Famille Goüin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Image représentant deux personnes Cette page explique l’histoire ou répertorie les différents membres de la famille Goüin.
d'azur à la croix tréflée d'or.
d'azur à la croix fleurdelisée d'argent.

La Famille Goüin est une dynastie de banquiers et d'industriels tourangeaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

La famille Goüin, d'après ses titres et ses traditions, est une famille catholique originaire de Bretagne, de Rennes ou de ses environs. Elle y était honorablement connue et, lors de la vérification des titres nobiliaires de 1531, elle fut maintenue dans ses droits et armoiries : d'azur à la croix tréflée d'or (ou, selon les documents, d'azur à la croix fleurdelisée d'argent). L'un de ses membres, Antoine Goüin (ou Gouyn), négociant, vint se fixer en Touraine, à Preuilly, à l'aube du XVIIe siècle.

Il eut de Madeleine Joubert quatre enfants, dont l'un, Antoine, devint curé de Saint-Melaine de Preuilly et fonda la Chapelle de Notre-Dame-de-la-Paix-de-Chantereine en 1674[1], un autre fils, Pierre, qui se fixa à Paris, une fille, Claude, qui épousa Pierre Dupleix, receveur des Aides et Gabelles, et un autre, Jacques Goüin, maître-chirurgien et bourgeois de Tours, qui se fixa à Tours. D'un premier mariage en 1641, avec Marthe Toytault-Jadia, fille d'Etienne, seigneur de Florandie, Jacques eut François, Antoine et Joseph ; ce dernier, également chirurgien, épousa Madeleine Guerineau en 1680. Il contracta une seconde union avec Anne Brunet, qui mit au monde deux fils, Henri, notaire royal et bourgeois de Tours, et un autre, lequel fut seigneur des Ormeaux.

La carrière de négociant fut repris par le fils d'Henri, Henri François Goüin (1686-1748). D'une intelligence ferme et d'une volonté résolue, Henri François fonda en 1714, la Banque Goüin à Tours. Il acheta en 1738 l'hôtel particulier, aujourd'hui connu sous le nom d'hôtel Goüin. Il avait épousé Marie Anne Boisseau, fille de Pierre, notaire, et eut trois enfants : Pierre Bonaventure (1733-1811), sieur de la Boissière, négociant et juge-consul à Tours, qui reprit la direction de la maison de commerce ; Geneviève Marguerite (1736-1807), mariée à Guillaume du Baut (ou Dubault), conseiller du roi et receveur des Tailles à Tours, et Henri Pierre (1732-1782), négociant, juge-consul, administrateur de l'Hôpital général de Tours, fabricien de la Basilique Saint-Martin de Tours et qui reprendra la direction de la Banque Goüin à la suite de son père.

Henri Pierre épousa Anne Marie Renée Leroux, fille de Jacques Leroux, marchand-fabricant en soierie et propriétaire de la Plaine-Fondettes, et de Marie Anne Baudichon, deux familles de l'importante bourgeoisie marchande de Tours, et tante de l'épouse de Marie Félix Faulcon de La Parisière, président du Corps législatif. Ils eurent six enfants : Henri Jacques Goüin-Moisant, banquier, maire de Tours, député ultra-royaliste sous la Restauration ; Anne Marie Céleste, née en 1759, qui épousera en 1776, Jacques Boësnier de Clairvaux, écuyer, neveu de l'économiste Paul Boësnier de l'Orme ; Agathe Charlotte Pauline (1764-1849), qui se mariera en 1783 à Pierre Charles Gondouin (1744-1823), notaire à Paris, à qui le futur Louis XVIII avait laissé en dépôt une somme considérable lors de son départ en immigration, et qui était propriétaire du château de la Prousterie à Avezé (il était le fils de Pierre, conseiller du roi en l'Élection de Saumur, et de Jeanne Marie Bourrey de Morel) ; Geneviève Justine Chantal, née en 1769, femme en 1788 du chevalier Constantin Alexandre de Touraille, Maître en la Cour des comptes de Normandie, fils du chevalier Constantin de Touraille, correcteur en la Cour des comptes de Normandie (leur fille Anne Justine Henriette (1790-1867) épousera, en 1808, le général Charles Louis Alphonse, marquis du Tillet, chef d'escadron à l'Armée de Condé) ; Augustin Raymond (1770-1832) sera négociant à Morlaix, et épousera une des filles d'Armand Joseph Dubernad.

Le troisième enfant de Henri Pierre, Alexandre Pierre François Goüin, dit de La Grandière ou du Tillais (1760-1832) fut directeur de la Banque Goüin frères, agent de change, président du collège électoral d'Indre-et-Loire et du Tribunal de Commerce de Tours, vice-président de la Chambre de commerce et officier municipal. Il épousa en 1785 dans la chapelle du château de la Plaine-Fondettes, Marie Magdeleine Benoist de La Grandière (1763-1840), fille d'Étienne Benoist de La Grandière, et furent entre autres les parents de Alexandre Goüin, ministre sous la Monarchie de Juillet.

Une branche se fixa à Nantes et une autre à Paris.


Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

La Banque Goüin[modifier | modifier le code]

L'Hôtel Goüin à Tours hébergea un temps la banque familiale.

La Banque Goüin, fondée à Tours en 1714 par Henri François Goüin, connut un grand développement et existera durant plus de deux siècles, disparaissant au cours du XXe siècle, après sa fusion avec le Crédit Industriel de l'Ouest en 1958[4]. À la mort de son père, Henri Pierre Goüin reprit les affaires de la banque ; par la suite, ses deux fils, Henry Jacques Marie et Alexandre Pierre François reprirent la maison sous le nom de banque Goüin frères. Leurs fils ainés respectifs, Henri et Alexandre Goüin, leurs succédèrent, et ainsi de suite. La banque Goüin était une banque locale, mais privilégiée par les liens avec les banquiers parisiens. Sa clientèle se répartissait entre la région de Tours, Paris et l'Angleterre ; elle est principalement composée de l'aristocratie locale, de grands propriétaires terriens et de banquiers et industriels.

La crise financière de 1847-1848 engendra des difficultés de trésorerie et entraîna l'émission de bons. Dès 1845, l'escompte constituait l'une des grandes activités de la banque Goüin, lui permettant ainsi de retrouver rapidement la voie de la prospérité.

Elle participa à l'activité économique de sa région et contribua à son développement. Au point de vue local, elle contrôlait la papeterie de La Haye-Descartes [1], finançait la Colonie pénitentiaire de Mettray, était actionnaire entre autres des Magasins généraux de Tours, de la Société Viollet et Cie de Tours, de la fabrique de Langeais, de la Société Delaunay, de la Société des usines de Portillon, de la maison Mame et fils, de la Société des procédés l'Hermite.

Elle possédait des intérêts dans la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, Manufacture des Glaces d'Aix-la-Chapelle, de la Calle, du port d'Algérie, de la Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma, de la Caisse générale du commerce et de l'industrie, du Crédit mobilier, du Crédit foncier de France, du Crédit foncier autrichien, de la Société générale, de la Banque de Paris et des Pays-Bas (dont elle fut durant de longues décennies l'un des deux plus importants actionnaires).

Elle fut la correspondante de Rothschild Frères à Tours et a entre autres compté dans ses clients parisiens : Eugène Bertin, la CNP, François Delessert et Cie, Benoît Fould, Mallet frères et Cie, Rothschild Frères, F.A. Seillière, Schneider, ...

La banque Goüin, caisse de Nantes, augmenta son capital et se transforma en banque Goüin père, fils et Cie en 1846. La faillite de la maison de banque Goüin, père et fils et Cie, en 1867, constitue alors le plus grand sinistre financier qui ait jamais frappé la place de Nantes. Le passif a été évalué à environ 6 000 000[5].

Alexandre Goüin prit le contrôle de la Caisse générale du commerce et de l'industrie (1844), sous la raison sociale Caisse générale du commerce et de l'industrie A. Goüin et Cie.

L'Industrie[modifier | modifier le code]

Le premier industriel de la famille est Ernest Goüin (1815-1885), polytechnicien, qui fonde en 1846 la société de construction des Batignolles, première société française de construction de matériel ferroviaire. Cette société se diversifiera dans les travaux publics et est aujourd'hui devenue la société SPIE-Batignolles.

Résidences et propriétés[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires de la Société archéologique de Touraine : Série in-80 : Volume 11 - Page 53.
  2. La mort de Jacques Goüin, l'observateur et le frère d'armes du capitaine de Beauchamp, in "La Guerre aérienne illustrée", 1917
  3. Entreprises et histoire, Numéros 11 à 13, Institut d'histoire de l'industrie, Centre national des lettres, 1996.
  4. Journal de la Société de statistique de Paris : Volume 99, 1958.
  5. Archives municipales de Nantes

Sources[modifier | modifier le code]

  • F. Raynaud, Une banque de province au XIXe siècle, la Banque Goüin à Tours de 1845 à 1884, 1974;
  • Aubouin, La banque Goüin frères : clientèle et fonctionnement d'un établissement de Touraine de 1884 à 1914, 1996;
  • Olivier Ducamp, Les Benoist de La Grandière et leur descendance, Éditions Christian, Paris 1998;
  • Société archéologique de Touraine, Mémoires de la Société archéologique de Touraine;
  • Rang-Ri Park-Barjot, La Société de construction des Batignolles: Des origines à la Première Guerre mondiale (1846-1914), Presses Paris Sorbonne, 2005;
  • Anne Burnel, La Société de construction des Batignolles de 1914-1939 : histoire d'un déclin, Librairie Droz, 1995;
  • Michèle Merger, Transferts de technologies en Méditerranée, Presses Paris Sorbonne, 2006;
  • Jean-Pierre Poussou, François Crouzet, L'économie française du XVIIIe au XXe siècle : Perspectives nationales et internationales, Presse Paris Sorbonne, 2000;
  • Jean Ganiage, Les origines du Protectorate français en Tunisie (1861-1881), 1959;
  • La Caisse d'Epargne de Tours et la famille Goüin, rapport sur les opérations de l'année 1927;
  • Louis Roucheron, Historique de la Caisse d'Épargne et de Prévoyance de la ville de Tours (1833-1933). Suivi de notices biographiques, par Louis de Grandmaison, 1933
  • A. Delavenne, Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne ... tome 2, Paris 1955;
  • H. Coston, Dictionnaire des dynasties bourgeoises et du monde des affaires, Paris 1975;
  • Natalie Le Gonidec, Des Batignolles à Royaumont, 2009 (Royaumont archives et bibliothèque);
  • Anne Burnel, Les Goüin, une dynastie d'entrepreneurs, histoire des dirigeants de la Société de Constructions des Batignolles de 1846 à 1968, 1996;
  • Rang-Ri Park-Barjot, L'Histoire exemplaire d'une dynastie d'entrepreneurs français : les Goüin (XVIIe-XXe siècles), 2007
  • René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier, Les bretons., 1886-1908
  • André Jean Tudesq, Les grands notables en France (1840-1849), 1964
  • Christine Jordis, Une vie pour l’impossible, Gallimard, 2012
  • Stanislas de Larminat, Le maréchal Louis-Achille Baraguey d'Hilliers, 1795-1878: sa famille et ses alliances, 1983
  • Mohamed Lazhar Gharbi, Impérialisme et réformisme au Maghreb: histoire d'un chemin de fer algéro-tunisien, Cérès Éditions, 1994
  • Pierre Said Mohamed, Histoire d'une Entreprise : la Société de construction des Batignolles de 1940 à 1968 , 1995

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]