Briseur de grève

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Un briseur de grève est un travailleur embauché pour remplacer un salarié en grève ou en lock-out. Il vise à rendre inefficace une grève en permettant à l'entreprise de continuer ses activités (d'où le terme de « briseur » de grève).

Selon les pays, leur utilisation est permise, encadrée ou simplement prohibée.

En Amérique[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Au Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, deux provinces ont des législations interdisant l'usage des briseurs de grève : la Colombie-Britannique et le Québec. L'Ontario a eu une telle législation de 1992 à 1995[1].

Adoptée en 1970, la législation britanno-colombienne prohibe l'usage de briseurs de grève professionnels[1].

La législation québécoise est plus stricte. Le Code du travail édicte un grand nombre de situations où des personnes ne peuvent remplacer un travail en grève ou en lock-out[2],[3]. De manière générale, le Code prévoit deux situations. D'abord, au sein de l'établissement en grève, il n'est possible pour l'employeur que d'utiliser les cadres pour effectuer le travail des employés en grève et seulement si ceux ont été engagés avant le début des négociations de la convention collective. Toutefois, à l'extérieur de l'établissement, l'employeur peut y faire transférer le travail des employés. Ainsi, un employeur peut utiliser des employés d'autres établissements non en grève ou sous-traiter auprès d'une autre entreprise.

Article détaillé : Briseur de grève au Québec.

Au niveau fédéral, des discussions ont lieu régulièrement pour instaurer une limitation à l'utilisation des briseurs de grève. Toutefois, le dernier vote à la Chambre des communes, en mars 2007, s'est soldé par 122 voix en faveur et 177 voix en défaveur[4]. Théoriquement toutefois, il est interdit d'utiliser d'engager quelqu'un durant une grève ou un lock-out pour tenter de miner la capacité de représentation d'un syndicat[5].

En Asie[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

L'expression "Jaune" ayant pour connotations "Briseur de Grève" puis "Traître", comme dans la désignation Syndicalisme jaune, aurait pour origine les teintureries d'Izieux, près de Saint Chamond, dans le département de la Loire. La poussière de soufre utilisée pour fixer les pigments sur les étoffes imprégnant les vêtements des ouvrières, permettant d'un coup d'œil comme à leur odeur particulière d'oeufs pourris, d'identifier celles et ceux qui furent embauchées à la journée pour briser les grandes grèves de 1870.

En Espagne[modifier | modifier le code]

En Espagne, le terme esquirol (es) est utilisé pour désigner un briseur de grève. Ce nom vient du catalan « esquirol », qui désigne à la fois un écureuil et la Santa Maria de Corcó surnommé ainsi pour son auberge éponyme qui avait cet animal dans une cage dans le hall d'entrée au XIXe siècle. Au début du XXe siècle, certains habitants de cette ville entourée par des usines de textile avaient offerts de travailler à la place des grévistes, donnant lieu au surnom péjoratif.

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique francophone, on utilise pour les briseurs de grève la qualificatif (péjoratif) de jaune.

En Italie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crumiro.

En Italie, le terme crumiro est aujourd'hui utilisé avec une connotation négative pour désigner un travailleur qui n'adhère pas à un mouvement de grève et continue son activité salariée.

Article connexe : Mondina.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gérard Hébert, « Grèves et lock-out », sur L'Encyclopédie canadienne, Historica-Dominion,‎ 2011 (consulté le 5 décembre 2011).
  2. Code du travail, art. 109.1.
  3. Voir de manière générale : Fernard Morin, Jean-Yves Brière et Dominic Roux, Le droit de l'emploi au Québec, Montréal, Wilson & Lafleur,‎ 2006, 3e éd. (lien OCLC?), p. 1051-1058; Michel Coutu, Fontaine et Georges Marceau, Droit des rapports collectifs du travail au Québec, Cowansville (Québec), Yvon Blais,‎ 2009 (lien OCLC?), p. 544-553.
  4. « Le Code du travail du Canada », Hansard révisé « 39e législature, 1re session », no 125,‎ 21 mars 2007 (lire en ligne).
  5. Code canadien du travail, art. 94(2.1) [lire en ligne (page consultée le 5 décembre 2011)].

Articles connexes[modifier | modifier le code]