Société des Cincinnati

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Société des Cincinnati
Society of the Cincinnati
Image illustrative de l'article Société des Cincinnati

Devise : « Omnia reliquit servare rempublicam »

Création 13 mai 1783
Siège Anderson House
Washington, D.C.
Drapeau des États-Unis États-Unis
Coordonnées 38° 54′ 39″ N 77° 02′ 53″ O / 38.91075, -77.047944 ()38° 54′ 39″ N 77° 02′ 53″ O / 38.91075, -77.047944 ()  
Président général Kleber Sanlin Masterson, Jr.
Personne(s) clé(s) George Washington
Site web http://societyofthecincinnati.org/

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Société des CincinnatiSociety of the Cincinnati

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Société des CincinnatiSociety of the Cincinnati
Certificat de membre de la Society of the Cincinnati (XIXe siècle)

La Société des Cincinnati (Society of the Cincinnati), parfois appelée ordre de Cincinnatus, est la plus ancienne société patriotique américaine, fondée par George Washington le 13 mai 1783 et composée de ceux qui s'étaient distingués pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis. Elle est formée de 13 sociétés d'États, correspondant aux 13 États américains existants lors de la constitution des États-Unis, ainsi que d'une société française nommée Société des Cincinnati de France. La coordination des activités de ces 14 sociétés est assurée par une société générale (The General Society of the Cincinnati) dont le siège est à Anderson House à Washington (district de Columbia).

Cette société subsiste de nos jours aux États-Unis et elle a été refondée en 1925 en France. Elle continue de réunir les descendants des membres d'origine ainsi que quelques membres honoraires. Les Cincinnati veulent promouvoir les valeurs de liberté, d'initiative, de dévouement au bien commun et de responsabilité qui ont fait la réussite des États-Unis. Ils s'attachent également à maintenir les liens privilégiés établis entre les États-Unis et la France à l'occasion de la guerre d'Amérique et prolongés durant les deux guerres mondiales.

Origine du nom et de l'insigne de la Société[modifier | modifier le code]

Décoration de l'Ordre de Cincinnati de Tadeusz Kościuszko

Il s'agit d'une « société d'amis », expression que l'on retrouve à cette époque dans toutes les sociétés proches des Quakers, comme les « Amis de la Constitution ».

Son nom de Cincinnatus fut choisi en référence au héros romain, qui, alors que la patrie était en danger, fut appelé par le Sénat pour prendre la tête des armées de la République, et qui, après avoir victorieusement servi son pays, fondit son épée pour la transformer en soc de charrue et retourna, loin des honneurs, labourer ses terres pour continuer à le servir par son travail.

Les membres portent une médaille où ce citoyen romain exemplaire est représenté quittant sa charrue pour servir l'État. Cet insigne fut dessiné par le major Pierre Charles L'Enfant (1754-1825), qui fut le premier secrétaire français. Il s'agit d'un aigle à tête blanche (bald eagle) avec un ruban bleu clair bordé de blanc. Il porte un médaillon à fond bleu représentant Cincinnatus à sa charrue.

Statut juridique de la Société[modifier | modifier le code]

Juridiquement, l'appartenance à la Société des Cincinnati ne saurait être considérée comme une appartenance à un ordre national américain (Washington n'étant pas chef d'État lorsqu'il la fonda), mais comme l'appartenance à une association patriotique héréditaire. Ses membres se distinguent par le port d'un insigne et non d'une décoration.

Louis XVI, cependant, par lettres du 8 août 1784 et du 12 décembre 1789, reconnaît en France les membres de cette société américaine comme appartenant au « 1er ordre étranger ». L'insigne se portait après la croix de Saint-Louis.

De nos jours, la Société des Cincinnati de France, supprimée en 1792 et refondée en 1925, est une association reconnue d'utilité publique par décret du 20 juillet 1976.

Les instructions données par la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur prescrivent aux membres des forces armées françaises qui seraient également membres de la Société, le port de l'insigne au côté droit afin qu'il ne puisse être confondu avec des décorations portées au côté gauche.

Création de la Société[modifier | modifier le code]

Anderson House, siège de la Société américaine.

Quelques mois avant la signature du traité de Versailles consacrant l'indépendance des États-Unis, le 3 septembre 1783, le général Henry Knox et un Prussien, le baron von Steuben, qui avait pris une part importante à la formation de l'armée américaine, eurent l'idée de fonder une association d'anciens officiers. L'objet en était d'entretenir les liens d'amitié établis entre camarades de combat sur le point d'être démobilisés et ensuite dispersés sur le territoire américain, déjà vaste ; maintenir le culte du souvenir ; défendre les intérêts de ses officiers face à un Congrès peu généreux à leur égard ; et, enfin, faire preuve de patriotisme exemplaires, notamment en encourageant l'unification des treize États d'origine, dont certains ne tenaient pas à perdre leur indépendance au profit d'un État fédéral gourmand. Cette société, dont les objectifs sont pourtant de veiller au respect et à la transmission des principes qui fondèrent la république américaine, mais qui admet une appartenance fondée sur l'hérédité, fut un temps considérée par certains aux États-Unis comme difficilement compatible avec l'esprit républicain.

L'organisation des Cincinnati comporta, dès sa création, treize sociétés, une par État d'origine, à savoir : New Hampshire, Massachusetts, Rhode Island, Connecticut, New York, New Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud et Georgie. Le général George Washington se préoccupa rapidement de maintenir les liens avec les camarades de combat français et la France sans laquelle la victoire sur les Anglais n'aurait pas été possible. C'est à son initiative que fut créée la branche française; le nombre des branches coiffées par la Society of the Cincinnati s'éleva donc à quatorze.

George Washington, premier président de la société

La Society of the Cincinnati vit le jour le 13 mai 1783, et se donna pour premier président le général George Washington le 19 juin de la même année; il le demeura jusqu'à sa mort en 1799.

Objet et principes constitutifs de la Société[modifier | modifier le code]

La raison d'être de cette nouvelle confrérie avait été définie en ces termes :

« Il a plu au Souverain Maître de l'Univers, pour le règlement des affaires humaines, de soustraire les colonies d'Amérique du Nord à la domination de la Grande Bretagne et, après un sanglant conflit qui dura huit ans, de les constituer en états libres, indépendants et souverains, unis par des alliances fondées sur les avantages réciproques avec quelques-uns des plus grands princes et puissances de la Terre.

En conséquence, pour perpétuer aussi bien le souvenir de ce grand événement que celui de l'amitié formée au milieu des dangers courus en commun, et, en bien des cas, cimentée par le sang versé sur les mêmes champs de bataille, les officiers de l'armée américaine, par le présent acte et de la façon la plus solennelle, s'associent et se constituent en une société d'amis qui vivra aussi longtemps qu'eux-mêmes, ou que l'aîné de leur postérité mâle ou, à défaut de celle-ci, des branches collatérales, qui sera jugé digne de les représenter & de devenir membre de la société.

Les officiers de l'armée américaine appartenant généralement à la classe civile des citoyens de la nation professent une grande admiration pour le caractère de l'illustre romain Lucius Quintus Cincinnatus &, décidés à suivre son exemple en retournant dans leurs foyers, pensent qu'il est à propos de s'intituler eux-mêmes la Société des Cincinnati.

Les principes suivants seront immuables et formeront la base de la Société des Cincinnati :

  • un soin incessant de conserver intacts les droits éminents et les libertés de la personne humaine pour lesquels ils ont combattu et donné leur vie et sans lesquels la haute dignité de l'être doué de raison serait une malédiction au lieu d'être une bénédiction ;
  • une volonté inébranlable de maintenir entre les différents États l'union et l'honneur national, si nécessaire à leur bonheur et à la future dignité de l'Empire américain ;
  • rendre permanents les liens de camaraderie cordiale entre les officiers. Cet esprit inspirera en toutes circonstances des sentiments fraternels et s'étendra particulièrement et pratiquement aux actes de bienfaisance que les ressources de la Société permettront d'accomplir en faveur des officiers qui se trouveraient malheureusement dans la nécessité d'y recourir[1]. »

Histoire des Sociétés d'États américaines[modifier | modifier le code]

Bien que la plupart des sociétés d'États aient négligé de tenir des archives au début de leur existence, on s'accorde aujourd'hui à penser qu'en 1790, ils étaient 2 400 membres, alors que 5 300 anciens officiers ayant pris part à la guerre d'indépendance auraient été admis s'ils avaient fait acte de candidature.

Manifestement, Knox voulait que la Société générale fût une clé de voûte, un facteur de coordination et de sauvegarde des principes énoncées plus haut, de même qu'un ciment entre États. Dans un premier projet, Knox avait prévu que la Société se réunirait en assemblée générale, comportant le Président général et les représentants de toutes les sociétés d'États, seulement tous les trois ans. Cependant, cette disposition fut rapidement annulée et l'Assemblée générale devint annuelle.

Ils demeurèrent influents jusqu'au début des années 1790. Par exemple, lorsqu'ils fut question de réformer la constitution américaine dans le sens du renforcement du pouvoir exécutif au détriment de celui du Congrès, vingt-et-un sur les cinquante membres de la Convention chargée de cette réforme étaient des Cincinnati ; de plus, George Washington leur fit une grande place dans le gouvernement formé après l'adoption de cet amendement.

Mais, peu après, les Cincinnati perdirent insensiblement leur dynamisme ; seules sept sur les treize sociétés d'État se firent représenter à l'assemblée annuelle en 1790. Elles ne furent que cinq en 1796 et deux seulement en 1799 alors que Washington se mourait.

À partir de ce moment, la Société tomba en léthargie. Il en fut de même pour la plupart des sociétés d'État.

Sept d'entre elles se réveillèrent de temps à autre, mais au moins une d'entre elles se saborda tout à fait en 1802 : celle du Delaware. La Société disparut pendant un demi-siècle, si on excepte trois tentatives, dont celle de 1838 à laquelle ne participèrent que le Président général, le Secrétaire général et le délégué de Pennsylvanie. Lors du voyage triomphal de Lafayette aux États-Unis en 1824-1825, les Cincinnati accueillent à plusieurs reprises le "héros des deux mondes". Par exemple le 6 septembre 1824, il est accueilli par les Cincinnati de New York pour un grand buffet d'honneur[2].

On n'en continuait pas moins à désigner, certes d'une manière bien artificielle, des Présidents généraux, toujours choisis parmi les vieillards, anciens combattants de l'Indépendance. Le dernier d'entre eux mourut en 1848.

L'institution renaquit de ses cendres en 1854 sous la présidence énergique de Hamilton Fish, qui fit adopter un assouplissement considérable des conditions d'admission ainsi que la faculté, pour chacune des sociétés d'État, d'introduire certaines variantes dans leurs statuts, en fonction des conditions locales, tout en conservant l'essentiel. Ces mesures réalistes, de même que la personnalité attachante de Fish, eurent des conséquences heureuses : en quelques années, l'organisation comptait de nouveau 800 membres.

Tout naturellement, la guerre de Sécession (1861-1865) interrompit le fonctionnement de l'association, car il y avait des Cincinnati dans les deux camps, mais la réconciliation fut rapide entre collègues peu après la fin des hostilités.

Les Cincinnati attendirent le début du XXe siècle pour se réconcilier avec l'Angleterre. En 1947, ils allèrent même jusqu'à accueillir dans leur sein Winston Churchill, en sa qualité de descendant par sa mère d'un officier américain qui avait combattu contre les Britanniques.

Les Cincinnati s'organisèrent peu à peu. Le premier annuaire général parut en 1929. Dès lors, on connut de manière exacte les effectifs de chacune des quatorze sociétés ; avant cela, il n'y avait rien de sûr.

La Société des Cincinnati de France[modifier | modifier le code]

L'Amiral d'Estaing, premier président de la Société des Cincinnati de France.

La Société des Cincinnati de France fut fondée en 1783 (approuvée par le roi Louis XVI le 18 décembre 1783 à Versailles) sous la forme d'une société d'amis par ceux des officiers français qui, ayant combattu pour l'indépendance des États-Unis d'Amérique avaient, à ce titre, été invités par la Société générale des Cincinnati des États-Unis à en devenir membres à part entière, sous réserve de l'agrément du roi Louis XVI. Elle tint sa première assemblée générale le 7 janvier 1784. La dispersion de ses membres en 1792 mit temporairement fin à son existence en France. Elle fut reconstituée le 4 juillet 1925 à Paris.

Recherche sur les anciens combattants français de la guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

En 1884, dans le but d'instituer un Recueil officiel de l'Ordre national de Cincinnatus, le département d'État de Washington s'adressa au ministère des Affaires étrangères de Paris pour avoir des renseignements exacts sur des informations déjà en sa possession, relatives aux nombreux officiers qui avaient eu à recevoir la décoration américaine.

Une liste, établie aux archives de la Library of Congress, fournie au ministère de la Guerre français par le secrétaire de la Légation des États-Unis en France, Henry Vilbud, historien et archéologue de grande réputation, permit à l'administration du boulevard Saint-Germain d'accomplir un travail minutieux. « La plupart des faits, écrit à ce propos le vicomte de Noailles dans son ouvrage de 1903, la plupart des noms dont quelques-uns virent rectifier leur orthographe, furent retournés avec des mentions précises. Pour d'autres, les recherches n'aboutirent à aucun résultat. Ils restèrent tels qu'ils avaient été signalés. Il semble presque impossible de retrouver les noms de tous ces braves qui servirent dans l'armée du Congrès ou dans les légions provinciales après l'examen effrayant de longueur de tous les officiers entre 1776 et 1783. Une lacune existerait jusqu'à ces jours car plusieurs gagnèrent l'Amérique sans avoir appartenu à l'armée nationale, ou après en être sortis. »

En 1903, sur la demande de la National Society of Sons of the Revolution, le Quai d'Orsay publia aux Librairies Réunies Mortenez et Martinez à Paris, un ouvrage contenant 50 000 noms de marins et soldats français avec une introduction de Henri Mérou, consul de France à Chicago. L'ouvrage est intitulé Les Combattants français de la guerre américaine 1776-1783, listes établies d'après des documents authentiques déposés aux Archives nationales et Archives du ministère des Affaires étrangères.[3]

Ces listes donnent les états des officiers de marine des escadres du comte d'Estaing, du comte de Guichen, du comte de Ternay (armée de Rochambeau) et du comte de Grasse-Tilly, ainsi que des officiers de l'armée métropolitaine : Armée de Rochambeau, Régiment d'Agenais, Régiment de Gâtinais, Régiment de Tours, Régiment de Foix (un bataillon), Régiment de Hainaut, Régiment de Dillon (Officiers seulement), Régiment de Walsh (officiers seulement) Régiment d'Aixonne (un bataillon), Régiment de Metz (2e bataillon). Les Régiments coloniaux de la Guadeloupe et de la Martinique, du Cap et de Port-au-Prince, les Grenadiers-Volontaires du vicomte de Framais, les Chasseurs-Volontaires de Saint-Domingue du marquis de Rouvray ne sont pas compris dans cet inventaire de la gloire.

Quelques anciens membres français de la société des Cincinnati[modifier | modifier le code]

Refondation de la société française[modifier | modifier le code]

Des descendants des membres d'origine de la Société ont entrepris en 1925 de reconstituer la Société des Cincinnati de France. Cette association type Loi de 1901, reconnue par la Société générale américaine le 31 décembre 1926 et déclarée le 1er juillet 1930, fut reconnue d'utilité publique en 1976. Elle a pour objet :

  • de perpétuer le souvenir de la fraternité d'armes qui avait uni officiers français et officiers américains au cours des combats qu'ils menèrent ensemble pour l'indépendance des États-Unis d'Amérique ;
  • de maintenir, par les relations amicales que ses membres entretiennent avec les descendants des officiers américains, la présence et l'influence françaises aux États-Unis et, plus généralement, de développer des relations d'amitié entre la France et les États-Unis ;
  • de pratiquer l'entraide entre ses membres.

Aujourd'hui pour la branche Française il n'est plus limité à la descendance masculine par ordre de primogéniture. Depuis le 16 juin 1994, le roi Louis XVI est représenté par le prince Louis de Bourbon.

Présidents successifs de la Société des Cincinnati de France[modifier | modifier le code]

Président de la société d'origine :

Anciens présidents de la société reconstituée à partir de 1925 :

  • 1925-1960 - le duc de Broglie (†) ;
  • 1961-1975 - le duc de Lévis Mirepoix (†) ;
  • 1975-1986 - le duc de Castries (†) ;
  • 1986-1997 - le comte François de Castries (†) ;
  • 1997-2004 - le marquis de Roquefeuil et du Bousquet ;
  • 2004-2007 - le marquis de Beaumont de Verneuil ;
  • 2007-2013 - le duc de Choiseul Praslin.

Président en exercice (2013 -...) :

  • le marquis de Montferrand.

Critères d'admission des membres[modifier | modifier le code]

Ils sont décrits sur le site de la Société : critères d'admission.

Actions de la Société[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André de Maricourt, Les chevaliers français de l'Ordre de Cincinnatus, [lire en ligne]
  2. Étienne Taillemite, Lafayette, Fayard, Paris, 1989, p. 456
  3. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5525402h

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Société des Cincinnati » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • Histoire de la Société de Cincinnatus, bulletin de la société d'amitié franco-américaine, 1906.