Love hotel
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Les love hotels (ラブホテル, rabu hoteru?) sont, au Japon, des hôtels pour couples que l’on peut réserver à l’heure ou à la nuit.
Description [modifier]
Les chambres des love hotels, généralement à thème, comprennent une décoration originale et parfois même extravagante ainsi que de nombreux accessoires pour répondre à tous les fantasmes des clients (rame de métro, cabinet de gynécologie, bondage, miroirs, lits ronds, baignoires transparentes…).
Les love hotels sont souvent fréquentés par les jeunes couples, qui vivent encore chez leurs parents, mais peuvent également servir à la prostitution[réf. souhaitée].
En 2010, le Japon comptait 7 200 love hotels, dont seule la moitié était officiellement déclarée, les autres étant enregistrés comme simples hôtels[1].
Histoire [modifier]
La chambre de jour pour couples, à l’origine du love hotel, naît au début de l’ère Shōwa (1926-1989) avec les yen-shuku (円宿?, littéralement « chambres à 1 yen »), au tarif de deux yens pour la nuit ou un yen pour un repos de quelques heures. La plupart de ces établissements disparaissent à cause de la guerre[2].
Après guerre, le miracle économique japonais voit se développer des auberges pour représentants de commerce, utilisées aussi par des couples quelques heures, sans y passer la nuit ; un système de tarif pour occupation réduite se met alors en place. Ces auberges ciblant des couples prennent le nom de tsurekomi yado (連れ込み宿?, « Auberge pour clients accompagnés »), et se développent autour de 1960, favorisées par la loi anti-prostitution de 1958 qui pousse les anciennes maisons-closes à se reconvertir en ce type d'auberges. On en compte 2 700 en 1961 à Tokyo uniquement. Des couples légitimes, mariés, utilisent ces hôtels, par manque de place dans les logements japonais de l'époque, ne comprenant souvent qu'un seule pièce, sans salle de bain[2].
Le nom love hotel se généralise à la fin des années 1960, début des années 1970 (période du boom Izanagi), comme une montée en gamme du tsurekomi yado. Ceux-ci prennent alors une apparence voyante, souvent occidentale, afin d'être remarqués, ne pouvant faire de publicité[2].
Cette tendance s'inverse à la fin des années 1980, les love hotels préférant la sobriété pour des questions de coût, la situation économique étant plus difficile, mais aussi car ils sont désormais sous l'œil de la police à la suite de la réforme de la « loi sur les établissements de plaisir ». De plus, le love hotel n’est plus seulement le lieu où un homme entraîne une femme, mais un endroit où le couple va ensemble, et les gérants développent leur offre pour attirer les femmes[3].
Depuis la fin des années 2000 se développent des love hotels de luxe proposant des chambres remplies de matériel high tech pour des prix avoisinant les 20 000 yens (plus de 150 euros)[4].
Depuis janvier 2011, certaines spécificités des love hotels ont été supprimées : le client doit notamment se faire enregistrer au comptoir et dévoiler quelques informations personnelles, alors qu'auparavant il recevait la clef de sa chambre à travers une petite fenêtre et restait donc anonyme[1].
Notes et références [modifier]
- Hanna Peters, « Au Japon, un décret menace l'existence des love hotels », Aujourd'hui le Japon, le 5 octobre 2010
- Kim Ikkyon, « Pourquoi y a-t-il des love hotels au Japon ? », Nippon.com, le 15 avril 2013
- Kim Ikkyon, « Les love hotels, reflets de leur époque », Nippon.com, le 17 avril 2013
- Karyn Poupée, « Live Japon : love-hotels, la débauche de technologies », Clubic, le 27 décembre 2010
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Mari Okazaki, Shibuya Love Hotel, Éditions Delcourt, 2007, Tome 1 (ISBN 2-7560-0544-7)
- (en) Misty Keasler, Love Hotels: The Hidden Fantasy Rooms of Japan, Éditions Chronicle Books, 2007, 156 p. (ISBN 0-8118-5641-0)