Rosporden

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Rosporden
L'église de Rosporden et son imposant clocher.
L'église de Rosporden et son imposant clocher.
Blason de Rosporden
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Concarneau
Intercommunalité Concarneau Cornouaille Agglomération
Maire
Mandat
Christine Le Tennier
2014-2020
Code postal 29140
Code commune 29241
Démographie
Gentilé Rospordinois
Population
municipale
7 435 hab. (2012)
Densité 130 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 57′ 41″ N 3° 50′ 01″ O / 47.9613888889, -3.833611111147° 57′ 41″ Nord 3° 50′ 01″ Ouest / 47.9613888889, -3.8336111111
Altitude Min. 25 m – Max. 171 m
Superficie 57,37 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

Rosporden [ʁɔspɔʁdɛ̃] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Ses habitants se nomment les Rospordinois et les Rospordinoises.

Sa population s'élève à 6 441 habitants (1999), dont 2 664 pour la commune associée de Kernével, qui s'associa avec Rosporden en 1974 à la suite d'un référendum.

La petite cité, située au bord d'un étang, formé par l'Aven, s'était spécialisée dans la fabrication du chouchen (boisson bretonne proche de l'hydromel), boisson faite de jus de pomme fermenté et de miel, au point d'en avoir été considérée comme sa capitale[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation de la commune de Rosporden dans le Finistère.

La commune de Rosporden est située dans le sud-est du Finistère. La ville proprement dite est située, à vol d'oiseau, à 11,4 km au nord-est de Concarneau[2] et à 21,0 km à l'est de Quimper[3].

Étang de Rosporden.

La ville de Rosporden, sise au bord de l'étang du même nom, constitue la principale agglomération de la commune, tandis que le bourg de Kernével, distant de 4 km en direction de l'est, et doté d'une mairie annexe, constitue une importante agglomération secondaire.

Article détaillé : Kernével (Finistère).

La commune est arrosée par l'Aven, un petit fleuve côtier qui a une direction générale nord-sud, et le Ster Goz, son principal affluent, ainsi que par de nombreux autres cours d'eau plus modestes. Trois étangs ont été aménagés sur le cours de l'Aven, dont un situé en pleine ville.

Le finage de Rosporden est compris entre 143 mètres (le point culminant se situe près de Ker Avril, à l'extrême nord de la commune) et 29 mètres (à Pont Torret, dans la partie aval de la vallée de l'Aven, à la confluence avec le Ster Goz, au sud-est de la commune).

Rosporden a longtemps été traversé par la RN 165 allant de Nantes à Brest via Lorient et Quimper, désormais RD 765 ; la voie express RN 165 qui l'a remplacée passe désormais nettement plus au sud, mais Rosporden y est toutefois reliée grâce à deux échangeurs, celui de Kerampaou en direction de Lorient et Nantes, via la RD 24, et celui de Coat Conq en direction de Quimper et Brest, via la RD 70, qui permet aussi d'accéder à Concarneau. Rosporden a aussi été pendant une partie du XXe siècle un carrefour ferroviaire : à la voie ferrée principale toujours existante, électrifiée et à double voie, venant de Quimper et venant, via Lorient et Redon, soit vers Paris-Montparnasse via Rennes, soit vers Nantes, s'ajoutaient la ligne Rosporden - Concarneau ouverte en 1883 et transférée sur route en 1959 pour le trafic voyageurs (le trafic marchandises cessant en 1998), ainsi que deux lignes de chemin de fer à voie étroite : la ligne de Carhaix à Rosporden du Réseau breton en service de 1896 à 1967, la ligne de Plouescat à Rosporden des Chemins de fer armoricains, ouverte en décembre 1912, reprise en 1921 par les Chemins de fer départementaux du Finistère et fermée dès 1933

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines de Rosporden[modifier | modifier le code]

À l'époque gallo-romaine une villa, dans le sens de domaine, était implantée sur le territoire actuel de Rosporden. Au début du XIe siècle le comte de Cornouaille confie cette contrée à un de ses vassaux, Preden. Ce dernier établira son fief sur une éminence dominant l'Aven. Celui-ci prendra le nom de Roz Preden, Roz signifiant colline en breton, pour donner plus tard Rosporden. Afin d'assurer une meilleure protection des lieux, on entreprit l'édification d'une digue barrant le cours de l'Aven, qui fut à l'origine du grand étang de Rosporden

Rosporden était le chef-lieu d'une châtellenie sous l'Ancien Régime, souvent associée aux châtellenies de Fouesnant et de Concarneau. Au point de vue religieux, Rosporden était une trêve de la paroisse d'Elliant. Cette châtellenie de Rosporden fut concédée en 1334 par le duc Jean III à son fils illégitime Jean « Bâtard de Bretagne ». En 1382 elle sera concédée à Jeanne de Retz.

Incendie de Rosporden par les troupes espagnoles (août 1594)[modifier | modifier le code]

En cette funeste année 1594 la Bretagne est à feu et à sang. Les troupes royalistes soutenues par les anglais et les troupes des ligueurs soutenues par les espagnols s'entre-déchirent. Les espagnols, qui disposent de 7000 hommes de troupe dans la péninsule sous les ordres de Don Juan d'Aguila, possèdent une solide base arrière avec la citadelle de Blavet futur Port-Louis et sont en train de construire un fort en face de Brest dans la presqu’île de Crozon. C'est que Philippe II d'Espagne aimerait bien faire main basse sur la péninsule. Les habitants de Rosporden, qui étaient de la ligue, firent fête aux espagnols. Ceux-ci y passèrent une douzaine de jours en divers jeux : tournois et courses de bague. Mais ils furent mal récompensés de leur hospitalité. En effet, peu de temps après, une trentaine d'espagnols furent surpris et tués par les hommes du commandant de la place forte de Conq, futur Concarneau, qui soutenait le roi Henri IV, aux environs de Locmaria-an-Hent. Pour se venger, faute de mieux, les espagnols s'en prirent aux habitants de la région. Ils mirent le feu aux maisons de Rosporden dont les toitures étaient couvertes de chaume. La cité se transforma rapidement en un brasier. L'incendie endommagea même l'église dont une partie du mobilier et le beffroi furent brûlés. Les habitants qui n'arrivèrent pas à leur échapper furent massacrés.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Rosporden en 1778[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Rosporden dans son "Dictionnaire de la province de Bretagne" en 1778 :

« Rosporden; petite ville qui relève du roi, et trêve de la paroisse d'Elliant; ail. '/» au S.-E. de Quimper; son évêché; à 35 1. de Rennes, et à 2 1. Va de Concarneau, sa subdélégation. Deux grandes routes arrivent à cette ville, où il y a une poste aux chevaux, et où l'on compte 900 habitants. Il s'y tient quatorze foires par an, et un marché par semaine. On y remarque un très-bel étang, qui forme la rivière de Pont-d'Aven*. L'an 1331, le duc Jean lII donna à Jean de Bretagne, son fils, la petite ville de Rosporden, avec toutes les seigneuries et jurisdictions qui en dépendaient, et les foires et marchés qui y étaient établis. La jurisdiction royale de cette ville fut unie et incorporée au siège présidial de Quimper, par édit du roi Charles IX, donné à Troyes en Champagne, le29 mars 1564. La haute-justice de Coëtcanton * appartient à M. de Ploeuc, et la haute-justice de Garlot, à M. de Guernisac. »

[4]

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Rosporden en 1848[modifier | modifier le code]

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Rosporden dans leur "Dictionnaire de la province de Bretagne" en 1848 :

« ROSPORDEN ; commune formée de l'anc. trêve d'Elliant aujourd'hui cure de 2- classe ; chef-lieu de perception ; résidence d'une brigade de gendarmerie à cheval ; bureau de poste et relai. — Lirait. : N. Tourc'h, E. Kernevel- S MelgVen ; O. Elliant, Saint-Yvi. — Princip. villages : Kit'anou Coat-Culodcn, tylué, Hnion. rçdannes. -Maisons notables : les châteaux de kmnio et de Coat-Canton ; chapelle Saint Eloi. — Superf. tot. : 1071 hect., dont les princip. div. sont : 1er. lab. 376; prés et pat. 95; verg. et jard. 19; étangs et canaux 52; bois 20; incultes 458; sup. des prop. bat. 8 ; cont. non imp. 42. Const div. 151; moul. 1 (de Rosporden, à eau). Cjf Rosporden est situé sur le bord d'un joli étang pouvant avoir 45 hect. de superficie. La rivière d'Aven s'y jette, au lieu de s'y former comme le dit Ogée ; au sortir elle est assez forte pour porter bateau. — Le bourg est lui-même d'un aspect attrayant. L'église, d'un gothique lourd et massif, qui peut remonter au XVIIe siècle, est surmontée par une élégante flèche en granite. — A un quart de lieue de Rosporden est le château de Coat-Canton, dont l'arrière-façade est du style XIV siècle, alors que la façade principale est d'une restauration qui remonte tout au plus à la fin du XVII'. — Les fermiers âgés agissent généralement dans cette commune ainsi que nous venons de le dire pour celle de Rosnoén (voy. ce mot) ; quelquefois aussi les parents se retirent dans des maisons qu'ils afferment, faisant sur la ferme qu'ils abandonnent à leurs enfants des réserves proportionnées à l'importance de ces fermes, et qui s'élèvent quelquefois à 18 quintaux de blé froment. — Rosporden ne manque pas de bois de chauffage ; mais il faut aller chercher le bois de construction à plus de trois lieues. —Il y a foire au chef-lieu les 7 janvier, 8 février, 19 mars, 25 avril, 25 juin, 22 juillet, 16 août, 18 octobre et 6 décembre, le lendemain de la Trinité, le jeudi après le 14 septembre, et le 1er jeudi de novembre. Ces foires et celles de Coray sont à peu près les seules que les habitants de cette commune fréquentent. — Archéologie • Dom Morice. Preuves, t. II, col. 433, 434,1320, 1418; t. III col. 348, 102 t. — Géologie : constitution granitique. — On parle le breton et le français. »

[4]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Rosporden avant 1903 (dessin de A. Karl)

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

Déclarée d'utilité publique le , la ligne ferroviaire à voie métrique des Chemins de fer départementaux du Finistère allant de Châteauneuf-du-Faou à Rosporden, longue de 39 km, fut mise en service le . Elle desservait les gares de Saint-Thois-Pont-Pol, Laz, Trégourez, Guernilis, Coray, Tourc'h, Bois-Jaffray-Saint-Guénal et Elliant. Elle ferma dès 1933.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Rosporden porte les noms de 105 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale[5]. Parmi eux, Christophe Le Gall[6] et Joseph Le Gall[7] ont tous deux étés décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre. Un au moins (Joseph Mahé[8]) est disparu en mer ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français.

Autonomisme breton[modifier | modifier le code]

Louis Caradec : Fileuse de Rosporden - Fouesnant (« Musée départemental breton » de Quimper).

Le Parti Autonomiste Breton tint à Rosporden sa première réunion officielle et aussi son premier congrès. Il eut lieu le 10 septembre 1927 dans l'établissement dit de la "Vieille Auberge" toujours ouvert aujourd'hui. Y figuraient entre autres des autonomistes alsaciens et corses. Le parti inaugura le concept autonomiste en Bretagne sur le modèle alsacien. Y étaient présents Yann Sohier, Olier Mordrel, François Debauvais, Morvan Marchal, Paul Schall et Petru Rocca.

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Germain Pensivy fut un maître d'école, un "hussard de la République", qui a influence toute une génération de jeunes rospordinois pendant l'Entre-deux-guerres. Il est mort pour la France en 1940 à Aubigny-les-Pothées (Ardennes)[9]. Le collège public de Rosporden porte son nom.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Rosporden porte les noms de 32 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale[5]. Parmi elles Michel Yvonnou[10], résistant, fusillé le à Penmarc'h. Un soldat originaire de Rosporden (Corentin Brunau[11]) est mort sur le front belge en 1940.

La Résistance : les maquis de Rosporden[modifier | modifier le code]
Le monument commémoratif des combats de Kernabat (en Scaër)
La stèle de Quillien (en Tourch)

Le un train est mitraillé entre Rosporden et Concarneau (4 blessés)[12].

Trois groupes de résistants ont été actifs dans la région de Rosporden : le groupe Libé-Nord, dirigé par François Rivier et comprenant notamment son fils Albert Rivier, Bertrand Petit[13], dit "Duguesclin", Robert Ricco[14], Louis Quénéhervé[15], dit "La Plume", Jean Guéguen, dit "L'Empereur", etc.. ; le groupe Vengeance dirigé par Pierre Le Naour et René Gall ; le bataillon FFI du capitaine Mercier (de son vrai nom Louis René Le Cleach) dont l'histoire est racontée par le journal Ouest-France du [16]. Parmi leurs actions, les combats de Kernabat en Scaër qui firent 18 victimes fusillées par les Allemands le parmi les résistants dont neuf membres du maquis de Rosporden : Yves Baron, Hervé Delessart, Corentin Guillou, René Le Gall, Roger Kerjose, René Mao, Jean-Louis et Marcel Rannou et Pierre Salomon, qui sont commémorées par le mémorial de Kernabat en Scaër et la stèle de Quillien en Tourch. Les dirigeants de ces trois groupes de résistance se rencontrent secrètement le à la gendarmerie de Rosporden pour adopter une stratégie commune et se mettent d'accord pour confier le commandement commun au capitaine Mercier, la première compagnie étant commandée par Albert Rivier, la seconde par Yves Le Corre, puis par Pierre Le Naour, la troisième par Robert Ricco[17].

Le capitaine Charron[18] a écrit : « Il y a maintenant deux compagnies de deux cents hommes dans le maquis, une troisième commence à s'armer dans Rosporden même sous les ordres de Ricco. C'est la troisième colonne déjà en place (...) » dans l'attente du signal de l'insurrection[19].

Rosporden libérée par les résistants[modifier | modifier le code]

Le , le bataillon Mercier, caché depuis le dans la ferme de Kerodet en Coray (sa base est nommé "camp Delessart" en hommage à l'un des résistants fusillés à Kernabat-Quillien), reçoit par un message codé de la radio de Londres (« Le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec ? ») l'ordre de prendre Rosporden. Les troupes américaines sont alors encore à Pontorson, à 280 km de là. La ville est libérée entre le 4 et le  ; les combats commencent le et durent toute la journée, Robert Ricco parvenant à hisser le drapeau tricolore sur la mairie ; les résistants se retirent le soir, laissant les Allemands encore maîtres de la ville. Ceux-ci, ainsi que des Russes blancs qui étaient hébergés dans l'école Sainte-Thérèse, se livrent alors à des représailles à l'encontre de la population (vols, viols, 32 maisons incendiées). Environ 25 personnes, presque toutes du quartier du Pont Biais, sont prises comme otages et conduites à Quimperlé ; parmi elles se trouvait le maire de Tourch, René Le Roy. Le train qui les conduisait de Quimperlé à Lorient est bombardé le à Quéven (Morbihan) et les otages tentent alors de s'enfuir ; 9 d'entre eux sont tués : Marguerite Caugant (née Le Naour), Vincent Baudic, Jean Bernard, Jean Flaouter, Jean Hémery, Antoine Hénaff, Jean Le Menn, Albert Pirlo, Jean-Marie Porhiel.

L'insurrection recommence le à 5 heurs du matin. Un train de l'organisation Todt stationnait cette nuit-là malencontreusement au Pont Biais (à proximité immédiate de la gare de Rosporden), et les Allemands qui s'y trouvaient renforcèrent la résistance allemande. Un groupe de résistants FTP, dirigé par Jean Goarant, dit "Perrochet", est accroché le par les Allemands au Poteau Vert, sur la route de Rosporden à Concarneau : les combats font quatre tués parmi les résistants (Jean Goarant, 41 ans ; Yves Hervé[20], 31 ans ; Jacques Quénéhervé, 2 ans ; Jean Le Quilliec, 23 ans). Les résistants attaquent la kommandantur locale, qui était implantée dans la maison de l'usinier Caugant. L'entrée officielle du bataillon Mercier dans Rosporden libérée fut fêtée dès le 5 août en début d'après-midi[21].

Le , des troupes allemandes venant de Brest et cherchant à se replier en direction de la Loire sont arrêtées à l'entrée ouest de Rosporden à Dioulan par la section du lieutenant Gérard de Carville[22], blessé à mort lors des combats pendant lesquels René Daouphars[23], un résistant venu de Guiscriff, est également tué, ainsi que Jean Clech'mine[24], de Kernével. Ces Allemands sont contraints de faire demi-tour et vont se réfugier à Concarneau. Les Allemands ont en tout 23 camions hors d'usage et environ 300 tués et blessés ; 9 camions sont récupérés par les résistants[21].

Les autres résistants tués pendant les combats pour la libération de Rosporden sont Jean Le Guiban[25] le et Pierre Le Naour[26], de Rosporden ; Auguste Robic[27], de Melgven.

Le , un groupe de résistants du mouvement Vengeance attaque des soldats allemands à Kernaoulan en Nizon et cherche à empêcher une éventuelle attaque allemande à partir des cantonnements allemands du Fresq et de Kerguirizit en Melgven : Yves Trichard[28] est tué ce jour-là par une balle explosive allemande à Croissant-Bouillet[29].

Rosporden fut le théâtre de crimes de guerre, commis par les Allemands mais hélas également par des Rospordinois : quelques jours après la libération de la ville, en représailles contre les atrocités commises par les troupes allemandes et russes blanches, des responsables locaux de la Résistance se firent remettre des soldats allemands faits prisonniers à Riec-sur-Bélon et totalement étrangers à ces exactions. Un soldat fut fusillé sans jugement dans chaque maison brûlée, le plus jeune d'entre eux n'avait pas 18 ans. Les corps laissés à l'abandon furent récupérés par l'armée américaine qui leur donna une sépulture décente.

Deux résistants furent maires de Rosporden à la Libération : Albert Rivier (nommé président de la délégation spéciale le [30],), puis brièvement René Gall.

Le général de Gaulle vint à la Libération de la France à Rosporden, le , durement touchée durant les terribles heures de la Libération. Il s'arrêta également à la Croix-Lanveur (commune de Kernével à l'époque) où il fut salué par les autorités de la commune de Kernével et par la population du bourg et de ses alentours.

L'après-Seconde-Guerre-mondiale[modifier | modifier le code]

Jean Gemehl[31], soldat de Rosporden, est mort au Tchad le .

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En pleine campagne présidentielle 2007, Ségolène Royal (PS) vint inaugurer la nouvelle mairie de Rosporden.

Langue[modifier | modifier le code]

Si le français est aujourd'hui la langue usitée quotidiennement par les Rospordinois, cela n'a pas toujours été le cas par le passé. Un voyageur de la seconde moitié du XVIIe siècle, Albert Jouvin de Rochefort, n'a retenu de son séjour dans la ville de Rosporden que son embarras pour se faire servir dans une auberge à cause de son ignorance du breton. « Il faut que je l'avoue que c'est une incommodité de ne pas entendre entièrement la langue du pays où l'on voyage.» En 1902, le breton était déjà en net recul dans la ville, puisque selon une enquête diocésaine, le catéchisme y était enseigné majoritairement en français.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville de Rosporden.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs de Rosporden
Période Identité Étiquette Qualité
1792 1803 Jean-Marie Le Beau    
1803 1807 René Girard    
1807 1813 Louis Ramart    
1815 1819 Billette    
1820 1828 Louis Richard    
1828 1832 De Kermorial    
1832 1836 Louis Richard    
1837  ? Pierre Marie Binet    
1844   Porquier    
1845 1847 Dubreuilh    
1850 1874 Ernest Prévost    
1877 1888 Auguste Richard    
1888 1891 Pierre Le Moal    
1892 1904 Eugène Herland    
1904 1905 Guillaume Quéméré    
1935 1941 Joseph Postic    
1941 1944 Yves Gestin    
Les données manquantes sont à compléter.
1944 1945 Albert Rivier   Président de la délégation spéciale
1945 1947 René Gall   Fabricant de chouchen
1947 1959 Joseph Postic   Fabricant de chouchen
1959 1977 René Gall tendance Radical-socialiste Fabricant de chouchen
1977 2014 Gilbert Monfort PS Conseiller général jusqu'en 2011
2014 - Christine Le Tennier App. UMP puis Les Républicains  

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

D’après le recensement Insee de 2011, Rosporden compte 7 334 habitants). La commune occupe le 1 401e rang au niveau national, alors qu'elle était au 1 429e en 1999, et le 22e au niveau départemental sur 283 communes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Rosporden depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint 2011 avec 7 334 habitants.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
749 765 768 867 927 1 006 1 033 1 048 1 186
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 229 1 242 1 284 1 213 1 325 1 539 1 742 1 847 2 069
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 197 2 360 2 450 2 386 2 438 2 464 2 594 2 887 2 876
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
3 416 3 378 7 082 6 735 6 485 6 441 6 784 6 859 7 227
2012 - - - - - - - -
7 435 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[32] puis Insee à partir de 2004[33].)
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire  : L'augmentation subite de la population constatée en 1975 est due à la fusion de Rosporden avec Kernével, commune qui avait 2485 habitants en 1968 lors du dernier recensement antérieur à la fusion.

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (28,7 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (24,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,8 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 48,2 % d’hommes (0 à 14 ans = 18,8 %, 15 à 29 ans = 15 %, 30 à 44 ans = 22,6 %, 45 à 59 ans = 19,9 %, plus de 60 ans = 23,8 %) ;
  • 51,8 % de femmes (0 à 14 ans = 15,3 %, 15 à 29 ans = 13 %, 30 à 44 ans = 20 %, 45 à 59 ans = 18,3 %, plus de 60 ans = 33,4 %).
Pyramide des âges à Rosporden en 2007 en pourcentage[34]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90  ans ou +
2,3 
8,6 
75 à 89 ans
13,9 
14,7 
60 à 74 ans
17,2 
19,9 
45 à 59 ans
18,3 
22,6 
30 à 44 ans
20,0 
15,0 
15 à 29 ans
13,0 
18,8 
0 à 14 ans
15,3 
Pyramide des âges du département du Finistère en 2007 en pourcentage[35]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
1,2 
6,7 
75 à 89 ans
11,6 
13,6 
60 à 74 ans
15,3 
21,4 
45 à 59 ans
20,2 
20,8 
30 à 44 ans
18,9 
18,4 
15 à 29 ans
16,1 
18,7 
0 à 14 ans
16,7 

Commune associée de Kernével[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kernével (Finistère).

Monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Colomban de Kernével.
Église Notre-Dame de Rosporden.
  • L'église Saint Colomban (l'église paroissial du bourg de Kernével) :

l'église de Kernevel fut dédiée en premier à saint Colomban puis à saint Gilles, le pardon de l'église à d'ailleurs lieu le jour de la Saint-Gilles.

Tableaux représentant Rosporden et sa région[modifier | modifier le code]

  • Émile Dezaunay
    • Jeune fille de Rosporden assise (1895, eau-forte et aquatinte en couleurs; S ; Dim. : H : 27,8 cm × L : 19,9 cm, Musée des beaux-arts de Pont-Aven) ;
    • Jeune fille et l'enfant de Rosporden (1895, eau-forte et aquatinte en couleurs; S ; Dim. : H : 24 cm × L : 31 cm, coll. part.).

Média local[modifier | modifier le code]

  • La chaîne radiophonique associative « Rospordinoise MAXXI ONE » émet aujourd'hui ses émissions au-delà de son territoire entre Pleyben et Lorient sur le 107.50 FM. Ces émissions estivales ne sont que temporaire pour l'instant. Le station entend émettre à l'année sur la bande FM dès 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « l'hydromel jouit, depuis la crise du cidre, environ 1925, d'une fortune éclatante dans sa capitale de Rosporden », dans La revue des deux mondes, 1941, p. 229 extrait en ligne (consulté le 25 septembre 2010).
  2. « Calcul de l'orthodromie entre Rosporden et Concarneau » (consulté le 23 novembre 2009)
  3. « Calcul de l'orthodromie entre Rosporden et Quimper » (consulté le 23 novembre 2009)
  4. a et b https://books.google.fr/books?id=9o8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ei=jqjRVJyOCcTnaq-1gbgB&ved=0CCsQ6wEwAQ#v=onepage&q=Rosporden&f=false
  5. a et b Memorialgenweb.org - Rosporden : monument aux morts
  6. Christophe Le Gall, né le à Rosporden, marsouin au 2e régiment d'infanterie coloniale, tué à l'ennemi le à Rossignol (Belgique)
  7. Joseph Le Gall, né le à Melgven, soldat au 118e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à La Boisselle (Somme)
  8. Joseph Mahé, né le à Melgven, marsouin au 3e régiment d'infanterie coloniale, mort le lors du naufrage du La Provence
  9. Memorialgenweb.org - Germain PENSIVY
  10. Michel Yvonnou, né le à Rosporden, coiffeur, voir http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article149171&id_mot=21
  11. Corentin Brunau, né le à Rosporden, sapeur au 6e régiment du génie, mort le à Gonrieux (Belgique)
  12. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [ISBN 9-782364-28007-6]
  13. Bertrand Petit, décédé en novembre 2006 à Lanester
  14. Robert Ricco, maréchal des logis à la gendarmerie de Rosporden
  15. Une salle du collège public Germain Pensivy de Rosporden porte son nom, voir http://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/quimperle-concarneau/concregion/rosporden/college-pensivy-une-salle-dediee-a-la-plume-30-06-2009-448478.php
  16. http://www.norrac.com/crbst_78.html et http://www.norrac.com/crbst_77.html
  17. http://www.ouvroir.info/libresfeuillets/?p=1223
  18. Paul Carron de La Carrière, dit le capitaine Carron, né à Rennes, membre du "team Gilbert", une équipe de l'opération Jedburgh, parachuté près de Scaër le en compagnie du capitaine Christopher Blathwayt et du sergent Neville Wood
  19. Capitaine Charron, article publié dans le journal Ouest-France en octobre 1944, cité par Cyrille Maguer, "De Rosporden à Concarneau sous l'Occupation", Liv'éditions, 2014, [ISBN 978-2-84497-275-0]
  20. Yves Hervé, né le à Kernével
  21. a et b Cyrille Maguer, "De Rosporden à Concarneau sous l'Occupation", Liv'éditions, 2014, [ISBN 978-2-84497-275-0]
  22. Gérard Gaultier de Carville, né le à Saint-Amand-Montrond (Cher), rejoignit l'Angleterre dès juillet 1940 ; parachutiste SAS, il est parachuté en France et organise un maquis dans le Morbihan dans la région de Guiscriff avant de participer aux combats pour la libération de Rosporden, voir http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=70350
  23. Memorialgenweb.org - René DAOUPHARS
  24. Jean Clech'mine, né le à Kernével, mort lors des combats de Dioulan le
  25. Jean Le Guiban, né le à Rosporden, résistant FFI, tué à l'ennemi à Kérandérat en Melgven, voir http://www.letelegramme.fr/finistere/melgven/keranderat-hommage-a-jeannot-guiban-11-08-2014-10294238.php
  26. Pierre Le Naour, né le à Quimperlé, commandant de la 2e compagnie FFI du capitaine Mercier, tué à l'ennemi le à la Croix de Lanveur en Kernével
  27. Auguste Robic, né le à Rédené, maquisard de la 2e compagnie FFI du capitaine Mercier, tué à l'ennemi le à la Croix de Lanveur en Kernével
  28. Yves Trichard, né le à Beuzec-Conq
  29. http://www.ouest-france.fr/y-trichard-mort-au-combat-croissant-bouillet-2531608
  30. Albert Rivier habitant le quartier de la Butte, qui fait partie de la commune de Melgven, ne put pas se présenter aux élections municipales de Rosporden en 1945, mais devint adjoint au maire de Melgven jusqu'en 1965
  31. Jean Gemehl, né le à Savannakhet (Laos)
  32. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  33. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2012.
  34. « Évolution et structure de la population à Rosporden en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 21 novembre 2010)
  35. « Résultats du recensement de la population du Finistère en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 21 novembre 2010)
  36. http://www.infobretagne.com/rosporden.htm

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Guiriec, Rosporden, histoire de la paroisse, première édition 1951, le Livre d'histoire, 143 p., 2003 (ISBN 9782843734250).
  • Annick Fleitour, Le petit train Rosporden - Plouescat, éditions Ressac, Quimper, 2001 (ISBN 2-904966-40-4).
  • Cyrille Maguer, Rosporden, Mémoire en images, A. Sutton, 127 p., 2007 (ISBN 9782849106501).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]