Abeille Bourbon

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Abeille Bourbon
Image illustrative de l'article Abeille Bourbon
À quai à Brest en août 2005

Type Remorqueur d'intervention, d'assistance et de sauvetage (RIAS)
Histoire
Quille posée 2004
Lancement 2005
Statut En service
Caractéristiques techniques
Longueur 80 m
Maître-bau 16,5 m
Tirant d'eau 6 m
Capacité 200 tonnes de traction au point fixe
Tonnage 3 200 tonnes
Propulsion 4 000 kilowatts ou 5 435 ch × 4
Puissance 21 740 ch
Vitesse 19,5 nœuds (par temps calme)
Autres caractéristiques
Équipage 14 marins
Chantier naval Kleven Maritim
Armateur Les Abeilles
Affréteur République française
Pavillon France
Port d'attache Brest
IMO 9308687
Localisation

L’Abeille Bourbon est un remorqueur d'intervention, d'assistance et de sauvetage (RIAS) français, long de 80 mètres avec une force de traction de 200 tonnes, 12 hommes d'équipage, conçu par l'architecte naval norvégien Sigmund Borgundvaag et construit par Kleven Maritim. Il a été baptisé par Jacques de Chateauvieux le 13 avril 2005 en la présence de sa marraine Bernadette Chirac. Il est basé depuis à Brest et assure la sécurité du rail d'Ouessant.

L’Abeille Bourbon est propriété de la société Abeilles International, elle-même propriété du Groupe Bourbon. L'équipage est composé de marins de la marine marchande. Les bandes tricolores peintes sur la coque signifient qu'elle participe à l'action de l'État en mer. Elle est affrétée par l'État français et se trouve à la disposition du préfet maritime de Brest à n'importe quel moment.

Historique[modifier | modifier le code]

Conception[modifier | modifier le code]

L’Abeille Bourbon est issue du projet « Abeille 2000 », initié en 1999, et ayant pour but de concevoir deux nouveaux remorqueurs pour remplacer l’Abeille Flandre et l’Abeille Languedoc. Le cahier des charges, élaboré avec les équipages de ces deux navires, devait répondre aux exigences nées des 20 ans passés. Les éléments manquants ou à améliorer étaient notamment :

  • la possibilité d'accueillir 300 passagers ;
  • un système plus performant de lutte contre l'incendie ;
  • un système de lutte antipollution ;
  • la possibilité d'accueillir un hélicoptère.

Le nouveau remorqueur devait aussi être conçu spécialement pour le sauvetage, là où les Abeille Flandre et Languedoc étaient à l'origine des remorqueurs de haute mer. Le concept original donnait une longueur de 75 mètres pour 15 000 chevaux de puissance.

La procédure de pré-information européenne débute le 20 septembre 2002, afin de sélectionner les chantiers. En avril 2003, quatre sociétés sont retenues : Smit International, Louis Dreyfus Armateurs, NTA et les Abeilles International. Celles-ci ont alors soumis leurs offres le 15 juin, et la société des Abeilles International a été choisie le 6 novembre 2003. Le choix du chantier s'est effectué le 20 novembre en faveur de Myklebust Verft, en collaboration avec Rolls-Royce.

L'architecte naval de l’Abeille Bourbon est Sigmund Borgundvaag, qui avait déjà conçu l’Abeille Flandre 27 ans plus tôt. Le projet reçoit le nom UT515.

Passerelle de l’Abeille Bourbon
Remorquage du porte-conteneurs panaméen Rokia Delmas échoué au large de l'île de Ré en 2006

Construction[modifier | modifier le code]

La construction a commencé le 15 mars 2004 au chantier Maritim Ltd à Gdańsk, en Pologne. La coque et les superstructures y ont été construites, mobilisant 150 personnes travaillant sur trois tronçons. La coque nue pèse 1 500 tonnes, construite en acier, et était composée de 41 blocs.

À la suite de cela, le navire a été remorqué en octobre 2004 jusqu'au chantier Kleven Maritim à Floro, en Norvège. C'est dans ce chantier qu'a été installé le système propulsif (moteurs principaux, arbres d'hélice, hélices, safrans, propulseurs annexes).

Enfin, l’Abeille Bourbon a été transférée au chantier Myklebust pour les finitions, aménagements, etc.

Mise en service[modifier | modifier le code]

L’Abeille Bourbon est arrivée à Brest le 8 avril 2005, accueillie par l’Abeille Flandre. Elle a été baptisée le 13 avril 2005 à Brest ; sa marraine est Bernadette Chirac.

Le commandant Thierry Choquet a effectué le premier sauvetage le 21 mai en remorquant le vraquier maltais Frey de 3 150 tonnes de port en lourd, en avarie de machine au large de Penmarc'h.

Interventions notables[modifier | modifier le code]

Équipage[modifier | modifier le code]

L'équipage comprend douze personnes, avec les fonctions suivantes :

Un des commandants actuels du navire est Thierry Choquet. L'ancien commandant Charles Claden a pris sa retraite le 8 décembre 2013[2]et son remplaçant est le commandant Jean Luc Legoff.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Forme générale[modifier | modifier le code]

À poste à Brest par marée de grand coefficient.

La forme générale du navire est un compromis entre la recherche de vitesse, la puissance en traction, les besoins spécifiques du sauvetage et les avancées récentes sur les navires de ravitaillement offshore. L’Abeille Bourbon est plus longue et plus large que l’Abeille Flandre, en gardant une grande similarité des formes immergées : maître-bau ample, arrière dégagé pour améliorer le flux d'eau vers les hélices. Le bulbe d'étrave est cependant plus proéminent, pour la vitesse.

Les formes émergées sont en revanche assez différentes. L'aspect esthétique, sans être le plus important, est le premier visible : étrave fine, ponts arrondis et finitions soignées. Cet aspect a été motivé par le rôle de l’Abeille Bourbon pour l'image de marque des Abeilles International. Une évolution importante concerne la plage arrière, de forme plus arrondie afin d'amortir les vagues, et avec un pavois surélevé pour protéger les marins y travaillant lors d'opérations de remorquage.

La superstructure a également été soignée, en intégrant les cheminées afin de procurer une meilleure visibilité vers l'arrière du navire.

Puissance et contrôle[modifier | modifier le code]

L’Abeille Bourbon est plus puissante que son aînée : 21 740 chevaux au lieu de 13 000 ; le contrôle du navire est maintenant largement informatisé, notamment par le biais d'écrans tactiles pour le contrôle des paramètres du bateau (assiette et gîte) et des treuils. Les propulseurs sont contrôlés depuis la passerelle à l'aide de joysticks.

Opérations de sauvetage[modifier | modifier le code]

Un des MOB boats.

Les opérations de sauvetage sont facilitées par certains équipements dédiés :

  • deux bateaux de secours Moboats Springer à hydrojets pouvant accueillir 18 rescapés (Mob boat de l'anglais Man Over Board boat, canot de récupération d'homme à la mer) ;
  • un PC sauvetage ;
  • un local de repos et de récupération pour les rescapés.

La lutte contre l'incendie répond aux normes FiFi 2[3], avec deux pompes à eau, trois canons à eau et un canon à mousse. Le navire dispose également de moyens de lutte antipollution (réserve de dispersant et deux bras d'épandage), et d'une capacité d'assèchement de 1 240 mètres cube à l'heure.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Dimensions[modifier | modifier le code]

Les canons en fonction lors de la parade de Brest 2012.
  • Longueur hors-tout : 80 mètres
  • Largeur au maître-bau : 16,5 mètres
  • Tirant d'eau : 6 mètres
  • Tonnage : 3 200 t

Performances[modifier | modifier le code]

Génération d'énergie[modifier | modifier le code]

  • 4 moteurs principaux MAK 8M32C de 4 000 kW, soit 16 000 kW au total
  • 2 générateurs attelés de 2 400 kVA (PTO/PTI)
  • 2 groupes électrogènes de 662 kVA
  • 1 groupe de port de 662 kVA
  • 1 groupe de secours de 204 kVA
  • Consommation de 68 tonnes de fuel par jour, à 19 nœuds

Propulsion[modifier | modifier le code]

Électronique[modifier | modifier le code]

  • 2 radars
  • système de transmissions par satellite
  • système de positionnement dynamique

Filmographie[modifier | modifier le code]

Ce navire apparaît dans le film Océans, de J. Perrin et J. Cluzaud, où il navigue en pleine tempête. Les images présentées ont été tournées depuis la passerelle, le pont et un hélicoptère filmant le bâtiment à basse altitude, des gyrostabilisateurs permettant une prise correcte par la caméra embarquée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « L'équipage du chimiquier sain et sauf », sur Le Télégramme (consulté le 8 octobre 2010)
  2. « Sauvetage en mer. Charles Claden met sac à terre », Le Télégramme,‎ 18 décembre 2013 (lire en ligne).
  3. Fire Fighting class 2, voir Fire-Fighting

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jacques Carney, « L’Abeille Bourbon relève l’Abeille Flandre », in Navires et Marine marchande hors-série Sauvetage en mer, septembre 2005.
  • Hervé Hamon (avec des peintures et dessins d'Anne Smith, peintre de la Marine), De l'« Abeille » à l'« Abeille », Éditions du Seuil, 2005.
  • Fiche sur NetMarine.
  • Guide de la marine national édition 2005

Liens externes[modifier | modifier le code]