Famille Goüin

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Image représentant deux personnes Cette page explique l’histoire ou répertorie les différents membres de la famille Goüin.
d'azur à la croix tréflée d'or.
d'azur à la croix fleurdelisée d'argent.

La Famille Goüin est une importante dynastie de banquiers et d'industriels catholiques originaire de Tours. Elle joua un important rôle en Touraine puis, à partir du XIXe siècle, au niveau national et international.


Sommaire

Histoire [modifier]

La Famille Goüin, d'après ses titres et ses traditions, est originaire de Bretagne, de Rennes ou des environs. Elle y était honorablement connue et, lors de la vérification des titres nobiliaires de 1531, elle fut maintenue dans ses droits et armoiries : d'azur à la croix tréflée d'or (ou, selon les documents, d'azur à la croix fleurdelisée d'argent). L'un de ses membres, Antoine Goüin (ou Gouyn), négociant, vint se fixer en Touraine, à Preuilly, à l'aube du XVIIe siècle.

Il eut quatre enfants, dont l'un, Antoine, devint curé de Saint-Melaine de Preuilly et fonda la Chapelle de Notre-Dame-de-la-Paix-de-Chantereine en 1674[1], un autre fils, Pierre, qui se fixa à Paris, une fille, Claude, qui épousa Pierre Duplye (ou Dupleix), receveur des Aides et Gabelles, et un autre, Jacques Goüin, maître-chirurgien et bourgeois de Tours, qui se fixa à Tours. D'un premier mariage en 1641, avec Marthe Toytault-Jadia, fille d'Etienne, seigneur de Florandie, Jacques eut François, Antoine et Joseph; ce dernier, également chirurgien, épousa Madeleine Guerineau en 1680. Il contracta une seconde union avec Anne Brunet, qui mit au monde deux fils, Henri, notaire royal et bourgeois de Tours, et un autre, lequel fut seigneur des Ormeaux.

La carrière de négociant fut repris par le fils d'Henri, Henri-François Goüin (1686-1748). D'une intelligence ferme et d'une volonté résolue; Henri-François fonda en 1714, la Banque Goüin à Tours. Il acheta en 1738, l'hôtel particulier, aujourd'hui connu sous le nom d'hôtel Goüin. Il avait épousé Marie-Anne Boisseau, fille de Pierre, notaire, et eut trois enfants : Pierre-Bonaventure (1733-1811), sieur de la Boissière, négociant et juge-consul à Tours, qui reprit la direction de la maison de commerce; Geneviève-Marguerite (1736-1807), mariée à Guillaume du Baut (ou Dubault), conseiller du Roi et receveur des Tailles à Tours, et Henri-Pierre (1732-1782), négociant, juge-consul, administrateur de l'Hôpital général de Tours, fabricien de la Basilique Saint-Martin de Tours et qui reprendra la direction de la Banque Goüin à la suite de son père.

Henri-Pierre épousa Anne-Marie-Renée Leroux, fille de Jacques Leroux, marchand-fabricant en soierie et propriétaire de la Plaine-Fondettes, et de Marie-Anne Baudichon, deux familles de l'importante bourgeoisie marchande de Tours, et tante de l'épouse de Marie-Félix Faulcon de La Parisière, Président du Corps législatif. Ils eurent six enfants : Henri Jacques Goüin-Moisant, négociant-banquier, maire de Tours, député royaliste sous la Restauration ; Anne-Marie-Céleste, née en 1759, qui épousera en 1776, Jacques Boësnier de Clairvaux, écuyer, proche parent de l'économiste Paul Boësnier de l'Orme; Agathe-Charlotte-Pauline (1764-1849), qui se mariera en 1783 à Pierre-Charles Gondouin (1744-1823), notaire à Paris, à qui le futur Louis XVIII avait laissé en dépôt une somme considérable lors de son départ en immigration, et qui était propriétaire du château de la Prousterie à Avezé, il était le fils de Pierre, conseiller du Roi en l'Election de Saumur, et de Jeanne-Marie Bourrey de Morel; Geneviève-Justine-Chantal, née en 1769, femme en 1788 du chevalier Constantin-Alexandre de Touraille, Maître en la Cour des comptes de Normandie, fils du chevalier Constantin de Touraille, correcteur en la Cour des comptes de Normandie, leur fille Anne-Justine-Henriette (1790-1867) épousera, en 1808, Charles-Louis-Alphonse, marquis du Tillet, chef d'escadron à l'Armée de Condé; Augustin-Raymond (1770-1832) sera négociant à Morlaix, et épousera une des filles d'Armand Joseph Dubernad.

Le troisième enfant de Henri-Pierre, Alexandre-Pierre-François Goüin, dit de La Grandière ou du Tillais (1760-1832) fut directeur de la Banque Goüin frères, agent de change, négociant, Président du collège électoral d'Indre-et-Loire et du Tribunal de Commerce de Tours, vice-Président de la Chambre de commerce et officier municipal. Il épousa en 1785 dans la chapelle du château de la Plaine-Fondette, Marie-Magdeleine Benoist de La Grandière (1763-1840), fille d'Étienne Benoist de La Grandière, et furent entre autres les parents de Alexandre Goüin, ministre de sous la Monarchie de Juillet.

La Banque Goüin [modifier]

L'Hôtel Goüin à Tours hébergea un temps la banque familiale.

La Banque Goüin, fondé à Tours en 1714 par Henri-François Goüin, connu un grand développement et existera durant plus de deux siècles, disparaissant au cours du XXe siècle. À la mort de son père, Henri-Pierre Goüin reprit les affaires de la banque; par la suite, ses deux fils, Henry-Jacques-Marie et Alexandre-Pierre-François reprirent la maison sous le nom de banque Goüin frères. Leurs fils ainés respectifs, Henri et Alexandre Goüin, leurs succédèrent, et ainsi de suite. La banque Goüin était une banque locale, mais privilégiée par les liens avec les banquiers parisiens. Sa clientèle se répartissait entre la région de Tours, Paris et l'Angleterre; elle est principalement composée de l'aristocratie locale, de grands propriétaires terriens et de banquiers et industriels.

La crise financière de 1847-1848 engendra de difficulté de trésorerie. La crise entraîna l'émission de bons. Dès 1845, l'escompte constituait l'une des grandes activités de la banque Goüin, lui permettant ainsi de retrouver rapidement la voie de la prospérité.

Elle participa à l'activité économique de sa région et contribua à son développement. Elle contrôlait la papeterie de La Haye-Descartes [1], finançait la Colonie pénitentiaire de Mettray, était actionnaire entre autres des Magasins généraux de Tours, de la Société Viollet et Cie de Tours, de la fabrique de Langeais, de la Société Delaunay, de la Société des usines de Portillon, de la maison Mame et fils, de la Société des procédés l'Hermite.

Elle possédait également des actions de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, Manufacture des Glaces d'Aix-la-Chapelle, de la Calle, du port d'Algérie, de la Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma, de la Caisse générale du commerce et de l'industrie, du Crédit mobilier, du Crédit foncier de France, du Crédit foncier autrichien, de la Société générale, de la Banque de Paris et des Pays-Bas, ...

Elle fut la correspondante de Rothschild Frères à Tours et à entre autres compté dans ses clients parisiens : Eugène Bertin, la CNP, François Delessert et Cie, Benoît Fould, Mallet frères et Cie, Rothschild Frères, F.A. Seillière, Schneider.

La banque Goüin, caisse de Nantes, augmenta son capital et se transforma en banque Goüin père, fils et Cie en 1846. La faillite de la maison de banque Goüin, père et fils et Cie, en 1867, constitue alors le plus grand sinistre financier qui ait jamais frappé la place de Nantes. Le passif a été évalué à environ 6.000.000 [2].

Alexandre Goüin prit le contrôle de la Caisse générale du commerce et de l'industrie (1844), sous la raison social Caisse générale du commerce et de l'industrie A. Goüin et Cie.

L'Industrie [modifier]

Généalogie [modifier]

Résidences [modifier]

Articles connexes [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Mémoires de la Société archéologique de Touraine: Série in-80: Volume 11 - Page 53
  2. Archives municipales de Nantes
  3. Entreprises et histoire, Numéros 11 à 13, Institut d'histoire de l'industrie, Centre national des lettres, 1996.

Sources [modifier]

  • F. Raynaud, Une banque de province au XIXe siècle, la Banque Goüin à Tours de 1845 à 1884, 1974;
  • Aubouin, La banque Goüin frères : clientèle et fonctionnement d'un établissement de Touraine de 1884 à 1914, 1996;
  • Olivier Ducamp, Les Benoist de La Grandière et leur descendance, Éditions Christian, Paris 1998;
  • Société archéologique de Touraine, Mémoires de la Société archéologique de Touraine;
  • Rang-Ri Park-Barjot, La Société de construction des Batignolles: Des origines à la Première Guerre mondiale (1846-1914), Presses Paris Sorbonne, 2005;
  • Anne Burnel, La Société de construction des Batignolles de 1914-1939 : histoire d'un déclin, Librairie Droz, 1995;
  • Michèle Merger, Transferts de technologies en Méditerranée, Presses Paris Sorbonne, 2006;
  • Jean-Pierre Poussou, François Crouzet, L'économie française du XVIIIe au XXe siècle : Perspectives nationales et internationales, Presse Paris Sorbonne, 2000;
  • Jean Ganiage, Les origines du Protectorate français en Tunisie (1861-1881), 1959;
  • La Caisse d'Epargne de Tours et la famille Goüin, rapport sur les opérations de l'année 1927;
  • Louis Roucheron, Historique de la Caisse d'Épargne et de Prévoyance de la ville de Tours (1833-1933). Suivi de notices biographiques, par Louis de Grandmaison, 1933
  • A. Delavenne, Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne ... tome 2, Paris 1955;
  • H. Coston, Dictionnaire des dynasties bourgeoises et du mondes des affaires, Paris 1975;
  • Natalie Le Gonidec, Des Batignolles à Royaumont, 2009 (Royaumont archives et bibliothèque);
  • Anne Burnel, Les Goüin, une dynastie d'entrepreneurs, histoire des dirigeants de la Société de Constructions des Batignolles de 1846 à 1968, 1996;
  • Rang-Ri Park-Barjot, L'Histoire exemplaire d'une dynastie d'entrepreneurs français : les Goüin (XVIIe-XXe siècles), 2007
  • René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier, Les bretons., 1886-1908
  • André Jean Tudesq, Les grands notables en France (1840-1849), 1964

Liens externes [modifier]