Pierre Étienne Bourgeois de Boynes

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Pierre-Etienne Bourgeois de Boynes est un ministre de la marine réformateur mais qui reste peu de temps en place. (Anonyme, d'après une commande de Louis XVI)

Pierre Étienne Bourgeois de Boynes, marquis de Boynes, comte de Gueudreville, marquis de Sains, baron de Laas, est un magistrat et homme d'État français né le 29 novembre 1718 à Paris et mort le 19 septembre 1783 en son château de Boynes. Il fut Secrétaire d'État à la Marine de Louis XV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils aîné d'Étienne Bourgeois de Boynes (1683-1754), trésorier général de la Banque royale, et de sa première épouse, Hélène de Francini (1692-1722). De noblesse récente – son père avait acquis la noblesse par l'achat d'une charge de secrétaire du Roi – il doit sa carrière à la protection du maréchal de Belle-Isle. Maître des requêtes en 1745, il devint intendant de Franche-Comté en 1754, et, dans le même temps, est nommé Premier président du Parlement de Besançon, cumul de fonctions habituel en Provence mais qu'on expérimentait pour la première fois dans une autre partie du royaume dans l'espoir d'amener les cours supérieures à davantage de docilité.

Il se heurte à une fronde parlementaire particulièrement virulente en 1759. Les 20 et 21 janvier, une trentaine de parlementaires sont exilés par lettres de cachet. Mais la détermination de Choiseul chancèle et, en avril 1761, lorsque les exilés sont rappelés, Bourgeois de Boynes, désavoué, quitte la Franche-Comté.

Il est nommé conseiller d'État un mois plus tard. Parce que son château n'était pas loin de Malesherbes, il participe aux tractations secrètes engagées par Choiseul, avec qui il était resté en bons termes, en vue d'un rappel comme Garde des sceaux de France du chancelier Lamoignon.

C'était un gros homme, buveur de bière, d'un naturel un peu sauvage, sans doute plus à l'aise dans le travail de cabinet que dans l'expression orale.[réf. nécessaire] L'historien Pierre Gaxotte le décrit de la sorte : « Tête froide et réfléchie, qui distinguait le fort et le faible des choses […] esprit rassis et solide, plus instruit des formes que Maupeou, il avait une pratique étendue de la justice et de l'administration, qui lui permit à plusieurs reprises de tempérer l'humeur du chancelier en lui épargnant de fausses démarches et des décisions précipitées. » L'Observateur anglais le juge « grand travailleur, robuste, ardent, pénétrant ».

Considéré comme l'un des meilleurs esprits du Conseil, instruit, travailleur, particulièrement capable dans les matières contentieuses, il est de ceux qui aident le chancelier Maupeou à préparer le coup de majesté de 1770[Quoi ?]. Selon le baron de Besenval, c'est lui qui eut l'idée de faire remplacer le Parlement de Paris par le Grand Conseil, idée qui est le point de départ de la réforme.[Laquelle ?]

Louis XV le connaissait comme rapporteur devant le Conseil royal des Dépêches et l'estimait beaucoup. Il ne fit donc pas de difficulté pour le nommer, le 9 avril 1771, Secrétaire d'État à la Marine dans le ministère dit « du Triumvirat » (Maupeou, Terray, d'Aiguillon). Rien ne prédisposait Bourgeois de Boynes à occuper cette fonction. Il n'y montra pas davantage une réelle capacité d'adaptation, et ne sut pas s'entourer des conseils de techniciens compétents, s'appuyant sur un officier sorti du rang nommé Boix, fils d'un artisan de Rochefort.

Son bilan est controversé. Il entreprend un certain nombre de réformes utiles. Il ordonne les expéditions de Kerguelen dans l'Océan Indien (qui donne le nom du ministre à deux petites îles des Kerguelen) et créé un établissement à Madagascar. Il organise les premières grandes manœuvres navales d'escadre dans l'Océan Atlantique. Il tente, mais sans succès, d'établir au Havre une école navale destinée à se substituer, pour la formation des officiers, aux compagnies des gardes de la marine. Mais il voulut aussi réformer la marine en calquant son organisation sur celle de l'armée de terre (ordonnance de 1772), sans entrevoir les différences qui rendaient la symétrie impossible. La situation ne cesse de se dégrader sous son ministère : ralentissement des constructions navales, diminution des stocks de matériaux, difficultés à assurer l'entretien de la flotte.

Sur le plan de la politique générale, Bourgeois de Boynes prit ses distances avec la politique de Maupeou dès la fin 1771 ou le début 1772. Le 20 avril 1774, il fut nommé ministre d'État. Mais avec l'avènement de Louis XVI, il était condamné pour son association avec le Triumvirat dont il partageait l'impopularité, et aussi parce que tant le Roi que Maurepas s'intéressaient de près à la marine. On affirma qu'il avait désorganisé son département et on l'accusa même de malversations. Louis XVI, pour sa part, lui aurait fait dire qu'il trouvait que les changements qu'il avait faits dans la marine n'avaient abouti à rien. Il est renvoyé le 20 juillet 1774 et remplacé par Turgot.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse en premières noces Marie Marguerite Catherine Parat de Montgeron (1737-1753) dont il a une fille, Marguerite (1753-1762). Sa première femme étant morte en couches, il épouse en secondes noces Charlotte Louise Desgots (1740-1804) qui lui donne sept enfants :

  1. Élisabeth Louise (1764-1853) (comtesse de Bourbon-Busset) ;
  2. Étienne Ange (1766-1795) ;
  3. François Étienne (1767-1792) ;
  4. Antoine Pierre Philibert (1769-1803) ;
  5. Louis Antoine Pierre (1770-1792) ;
  6. Charlotte Hermine (1773-1825) (marquise de Saint-Phalle) ;
  7. Armand Louis François (1775-1853), dont postérité.

Résidences[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Armes des Bourgeois de Boynes :

Blason Bourgeois de Boynes.svg Blasonnement :

D'azur à la bande d'argent chargée de trois merlettes de sable[1]


Références[modifier | modifier le code]

  1. Répertoire GMN : exemple d'ex-libris

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]