Pierre Chevallier (homme politique)

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Pierre Chevallier
Illustration.
Fonctions
Maire d'Orléans
Prédécesseur Louis Simonin
Successeur René Dhiver
Député du Loiret
Élection 1945, juin 1946, novembre 1946, 1951
Prédécesseur IIIe République
Successeur Roger Secrétain
Secrétaire d’État à l'Enseignement technique, à la jeunesse et aux sports
Président Vincent Auriol
Président du Conseil René Pleven
Gouvernement Pleven II
Prédécesseur André Morice
Successeur Claude Lemaître
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Orléans
Date de décès (à 42 ans)
Lieu de décès Orléans
Nationalité Français
Parti politique UDSR
Conjoint Yvonne Chevallier
Profession médecin
Résidence Orléans, Paris

Pierre Chevallier est un médecin et une personnalité politique française de la IVe République né le à Orléans (Loiret) et mort le dans la même ville[1].

Il a participé à la résistance intérieure française durant la Seconde Guerre mondiale puis exercé les fonctions de maire d'Orléans, député du Loiret et secrétaire d’État à l'Enseignement technique, à la Jeunesse et aux Sports.

Dans le cadre de ses mandats, Pierre Chevallier participe à la reconstruction d'Orléans, notamment celle de la rue Royale avec ses arcades selon l'ordre classique du XVIIIe siècle[2]. Au Parlement, il devient un spécialiste de l'urbanisme et plaide également pour l'aménagement de la région naturelle du Val de Loire et la préservation de son patrimoine.

Il meurt assassiné par sa femme Yvonne à l'âge de 42 ans, cette dernière bénéficiant de la mansuétude judiciaire pour ce crime passionnel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Pierre Chevallier est né avenue Dauphine, à Orléans. Il suit des études de médecine à l'université de Tours puis de Paris ; il soutient une thèse en gynécologie puis devient médecin à Orléans en 1937[1],[2].

Résistance[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale en 1939, il est mobilisé en tant que médecin-lieutenant puis il participe aux combats, est fait prisonnier en juin 1940 et libéré en janvier 1941[2]. À son retour à Orléans, il participe à la résistance intérieure française. Il intègre durant l'hiver 1942-1943 le mouvement Libération-Nord créé par le politicien et médecin français Pierre Ségelle[1],[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le , il devient maire provisoire de la ville d'Orléans tout juste libérée. En mai 1945, il conserve sa fonction après s'être présenté sur la liste des résistants menée par André Dessaux[1].

Après la guerre, il exerce la fonction de député du Loiret Union démocratique de la Résistance dans la première assemblée nationale constituante de la IVe République du au . Il assure un nouveau mandat dans la seconde assemblée nationale constituante de la IVe République du au . Il est à nouveau élu député du Loiret à l'Assemblée nationale le sur la liste du Rassemblement des gauches républicaines (RGR)[1].

En octobre 1947, il est réélu maire d'Orléans[2] et prend la présidence du groupe Union démocratique et socialiste de la Résistance à l'Assemblée nationale en juillet 1950[1].

Il est réélu député du Loiret RGR le [1].

Le , sous la présidence de Vincent Auriol, il est nommé secrétaire d'État à l'Enseignement technique, à la Jeunesse et aux Sports dans le second gouvernement Pleven[1].

Assassinat et hommages[modifier | modifier le code]

Le lendemain, alors qu'il s'apprête à se rendre à l'inauguration du comice agricole et de la reconstruction du pont suspendu de Châtillon-sur-Loire, son épouse Yvonne, qu'il avait connue lors de ses études alors qu'elle était sage-femme en 1935 , l'abat de cinq balles de revolver, lors d'une crise de jalousie[1]. En effet, son époux lui ayant avoué avoir une liaison extra-conjugale avec Jeanne Perreau et lui annonce de plus son intention de divorcer et d'épouser sa maîtresse, elle-même infidèle épouse d'un industriel orléanais. De plus, il a honte de sa femme aux origines modestes et ne l'emmène plus à ses réceptions mondaines. Au fur et à mesure que se consomme la désunion (chambre à part, absences répétées du député-maire), le mari et la femme redeviennent des purs produits du milieu natal : Pierre est le bourgeois méprisant, le citadin à la dédaigneuse élégance, Yvonne est la femme dévouée, humiliée, de basse condition, qui montre de plus en plus sa jalousie farouche[2]. L'épouse Chevallier appelle le commissariat d'Orléans et attend les policiers en tenue de veuve[3].

Après dépaysement du procès[note 1], Yvonne Chevallier est jugée les 5 et par la cour d'assises de la Marne à Reims. L'avocat général fait un réquisitoire d'une extrême indulgence, réclamant deux ans de prison ferme, mais le jury l'acquitte[note 2] ; l’événement est fortement médiatisé, les journaux anglais annonçant ironiquement, à la suite de cet acquittement, une hécatombe de maris français trompant leur femme[4]. Les jurés, tous masculins[5], reconnaissent « un crime commis sans préméditation dans une crise purement passionnelle »[2].

Des obsèques nationales sont célébrées en son honneur à Orléans en présence du président du conseil, René Pleven[1]. Il est inhumé au cimetière Saint-Marceau d'Orléans[2].

Depuis 1956, une allée d'Orléans située à proximité du faubourg Madeleine porte le nom de Pierre Chevallier. Par ailleurs, le peintre orléanais Georges Blanchard a réalisé un portrait de Pierre Chevallier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dépaysement à Reims car dans la région d'Orléans, tout le monde appréciait Pierre Chevallier, ce qui aurait pu nuire à l'impartialité des débats et du jugement.
  2. Après cet acquittement, Yvonne Chevallier, sur le conseil du curé de sa paroisse, pratique sa profession de sage-femme à Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane française), à l'hôpital André-Bourron, au poste de directrice de la pouponnière et de PMI, tout en donnant des cours aux infirmières jusqu'en 1963. De retour en France en 1963, elle s'est éteinte à l'âge de 72 ans, le , chez elle, à Lamotte-Beuvron. Cf. Marc Lemonier, Tour de France insolite du Crime, City Edition, , p. 87.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Pierre Chevallier », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1940-1958), La Documentation française, 1988-2005 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore]
  2. a, b, c, d, e, f, g et h J-M.Flonneau, « 1951 : tragédie passionnelle à Orléans », Histoire et patrimoine : il était une fois, sur www.loiret.com, Conseil général du Loiret, (consulté le 4 mai 2012)
  3. Paul Lefèvre, Tueuses, Edi8, , p. 101.
  4. Christophe Hondelatte, Christophe Hondelatte raconte, émission radiophonique sur Europe 1, 23 septembre 2016, 37 min 40 s
  5. « Les grands crimes du XXe siècle : Yvonne Chevallier », sur www.francesoir.fr, France Soir,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hommage à Pierre Chevallier : maire d'Orléans, député du Loiret, secrétaire d'État à l'enseignement technique, à la jeunesse et aux sports, 1909-1951, Orléans, Imprimerie du Bourdon-Blanc,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]