Restoroute
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Les Restoroutes sont le nom donné en France et en Suisse[1] aux restaurants situés sur les aires d'autoroute.
Créateur des premiers Restoroutes, Jacques Borel est surtout le premier restaurateur à introduire les hamburgers en France avec la marque Wimpy. Il lance dans ces restaurants la séparation entre mangeurs et système de production. Il transforme le repas traditionnel avec un aliment toujours affectivement identifié où le mangeur connaît personnellement celui qui a cuisiné le produit à une industrialisation de la production et de la transformation alimentaire.
Sommaire |
[modifier] La genèse
Jusque dans les années 1960, l'autoroute est encore une voie de circulation réduite à plus simple expression, dont les divers équipements sont plutôt spartiates. En ce qui concerne les aires jalonnant le parcours des plus grands axes autoroutiers de France, seule une poignée d'entre elles sont équipées d'une station-service. Les autres aires étant seulement pourvues d'un parking longeant exactement le tracé des voies, ainsi que de toilettes publiques et de robinets construits à la hâte. C'est sur le constat de cet état des lieux et dans une époque où les habitudes se modifient au sein de la société que Jacques Borel se lance dans l'hôtellerie-restauration sur autoroute afin de répondre aux besoins des automobilistes les plus pressés. Des contrats sont signés avec les sociétés concessionnaires d'autoroutes à péage de l'époque afin de greffer ses premiers établissements près des stations-services autoroutières, moyennant au préalable l'agrandissement de la surface des parkings. Dans un souci de rentabilité car l'idée était toute neuve en France, il a reproduit l'architecture des restaurants autoroutiers à l'italienne bâtis sur des ponts-béquilles, préférant ne pas prendre le risque d'allonger les temps d'amortissements avec des établissements implantés de chaque côté des voies sur un même couple d'aires. Tout le monde est supposé y gagner : son créateur ayant mis au point une stratégie très rationnelle sur le plan économique et des automobilistes qui ne seront plus obligés de quitter l'autoroute pour aller se restaurer et dormir.
[modifier] Le lancement
Les deux premiers établissements de restauration sont ouverts au public en 1968 sur les aires de Venoy (A6) et d'Assevilliers (A1). Dès l'année suivante, le nombre d'établissements se multiplie au gré de l'ouverture de nouveaux tronçons d'autoroutes. Le premier hôtel autoroutier est implanté dans l'enceinte de l'aire de Saint-Albain sur l'A6, il ouvre ses portes au début des années 1970.
[modifier] Controverse
Dès son lancement, cette chaîne souffre d'une mauvaise réputation de la part des usagers, qu'ils soient professionnels de la route ou simples touristes. Selon de nombreux témoins, la nourriture servie aurait été de très mauvaise qualité par manque de fraîcheur et le cadre trop industriel pour l'époque, faisant ressembler chaque établissement à celui d'une quelconque cantine. On rapporte même que certains consommateurs auraient manifesté des problèmes de santé passagers, suite à des repas pris dans l'un des restaurants de la chaîne. En outre, l'application d'une double tarification séparant les automobilistes des conducteurs routiers était vue à cette époque d'un très mauvais œil, les prix pratiqués étaient déjà trop élevés comparativement à ceux d'autres établissements comparables situés hors autoroute.
[modifier] "Borel" et ses caricatures
le film L'Aile ou la Cuisse (1976) dont le fameux personnage de Tricatel représentait la doublure diabolique de Jacques Borel n'a pas contribué à arranger son image de marque.
[modifier] La fin de l'empire et le renouveau
C'est à l'aube des années 1980 que l'ensemble des usagers préfère ignorer les restoroutes en se rabattant sur les établissements traditionnels situées en ville, mais aussi le long des routes nationales. Les relais routiers voient leur clientèle revenir à eux, les conducteurs ayant fui à leur tour les établissements autoroutiers, ce qui génère des frais kilométriques importants rapidement dénoncés par les dirigeants des entreprises de transports routiers. C'est sur ce désastreux constat que les sociétés concessionnaires décident de ne pas en rester là : chacune d'entre elles réagit et fait jouer la concurrence mettant ainsi sur le marché la chaîne Jacques Borel. C'est la chaîne L'Arche qui remporte l'offre et remplace Jacques Borel en 1983. La concurrence s'installe dès l'année suivante avec l'arrivée d'autres chaînes. L'hôtellerie-restauration sur autoroute garde encore une mauvaise image mais finit par s'en remettre au fil des années

