Jura bernois

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Jura bernois
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Berne
Chef-lieu Courtelary
Communes 46
Démographie
Population 51 548 hab. (2008)
Densité 95 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 11′ N 7° 18′ E / 47.183, 7.347° 11′ Nord 7° 18′ Est / 47.183, 7.3  
Superficie 54 095 ha = 540,95 km2
Localisation
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Jura bernois

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Jura bernois

Le Jura bernois désigne la région francophone du canton de Berne, en Suisse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le terme Jura bernois désigne l'actuelle région francophone du canton de Berne, en Suisse. Celle-ci est située au nord du canton, à la frontière avec les cantons de Neuchâtel, du Jura et de Soleure. Cette région est composée d'un seul arrondissement entièrement francophone depuis le 1er janvier 2010 : l'arrondissement administratif du Jura bernois.

Auparavant le Jura bernois était composé de 3 districts francophones :

Il s'étend au sud jusqu'au lac de Bienne, dans le Seeland. La commune de La Scheulte (allemand : Schelten) est la commune située la plus au nord du canton de Berne. La commune de Monible est la plus petite commune de l'ensemble du territoire bernois.

Avant 1979 et la création du canton du Jura, le terme désignait l'ensemble des régions francophones du canton de Berne, inclus les districts de Delémont, Porrentruy, des Franches-Montagnes et du Laufonnais.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les anabaptistes de Suisse se sont établis en majorité dans le Jura bernois, principalement en tant que cultivateurs. Ils parlent encore le Suisse-allemand en famille, bien que leurs enfants fréquentent les écoles de la région en français.

La frontière septentrionale du Jura bernois a été déterminée par la procédure constitutionnelle mise en œuvre par le canton de Berne pour résoudre la Question jurassienne.

En mars 1975, le canton de Berne organise un vote dit « en cascade » (les districts votent en premier, ensuite les communes peuvent se prononcer individuellement), les trois districts francophones septentrionaux de Delémont, Porrentruy, des Franches-Montagnes décident de se séparer du canton de Berne pour créer l'actuel canton du Jura. Le district du Laufonnais qui avait initialement opté pour Berne demandera ensuite son rattachement au demi-canton de Bâle-Campagne.

Les trois districts francophones méridionaux, l'actuel Jura bernois, décident de rester au sein du canton de Berne (quelques communes du district de Moutier décideront de rejoindre le canton du Jura).

En 2006, un conseil du Jura bernois a été officiellement créé, à la fois assemblée élu et gouvernement, gérant la relative autonomie de l'arrondissement.

Lors du référendum bi-cantonal du 24 novembre 2013 qui proposait de former un « Grand Jura  » par la fusion du canton du Jura et de l'arrondissement du Jura bernois, 71,8% des habitants de ce dernier ont voté contre, suivant en cela le conseil du Jura bernois qui s'était prononcé en 2011 pour le maintien dans le canton de Berne.

Question jurassienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Question jurassienne.

Le 12 février 2012, les gouvernements bernois et jurassiens signent une Déclaration d'intention (accord) stipulant que les populations du Jura et du Jura bernois devront se prononcer sur leur volonté de créer un nouveau canton ensemble. La votation est arrêtée au 24 novembre 2013.

La modalité du vote est la suivante: le 24 novembre 2013, chaque population devra se prononcer; celle du canton du Jura pour donner son avis à l'inscription d'un nouvel article constitutionnel stipulant que "Le Gouvernement est habilité à engager un processus tendant à la création d'un nouveau canton couvrant les territoires du Jura bernois et de la République et Canton du Jura, dans le respect du droit fédéral et des cantons concernés.". Dans le Jura bernois, une votation régionale de type consultatif permettra aux citoyens de répondre à la question suivante: "Voulez-vous que le Conseil-exécutif engage un processus tendant à la création d'un nouveau canton couvrant les territoires du Jura bernois et de la République et Canton du Jura, dans le respect du droit fédéral et des cantons concernés?".

Si chaque région répond "oui", une Assemblée constituante est alors créée, composée de membres élus dans un second temps (aucune date n'est encore fixée, mais se fera au cours de l'année 2013) . Ces membres représenteront paritairement le Jura bernois et le Jura. Cette Constituante définira alors le projet d'un nouveau canton. Lorsque ce projet sera abouti, les deux régions devront à nouveau se prononcer séparément. Si une région le refuse, le projet est enterré. À noter qu'en respect du droit fédéral, du droit bernois et des règlements communaux, l'article 9 de la Déclaration d'intention a été prévu. Ce dernier dit que chaque commune du Jura bernois peut se prononcer sur son appartenance après les votations. Cela signifie que si le processus de nouvel Etat commun est accepté, chaque commune du Jura bernois peut décider de quitter ledit processus et de se maintenir dans le Jura bernois. Réciproquement, si le processus est arrêté (par un "non" de l'une ou l'autre population), une commune du Jura bernois a le droit d'organiser un vote communal afin de rejoindre la République et Canton du Jura.

Politique[modifier | modifier le code]

Linguistiquement, le terme « Jura bernois » est reconnu à travers la Suisse et le Canton de Berne qui l'a inscrit dans l'article 5 de sa Constitution[1].

Le Grand Conseil bernois (parlement cantonal) est composé, depuis les élections cantonales du 9 avril 2006, de 160 membres, dont 12 sièges garantis au Jura bernois et 3 sièges pour les francophones de la région de Bienne qui disposent d'un statut particulier visant à promouvoir la culture francophone de ces régions ainsi qu'à renforcer leur participation politique dans le canton de Berne[2].

Le pouvoir exécutif du canton de Berne est détenu par le Conseil-exécutif, équivalent du Conseil d'État. Il est composé de 7 membres (les conseillers d'État) élus au suffrage majoritaire par le corps électoral, dont un siège est garanti au Jura bernois (art. 84 al. 2 de la Constitution bernoise[1]).

Les partis politiques de la région sont:

  • Partis autonomistes/séparatistes
    • le Parti Socialiste Autonome du Sud du Jura [3] (tendance gauche)
    • le Parti démocrate-chrétien du Jura Sud [4] (tendance centre)
    • le Ralliement des Prévôtois jurassiens (RPJ) (tendance centre-droit)
    • l'Alliance Jurassienne [5] (tendance centre-gauche)
    • le Rauraque [6] (tendance gauche)
  • Partis antiséparatistes
    • Interface[7] (tendance centre)
    • le Parti Socialiste du Jura bernois [8] (tendance gauche)
    • le Parti Libéral-Radical du Jura bernois [9] (tendance centre-droit)
    • l'Union Démocratique du Centre du Jura bernois [10] (tendance droite)
    • l'Union Démocratique Fédérale du Jura bernois (tendance droite)
  • Partis neutres
    • le Parti des Verts du Jura bernois [11] (tendance gauche)
    • le Parti Evangélique Populaire du Jura bernois [12] (tendance centre)
    • les Verts Libéraux Jura bernois [13] (tendance centre-droit)
    • le Parti Pirate Suisse [14] (tendance centre-gauche)

Au Grand Conseil bernois, les autonomistes obtinrent en 2002 trois sièges sur 200, deux sièges pour le PSA-SJ et un siège pour l'Entente Jurassienne regroupant le PDC-JS et le RPJ. Depuis l'élection de 2006, 4 autonomistes siègent à Berne, 3 PSA-SJ et un Entente Jurassienne. Les autonomistes forment un groupe parlementaire grâce au seul député PDC alémanique qui les a rejoints afin de répondre à la règle de 5 parlementaires pour former un groupe parlementaire.

Les citoyens et citoyennes des districts de Courtelary, Moutier et La Neuveville ont élu pour la première fois le Conseil du Jura bernois (CJB) le 9 avril 2006 au suffrage universel et proportionnel. Les 24 mandats se répartissent de la manière suivante : 11 pour le district de Moutier, 10 pour celui de Courtelary et 3 pour celui de la Neuveville. Cette élection découle de la Loi sur le statut particulier[15]. Ce parlement régional au sein d'une entité cantonale pourra statuer sur des subventions cantonales aux activités culturelles de la région, représentera les francophones dans des institutions romandes telles que la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP SR+TI) et sera habilité à traiter directement avec le Gouvernement jurassien s’il s’agit d’affaires concernant des institutions communes aux cantons de Berne et du Jura. Il collabore également avec le Conseil des affaires francophones du district bilingue de Bienne.

Lors des élections au Conseil-exécutif du canton de Berne du 9 avril 2006, l'autonomiste Maxime Zuber obtient la majorité des voix dans le Jura bernois. Le candidat francophone des socialistes bernois [16], Philippe Perrenoud, est quant à lui élu au Conseil-exécutif puisqu'il obtient la majorité des voix pour un candidat francophone dans le reste du canton. Philippe Perrenoud préside la Conférence des Gouvernements de Suisse occidentale (CGSO)[17] de 2010 à 2011.

Depuis les élections de 2006, les Autonomistes sont une force politique plus importante qu'en 2002 pour la région. Ils sont présents au Grand Conseil et au Conseil du Jura bernois mais absents de l'exécutif cantonal. Les partis anti-séparatistes demeurent les forces politiques principales de la région puisqu'ils restent majoritaires dans les organes politiques, en rassemblant quant à eux 8 des 12 sièges -garantis aux francophones du Jura bernois- au Grand Conseil et sont représentés tant au Conseil du Jura bernois qu'à l'exécutif du canton.

La LStP offre également la possibilité « d'initiative régionale » qui permet le lancement d'une initiative populaire dont le sujet doit être lié à l’identité ou à la spécificité linguistique ou culturelle du Jura bernois. L'initiative pourra exiger des révisions constitutionnelles à l’exception de la demande de révision totale de la Constitution cantonale et du rattachement du Jura bernois au Canton du Jura.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population du Jura bernois est de 51 548personnes (2008). Ceux-ci sont protestants à 67 % et catholiques-romains à 16 %.

Le canton de Berne est bilingue, avec environ 8,2 % de francophones et 84 % de germanophones. Il y a également environ 25 000 Bernois francophones dans le district bilingue de Bienne, soit 40% de la population de ce district, et aux alentours). Il existe également une minorité germanophone au sein du Jura bernois.

Économie[modifier | modifier le code]

Le Jura bernois est l'un des centres mondiaux de l'industrie de précision, plusieurs entreprises travaillant dans ce domaine étant localisées dans cette région. Parmi celles-ci, on trouve des noms connus comme Longines, Precimed, Swissmetal Boillat SA ou encore Tornos. L'horlogerie est également une branche très développée et bien implantée. Il y a également la fabrique de chocolat Camille Bloch SA, notamment connue pour le Ragusa ou le Torino.

Monuments[modifier | modifier le code]

Énergie[modifier | modifier le code]

Le Jura bernois est un pionnier suisse en matière d'énergie renouvelable. En effet, on trouve dans cette région (proportionnellement petite à l'échelle de la Suisse) :

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Le prestigieux guide gastronomique Gault-Millau recense quatre restaurants du Jura bernois, une preuve que la gastronomie régionale est de qualité et reconnue au-delà des frontières :

  • restaurant de l'Hôtel du Cerf à Sonceboz-Sombeval obtient 16 points sur 20 dans le guide 2005 ;
  • restaurant Le Grillon à Les Prés-d'Orvin obtient 14 points sur 20 dans le guide 2005 ;
  • restaurant Le Vertbois à Mont-Crosin obtient 13 points sur 20 dans le guide 2005 ;
  • restaurant De L'Étoile à Perrefitte obtient 13 points sur 20 dans le guide 2005.

Médias[modifier | modifier le code]

Écoles[modifier | modifier le code]

  • Haute École Arc Ingénierie, siège à Neuchâtel
  • Centre interrégional de perfectionnement à Tramelan (formation continue pour adultes) (CIP)
  • École Prévôtoise de Moutier
  • École de maturité spécialisée (EMSp)
  • Centre de formation professionnelle Berne francophone (CEFF)
  • École supérieure de commerce de La Neuveville
  • École de musique du Jura bernois (EMJB)

Évènements et culture[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul-Otto Bessire, Histoire du Jura bernois et de l’ancien Évêché de Bâle [détail des éditions]
  • Laurence Marti, Étrangers dans leur propre pays - L'immigration tessinoise dans le Jura bernois entre 1870 et 1970, Neuchâtel, Alphil, coll. « Mémoires d'ici »,‎ 2005, 119 p. (ISBN 978-2-940235-14-8)
  • Bernard Roten (dir.), Marcel Bosshard et collectif, Histoire des troupes jurassiennes, Moutier, Éditions de la Prévôté,‎ 1977, 435 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Constitution du canton de Berne » (consulté le 11 janvier 2008)
  2. Loi sur le statut particulier, LStP
  3. PSA-SJ
  4. PDC
  5. AJU
  6. Rauraque
  7. Interface
  8. PSJB
  9. PLRJB
  10. UDCJB
  11. Les Verts JB
  12. PEVJB
  13. PVLJB
  14. PPJB
  15. LStP
  16. PSJB)
  17. La CGSO, fondée en 1993, regroupe les gouvernements de tous les cantons romands ainsi que du canton de Berne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]