Charles Joseph Dumas-Vence

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Charles Joseph Dumas-Vence
Image illustrative de l'article Charles Joseph Dumas-Vence

Naissance 16 février 1823
Tonnerre, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès 2 mars 1904 (à 81 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau de la France France
Arme Marine
Grade Contre-amiral
Années de service 18391885
Commandement Le Dupleix
Subdivision de la Mer du Nord
Station d'Islande
Distinctions Légion d'honneur
(Commandeur)
Ordre de Saint-Stanislas (Commandeur)
Ordre du Médjidié
Autres fonctions Aide de camp du Ministre de la Marine;
Attaché naval auprès de l'Ambassade de France au Royaume-Uni (avec fonction du consulat général durant la guerre de 1870);
Membre du Conseil d'Amirauté;
Major-Général de la Flotte à Brest;
Hydrographe.
Famille Amiral Jean Gaspard de Vence (grand-père)

Charles Joseph Dumas-Vence, né à Tonnerre le 16 février 1823 et mort à Paris le 2 mars 1904, est un amiral et hydrographe français. Spécialiste des travaux scientifiques, il concourut à la création de la nouvelle marine cuirassée française et en particulier à l'adoption des torpilles, au sujet desquelles il dirigea des expériences en présence de Napoléon III. Il était membre de la Société de géographie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Auguste-Joseph Dumas, capitaine de vaisseau, aide de camp du Ministre de la Marine, et de Marie-Jeanne-Nicolas de Vence, fille de l'Amiral de Vence. Charles Joseph, après des études au collège royal, entre à l'École navale en 1839 (Borda I). En 1841, il embarque en tant qu'aspirant sur la corvette à voile La Triomphante jusqu'en 1846 : il sera promu enseigne de vaisseau en 1845. Durant cette longue campagne, dont une campagne de guerre aux iles Marquises, il fera preuve de belles attitudes et recevra, à son départ, un certificat élogieux du conseil d'administration de la corvette.

Il embarque ensuite sur l'aviso Alecton (Cherbourg), puis servira entre 1848 à 1850 sur la frégate Reine-Blanche (division navale de la Réunion). Promu Lieutenant de Vaisseau en 1851, il est affecté en 1852 sur la frégate Jeanne d'Arc (division navale de la Réunion et d'Indochine) où ses officiers supérieurs se plaindront de son manque alors d'esprit militaire et de son occupation pour la photographie. Mais se distinguera par la suite à deux reprises ; en août 1854, lors de l'échouage de la frégate, chargé de l'artillerie, il débarque alors ses canons avec une promptitude extrême, toujours dans la batterie, il anima les hommes par son exemple; et en janvier 1855, il s'illustre en prenant part avec les batteries de la Jeanne d'Arc à l'attaque de Shanghai. Il embarque en mars 1856 sur le vaisseau Ulm où il se distinguera pour ses connaissances en artillerie. Débarqué en 1857, il est attaché, en septembre 1858, comme aide de camp, à l'État-Major du préfet maritime de Cherbourg, le contre-amiral Fabvre, sous lequel il avait servi. Sous les sollicitations de l'amiral Fabvre et du major général, le capitaine de vaisseau Robin du Parc, il prend, en novembre 1859, le commandement de l'aviso à vapeur Dauphin (station de la Manche) ; il s'en acquittera avec beaucoup de zèle et de sagacité, à tel point que s'étant ainsi fait remarquer par le vice-amiral Bouët-Willaumez, alors préfet maritime à Cherbourg, celui-ci devenu préfet maritime à Toulon, le demandera comme aide de camp. En 1862, le vice-amiral Bouët-Willaumez soulignera "le tribut habituel de son zèle intelligent" et l'aide qu'il lui a apportée ainsi qu'au vice-amiral Fabvre, dans l'élaboration du projet de décret sur l'organisation du service des ports et arsenaux dont ils étaient chargés; à la suite de quoi, le ministre, le comte Prosper de Chasseloup-Laubat, le demanda comme aide de camp. Il fait partie la même année de la Commission présidée par le ministre pour la révision de l'ordonnance de 1844 et membre et secrétaire de la Commission de la révision du règlement d'armement des bâtiments de la flotte.

Officier d'ordonnance du ministre et membre de l'État-major du Ministère de la Marine, il est nommé capitaine de frégate en janvier 1864. Il est demandé en mars de la même année comme second, sur la frégate cuirassée L'Invincible (escadre d'évolutions commandée par le vice-amiral Bouët-Willaumez) par le capitaine de vaisseau Chevalier. Il quitte l'Invincible en 1866, pour être nommé, à nouveau, aide de camp du ministre de la Marine et des Colonies. Il commandera ensuite la subdivision de la mer du Nord et, successivement, les avisos à vapeur Averne et Vigie; dans ses fonctions il saura maintenir les meilleurs rapports avec les autorités anglaises pendant la croisière de protection des pêcheurs. Le ministre, l'amiral Rigault de Genouilly, lui commande une étude qu'il publiera en 1869 sous le titre de "Notice sur les ports de la Manche et de la mer du Nord" (une autre partie ne sera éditée qu'en 1876 et une en 1886). Il fait ensuite partie de la Commission des torpilles.

Il est nommé, en septembre 1869, attaché naval à Londres auprès de l'Ambassade de France en remplacement du capitaine de vaisseau Pigeard, il verra l'année suivante ses obligations multipliées du fait de la Guerre franco-allemande; il lui sera alors affecté comme adjoint un officier de Marine de réserve, le lieutenant de vaisseau Laurens de Waru. Pendant toute cette période, chargé de toutes les affaires administratives et financières de la marine en Angleterre, il a rendu de très importants services à toutes les directions du ministère de la Marine, en surveillant et activant les nombreux marchés de fournitures de guerre passés en Angleterre par le Département, il renseigna également avec exactitude les mouvements de guerre et de commerce ennemis. En juillet 1871, le ministre, l'amiral Pothuau, fit part de sa satisfaction envers son rôle joué durant ses fonctions d'attaché naval à Londres ainsi que dans les obligations du Consulat général de France qu'il a assuré du fait de la situation de ce poste à cette époque. À sa demande, il quitte son poste en février 1872.

Ses connaissances spéciales en physique, chimie et électricité le font nommer membre de la Commission de perfectionnement des défenses sous-marines présidée par le contre-amiral Siméon Bourgois : il y sera très actif ; en septembre 1872, il est appelé à faire partie de la commission chargée d'examiner diverses questions se rattachant à la fabrication, au transport, à la vente et à l'emploi de la dynamite ; en janvier 1873, de par ses compétences en électricité, il est envoyé en mission à Orléans pour se documenter sur le câble de Foucault afin d'établir un programme d'expériences sur ce câble. Il effectuera plusieurs travaux d'étude sur les blindages et l'artillerie; il réalisera entre autres des graphiques sur la puissance de perforation des projectiles, des croquis, à propos du canon Reffye, de la fusée Budin, du fusil Gras ; assistera à la fabrication des canons anglais de 35 tonneaux dans l'arsenal de Woolwich[1]. Il concourut à la création de la nouvelle marine cuirassée française et en particulier à l'adoption des torpilles, au sujet desquelles il dirigea des expériences en présence de Napoléon III.

Nommé capitaine de vaisseau en avril 1873, il entre en juin comme membre adjoint au Conseil des travaux. Le 22 septembre 1873, il est admis au sein de la Société de géographie, société dont il en restera membre jusqu'à sa mort. Il était également membre du Comité hydrographique[2]. En juillet 1875, il est nommé membre du Jury International des récompenses de l'Exposition géographique à Paris et du Congrès international des sciences géographiques, dont il est chargé du compte rendu général[3], et est désigné en novembre 1875 pour assister aux essais de navigation et d'artillerie du croiseur Fabert.

Il obtient en octobre 1876, le commandement du croiseur Cosmao (division navale d'Indochine, puis des mers de Chine et du Japon) ; il en revient en 1879 avec une santé délabrée, et malgré les soins du docteur Le Roy de Méricourt, il en gardera toujours les séquelles.

En 1880, il est nommé membre du Conseil d'Amirauté et en mars 1881, il prend pour sept mois le commandement du croiseur Le Dupleix et de la Station d'Islande. Il est nommé membre de la Commission des naufrages et du Conseil de perfectionnement de l'école spéciale des langues orientales vivantes en 1882 et de la Commission supérieure des Archives de la Marine en 1883.

Contre-amiral en janvier 1883, il prend en mars les fonctions de major-général de la Flotte à Brest où il se montre un excellent collaborateur pour le préfet maritime, le vice-amiral Lafont. Il sera admis dans la 2e section du cadre de l'État-Major Général par décision présidentielle le 10 février 1885. En 1889, il prend part à l'étude de la construction d'un wharf à Porto-Novo.

Il décède à Paris le 2 mars 1904.

Il effectua plusieurs dons à divers musées dont au Muséum d'histoire naturelle de Paris.

Famille[modifier | modifier le code]

Il épousa à Paris, le 15 novembre 1857, Mathilde Goüin (de La Grandière)[4], fille de Frédéric Goüin, conseiller à la Cour impérial de Paris, et d'Adrienne Dimier[5]. Mathilde Goüin était la nièce du ministre Alexandre Goüin et la cousine germaine du général Dimier de La Brunetière, d'où :

  • Jeanne (1861-1899) ;
  • Eugénie (1863-1898), mariée à Alfred Bellenger, avocat et homme d'affaire parisien (veuf de Gabrielle Chernoviz, fille de Pierre-Louis-Napoléon Chernoviz) ;
  • Paul-Antonin (1865-1960), colonel d'Infanterie, chef de la Ire section de la direction des services QG de la Mission Militaire Française, attaché auprès de l'armée britannique, membre de la direction des Batignolles-Châtillon (officier de la Légion d'honneur, Distinguished Service Order) ; il épouse en 1904, Marguerite-Marie-Sidonie-Alphonsine Marc, fille du colonel Albert-Marie-Rollon Marc, petite-fille du général Narcisse Ablaÿ et sœur des colonels Henri et Olivier Marc (six filles) ;
  • Georges-Alfred (1871-1899), commissaire aux Messageries maritimes à Shanghai ;
  • Charles-Henri (1872-1949), commissaire à la Compagnie générale transatlantique, administrateur de sociétés ;
  • Édith (1869-1968), mariée à Jacques-Valentin-Marcel Meffre (une de leur filles épousera l'amiral Charles de Blic, neveu et filleul de Charles de Foucauld[6], directeur des Service social des œuvres de la Marine[7].).
  • Geneviève-Amélie (1874-1958).

Publications[modifier | modifier le code]

  • Notice sur les ports de la Manche et de la mer du Nord, Revue maritime et coloniale, Ministère de la Marine et des Colonies, 1869;
  • Atlas de Cartes, plans et vues pour servir à l'explication de la Notice sur les ports de la Manche et de la Mer du Nord, Paris 1869;
  • Notice sur les côtes de la Manche et de la mer du Nord, Revue maritime et coloniale, Ministère de la Marine et des Colonies, 1876;
  • Atlas des cartes, plans et vues pour servir à l'explication de la Notice sur les côtes de la Manche et de la mer du Nord, 1876;
  • Notice sur les ports de la Manche et de la mer du Nord, seconde partie, Revue maritime et coloniale, Ministère de la Marine et des Colonies, 1886.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue maritime et coloniale, volume 36', 1870'
  2. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, volume 97, 1883
  3. Congrès international des sciences géographiques tenu à Paris du 1er au 11 août 1875, 1880
  4. [1]
  5. Olivier Ducamp, Les Benoist de La Grandière et leur descendance, Éditions Christian, Paris 1998.
  6. « Charles de Foucauld intime », La Colombe, 1952.
  7. École navale traditions

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Lemoine, Le contre-amiral Dumas-Vence, Écho du Tonnerrois, 1904
  • Dugueyt-Espigat Seuriac, Dictionnaire de biographie française
  • Geneviève Salkin-Laparra, Marins et Diplomates, Les attachés navals 1860-1914, SHM, Vincennes 1990.
  • Jean-Marc Van Hille, Les vicissitudes d'un marin provençal, le contre-amiral Jean Gaspard Vence, Éditions du Service Historique de la Marine, Paris 1998.
  • La Géographie, Volume 9, Société de Géographie, 1904