Roboam

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Roboam
Roboam, sur un fragment de fresque murale de la Chambre du Conseil de la mairie de Bâle, par Hans Holbein le Jeune
Roboam, sur un fragment de fresque murale de la Chambre du Conseil de la mairie de Bâle, par Hans Holbein le Jeune
Titre
Roi de Juda
-931-913[1]
Prédécesseur Salomon, son père
Successeur Abijam, son fils
Biographie
Dynastie Maison de David
Date de naissance -972
Lieu de naissance Jérusalem
Père Salomon
Mère Naama
Conjoint Mahalat
Maaka
16 autres femmes
60 concubines
Enfant(s) Abijam
27 autres fils
60 filles
Résidence Palais royal de Jérusalem
Roi d'Israël contemporain : Jéroboam
Pharaon contemporain : Sheshonq Ier

Selon la Bible, Roboam (en hébreu רְחַבְעָם (Rehabeʿām)[2] : « Celui qui élargit le peuple », en grec Ροβοὰμ (Roboam)[3], en latin Roboam[4]), fils de Salomon, a été roi de Juda durant 17 ans, dans le dernier tiers du Xe siècle av. J.-C.. Il fut à l'origine du schisme qui divisa le royaume d'Israël[Note 1] en 2 royaumes rivaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

La seule source explicite dont on dispose sur Roboam est la Bible[5], mais l'archéologie contribue à éclairer certains aspects de son règne.

Source biblique[modifier | modifier le code]

Fils de Salomon et de Naama l'Ammonite, il succéda à son père à l'âge de 41 ans. Il eut pour épouses Mahalat, puis Maaka, fille d'Absalom, 16 autres femmes et 60 concubines. Maaka étant sa préférée, il désigna son fils Abijam comme successeur. Il eut en tout 28 fils et 60 filles[6].

Le schisme[modifier | modifier le code]

Comme tous les rois de l'époque, il devait pour pouvoir régner obtenir l'allégeance des tribus d'Israël. Il entreprit donc un voyage à Sichem (l'actuelle Naplouse) afin de recueillir celle-ci auprès des chefs de tribu réunis. Mais ces derniers, sous la conduite de Jéroboam, revenu pour l'occasion de son exil en Égypte, en profitèrent pour lui présenter leurs doléances : ils demandaient des impôts moins lourds et l'abolition des corvées qui avaient été instituées afin de participer à l'embellissement du royaume sous le règne de Salomon.

Au lieu de suivre les conseils des anciens conseillers de son père, favorables aux requêtes du peuple, Roboam préféra suivre ceux de ses propres conseillers, ambitieux et sans sens politique. Il refusa donc brutalement d'accéder aux demandes des tribus, et leur envoya Adoram, le chef des corvées. Les tribus du Nord ne prêtèrent donc pas allégeance à Roboam, qui fut contraint de rentrer à Jérusalem ; elles lapidèrent Adoram, et se constituèrent en un royaume distinct : le royaume d'Israël[Note 1]. Elles choisirent Jéroboam comme roi.

De retour à Jérusalem, Roboam constata que seules deux tribus lui étaient restées fidèles : celle de Benjamin et celle de Juda. Il voulut d'abord lever une armée pour réunifier par la force les deux royaumes, mais le prophète Shemaya l'en dissuada[Note 2]. Il gouverna les deux tribus du Sud sous le nom de royaume de Juda.

Règne[modifier | modifier le code]

Roboam fut contemporain du pharaon Sheshonq Ier, qui attaqua Jérusalem durant la cinquième année du règne de Roboam et en pilla le temple et le palais royal[7]. Roboam accepta de devenir un vassal de Sheshonq, et lui laissa les trésors pillés comme tribut.

Le Premier livre des Rois laisse entendre que Roboam fut un roi impie, comme son peuple. Mais le Chroniste[Note 3] nuance cela en décrivant un roi qui resta d'abord fidèle à Dieu pendant 3 ans, ce qui lui valut le ralliement des lévites du Nord[Note 4], avant de s'en écarter. Le Chroniste voit en l'attaque de Sheshonq un châtiment divin, face auquel Roboam et les siens revinrent au monothéisme.

Il mentionne aussi la construction ou la restauration par Roboam de villes fortifiées du Royaume de Juda[8].

Mentions postérieures[modifier | modifier le code]

Plus loin, le même Chroniste met dans la bouche de Abijam, fils de Roboam, une apostrophe aux armées de Jéroboam dans laquelle Abijam condamne le schisme et décrit son père comme un homme « jeune et craintif », qui « manqua de force devant eux » et ne put résister à la rébellion nordiste[9].

Enfin, dans le livre de l'Ecclésiastique, Jésus ben Sira décrit Roboam comme « insensé aux yeux du peuple, dépourvu de prudence »[10].

Autres sources[modifier | modifier le code]

Si aucune source extérieure à la Bible ne permet aujourd'hui de confirmer (ou d'infirmer) l'existence historique de Roboam, la conquête de Sheshonq Ier est un des premiers événements bibliques attestés par l'archéologie. Des traces archéologiques de destruction, en particulier à Megiddo ou Tel Rehov, permettent de dater cette conquête de -925. Par ailleurs, un relief du temple de Karnak mentionne les villes prises par Sheshonq lors de cette campagne. Mais l'absence de Jérusalem dans cette liste semble assez difficilement compatible avec le texte biblique.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses dates concernant les personnages bibliques de cette époque, celles-ci sont approximatives, et peuvent faire l'objet de débats entre exégètes.

Selon la Bible, Roboam accéda au trône à l'âge de 41 ans.
Il aurait régné de -922 à -915 (Albright[11]), de -931 à -913 (Thiele[12]), ou de -931 à -914 (Galil[13]).

Le fait que, comme l'indique la Bible, l'attaque égyptienne ait eu lieu la cinquième année du règne de Roboam (soit -927 ou -926 selon Thiele et Galil), semble confirmé par les conclusions archéologiques (voir ci-dessus).

Selon Manéthon, Sheshonq Ier, de la XXIIe dynastie, régna entre -945 et -924. Cette donnée est incompatible avec la chronologie d'Albright, mais elle permet de confirmer l'époque du règne de Roboam.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Il convient ici de bien distinguer le Royaume d'Israël d'avant le schisme (ou Royaume unifié, regroupant toutes les 12 tribus d'Israël) du Royaume d'Israël d'après le schisme (ou Royaume du Nord, regroupant les 10 tribus du Nord).
  2. Mais les deux livres bibliques racontant l'histoire de Roboam mentionnent une guerre incessante entre Jéroboam et lui.
  3. On appelle « Chroniste » l'auteur des deux Livres des Chroniques.
  4. Toujours selon la Bible, en donnant une dimension religieuse (les veaux d'or, 1 Rois 12,26–33 et 2 Chroniques 11,13–17 ) à ce qui était d'abord un schisme politique, Jéroboam et ses fils ont exclu les lévites du sacerdoce, d'où leur ralliement à Juda. Selon le Chroniste, ils furent accompagnés des membres des tribus du Nord les plus fidèles au culte du Temple.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Thiele. Comme de nombreuses dates concernant les personnages bibliques de cette époque, celles-ci sont approximatives, et peuvent faire l'objet de débats entre exégètes. Cf. Rois de Juda
  2. Bible en hébreu
  3. Site internet Myriobyblos (Bible en grec)
  4. Site internet Biblos.com
  5. Dans la Bible, le règne de Roboam est raconté en 1 Rois 11,43–12,24 , en 1 Rois 14,21–31 et en 2 Chroniques 9,31–12,16 . Roboam y est aussi mentionné en 1 Chroniques 3,10, en 2 Chroniques 12,27, en 2 Chroniques 13,7, en Ecclésiastique 47,23 et en Matthieu 1,7
  6. 2 Chroniques 11,18–23
  7. 1 Rois 14,25–26
  8. 2 Chroniques 11,5–12
  9. 2 Chroniques 13,7
  10. Ecclésiastique 47,23
  11. (en) William F. Albright, « The Chronology of the Divided Monarchy of Israel », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 100,‎ 1945
    Voir aussi (en) Edwin R. Thiele, The Mysterious Numbers of the Hebrew Kings, Kregel Academic,‎ 1994, 256 p. (ISBN 0-8254-3825-X, lire en ligne), p. 85-86
  12. (en) Edwin R. Thiele, op. cit., p. 80-81 ; 85-86 ; 215 ; 217-218
  13. (en) Gershon Galil, The Chronology of the Kings of Israel & Judah, Brill,‎ 1996, 180 p. (ISBN 90-04-10611-1, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]