Alexandre Goüin

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Alexandre Goüin
Image illustrative de l'article Alexandre Goüin
Fonctions
Sénateur du Second Empire
1er janvier 18674 septembre 1870
Vice-président du Corps législatif
31 mai 186318 novembre 1868
Ministre français du Commerce et de l'Agriculte
1er mars 184029 octobre 1840
Monarque Louis-Philippe Ier
Gouvernement Thiers II
Prédécesseur Laurent Cunin-Gridaine
Successeur Laurent Cunin-Gridaine
Président du Conseil général d'Indre-et-Loire
1834
Député d'Indre-et-Loire
5 juillet 183118 novembre 1868
Biographie
Date de naissance 25 janvier 1792
Lieu de naissance Tours, Drapeau français Royaume de France
Date de décès 27 mai 1872
Lieu de décès Tours, Drapeau de France France
Parti politique Droite conservatrice
Profession Banquier

Alexandre Henri Goüin est un banquier et homme politique français, né à Tours (Indre-et-Loire) le 25 janvier 1792 et mort dans la même ville le 27 mai 1872.

Sommaire

Biographie [modifier]

Issu d'une riche famille de banquiers et d'industriels tourangeaux, Alexandre Goüin est né le 25 janvier 1792 d'Alexandre-Pierre-François Goüin (1760-1832), directeur de la Banque Goüin frères à Tours, et de Marie-Madeleine Benoist de La Grandière (1763-1840), fille d'Étienne Benoist de La Grandière. Baptisé le lendemain de sa naissance au Collégiale Saint-Martin de Tours, il eut pour parrain son oncle Henri Jacques Goüin-Moisant. Le 26 octobre 1813, il épousa Adèle-Henriette Marteau (1794-1873), fille de Louis-François, directeur de l'Enregistrement et des Domaines de Tours. Ils eurent deux enfants :

Il suivit ses études au collège de Pontlevoy puis entra dans une banque parisienne située 5 rue Tronchet et dans la banque Goüin frères dans sa ville natale, fondée en 1714, dont il succédera à son père comme co-directeur. Associé-fondateur de la Caisse d'épargne et de prévoyance de Tours, il en est directeur de 1833 à 1834[1],[2].

Membre du conseil municipal de Tours en 1820, et juge au tribunal de commerce en 1822, Alexandre Goüin venait d'en être nommé président lorsqu'il fut élu député, le 6 juillet 1831, par le 1er collège électoral d'Indre-et-Loire (Tours)[3].

D'opinions conservatrices, Goüin prit place au centre-droit dans la majorité gouvernementale. Il se prononça pour l'ordre du jour Ganneron relatif à la situation extérieure, pour l'État de siège en 1832, pour la condamnation du journal La Tribune (1833), etc.

En 1832, il fait partie des premiers associés-fondateurs de la Caisse d'épargne et de prévoyance de Tours avec plusieurs autres membres de sa famille. Il avait en particulier été chargé d'obtenir auprès du gouvernement l'ordonnance royale de constitution de Caisse d'Épargne. Il y assura les fonctions de directeur de 1833 à 1834.

Rapporteur de la commission du budget en 1833, il montra une réelle compétence financière et fut chargé du même rapport les deux années suivantes. Il avait entretemps été réélu député le 21 juin 1834[4]. Il vota pour les lois de septembre 1835, rapporta divers projets de loi relatifs à des questions économiques ou financières, approuva les lois de dotation et d'apanage.

À la fin de janvier 1836, à la suite de l'incident provoqué à la Chambre par l'affaire de la conversion des rentes 5 %, proposée par le ministre des Finances, Georges Humann, sans l'aveu du ministère, et de l'explication, jugée arrogante, donnée à la tribune par le duc de Broglie (V. Gouvernement Victor de Broglie), Goüin, pour embarrasser le gouvernement, déposa une proposition tendant à la conversion des rentes. On a soupçonné, mais sans preuve, la main de Louis-Philippe derrière cette manœuvre. La proposition suivit son cours parlementaire normal : elle fut renvoyée dans les bureaux qui, à l'unanimité, se prononcèrent en faveur de la lecture publique le 1er février. Celle-ci eut lieu du 4 au 6 février. Au nom du gouvernement, Adolphe Thiers combattit vivement la conversion des rentes. Au terme d'un débat long et houleux, la Chambre, au scrutin secret, repoussa l'ajournement de la proposition Goüin par 194 boules noires contre 192 boules blanches. Le cabinet remit immédiatement sa démission au Roi. Ce fut la première fois depuis 1830 qu'un gouvernement démissionna après avoir été mis en minorité devant la Chambre, et ce fut donc une étape importante dans l'installation du régime parlementaire en France. La proposition sur la conversion des rentes, devenue un des chevaux de bataille de l'opposition parlementaire, fut reprise deux fois et deux fois repoussée.

En mars 1837, à l'occasion de la loi de disjonction, Goüin manifesta quelques velléités d'opposition. Réélu le 4 novembre[5], il combattit le ministère Molé et entra dans la coalition formée pour le renverser. Il fut réélu le 2 mars 1839[6] et entra dans le deuxième ministère Thiers le 1er mars 1840 comme ministre de l'Agriculture et du Commerce ; le portefeuille des finances lui avait été offert, mais il le refusa, attendu la profession de banquier qu'il exerçait. De ce fait, il dut se représenter devant ses électeurs qui confirmèrent son mandat le 4 avril[7]. Il fut chargé de soutenir, au nom du gouvernement, la discussion parlementaire de la célèbre loi sur le travail des enfants dans les manufactures qu'il présenta et fit adopter.

Il quitta le gouvernement en même temps que le ministère le 29 octobre 1840 et rentra alors dans l'opposition, prenant place au centre-gauche. Il fut réélu à toutes les échéances électorales jusqu'en 1848 : les 9 juillet 1842[8] et 1er août 1846[9].

À la mort de Jacques Laffitte, Goüin prit la gestion de la Caisse générale du commerce et de l'industrie (1844), sous la raison social Caisse générale du commerce et de l'industrie A. Goüin et Cie, et la dirigea jusqu'en 1848 sans pouvoir en empêcher la faillite après la Révolution de 1848.

L'Hôtel d'Augny fut le siège d'une partie des affaires de Goüin.

Il prend part à la fusion de la Compagnie du chemin de fer de Creil à Saint-Quentin, dont il est président du conseil d'administration, avec la Compagnie des chemins de fer du Nord.

Il se présenta aux élections à l'Assemblée constituante du 23 avril 1848 sous l'étiquette de la « coalition des anciens partis » et fut élu représentant d'Indre-et-Loire[10]. Il vota pour la bannissement de la famille d'Orléans, mais vota ensuite avec la droite conservatrice : pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, pour l'impôt proportionnel préféré à l'impôt progressif, contre l'amendement Grévy, contre le droit au travail, pour l'ordre du jour en l'honneur du général Cavaignac, contre la réduction de l'impôt du sel, pour la proposition Rateau, contre l'amnistie, pour l'interdiction des clubs, pour les crédits de l'expédition de Rome, contre l'abolition de l'impôt des boissons, etc. Il présida la comité des finances de la Constituante.

Rallié à la politique de Louis-Napoléon Bonaparte, il appuya son gouvernement avec ardeur. Il fut réélu député d'Indre-et-Loire à l'Assemblée législative le 13 mai 1849[11]. Membre de la majorité monarchiste, il fit partie des Commissions du budget et des finances, participa à des discussions économiques et financières, vota pour l'expédition de Rome, pour la mise en accusation dans l'affaire du 13 juin, pour la loi Falloux-Parieu sur l'enseignement libre, etc. Il compta parmi les députés les plus dévoués au prince-président. Partisan du coup d'État du 2 décembre 1851, il fut désigné comme candidat officiel aux élections du 29 février 1852 dans la 1re circonscription d'Indre-et-Loire et élu député au Corps législatif[12]. Il présida la première commission du budget du nouveau Corps législatif et prit part à l'établissement du Second Empire, dont il fut l'un des soutiens les plus actifs. Le 27 mars 1852, il est nommé membre de la Commission de surveillance de la Caisse d'amortissement et de la Caisse des dépôts et consignations. Toujours avec l'appui du gouvernement, il fut réélu les 22 juin 1857[13] et 1er juin 1863[14]. Il prit fréquemment la parole dans les discussions budgétaires et, lors de la discussion de l'adresse de mars 1861, attaqua l'optimisme de la commission du budget. Dans la législature qui commença en 1863, il devint vice-président du Corps législatif.

Le 22 janvier 1867, Goüin fut nommé sénateur. Il quitta la vie publique après la chute de Louis-Napoléon Bonaparte, le 4 septembre 1870.

Député constamment réélu de 1831 à 1867, il fut un des spécialiste des questions financières et avait acquis une grande autorité sur celles-ci ; il fut constamment membre des commissions de finances et du budget, qu'il présida souvent. Pendant de nombreuses années, il fut rapporteur des commissions du budget et des finances et chargé du rapport du budget des recettes. Il proposa entre autres, avant la loi 1853, un projet de retraite par capitalisation (parfois nommé sous le nom de système Goüin). Il s'opposa au recours à la dette flottante et s'opposa aux manœuvres visant à s'emparer de la partie disponible de l'amortissement[15]. Dans toutes ses positions, son désintéressement n'a jamais était mis en doute, et aucune question d'intérêt personnelle ne put lui être reprochée[16].

Il fut en outre longtemps président du conseil général d'Indre-et-Loire (1834- ) et de la Chambre de Commerce de Tours (1833-1836), membre du conseil municipal de Paris et de la Chambre de commerce de Paris. Il faisait partie de l'Assemblée générale de la Banque de France.

Il fut président du Conseil d'administration de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et de la Compagnie du chemin de fer de Creil à Saint-Quentin, ainsi que banquier, administrateur ou actionnaire de nombreuses autres compagnies ferroviaires (Compagnie des chemins de fer du Nord, Compagnie du chemin de fer de Lyon à Avignon, Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg, Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, Compagnie du chemin de fer de Tours à Nantes, ...).

Alexandre Goüin était membre de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département d'Indre-et-Loire.

Notes et références [modifier]

  1. La Caisse d'épargne de Tours et la famille Goüin, rapport sur les opérations de l'année 1927
  2. Louis Roucheron, Historique de la Caisse d'Épargne et de Prévoyance de la ville de Tours (1833-1933). Suivi de notices biographiques, par Louis de Grandmaison, 1933
  3. 318 voix sur 414 votants et 537 inscrits contre 51 à M. Delamardelle et 26 à M. César Bacot
  4. 237 voix sur 465 votants et 572 inscrits contre 124 à Jean-Guillaume Hyde de Neuville et 94 à Odilon Barrot
  5. 341 voix sur 491 votants et 647 inscrits contre 147 à M. Viot-Prudhomme
  6. 385 voix sur 535 votants
  7. 329 voix sur 342 votants
  8. 337 voix sur 489 votants et 710 inscrits contre 76 à M. Giraudeau
  9. 337 voix sur 506 votants et 762 inscrits contre 61 à M. Luzarche et 54 à M. Giraudeau
  10. 7e sur 8 avec 43010 voix
  11. 2e sur 6 par 32 855 voix sur 61 973 votants et 92 573 inscrits
  12. 15 128 voix sur 16 144 votants et 26 501 inscrits
  13. 12 642 voix sur 13 958 votants et 25 692 inscrits contre 772 à M. Crémieux
  14. 11 169 voix sur 19 871 votants et 25 600 inscrits contre 4 543 à M. Houssard et 4 082 à M. Rivière
  15. Alya Aglan, Michel Margairaz, Philippe Verheyde, 1816 ou la genèse de la foi publique: la fondation de la Caisse des dépôts et consignations, Librairie Droz, 2006
  16. Raincelin de Sergy, Véritable physiologie de l'Assemblée nationale constituante de 1848, ou les hommes et leurs oeuvres

Bibliographie [modifier]

  • A. Vincent, Gouin (Alexandre-Henri), ancien ministre de l'agriculture et du commerce, membre et président du Conseil général du département d'Indre-et-Loire..., A. Guyot et Scribe, 1854
  • Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français, Paris, Dourloton, 1889
  • Alexandre Goüin, Une Biographie par moi-même
  • « Gouin (Alexandre) », dans Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 15 vol., 1863-1890 [détail de l’édition].
  • Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994
  • Victor de Nouvion, Histoire du règne de Louis-Philippe Ier, roi des Français. 1830-1840. Tome 4, 1879
  • Guy Thuillier, Les pensions de retraite des fonctionnaires au XIXe siècle, 1994
  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains: contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers ..., Hachette, 1870

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]


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