Didier Anzieu

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Didier Anzieu

Activités Psychanalyste
Professeur émérite de psychologie
Paris X Nanterre
Naissance 8 juillet 1923
Décès 25 novembre 1999
Langue d'écriture Français
Mouvement Association psychanalytique de France
Genres Psychologie
Psychanalyse

Œuvres principales

  • L'auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse, PUF, 4e édition, 1998.
  • Le Moi-Peau, Dunod, 1995.

Didier Anzieu, né le 8 juillet 1923 à Melun et mort le 25 novembre 1999 à Paris 5e, est psychanalyste, professeur émérite de psychologie à l'université Paris X-Nanterre et membre de l'Association psychanalytique de France.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Années de formation[modifier | modifier le code]

Didier Anzieu fait ses études au lycée de Melun, puis au lycée Henri-IV où il est élève de classe préparatoire littéraire. En 1944, il réussit le concours d'entrée de l'École normale supérieure, où il est condisciple de Jean Laplanche et de J.-B. Pontalis[1]. Il étudie la philosophie, obtient l'agrégation en 1948, puis réalise un parcours de psychologie à l'Institut de psychologie de Paris, où il est notamment l'assistant de Daniel Lagache en 1951. Il soutient en 1957 une thèse d'État intitulée L'auto-analyse de Freud (publiée en 1959 sous ce même titre).

Parcours clinique[modifier | modifier le code]

Il est psychologue stagiaire dans un service de dermatologie où il travaille notamment avec des patients souffrant d’eczéma, «pratique où prendrait source sa première intuition de la notion de Moi-Peau»[2]. Il s'initie durant ces années de formation au psychodrame analytique auquel il consacre sa première thèse[3] et travaille comme psychologue clinicien au Centre psychopédagogique Claude Bernard, à Paris.

Parcours universitaire[modifier | modifier le code]

Didier Anzieu est professeur de psychologie à l'université de Strasbourg (1955-1964), puis, il rejoint en 1964 l'l'université de Nanterre, participant en tant qu'enseignant-chercheur aux premières années d'une université dont l'ouverture se réalise en 1964, comme «annexe» universitaire de la Sorbonne[4]. Il impulse la fondation du département de psychologie à Nanterre, qui est réalisé avant la fin des années 1960 (idem). Il s'est efforcé, plus largement, aux côtés de Juliette Favez-Boutonier qui enseigne à Censier, d'obtenir l'autonomie des études de psychologie par rapport à la philosophie[5]. Il devient professeur émérite en 1983.

Parcours psychanalytique[modifier | modifier le code]

Il commence une première cure psychanalytique avec Jacques Lacan, ignorant que celui-ci a été l'analyste de sa mère alors qu'elle était internée à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, et qu'il a décrit, dans sa thèse de médecine, son travail thérapeutique avec elle, sous le nom de «cas Aimée»[6]. Didier Anzieu entreprend une seconde analyse avec Georges Favez, membre de l'Association psychanalytique de France[7]

Didier Anzieu a commencé sa formation de psychanalyste en 1953, en devenant élève à la SPP. Il participe aux scissions successives avant de contribuer en 1964 à la fondation de l'Association psychanalytique de France[8], aux côtés de Jean Laplanche, Jean-Claude Lavie, J.-B. Pontalis, Victor Smirnoff, et Daniel Widlöcher.

Il a été l'un des fondateurs du Syndicat des psychologues psychanalystes, créé le 15 décembre 1953 à son domicile[9], avec le soutien de Marie Bonaparte et de Daniel Lagache, dont il rédige les statuts. Ce syndicat disparaît de fait dans les années 1970 (idem)[10].

L’œuvre de Didier Anzieu[modifier | modifier le code]

Il a laissé une œuvre importante en psychanalyse, notamment une conceptualisation du Moi-Peau, des recherches sur les groupes et sur la créativité artistique

Le Moi-Peau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Moi-Peau.

Didier Anzieu développe le concept de Moi-Peau dans un article publié dans la Nouvelle revue de psychanalyse (1974)[11], puis dans l'ouvrage éponyme[12]. La fonction du Moi-Peau est, selon René Roussillon, de «proposer une première forme de délimitation entre le moi et son environnement»[13]. R. Roussillon souligne qu'«une enveloppe délimite un dedans et un dehors, et forme la barrière à partir de laquelle tout ce qui pénètre au-dedans doit et va être transformé en fonction des particularités du “milieu interne” ainsi défini» (idem), mais que, selon Anzieu, «ce processus de différenciation ne peut s'effectuer sans un temps préalable, celui de la construction d'une peau commune entre mère et enfant» (p.25). La qualité de cette peau étant «dépendante de la qualité des soins maternels et des satisfactions données à la pulsion d'attachement et à la communication précoce» entre l'enfant et son environnement maternant.

Les groupes[modifier | modifier le code]

Il mène des recherches théorico-cliniques sur les groupes, et la dynamique de groupes, s'appuyant notamment sur les travaux de Wilfred R. Bion et introduisant la notion d'enveloppe sonore[14]. Il fonde en 1962 le CEFFRAP (Cercle d'études françaises pour la formation et la recherche active en psychologie) avec René Kaës et d'autres proches, universitaires, psychanalystes, psychologues, ou médecins[15].

Création artistique et travail créateur[modifier | modifier le code]

À partir de l'influence d'autres psychanalystes comme Mélanie Klein et Heinz Kohut, il a tenté avec beaucoup de finesse, d'analyser non pas les œuvres d'art mais « le processus créatif », la création.

Il analyse l'œuvre de Samuel Beckett[16], sur le plan de la création littéraire, et l'oeuvre de Bacon, sur la création artistique, dans une tentative de modélisation d'une topologie propre aux créateurs[17].

Il s'est formé au psychodrame, aux côtés de Mireille Monod et Évelyne Kestemberg, puis de Philippe Gravel et Geneviève Testemale[18] , à la dynamique des groupes, à la pédagogie.

Activité d'édition[modifier | modifier le code]

Didier Anzieu a dirigé deux collections d’ouvrages : la collection Psychismes, destinée aux monographies, et la collection Inconscient et culture, en collaboration avec René Kaës, destiné à des recherches collectives, ces deux collections sont édités par Dunod.

Le fonds Anzieu[modifier | modifier le code]

Le fonds Anzieu a été déposé en 2007 à la bibliothèque Sigmund Freud à Paris, puis il a été transféré en juin 2013 au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, rejoignant ainsi le fonds psychanalytique de la bibliothèque[19].


Didier Anzieu est l'époux d'Annie Anzieu, psychanalyste[20], membre de l'APF[21] et cofondatrice en 1994, avec Florence Guignard, de la Société européenne pour la psychanalyse de l'enfant et de l'adolescent (SEPEA)[22], et parent avec elle de deux enfants. Sa fille, Christine Anzieu-Premmereur, est psychanalyste, membre de la SPP et pédopsychiatre à New York, où elle dirige un programme parents-bébé au Columbia University Psychoanalytic Center (en)[23].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (Ouvrage collectif) Didier Anzieu et la psychanalyse des limites Érès, 2007,
  • (Ouvrage collectif) Didier Anzieu : le Moi-peau et la psychanalyse des limites', Catherine Chabert, Dominique Cupa, René Kaës, René Roussillon (dir.), coll. Le Carnet Psy, Toulouse, Erès, 2007, (ISBN 2-7492-0805-X)
  • (Entretien) «Entretien avec René Kaës», in R. Kaës et al.,Les Voies de la psyché, pp. 25-45, Dunod, rééd. 2000.
  • (Textes choisis) René Kaës, Didier Anzieu. Le travail de l'inconscient, Textes choisis, présentés et annotés par R. Kaës, Dunod, 2009.
  • (Entretiens) Didier Anzieu, Une peau pour les pensées. Entretiens avec Gilbert Tarrab, éditions Clancier-Guénaud, 1986.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Sédat, « Didier Anzieu -- (1923-1999) », Encyclopaedia Universalis [en ligne], consulté le 17 juillet 2014.
  2. Notice biographique, Éditions des PUF, repérée le 8 juillet 2014.
  3. Notice de Didier Anzieu sur le site des PUF, repéré en ligne le 8 juillet 2014.
  4. Historique des débuts de Nanterre, "50 ans d'histoire", 1964-2014
  5. Notice biographique, site des PUF, repérée en ligne le 8 juillet 2014
  6. Jacques Lacan analyse «le cas Aimée» dans sa thèse de médecine (1932), p. 219 et suivantes, disponible en ligne
  7. Notice de Georges Favez sur le site de l'APF, consultée le 8 juillet 2014
  8. Historique de la fondation de l'APF sur son site, consulté en ligne le 9 juillet 2014.
  9. Conférence de Roger Perron, 15 mai 2001, «Psychanalyse et psychothérapie en France après la seconde guerre mondiale», texte en ligne sur le site de la SPP, consulté le 9 juillet 2014.
  10. Ce syndicat avait pour membres notamment Georges Mauco, Eliane Amado-Valensi, Maud Mannoni, Joyce McDougall avec des correspondants en Belgique (Lechat) , en Suisse (Marguerite Sechehaye) et en Égypte (Moustafa Safouan).
  11. Anzieu, D. « Le Moi-Peau » NRP, Le dehors et le dedans, no 9, printemps 1974, 195-208.
  12. Anzieu D. (1985/1995) Le Moi-Peau, Paris, Dunod
  13. René Roussillon, Le Moi-Peau et la réflexivité, Carnet Psy, 118, juin 2007, 23-27 (p.24)
  14. [http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0810131808.html Blog qui étudie des éléments de la pensée de D. Anzieu sur le Moi-Peau
  15. Parmi lesquels, Geneviève Testemale-Monod, J.-B. Pontalis, André Missenard, Roger Dorey, Jacques-Yves Martin, Paulette Dubuisson, Angelo Bejerano. "Cette équipe va introduire le psychodrame psychanalytique" (Source : Isaac Salem (dir.) Vues nouvelles sur le psychodrame psychanalytique, Editions EDK, Paris, 2013, p.25)
  16. Samuel Beckett, Didier Anzieu, 1999, Paris, Gallimard
  17. Le Corps de l'œuvre : Essais Psychanalytiques sur le Travail Créateur, Didier Anzieu, 1981, Paris, Gallimard
  18. Formation de Didier Anzieu, notice biographique des PUF, consultée en ligne le 18 juillet 2014.
  19. Source : Annuel de l'APF, 2014, p. 199-200/1
  20. Notice bibliographique sur le site des éditions Dunod
  21. Page des membres de l'Association psychanalytique de France, consultée le 9 juillet 2014.
  22. Historique de la SEPEA consulté en ligne le 9 juillet 2014
  23. Christine Anzieu-Premmereur a écrit plusieurs articles« Ariane ou les fils complexes de l’attachement », Journal de la Psychanalyse d’Enfant, C. Anzieu-Premmereur, 2003, Paris,,« Réflexions sur l’intervention de crise auprès des enfants de New York après l’explosion du World Trade Center » in Revue Psychothérapies, 22, 3, 143-152. Anzieu-Premmereur C., Coates S.W., Schechter D.S., First E., Steinberg Z., Hamilton V., 2002, Paris ainsi que plusieurs livres en collaboration, avec Annie Anzieu, 'Le jeu en psychothérapie de l'enfant, Dunod, et avec Michèle Pollak-Cornillot, Les pratiques psychanalytiques auprès des bébés, Dunod.

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Liens externes[modifier | modifier le code]