminer leur chronologie exacte est au-dessus du pouvoir de l'historien "[23]. Aucune de ces remarques n'auraient été faites si les diverses méthodes de datation avaient été comprises.

L'archéologue Siegfried Horn souligne : " Cet accomplissement est d'autant plus remarquable que Thiele travailla tout seul sur son projet de chronologie en utilisant seulement les données bibliques et les dates fixes de la chronologie assyrienne et babylonienne, sans s'appuyer sur l'œuvre des chercheurs qui l'avaient précédé dans ce domaine. C'est certainement une réussite extraordinaire "[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La chronologie de Thiele est acceptée dans plusieurs Bibles d'étude récentes. Cette chronologie des monarques hébreux est utilisée dans Cambridge Ancient History (T. C. Mitchell, "Israel and Judah until the Revolt of Jehu (931-841 B.C.)" CAH 3, Part 1, p. 445). Avec les légères modifications de Leslie McFall ("A Translation Guide to the Chronological Data in Kings and Chronicles", Bibliotheca Sacra 148 [1991], p. 3-45), elle est acceptée dans l'influent Handbook of Biblical Chronology de Jack Finegan (Peabody, MA: Hendrickson, 1998, p. 249). Voir aussi dans les autres notes, la liste d'érudits qui acceptent sa date concernant la division du royaume d'Israël.
  2. La traduction exacte du terme anglais employé par Thiele est « Règnes se chevauchant ». Il s'agit de règnes concurrents, sauf dans le cas de la corégence entre Joas et Jéroboam II.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Edwin Thiele, The Mysterious Numbers of the Hebrew Kings, (1st ed.; New York: Macmillan, 1951; 2d ed.; Grand Rapids: Eerdmans, 1965; 3rd ed.; Grand Rapids: Zondervan/Kregel, 1983). ISBN 0-8254-3825-X, 9780825438257
  2. Thiele, Edwin R., Knowing God, Southern Publishing Association, 1979
  3. Thiele, Edwin R. and Thiele, Margaret R., Job and the Devil, Southern Publishing Association, 1988.
  4. Edwin Thiele, The Mysterious Numbers of the Hebrew Kings (3e édition), p. 59, n.17, citant V. Coucke, " Chronique biblique " dans Supplément au Dictionnaire de la Bible, éditions Louis Pirot, vol. 1, 1928.
  5. a et b Edwin Thiele, " The chronology of the Hebrew kings ", Adventist Review, 17 mai 1984.
  6. Leslie McFall, "Translation Guide", p. 6.
  7. New Bible Dictionary, 1st ed., J. D. Douglas, editor; Grand Rapids: Eerdmans, 1962, p. 217.
  8. Leslie McFall, "Translation Guide" p. 12.
  9. Siegfried H. Horn, "The Chronology of King Hezekiah’s Reign", Andrews University Seminary Studies 2 (1964) p. 48-49.
  10. Edwin R. Thiele, "The Chronology of the Kings of Judah and Israel," Journal of Near Eastern Studies 3 (1944): p. 137-186.
  11. Finegan, Handbook p. 249.
  12. Gershon Galil, The Chronology of the Kings of Israel and Judah (Leiden: Brill, 1996), p. 14.
  13. McFall, "Translation Guide", p. 33-34.
  14. T. C. Mitchell in Cambridge Ancient History, "Israel and Judah until the Revolt of Jehu", p. 445-446.
  15. Israel Finkelstein and Neil Asher Silberman, The Bible Unearthed (New York: Free Press, 2001), p. 131 (Link).
  16. J. Liver, "The Chronology of Tyre at the Beginning of the First Millennium B.C.", Israel Exploration Journal 3 (1953), p. 113-120
  17. Frank M. Cross, "An Interpretation of the Nora Stone", Bulletin of the American School of Oriental Research 208 (1972) p. 17, n. 11.
  18. William H. Barnes, Studies in the Chronology of the Divided Monarchy of Israel (Atlanta: Scholars Press, 1991), p. 29-55 ; Rodger C. Young, " Three Verifications of Thiele's Date for the Beginning of the Divided Kingdom ", Andrews University Seminary Studies (2007), p. 179-187.
  19. Kenneth Strand, " Thiele's Biblical Chronology as a Corrective for Extrabiblical Dates ", Andrews University Seminary Studies, Automne 1996, Vol. 34, No. 2,295-317.
  20. Julius Wellhausen, Prolegomena to the History of Israel (New York: Meridian Books, 1957) p. 151, originally published as Prolegomena zur Geschichte Israels (Berlin: Reimer, 1878).
  21. Theodore H. Robinson, A History of Israel (Oxford, 1932) I, p. 454.
  22. William F. Albright, " The Chronology of the Divided Monarchy of Israel ", Bulletin of the American Schools of Oriental Research, 1945, vol. 100, p. 21.
  23. Frank Knight Sanders, " History of the Hebrews ", p. 141, cité par Edwin Thiele dans " The chronology of the Hebrew kings ", Adventist Review, 17 mai 1984.
  24. " This Week ", Adventist Review, p. 2, 17 mai 1984.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]