Trégunc

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Trégunc
Port de Trévignon.
Port de Trévignon.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Moëlan-sur-Mer
Intercommunalité Concarneau Cornouaille Agglomération
Maire
Mandat
Olivier Bellec
2014-2020
Code postal 29910
Code commune 29293
Démographie
Gentilé Trégunois ou Tréguncois
Population
municipale
7 056 hab. (2013)
Densité 139 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 51′ 20″ N 3° 51′ 10″ O / 47.855556, -3.85277847° 51′ 20″ Nord 3° 51′ 10″ Ouest / 47.855556, -3.852778
Altitude Min. 0 m – Max. 89 m
Superficie 50,61 km2
Localisation

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Liens
Site web Le site officiel de la ville de Trégunc

Trégunc [tʁegœ̃] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. C'est l'une des communes les plus étendues du Finistère, qui regroupe de nombreux villages ou hameaux. On peut mentionner plusieurs plages de sable fin, une zone naturelle protégée pour la faune et la flore autour des marais de Trévignon.

Géographie[modifier | modifier le code]

Limites communales et relief[modifier | modifier le code]

Localisation de la commune de Trégunc dans le Finistère.

La commune de Trégunc est située sur le littoral Atlantique, dans le Finistère, au sud de Concarneau et à l'ouest de Pont-Aven. Le bourg, situé à l'intérieur des terres, occupe une position excentrée au nord de la commune.

Le finage communal est délimité à l'ouest par le fleuve côtier Minaouët et l'Anse du Moulin à Mer ; au nord il longe la D 122 qui traverse le hameau de Croaz Hent Bouillet, partagé avec les communes de Melgven et Concarneau ; au nord-est le ruisseau de Kerfrances et le ruisseau du Moulin de Kergunus, tous deux affluents de rive gauche du Minaouët, servent de tracé à la limite communale avec Pont-Aven (avec en fait l'ancienne commune de Nizon) ; à l'est la limite communale avec Névez suit pour partie le tracé du ruisseau de Dourveil.

La présence de plusieurs petits fleuves côtiers déjà cités pour ceux qui servent de limite communale, mais d'autres ont leur cours totalement dans la commune de Trégunc comme ceux qui aboutissent aux plages de Trez Cao et de La Baleine, et de leurs affluents entraîne un relief assez vallonné car ils échancrent le plateau par ailleurs en pente générale vers le sud, les zones les plus élevées se trouvant au nord de la commune, atteignant 84 mètres d'altitude à l'est de Kerstrat et même 88 mètres à l'est de Cros Hent Bouillet. Le bourg, ainsi que toute la partie médiane du territoire communal, se trouve vers une quarantaine de mètres d'altitude ; la partie méridionale, proche de l'Océan Atlantique se trouve vers une vingtaine de mètres d'altitude, par exemple autour des hameaux de Trévignon, Saint-Philibert et Kersidan.

Communes limitrophes de Trégunc
Concarneau Melgven Pont-Aven
Trégunc Pont-Aven
Océan Atlantique Océan Atlantique Nevez

De nombreuses boules granitiques parsèment le paysage de Trégunc, la plus connue étant la roche tremblante "Men Dogan", près du village de Kerouel, dite aussi "Pierre du cocu" car selon la légende seuls les cocus ne parviennent pas à l'ébranler. Ernest du Laurens de la Barre en a fait un conte[1].

Le littoral[modifier | modifier le code]

Le littoral de Trégunc est très découpé : à l'ouest, limitrophe de l'ancienne commune de Lanriec, désormais de Concarneau, l'Anse de Pouldohan est une ria aux multiples indentations, se subdivisant principalement en deux parties principales : la branche nord-est forme l'Anse du Moulin à Mer, qui se prolonge en amont par la ria du Minaouët, et qui possède elle-même une ramification, l'Anse de Kerambreton ; la branche sud-est, séparée de la précédente par la Ponte de Grignallou, l'Anse de Pouldohan stricto sensu se subdivise elle aussi, sa partie orientale formant l'Anse de Ster Greich. Peu profonde, l'Anse de Pouldohan découvre largement à marée basse.

L'Anse du Moulin à Mer et la ria du Minaouët
L'Anse de Pouldohan
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En allant vers le sud, la côte présente quelques falaises au nord de la Pointe de la Jument, mais ensuite, entre cette pointe et celle de Trévignon, située plus à l'est, la côte est basse et forme un cordon dunaire rectiligne de 6 km de long. Plusieurs étangs, en fait des marais maritimes, appelés localement loc'h, se sont créés à l'arrière de ce cordon sableux. Les plus importants se nomment Loc'h Louargar et Loc'h Coziou. Il s'agit d'une zone naturelle protégée depuis 1982 où les eaux salées et douces provenant de la mer et des cours d'eau côtiers se mélangent. Une longue plage s'est formée le long de ce cordon littoral, portant les noms successifs de plage de Pendruc, Kerlaëren, Kerdallé, Kerouini, Pen Loc'h, Trévignon, La Baleine et Feunteunodou selon les endroits.

Le littoral entre les pointes de la Jument et de Trévignon
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À l'est de la Pointe de Trévignon, s'étendent des falaises assez basses et des plages plus courtes : plage de Trez Cao, plage de Don, plage de Kersidan, plage Dourveil, cette dernière située pour partie dans la commune voisine de Névez.

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Le long littoral dont dispose Trégunc n'a guère été propice à la création de véritables ports ; plusieurs, dans les anses de Moulin à Mer et de Pouldohan, sont de simples havres et de simples ports d'échouage, notamment Porz an Halen au fond de l'Anse de Pouldohan ; d'autres n'ont que des aménagements sommaires (Pors Breign, Port de Trévignon) et ne sont fréquentés désormais que par des bateaux de plaisance.

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L'habitat[modifier | modifier le code]

Le bourg de Trégunc, d'importance modeste les siècles passés, s'est nettement développé ces dernières décennies, développant des extensions en doigts de gants le long des principaux axes routiers, principalement le long de la D 783 tant à l'ouest (quartier de Kerouel) qu'à l'est (Kergleuhan) du bourg, ainsi que le long de la route en direction de Croaz Hent Bouillet en direction du nord ; des lotissements se sont développés en périphérie du bourg, principalement au sud (Kermac'h, Roudouhic), mais aussi du nord (Beg Rouz Vorch). Une zone industrielle et artisanale a aussi été créée à l'est du bourg.

Trégunc présente traditionnellement un habitat rural dispersé en nombreux hameaux et fermes isolées ; la commune conserve cet aspect dans les paries nord et est de son finage. Par contre la partie ouest, en raison de la proximité de la ville de Concarneau, connait par endroits une périurbanisation importante, qui se caractérise par la présence de lotissements résidentiels augmentant la taille de ces anciens hameaux, notamment à Croaz Hent Bouillet au nord-ouest et à Kermao, Pen Prat, Kerbiquet, Lambell, Kerlogoden et Coat Pin en allant vers le sud-ouest. Une zone industrielle s'est également développée à Kermao, à proximité de Pont Minaouët. La partie sud de la commune, riveraine de l'Océan Atlantique, a aussi connu par endroits une importante urbanisation diffuse, notamment autour des hameaux de Pouldohan et Pendruc au sud-ouest, de Saint-Philibert et surtout Trévignon au sud, ainsi que dans le quartier du Paradis au sud-est ; néanmoins les mesures de protection prises ont empêché l'urbanisation le long d'une partie notable du littoral, qui est ainsi préservé, principalement entre Loc'h Louriec et les abords de la Pointe de Trévignon.

Trévignon[modifier | modifier le code]

La pointe de Trévignon, sur laquelle se dresse une villa-château (propriété privée), s'avance dans l'océan en direction du sud-ouest, et constitue le point le plus au sud de la commune de Trégunc[2]. Le port de Trévignon est protégé par une jetée équipée d’un phare. En son centre une construction sur pilotis abrite le canot de la SNSM. La pointe de Trévignon est entourée de petites plages et constitue le point de départ pour la visite de la zone naturelle protégée des étangs de Trévignon[3].

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Histoire[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les formes anciennes attestées sont Treguent (1038), Treguenc (1084), Treguenc (XIe siècle), Treguenc (1112), Treguent (XIIe siècle), Tregunc (1270), Trefguen (1368), Trefguenc (1368), Tresguenc (1368), Tregueuc (1370), Treguenc (1516), Treguenc (1536), Treguen (1630).

Selon le toponymiste B.Tanguy, "Tré" ne semble pas désigner une trève mais signifirait trans et propose Konk comme seconde partie de ce toponyme et lui donne le sens de « bras de mer » ou « bras de mer se mêlant à la terre » et serait à rapprocher de Konk de Concarneau.

Le nom de la commune en breton est Tregon[4].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Henri Martin a décrit « dans les landes qui s'étendent de Pont-Aven à Concarneau (...) une table monolithe d'environ 10 mètres de long, et posée sur une autre masse allongée; on remarque à la surface quelques dépressions ou petits bassins qui peuvent à la rigueur être naturels ; mais deux cavités plus larges et plus profondes, se correspondant sur les deux côtés de la table, ont été évidemment pratiquées de main d'homme, dans un but qui n'a rien d'équivoque. Deux blocs de moindre dimension sont couchés à droite et à gauche de la table ; on montait sur ces blocs, puis, de là, on mettait le pied dans les cavités pour gravir sur la table, ù pouvait se tenir un groupe de prêtres en vue d'une nombreuse assistance. Les paysans appellent encore ce dolmen l'autel (an aoter) »[5].

Les dolmens étaient nombreux mais ont presque tous disparu, détruits par les carriers ; un seul subsiste, très abîmé (seule une pierre empêche la table de tomber), à Kermadoué[6]. Deux menhirs subsistent à Kérangallou et Kergleuhan ; d'autres monuments mégalithiques ont disparu comme le tumulus de Keriquel[7] qui fut fouillé par Paul du Châtellier[8].

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Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Kergunus[modifier | modifier le code]

Le plan du château fort disparu de Kergunus (dessin de Jean-Marie Abgrall).

La seigneurie de Kergunus appartenait depuis le XIVe siècle aux seigneurs de Kerymerch (en Bannalec), puis à la famille de Guer à partir de 1603. Un membre de cette famille, Alain de Guer, devint en 1657 marquis de Pont-Callec ; son petit-fils, Chrysogone-Clément de Guer, troisième marquis de Pont-Callec, fut l'un des meneurs de la Conspiration de Pontcallec. Cette seigneurie avait un pouvoir de juridiction (au moins de basse justice), qui subsistait encore en 1789[9].

Les vestiges du vieux château fortifié de Kergunus ont été retrouvés « à un kilomètre au nord du bourg de Trégunc, à 400 mètres au-delà du grand menhir de Kerangallou, [dans] le bois taillis de Kergunus » à la suite d'un abattage de bois par le chanoine Jean-Marie Abgrall en 1906[10].

« La forme générale de l'enceinte est un pentagone irrégulier, se rapprochant plutôt du triangle ; la longueur intérieure de ce qu'on pourrait appeler l'axe est de 50 m ; la largeur maxima, 37 m. Cette enceinte est formée de retranchements de terre, avec douves au sud-ouest et au sud, retranchements qui en certains points ont 5, 6 ou 7 m de hauteur au-dessus du fond des douves. (...) Aux angles ouest, nord-est et sud-est sont des tours rondes de 4 m de diamètre, celle de l'ouest formant une sorte d'éperon. (...) La maçonnerie de cette tour, ainsi que celle des murs d'enceinte, est faite en moellons de gneiss micacé (...). Le mortier est simplement de l'argile ou de la terre glaise ; on ne trouve pas la moindre trace de chaux, ce qui doit faire attribuer à cet établissement une date antérieure au XIIe siècle. (...) La forteresse de Kergunus (...) n'est pas (...) une véritable motte, c'est plutôt un plateau fortifié, pris dans une sorte de promontoire qui s'avance dans le vallon. (...) Il semble que cet établissement appartient à la famille des châteaux et mottes du Xe siècle et XIe siècle[10]. »

Le pillage de La Dame Regineau[modifier | modifier le code]

Le , La Dame Regineau, un navire suédois de Wismar de cent tonneaux fait naufrage aux Glénan et son épave dérive jusqu'à Trégunc. Le lieutenant de l'amirauté René Ranou décrit ainsi le pillage de l'épave :

« Au long de la côte était une multitude de personnes de différents sexes, hommes, femmes et enfants, au nombre de trois cents personnes, presque toutes ayant des brocs, pots ou autres vases, et plusieurs armés de haches et bâtons, auxquelles nous avons représenté que le port de pareilles armes ne leur était point permis et annonçait de mauvais desseins sur ce bâtiment. Mais inutilement les avons requis de se retirer, même d'emporter leurs pots et autres vases, et sur ce que nous avons demandé les noms du procureur terrien de la paroisse de Trégunc, des gardes-côtes et des officiers, ces gens nous ont répondu qu'ils étaient absents de la paroisse. Et autour de la coque du bâtiment nous avons vu cinq chaloupes qui en retiraient des barriques, lesquelles nous avons fait héler pour se rendre à terre, à quoi elles n'ont porté aucun état et ont mis à la voile faisant route vers les Glénan[11]. »

Révolution française[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 16 au 17 floréal an IV (5 au ), « des inconnus pénètrent chez Jean-Julien-Marie Robert, notaire et président du canton de Trégunc et l'assassinèrent. Ils coupèrent en outre l'arbre de la liberté et commirent un vol chez Luc Martin »[12]. Il s'agissait d'une bande de chouans, probablement dirigée par Jean François Edme Le Paige de Bar.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le pays des « pierres debout »[modifier | modifier le code]

"Pierres debout" le long du sentier littoral GR 34 en arrière de la plage de Trévignon

Les premières constructions en « pierre debout » (orthostates) remonteraient au XVIIe siècle (un acte de vente de maison en parle en 1695), mais elles se seraient développées surtout au XIXe siècle à Trégunc et Névez, servant de murs à de nombreuses maisons, d'autres « pierres debout » étant dressées en clôture des parcelles ou des propriétés ; leur origine serait due à la nécessité de débarrasser les champs des nombreux chaos rocheux qui les encombraient, particulièrement sur les bords de l'Aven. De nombreuses constructions en « pierre debout » ont été détruites, car méprisées, dans le courant du XXe siècle, mais une soixantaine d'entre elles subsistent[13].

Jean-François Brousmiche, vers 1830, les décrit ainsi :

« Elles forment d'une seule longueur la hauteur des édifices ; on les applique l'une contre l'autre sans chaux ni ciment : elles se soutiennent de leur propre poids et forment des murailles inébranlables[14]. »

Façade d'une maison en « pierres debout » (dans le hameau de Grignallou).

Les « pierres debout » et leur exploitation sont évoquées dans un cahier d'écolier :

« Dans presque tous les champs, on voit de gros rochers qui gênent les laboureurs ; les carriers les font sauter. Il y en a d'énormes. Sur l'un d'entre eux pousse un arbre ; un autre, énorme,que l'on peut faire bouger, se nomme « La Roche tremblante ». Au bord de la route de Concarneau, on peut voir un dolmen naturel. Des pierres plates et longues, enfoncées dans la terre, côte à côte, servent de talus, ou de murs aux vieilles maisons. Sur la côte, de gros cailloux ont des formes bizarres, exemple "La Tête de la Jument". (...) [Le carrier] fait un trou dans le granit avec une barre qu'il enfonce à grands coups de marteau. Il met de la poudre dans le trou, la tasse, introduit une longe mèche, y met le feu, s'éloigne, souffle dans une trompe et gare à la mine ! Et... boum, les cailloux sautent. Un cric soulèvera les gros blocs[15]. »

Jusqu'au XIXe siècle, l'exploitation du granit constituait la principale activité à Trégunc et Névez ; elle faisait vivre des centaines de tailleurs de pierre. À Trégunc, il existait une douzaine de lieux d'extraction et d'exploitation disséminés sur l'ensemble de la commune. De nombreux manoirs, châteaux, chapelles, églises, puits, fours à pain, moulins, maisons, etc. de la région sont construits en granit bleu de Trégunc, de même que de nombreux linteaux de cheminée[13].

La reconstruction de l'église paroissiale[modifier | modifier le code]

La reconstruction de l'église paroissiale Saint-Marc, par l'architecte diocésain Joseph Bigot, était prévue en moellons recouverts de mortier. Des protestations et manifestations des tailleurs de pierre locaux, qui se rassemblèrent chaque dimanche plusieurs semaines durant devant l'enclos paroissial, et de l'argent supplémentaire collecté parmi les paroissiens, permirent finalement sa construction en granit du pays. Surnommée "la cathédrale" en raison de ses dimensions imposantes, elle fut consacrée par l'évêque de Quimper le . L'instabilité des fondations, entraînée par le déblaiement de terres lors du transfert du cimetière, imposa a construction de deux escaliers pour les porches ouest et sud, ainsi que celle d'un contrefort, le tout en granit[13].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

Aveugle de Trégunc jouant de la Dreujen gaol (clarinette bretonne) et sa femme tendant la sébile (entre 1900 et 1920).

La voie ferrée allant de Quimperlé à Concarneau dessert entre autres les gares de Pont-Aven, Nizon, Névez, Trégunc et Lanriec à partir de 1908 ; c'est une ligne ferroviaire à voie métrique exploitée par les Chemins de fer départementaux du Finistère ; la ligne ferma en 1936.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Trégunc porte les noms de 188 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Parmi eux, trois au moins (Jean Dagorn, Yves Furic, Joseph Jaffrezic) sont morts sur le front belge lors de la Course à la mer ; trois au moins (Guillaume Burel, décédé en Grèce ; Yves Costiou, décédé en Turquie lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr ; Joseph Le Beux, décédé en Serbie) sont décédés dans les Balkans car ils étaient membres de l'Armée française d'Orient ; deux au moins (François Le Bail, Alain Tallec) sont décédés alors qu'ils étaient prisonniers en Allemagne ; cinq au moins (Jean Costiou, André Marrec, Pierre Morvan, Louis Rica, Nicolas Roblet) sont disparus en mer ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français. Le capitaine René De La Lande de Calan[16] fut à titre posthume décoré de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre[17].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , quatre aviateurs anglais sont abattus au-dessus de la baie de Concarneau ; deux des aviateurs, les sergents John Allan Macnaughton et Cyril Kenneth Woolnough[18], sont inhumés à Trégunc (l'un d'entre eux, le lieutenant J.R. Bendell, pilote, a sa tombe dans le cimetière de Lanriec et un autre à Fouesnant)[19].

Le , un avion américain s'écrase sur le territoire de la commune de Trégunc, les deux aviateurs, ayant sauté en parachute, atterrissent dans la commune voisine de Névez. Le , les cadavres de quatre aviateurs américains dont l'avion s'est perdu en mer aux large de l'archipel des Glénan, sont trouvés au large de la passe de Trévignon en Trégunc[20].

La kommandantur de Trégunc se trouvait à l'école des filles. Le , Marcel Michelet[21], 24 ans, est tué par les Allemands alors qu'il tentait d'échapper à un contrôle d'identité[22].

Le monument aux morts de Trégunc porte en tout les noms de 65 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale[17]. Parmi elles, des marins disparus en mer, par exemple Jean Jambou[23], Yves Guinvarch[24] et Louis Quentel[25] ; des soldats morts au champ d'honneur, Mathieu Furic, tué le et François Gouarant, tué le , tous les deux en Allemagne vers la fin de la guerre. Jean Bourhis, prisonnier de guerre, est mort en captivité en Allemagne.

Plusieurs résistants originaires de Trégunc ont été victimes de la guerre : Pierre Carduner, né le à Trégunc, militant communiste, coiffeur à Lanriec (son salon de coiffure fut une plaque tournante de la Résistance), fut déporté le depuis la gare de l'Est à Paris vers le camp de concentration de Struthof-Natzwiller et mourut à Dachau le [26]. Jean Marie Jaffrezic[27] fut arrêté le lors d'une rafle au Cosquer en Trégunc, pour faits de résistance, et est mort en déportation au camp de concentration de Neuengamme le . Jean Sellin[28] est également mort en déportation à Buchenwald le .

Marc Bourhis, instituteur à Trégunc, militant communiste trostkiste, détenu au camp de Choisel à Châteaubriant, fut fusillé le en même temps que Pierre Guéguin, lui aussi instituteur communiste et maire de Concarneau[29].

La ferme de Keramborn en Trégunc, dont le fermier était Jules Girard, fut un point de ralliement par les résistants du groupe "Vengeance" de Concarneau dirigé par Georges Martin. Deux aviateurs américains, Joe Lilly (blessé à la cheville) et Bill Hawkins, dont l'avion tomba le près du bar de Beg Postillon en Trégunc, y furent aussi cachés[30].

Yves Berth[31] fut tué le près de la ferme de la Pointe du Postillon (en Trégunc), sur la route Trégunc - Pont-Aven, lors des combats de l'embuscade de Kernaourlan (en Nizon), l'attaque d’un convoi allemand par une trentaine de résistants du réseau Vengeance faisant une quarantaine de morts côté allemand[32].

L'après-Seconde-guerre-mondiale[modifier | modifier le code]

Un trégunois est mort pour la France pendant la guerre d'Indochine (le lieutenant René De La Lande de Calan[33]) et trois pendant la guerre d'Algérie (Jean Le Don, René Le Heurt, Paul Trolez[17].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[34]
Période Identité Étiquette Qualité
1801 1816 Joseph Marie Prouhet    
1816 1830 Philippe Balthazar De Bonafos    
1830 1870 Joseph Marie Prouhet    
1870 1878 Joseph Marie De Lalande De Calan    
1878 1887 Joseph Marie Prouhet    
1887 1889 Jean Marie Le Mat    
1889 1890 Henri Charles Marie Ponthier de Chamaillard Conservateur Sénateur de 1897 à 1908
1890 1891 Charles de Calan    
1891 1899 Jean Marie Le Mat    
1899 1919 Marc Quentel    
1919 1943 Jean Marie Carduner    
1943 1944 André Louis Normand   Nommé par le gouvernement de Vichy.
1944 1945 Jean Marie Carduner   Retrouve son mandat à la libération de Trégunc, le 8 août 1944.
1945 1959 Michel Navinet    
1959 1971 Auguste Picart    
1971 1989 Paulette Lecroc DVD  
mars 1989 mai 1998 Jean Lozac'h PS  
mai 1998 mars 2014 Jean-Claude Sacré PS  
mars 2014 mars 2020 Olivier Bellec PS  
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Trégunc est jumelée avec[35] :

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

D’après le recensement Insee de 2007, Trégunc compte 6 751 habitants (soit une augmentation de 6 % par rapport à 1999). La commune occupe le 1 441e rang au niveau national, alors qu'elle était au 1 451e en 1999, et le 24e au niveau départemental sur 283 communes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Trégunc depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint 2007 avec 6 751 habitants.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 146 2 522 2 531 2 782 3 029 3 086 3 204 3 462 3 481
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 540 3 484 3 528 3 600 3 697 3 809 3 860 4 165 4 470
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 703 4 848 4 991 4 763 4 878 4 675 4 802 4 889 4 795
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 -
5 002 4 790 5 155 5 909 6 130 6 354 6 799 7 056 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[36] puis Insee à partir de 2004[37].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (31,1 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (24,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,5 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 48,5 % d’hommes (0 à 14 ans = 16,6 %, 15 à 29 ans = 12,2 %, 30 à 44 ans = 19,3 %, 45 à 59 ans = 23,7 %, plus de 60 ans = 28,3 %) ;
  • 51,5 % de femmes (0 à 14 ans = 15,4 %, 15 à 29 ans = 10,7 %, 30 à 44 ans = 17,6 %, 45 à 59 ans = 22,6 %, plus de 60 ans = 33,7 %).
Pyramide des âges à Trégunc en 2007 en pourcentage[38]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,1 
90  ans ou +
0,4 
7,6 
75 à 89 ans
11,9 
20,6 
60 à 74 ans
21,4 
23,7 
45 à 59 ans
22,6 
19,3 
30 à 44 ans
17,6 
12,2 
15 à 29 ans
10,7 
16,6 
0 à 14 ans
15,4 
Pyramide des âges du département du Finistère en 2007 en pourcentage[39]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
1,2 
6,7 
75 à 89 ans
11,6 
13,6 
60 à 74 ans
15,3 
21,4 
45 à 59 ans
20,2 
20,8 
30 à 44 ans
18,9 
18,4 
15 à 29 ans
16,1 
18,7 
0 à 14 ans
16,7 

Économie[modifier | modifier le code]

Entreprises trégunoises[modifier | modifier le code]

Enseignement à Trégunc[modifier | modifier le code]

Les écoles primaires et maternelles[modifier | modifier le code]

  • École maternelle et élémentaire publique Marc-Bourhis : l'école accueille 164 élèves.
  • Groupe scolaire René-Daniel (à Saint-Philibert) : les effectifs sont de 43 élèves pour l'école maternelle et de 78 élèves pour l'école primaire.
  • École Saint-Michel (privé) : les effectifs sont de 92 élèves pour l'école maternelle et de 130 élèves pour l'école primaire.
  • École Diwan (privé) : les effectifs sont de 20 élèves pour l'école maternelle et de 17 élèves pour l'école primaire.

Enseignement secondaire[modifier | modifier le code]

  • Collège et lycée Saint-Marc (annexe de l'ensemble scolaire privé Saint-Joseph de Concarneau) ː les effectifs sont de 166 élèves pour le collège Saint-Marc et de 97 élèves pour le lycée professionnel Saint-Marc.

Culture[modifier | modifier le code]

Une partie des scènes du court-métrage L'Ami y'a bon de Rachid Bouchareb a été tournée dans les ruines de la chapelle Sainte-Élisabeth.

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le conseil municipal le 16 novembre 2012.

À la rentrée 2013, 32 élèves étaient scolarisés à l’école Diwan (soit 5 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire)[40].

Monuments et sites[modifier | modifier le code]

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  • Le château de Trévignon ;
  • Le château de Kerminaouët ;
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Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Men dogan », sur Topic-Topos (consulté le 25 janvier 2016)
  2. A noter qu'un thonier, le Trévignon, a été baptisé d'après le nom de cette pointe.
  3. « INPN - FSD Natura 2000 - FR5300049 - Dunes et côtes de Trévignon - Description », mnhn.fr (consulté le 18 novembre 2015)
  4. « Résultats concernant « Trégunc » », sur la base KerOfis, Office public de la langue bretonne (consulté le 21 octobre 2013).
  5. Pierre Larousse, "Grand dictionnaire universel du XIXe siècle", 1867-1890, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50723k/f972.image.r=Pont-Aven
  6. http://fr.topic-topos.com/dolmen-tregunc et http://megalithes-breton.fr/29/accueil_29.php?nom=do/kermadoue.html
  7. Paul du Châtellier, Exploration des tumulus de Keriquel en Trégunc et de Kerloise en Clohars-Carnoët, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1900
  8. Amis du patrimoine de Trégunc, « Trégunc : un riche patrimoine préhistorique et protohistorique - Les Amis du Patrimoine de TRÉGUNC », sur patrimoinetregunc.blogspot.fr (consulté le 25 janvier 2016)
  9. Amis du patrimoine de Trégunc, « Le château fortifié de Kergunus - Les Amis du Patrimoine de TRÉGUNC », patrimoinetregunc.blogspot.fr (consulté le 18 novembre 2015)
  10. a et b Jean-Marie Abgrall, Vestiges du vieux château de Kergunus en Trégunc, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f238.image
  11. Cité par Christian Enjolras et André Juillard, "L'archipel de Glénan", éditions du Chasse-Marée, Douarnenez, 2007, [ISBN 978-2-3535-7019-5]
  12. Daniel Bernard, Recherches sur la Chouannerie dans le Finistère, revue "Annales de Bretagne", 1937, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115338s/f113.image.r=Perguet.langFR
  13. a, b et c Marylène Naviner, Les tailleurs de pierre debout de Trégunc et de Névez, revue "Micheriou Koz" no 22, hiver 2009-2010
  14. Jean-François Brousmiche, "Voyage dans le Finistère, 1829, 1830 et 1831"
  15. Extraits d'un cahier d'écolier, non daté, reproduit dans Marylène Naviner, Les tailleurs de pierre debout de Trégunc et de Névez, revue "Micheriou Koz" n° 22, hiver 2009-2010
  16. René De La Lande de Calan, né le à Meudon, qui habitait à Kerminaouet, capitaine au 49e bataillon de chasseurs à pied, tué le à Fontaine-sous-Montdidier (Somme)
  17. a, b et c memorialgenweb.org Trégunc : monument aux morts
  18. memorialgenweb.org Trégunc : Carré militaire, soldats britanniques
  19. « Une cérémonie en mémoire de l'officier anglais inhumé à Lanriec », Ouest-France.fr (consulté le 18 novembre 2015)
  20. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [ISBN 9-782364-28007-6]
  21. memorialgenweb.org Trégunc : Marcel MICHELET
  22. Éric Rondel, "Crimes nazis en Bretagne (septembre 1941 - août 1944), Astoure éditions, 2012, [ISBN 978-2-36428-032-8]
  23. Jean Jambou, né le 9 à Trégunc, matelot à bord du Mékong, disparu le lors du naufrage de son bateau dans le port de Dunkerque lors des combats de la Poche de Dunkerque
  24. Yves Guinvarch, né le à Concarneau, matelot, mort le dans le naufrage du Meknès au large de Dieppe
  25. Louis Quentel, né le à Trégunc, matelot, mort le dans le naufrage du Meknès au large de Dieppe
  26. voir http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/deportation/29/p6-list-c.htm et http://patrimoinetregunc.blogspot.fr/2011/07/la-canne-gravee-de-pierre-carduner.html
  27. Jean Marie Jaffrezic, né le à Trégunc, voir memorialgenweb.org
  28. Jean Sellin, né le à Trégunc ; il habitait le hameau de Pont-Melan ; déporté depuis Compiègne le
  29. « La mairie rend hommage au résistant Marc Bourhis », Ouest-France.fr (consulté le 18 novembre 2015)
  30. Cyrille Maguer, "De Rosporden à Concarneau sous l'Occupation", Liv'éditions, 2014, [ISBN 978-2-84497-275-0]
  31. Yves Berth, né le à Concarneau
  32. memorialgenweb.org Yves BERTH
  33. memorialgenweb.org - René DE LA LANDE DE CALAN
  34. « Liste des maires », sur archives-finistere.fr du Conseil général du Finistère (consulté le 23 avril 2013)
  35. « Ville de Trégunc », Annuaire-Mairie (consulté le 18 novembre 2015)
  36. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  37. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2008, 2013.
  38. « Évolution et structure de la population à Trégunc en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 21 novembre 2010)
  39. « Résultats du recensement de la population du Finistère en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 21 novembre 2010)
  40. « Enseignement - Ofis Publik ar Brezhoneg », opab-oplb.org (consulté le 18 novembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le petit train de Pont-Aven, Annick Fleitour, Éditions Ressac, Quimper, 1999. (Historique de la petite ligne de chemin de fer à voie étroite qui desservait Trégunc de 1908 à 1936)

Liens externes[modifier | modifier le code]