Speakeasy

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Le 21 Club est un ancien Speakeasy de New York pendant la Prohibition
L'ancien Mayflower Club de Washington (aujourd'hui rebaptisé MCCXXIII Club) était un speakeasy durant la Prohibition

Un speakeasy, également connu sous le nom de blind pig ou blind tiger (« cochon/tigre aveugle »), est un type de bar clandestin américain, particulièrement répandu lors de la Prohibition (période au cours de laquelle la vente d'alcool était interdite dans le pays). L'expression trouve son origine dans l'habitude qu'avaient les patrons d'établissement de demander à leurs clients de parler doucement (en anglais : speak easy) lorsqu'ils demandaient de l'alcool, afin de ne pas attirer l'attention. Une autre hypothèse sur l'origine du nom speakeasy serait celle selon laquelle la consommation d'alcool faciliterait la capacité à s'exprimer, et donc à parler plus facilement face aux autres, d’où le nom anglais speak easy qui pourrait être traduit par « parler facilement, sans difficulté ».

Speakeasy et Blind pig[modifier | modifier le code]

Il existe une différence notoire de gamme entre les speakeasy et les blind pigs : ces derniers sont de gamme inférieure à celle des speakeasies[réf. souhaitée].

Origines[modifier | modifier le code]

L'origine complète du mot speakeasy précède de trente ans l'instauration de la prohibition. Samuel Hudson, journaliste de la fin du XIXe siècle, rapporte qu'il a entendu le terme pour la première fois à Pittsburgh dans les années 1880. Une vieille Irlandaise y vendait des liqueurs sans licence et demandait à ses clients de baisser la voix lorsqu'ils en commandaient. Le dictionnaire Cassell sur l'argot précise que le terme est entré en usage vers 1890.

Le terme spake-aisy, proche phonétiquement, désignait déjà un siècle auparavant la cachette de contrebandiers.

Pendant la Prohibition[modifier | modifier le code]

La popularité des speakeasies alla croissant tout au long de la Prohibition, de 1920 à 1933. Dans la plupart des cas, la gestion de ces débits de boisson écoulant des alcools souvent frelatés était entre les mains du crime organisé. Dans les grandes villes, ils offraient toute une gamme de services, allant de la restauration à des concerts de jazz ou des pistes de danse. Les speakeasies ont ainsi continué à prospérer partout aux États-Unis et ce, malgré les descentes régulières des forces de police, arrêtant patrons et clients. En réalité, la police, bien souvent corrompue par les gérants, fermait les yeux ou communiquait à l'avance ses dates d'intervention.

Héritage[modifier | modifier le code]

Un ancien speakeasy existe toujours à New York, le Chumley's, au 86 Bedford Street dans le quartier de Greenwich Village. La décoration est d'époque et aucune enseigne extérieure n'indique la présence d'un bar ou d'un restaurant, discrétion oblige. L'établissement est même doté d'une sortie secrète par l'arrière qui donne sur Barrow Street, qui permettait aux clients de quitter les lieux rapidement et en toute discrétion en cas de descente de police.

Speakeasy Lagers & Ales est une microbrasserie de San Francisco qui brasse notamment une ale baptisée Prohibition.

Des nos jours, les Américains ont créé sur le même modèle le mot smokeeasy (du verbe to smoke : fumer), qui désigne un recoin pour fumeurs dans les bars et boîtes de nuit où le tabac est interdit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]