Thermopolium

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Le comptoir en L d'un thermopolium de Pompéi

Dans l'Antiquité, le thermopolium (pluriel thermopolia) correspondrait au fast food actuel.

Rôle et fonctions[modifier | modifier le code]

Le comptoir en L d'un thermopolium a Herculanum

On y servait des repas chauds (en grec, thermos signifie « chaud » et poléo « acheter »), des boissons (vins, eau chaude infusée ou non). C'était une petite boutique très fréquentée, du type taverne, avec notamment le fameux comptoir en forme de L, bloc de maçonnerie englobant des pots de terre cuite et revêtu de plaque de marbre.

Ces établissements offraient un service de restauration et de boisson à tous ceux qui n'avaient pas les moyens ou l'envie de cuisiner, locataires et sous-locataires, voyageurs, étrangers et marginaux. Cette clientèle de condition modeste et parfois douteuse leur donna une médiocre réputation. Plaute par exemple fait pester un de ses personnages contre ces Grecs en manteau et ces esclaves voleurs qui viennent s'y saouler du produit de leurs rapines[1].

Prix et règlements[modifier | modifier le code]

Un thermopolium a Pompéi
Thermopolium a Ostie

Une inscription de Pompéi nous indique des pratiques de prix modérés : un as pour boire du vin, deux pour du meilleur, quatre pour du falerne, cru réputé[2].

À Rome même, les empereurs règlementèrent à plusieurs reprises le fonctionnement des thermopolia : Caligula les fit fermer durant la période de deuil consécutive au décès de sa sœur, et fit exécuter un tenancier qui avait contrevenu en vendant de l'eau chaude[3]. Claude, pour reformer les mœurs de la populace, les fit fermer et interdit la vente de plats cuisinés et d'eau chaude[4]. Néron leur interdit la vente des denrées cuites, à l'exception des légumes et des plantes potagères[5]. On ignore le suivi réel de ces mesures.

De nombreux thermopolia ont été trouvés sur les sites de Pompéi et d'Herculanum.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plaute, Curculio, II, iii, 288
  2. Corpus inscriptionum latinarum, IV, 1679
  3. Dion Cassius, LIX, 11, 6
  4. Dion Cassius, LX, 6,7
  5. Suétone, Vie de Néron, XVI

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Tchernia et Jean-Pierre Brun, Le vin romain antique, Éd. Glénat, Grenoble, 1999, (ISBN 2723427609)

Voir aussi[modifier | modifier le code]