Bullion

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Bullion
Mairie
Mairie
Blason de Bullion
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Arrondissement Rambouillet
Canton Saint-Arnoult-en-Yvelines
Intercommunalité Aucune
Maire
Mandat
Daniel Picard
2014-2020
Code postal 78830
Code commune 78120
Démographie
Gentilé Bullionnais
Population
municipale
1 951 hab. (2011)
Densité 93 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 37′ 19″ N 1° 59′ 48″ E / 48.6219, 1.9967 ()48° 37′ 19″ Nord 1° 59′ 48″ Est / 48.6219, 1.9967 ()  
Altitude Min. 93 m – Max. 178 m
Superficie 20,90 km2
Localisation

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Bullion est une commune française située dans le département des Yvelines en région Île-de-France. Elle s'appelait auparavant Boullon. En 1621, son nouveau seigneur, Claude de Bullion, échangea l'ancien nom pour celui de sa famille.

Géographie[modifier | modifier le code]

Position de Bullion dans les Yvelines
Locator Dot.png

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de Bullion se situe à environ 15 km à l'est de Rambouillet et 30 km au sud-sud-ouest de Versailles.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le village est arrosé par la petite rivière dite de la Celle prenant sa source au-dessus de la Celle-les-Bordes et descendant par Bandeville, Saint-Cyr-sous-Dourdan, pour aller se jeter dans la Rémarde, et pour le hameau de Moutiers par la petite rivière de Sainte-Anne, prenant ses sources dans les bois de Moutiers et dans la fontaine de Sainte-Anne à Moutiers[1].

Hameaux de la commune[modifier | modifier le code]

  • Moutiers,
  • Longchêne,
  • Les Carneaux
  • Ronqueux,
  • La Claye,
  • La Boulaye,
  • La Grouaille,
  • le Moulin de Béchereau,
  • Gué d'Aulne,
  • La Galetterie,
  • La Picardie,
  • Aumont.

Communes voisines[modifier | modifier le code]

Les communes sont Choisel au nord-nord-est, Pecqueuse au nord-est, Bonnelles à l'est, Rochefort-en-Yvelines au sud, Saint-Arnoult-en-Yvelines au sud-sud-ouest, Clairefontaine-en-Yvelines au sud-ouest, La Celle-les-Bordes à l'ouest et Cernay-la-Ville au nord-nord-est.

Transports et voies de communications[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par la route départementale 149 qui mène à Dampierre-en-Yvelines vers le nord et à Rochefort-en-Yvelines vers le sud ainsi que par la route départementale 132 qui mène à Bonnelles vers l'est et vers Saint-Arnoult-en-Yvelines au sud-ouest.

Desserte ferroviaire[modifier | modifier le code]

Bus[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par les lignes 04 et 29 de la société de transport Transdev Rambouillet.

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Bullion

Les armes de Bullion se blasonnent ainsi :
D'azur aux trois fasces ondées abaissées d'argent, au lion d'or issant de la première fasce.

Historique[modifier | modifier le code]

Tout au long de son histoire, la commune se trouve dénommée, selon les divers écrits, Bullion (nom actuel) depuis 1621. Bualo (615), Budalo, Buedelone (1085), Boolon, Boolum, Boolun, Boolon et Boelon au XIIe siècle, Boolon, Boulon, Boeleium et Bollon au XIIIe siècle, Boolon et Boulon au XIVe siècle, Boullon ou Boulon au XVe siècle, Boulon au XVIe siècle (peut-être ne s'agit-il, pour certaines dénominations, que de simples coquilles de copistes).

Les origines[modifier | modifier le code]

Bullion se trouvait à l'époque gallo-romaine à proximité de l'ancienne voie gauloise reliant Lutèce à Carnotum et passant par Limours, Bonnelles, Rochefort, Saint-Arnoult puis par la voie romaine allant de Dreux à Corbeil par Vieille-Église, La Celle-les-Bordes, Bonnelles, Rochefort, Limours, Briis et Arpajon. Une sépulture renfermant vases de verre, poteries de terre rouge, haches et lances, fers, bague, datant de l'époque gallo-romaine est mise au jour dans une carrière par Monsieur Ledeuil d'Enquin en 1903. Monsieur Toussaint, dans son répertoire archéologique de Seine-et-Oise, estime que par son mobilier funéraire et en particulier par les armes, cette tombe date plutôt de l'époque franque que de l'époque gallo-romaine. Situé à la limite du Gatinais et du Pays chartrain, Bullion faisait partie, sous les deux premières races (Francs et Carolingiens), du Pagus Stamppensis et de l'ancienne cité des Carnutes ; il dépendait par conséquent du diocèse de Chartres et du doyenné de Rochefort. Une première mention de son existence nous est donnée en l'an 615. Bertrand, évêque du Mans de 586 à 623, renouvelle en effet par son testament la donation qu'il avait faite de sa propriété "villa" de Bualo en faveur de son arrière-petit-neveu Leuthrannus, le jour de ses noces. Sans doute, le hameau passa-t-il, comme la plupart des villages alentour, dans le domaine royal.

La féodalité[modifier | modifier le code]

Son histoire sera alors liée à celle de la région environnante et du pays d'Étampes qui, au début du Xe siècle, furent ravagés et totalement dévastés par Rollon et ses Normands. En 911, le traité de Saint-Clair-sur-Epte mit fin à leur pillage et les « asiles » (donjons et châteaux) désormais inutiles servirent aux seigneurs contre le roi et le peuple ; c'est le début de la féodalité rendue encore plus puissante par l'hérédité des fiefs. C'est ainsi que se constituèrent les seigneuries de Montfort puis de Rochefort-en-Yvelines.

La paroisse de Boullon, alors Boeleium, existe depuis le XIe siècle[2]. En 1061, une église devait s'élever au milieu du village au XIe siècle, sans doute à la place de l'édifice actuel[3]. La paroisse et l'église de Boullon est sous le vocable de Saint-Vincent. Elle appartient dès sa fondation au diocèse de Chartres, au grand archidiaconé et au doyenné de Rochefort. Le présentateur de la cure en était le grand Archidiacre. Dès le début du XIe siècle en effet, ce territoire était partagé entre trois seigneuries : celle des Montfort, celle du comte de Rochefort qui avait le sud-est de la forêt avec Rochefort et Saint-Arnoult et beaucoup d'autres endroits situés en dehors des Yvelines à l'est et au nord de Rochefort, et enfin le domaine royal d'Yveline ou prévôté de Saint-Léger.

Le pouillé de 1272 fait état de 150 paroissiens à Boullon.

Du XIVe siècle au XVe siècle[modifier | modifier le code]

Le 5 mars 1482, Jean de la Motte, écuyer, se trouve en possession de la terre et seigneurie de Boullon. Il avait pour femme Mathurine Lecomte. Le 6 septembre 1489 il fit l'acquisition du fief, terre et seigneurie de Guédonne, paroisse de Boullon, de Jean Belin, tailleur en robes, demeurant à Paris, puis, le 22 décembre 1494, du fief terre et seigneurie de Longchêne, d'Antoine Davelluys, seigneur de Beauvilliers et de Longchêne, chambellan du Roy. Le 17 janvier 1495, il prend le titre de seigneur des Carnaux et de Boullon et meurt en 1509.

Nous connaissons par les registres paroissiaux conservés depuis 1557, les noms des curés de Boullon.

Les arrière-arrière-petites-filles de Jean de la Motte — Marguerite et Sydonye de Vendômois — devaient, par contrat passé devant Bideault, notaire à Paris, vendre à Claude de Bullion, conseiller du roy, la seigneurie de Boullon.

Au XVIIe siècle au XVIIIe siècle, de Boullon à Bullion[modifier | modifier le code]

Le cartulaire de Saint-Rémy des Landes, paroisse de Clairefontaine, dit ceci relativement au nom de Bullion : le 26 juin 1611, Claude de Bullion (1559-1640) acquiert le château, les terres et seigneuries de Boullon et des Carneaux avec haute et basse justice et devient Seigneur de Bullion, car c'est ainsi, selon la décision du nouvel acquéreur, que se nommera son nouveau domaine. Monseigneur de Bullion cognu de tout le monde à cause de sa surintendance dans les finances de sa majesté, ne fut pas à peine seigneur de la Paroisse de Boullon[4] qu'il en changea le nom et lui fit porter le sien et présent s'y est-il que personne ne l'appelle plus autrement. Bullion ne doit en effet son nom qu'à Claude de Bullion, originaire de Mâcon, qui, en 1611, se rendait acquéreur de la seigneurie de Boullon. Claude de Bullion fut surintendant des finances du roi Louis XIII. C'est lui qui créa le Louis d'or qui se substitua à la Livre tournois. Il meurt le 22 décembre 1640 d'une crise d'apoplexie. Sa veuve Angélique Faure de Bullion, créa l'Hôtel-Dieu de Monréal en 1645.

C'est son fils, Noël de Bullion (1615-1670) qui lui succède. Suivi de son fils Charles Denis de Bullion (1651-1745) dont la fille Marguerite de Bullion (1669-1745) épousera Jean Charles de Crussol-d'Uzès (1683-1766)

La seigneurie devait appartenir à ses descendants de Claude de Bullion jusqu'à la Révolution. C'est son fils, Noël de Bullion (1615-1670) qui lui succède. Suivi de son fils Charles Denis de Bullion (1651-1745) dont la fille Marguerite de Bullion (1669-1745) épousera Jean Charles de Crussol-d'Uzès (1683-1766) Les titulaires en furent les ducs d'Uzès à partir du mariage de Charles Emmanuel de Crussol d'Uzès, le 13 mars 1706, avec Anne-Marie-Marguerite de Bullion, arrière-petite-fille du conseiller du Roy.

Pierre Enfert, curé de Bullion depuis 1711, se fit une bien mauvaise réputation après s'être fait remarquer vers 1740 dans l'histoire des faux sorciers de Dourdan : "Quant au sire d'Enfer, c'était un vieux fou qui recevait chez lui une foule de bergers et de vauriens, et était le scandale de sa paroisse et la désolation de ses supérieurs...". Le pouillé de 1738 mentionne 300 communiants à Bullion. La cure, supprimée à la révolution, fut rétablie en l'an XII (1804).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Jean-Claude Van Hauwe UMP  
mars 2008 mars 2014 Blandine le Texier-Jault    
mars 2014 en cours Daniel Picard    
         
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 951 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
688 785 800 796 814 850 1 836 825 852
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
822 840 830 795 757 712 748 704 658
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
627 592 555 471 468 449 421 586 768
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
643 738 1 303 1 293 1 703 1 799 1 944 1 951 1 951
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6])
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (14,8 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (17,5 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (50,3 % contre 48,4 % au niveau national et 48,8 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 50,3 % d’hommes (0 à 14 ans = 27,5 %, 15 à 29 ans = 14,5 %, 30 à 44 ans = 18,5 %, 45 à 59 ans = 24,7 %, plus de 60 ans = 14,9 %) ;
  • 49,7 % de femmes (0 à 14 ans = 22,9 %, 15 à 29 ans = 16,3 %, 30 à 44 ans = 21,9 %, 45 à 59 ans = 24,3 %, plus de 60 ans = 14,6 %).
Pyramide des âges à Bullion en 2007 en pourcentage[7]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,3 
3,1 
75 à 89 ans
4,0 
11,6 
60 à 74 ans
10,3 
24,7 
45 à 59 ans
24,3 
18,5 
30 à 44 ans
21,9 
14,5 
15 à 29 ans
16,3 
27,5 
0 à 14 ans
22,9 
Pyramide des âges du département des Yvelines en 2007 en pourcentage[8]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
0,9 
4,3 
75 à 89 ans
6,6 
11,2 
60 à 74 ans
11,6 
20,3 
45 à 59 ans
20,7 
22,1 
30 à 44 ans
21,5 
19,9 
15 à 29 ans
18,9 
21,9 
0 à 14 ans
19,8 

Économie[modifier | modifier le code]

Hôpital de pédiatrie et de rééducation

L'hôpital de pédiatrie et de rééducation de Bullion se trouve à proximité du hameau de Longchêne et est, comme son nom l'indique, un établissement spécialisé qui accueille des enfants de la naissance à 17 ans pour des soins de suite, de rééducation diététique ou fonctionnelle et de réadaptation. Les bâtiments, assez distants les uns des autres, sont situés dans un parc immense, arboré et fleuri à profusion. L’établissement fut créé en 1933.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

VTT: Bullion compte un spot de dirt au sein même de la commune ainsi qu'une piste de descente réputée dans la foret avoisinante.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Vincent[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Vincent - Saint-Sébastien, construite initialement au Xe a subi des transformations successives jusqu'au XVIe siècle et est aujourd'hui classée monument historique.
  • Située au centre du village, sur une sorte de promontoire, et bien orientée, l'église, précédée d'un porche en bois surélevé de quelques marches, affecte la forme générale d'un rectangle de 31,50 m sur 16 m, terminé à l'est par un chevet demi-circulaire de trois mètres de rayon. Un pignon couronne la façade occidentale percée de trois portes et clocher carré, couvert d'une flèche d'ardoise, s'élève au-dessus du collatéral nord.
  • Les trois portes de la façade donnent accès aux trois nefs d'inégale largeur; la nef centrale et les deux collatéraux, voûtés de façon différente et menant au chœur puis à l'abside et aux deux chapelles flanquant le chœur au nord et au sud. La nef centrale est voûtée d'un berceau brisé lambrissé à entraits apparents; le bas-côté gauche d'un berceau plein cintre (ajout moderne) et le collatéral sud de croisées d'ogives. Relié à la nef par cinq arcades (dont une seule en tiers-point) le collatéral nord diffère totalement du bas-côté sud qui, lui, s'ouvre sur la nef centrale par quatre arcades brisée reposant sur des piliers octogonaux.
  • Le chœur rectangulaire couvert d'une voûte d'ogives à liernes et tiercerons s'ouvre à l'est sur l'abside, et au nord et au sud, par de larges arcs en anse de panier, sur deux chapelles à croisées d'ogives. Ces parties orientales de l'église paraissent d'un même style et d'une époque beaucoup plus tardive que le reste de l'édifice.
  • Quant aux matériaux employés, ils varient du moellon baignant dans un épais mortier et recouvert d'enduit dans les parties nord et ouest, à la pierre appareillée du collatéral sud, du chœur, de l'abside et des chapelles latérales. Le bois est présent dans les charpentes, la voûte de la nef et le porche d'entrée abritant la façade ; la tuile plate fut employée pour la couverture (l'ardoise du clocher est due à une restauration moderne).
  • Une nef accostée de deux collatéraux plus étroits, deux chapelles, le chœur qui précède l'abside demi-circulaire, le tout constitue un plan très simple rappelant le type basilical des premières églises chrétiennes que les architectes carolingiens reprirent pour leurs propres édifices et léguèrent à l'art roman. L'église de Bullion est un exemple de cette survivance du vieux plan latin dans les édifices chrétiens. Simplicité du plan, sobriété de l'architecture, mais grande variété dans les divers éléments constitutifs du monument due aux constructions et reconstructions d'époques successives. L'église montre en effet de nos jours une certaine hétérogénéité qui ne manque pas de frapper. Si reconstructions et restaurations de ces temps derniers ont fait disparaître l'harmonie d'ensemble du premier édifice, il est cependant possible d'imaginer quel plan et quel aspect il présentait au XIe siècle. De toutes les parties de l'église, celle du nord paraît la plus ancienne. L'élévation latérale de la nef avec ses lourds massifs barlongs et ses fenêtres hautes irrégulières, les petites baies du bas-côté, l'absence de voûte sur le collatéral, le décor inexistant, le matériau lui-même (moellons liés entre eux par un mortier de chaux et de sable auquel on a ajouté de la brique pilée qui lui donne cette couleur rose, et moyen appareil pour les archivoltes et les piedroits des arcades et pour certaines parties du mur), tout cela amènerait à dater l'édifice d'une époque assez ancienne. Rhuis XIe siècle, Saint-Léger-aux-Bois (1050), Vignory (1049), ont aussi leurs piles barlongues dénuées de chapiteaux, et cette disposition, signe réel d'antiquité, est également observée dans l'église de Château-Landon entièrement du XIe siècle. Comme à Juziers, ces piles rectangulaires prennent naissance au sol sans l'intermédiaire d'aucune base : nu et rectangulaire, lourd et trapu, c'est le simple pilier des basiliques carolingiennes rencontré à Montiérender au Xe siècle. Ce type de support en usage général dans les églises rurales pendant toute la période du XIe siècle, est encore employé par beaucoup d'architectes au XIIe siècle, selon un parti hérité du pilier carré de la Basse-Œuvre de Beauvais. Dans la plupart des nefs antérieures à la mi-XIIe siècle, et non voûtées, ces piles sont reliées entre elles par des arcs en plein cintre. Au rouleau simple et nu dont malheureusement un enduit cache les claveaux, ceux de Bullion reposent sans l'intermédiaire de chapiteaux ni d'impostes sur ces piles barlongues qui ne sont en fait, comme à Saint-Vaast-de-Longmont, que des portions de muraille réservées dans le mur gouttereau. Leur grande section due à l'épaisseur des murs dans lesquels ils sont percés, leur profil rectangulaire à un seul rang de claveaux, leurs arêtes dépourvues de mouluration, sont une présomption d'archaïsme.

La chapelle Sainte-Anne de Moutiers[modifier | modifier le code]

La chapelle Sainte-Anne anciennement appelée prieuré Sainte-Anne Sainte-Scariberge, où se trouve le lavoir de Moutiers mérite une attention particulière. À proximité immédiate de celle-ci se trouvent une fontaine, un lavoir et un abreuvoir. La Fontaine était dédiée primitivement à sainte Scariberge. Cette dernière était l'épouse du futur saint Arnoult et nièce de Clovis. Elle se retire dans la forêt d'Yvelines et y fonde le monastère de Saint-Rémy des Landes. Ce lieu est dès le Moyen Âge très honoré et de nombreux pèlerins qui viennent pour son eau miraculeuse. Cette fontaine avait la réputation de ne pas se tarir malgré les plus grandes chaleurs. On sait que l'année 1719 a connu une très grande sécheresse. Le registre paroissial de Bullion à la date du 6 juillet 1719 garde la trace de tels pèlerinages venant de toute la région pour demander la pluie[9]. Ceci recouvre peut être les traces d'un culte plus ancien pour faire tomber la pluie et protéger les récoltes de la sécheresse. Il y a encore quelques années on y jetait des pièces de monnaie.

Les lavoirs[modifier | modifier le code]

  • La commune de Bullion peut s'enorgueillir de posséder quatre lavoirs sur son territoire, dont les trois premiers sont alimentés par une source d'eau :
    • le lavoir des Valentins, proche du ruisseau du Cousin
    • le lavoir de la rue Saint-Vincent dans le bourg
    • le lavoir du hameau de Moutiers
    • le lavoir du hameau de Longchêne, situé en bordure d'une mare
Mis à part celui de Longchêne quelque peu à l'abandon et, à tout le moins, moins bien entretenu, les autres ont bénéficié d'une restauration récente et sont réellement admirables.

Activités festives[modifier | modifier le code]

La fête du village (créée en 1966) ne dure ni un jour (ou deux) comme dans la majeure partie des communes de France, mais quatre : ce sont les localement célèbres 4 jours de Bullion, du jeudi de l'Ascension au dimanche qui suit. Les joyeux « fêtards » du cru ont laissé leur nom à la place des Patagons en raison de leur capacité à festoyer durant des jours et de la vie de « Patachons » qu'on leur supposait.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Claude de Bullion, seigneur du lieu en 1611.
  • Alexandre Elisabeth Michel Digeon (1771-1826), général des armées de la République et de l'Empire (nom gravé sous l'arc de triomphe).
  • Robert Paragot, alpiniste chevronné, est né à Bullion en 1927. La municipalité a donné son nom à la salle polyvalente communale ainsi que le nom de Makalu, un sommet himalayen qu'il a vaincu en 1971, à une des rues du village.
  • Jean Hamon, promoteur immobilier, propriétaire du château.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Abbé Vitry, curé de Bullion, note à la Société Archéologique de Rambouillet (1869).
  2. L'abbé Gautier, dans son « Poullié du diocèse de Versailles » de 1876
  3. Les registres de baptêmes de la paroisse de la fin de l'année 1734 nous dressent un « inventaire de tous les titres, papiers et contrats qui sont actuellement dans le coffre-fort de l'église de Bullion », dont la septième liasse concernant les biens de l'église et de la paroisse renferme plusieurs dossiers : le dossier numéro 1, qui nous intéresse plus particulièrement, fait mention (d'une dotation faite le 1er janvier 1061 par Claude Vallet).
  4. cartulaire de Saint Rémy des Landes, paroisse de Clairefontaine
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  7. « Évolution et structure de la population à Bullion en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 24 avril 2011)
  8. « Résultats du recensement de la population des Yvelines en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 24 avril 2011)
  9. Gaudriault Pierre. Comment faire tomber la pluie ? Bull. du Gr. IdF de Mythologie Française la Lettre d'idf N°75(2010)10