Beuzec-Conq

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Beuzec-Conq
Beuzec-Conq
Mairie annexe de Beuzec-Conq
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Concarneau
Intercommunalité Concarneau Cornouaille Agglomération
Commune Concarneau
Statut ancienne commune
Code postal 29900
Code commune 29009
Démographie
Gentilé Beuzecois
Géographie
Coordonnées 47° 53′ 20″ nord, 3° 54′ 07″ ouest
Historique
Date de fusion 27 août 1945
Commune(s) d’intégration Concarneau
Localisation

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Beuzec-Conq est un quartier de la commune de Concarneau, dans le département du Finistère, en France. C'est aussi une ancienne commune fusionnée avec Concarneau en 1945.

Géographie[modifier | modifier le code]

Beuzec-Conq est situé au nord de Concarneau, sur la rive droite de l'estuaire du Moros. Avant son annexion par Concarneau, son finage s'étendait jusqu'à la partie nord du port de Concarneau et certains quartiers (Le Lin, Kerandon, Le Poteau Vert, etc.) de cette ville également.

Le bourg est situé à une certaine distance de la côte, sur un plateau : c'est là une caractéristique commune à de nombreuses communes littorales bretonnes (par exemple à Ploaré, Esquibien, Plogoff, Plouhinec, Poullan, Combrit, Nizon, etc.), les premiers émigrants bretons fixèrent le centre de leurs plous à l'intérieur des terres, probablement par crainte des pirates saxons[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom Beuzec provient de l'anthroponyme Budoc[2], éponyme du saint fondateur de la paroisse. L'église paroissiale de Beuzec est d'ailleurs consacrée à saint Budoc. Conq provient du latin concha qui a donné en breton konk. Ce toponyme évoque une anse où pouvait s'abriter les navires[3]. C'est le nom primitif de l'îlot sur lequel a été bâtie la ville de Concarneau et qui a dépendu de la paroisse de Beuzec jusqu'à la Révolution.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Selon Jean-Baptiste Ogée, « l'an 1145, le duc Conan III exempta, en faveur de l'église de Quimper [en fait la cathédrale Saint-Corentin de Quimper] les habitants de cette paroisse de taille et de quelques autres impôts ». Il poursuit : « Il y avait autrefois dans cet endroit un château bien fortifié [il s'agit en fait de la Ville close de Concarneau], gardé en 1363 par une garnison anglaise. Le connétable du Guesclin l'assiégea et s'en rendit maître. Après cette expédition, ce général chassa tous les Anglais qui étaient dans les environs, et profita de leur éloignement pour aller attaquer l'île de Jersey, défendue par un très fort château. Du Guesclin s'en empara, fit la garnison prisonnière, ravagea l'île et fit raser ses fortifications. Il repassa ensuite en Bretagne avec ses prisonniers, et se rendit au château de Beuzec-Conq qu'il venait de conquérir »[4].

Article détaillé : Concarneau#Le Moyen Âge.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Pendant les Guerres de la Ligue, le colonel espagnol Dom Juan d'Aquila, allié du duc de Mercœur, avec sa troupe, « traversant les paroisses d'Elliant et Beuzec, massacra tous ceux qu'il put atteindre et brûla les villages, notamment Rosporden. Or les malheureux et innocents paysans massacrés et ruinés par lui étaient ligueurs »[5].

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Beuzec-Conq en 1778 :

« Beuzec-Conq ; à peu de distance de la mer ; à 4 lieues au sud-est de Quimper, son Évêché, et à une demi-lieue de Concarneau, sa subdélégation et son ressort. On y compte 1 000 communiants[6]. La cure est à l'alternative. Cette paroisse relève du Roi : elle avait autrefois une juridiction royale, qui fut unie et incorporée au siège présidial de Quimper, par édit du roi Charles IX en 1564. Ce territoire est un terrein [terrain] irrégulier. Ses habitants vivent dans une honnête aisance, qu'ils ne doivent vraisemblablement qu'aux soins qu'ils donnent à la culture de la terre. Leurs campagnes, exactement cultivées, offrent, dans la saison, le plus beau spectacle pour les yeux du citoyen, par des moissons abondantes. (...) Les maisons nobles de Beuzec-Conq sont : le manoir de Coetconcy, en 1400 au baron du Pont ; celui de Merguen, à M. de Penmarch ; celui de Kerrugui, à Henri de Kersauson ; les maisons nobles de Keroulin et de Forestic.[4] »

Révolution française[modifier | modifier le code]

Le décret de l'Assemblée nationale du précise que hors la ville, les paroisses du district de Quimper sont réduites à 18. Parmi elles, « Beuzec-Conq, qui aura pour succursale Concarneau »[7]. Ce découpage ne fut que provisoire et non repris lors de la création des communes par le décret de la Convention nationale du 10 brumaire an II ().

La commune de Beuzec-Conq est créée en 1790 sur la base de la paroisse éponyme, mais sans sa trève de Concarneau, communauté de ville avant 1789, qui est érigée en commune indépendante.

En 1791 ou 1792, à l'occasion du démembrement de la commune de Locamand, Beuzec-Conq est agrandie des sept villages situés au nord du ru de Saint-Laurent[8].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans le parc du château de Lesnevar, alors propriété du baron Pierre de Beauchef de Servigny[9], une station de remonte de chevaux de traits (chevaux bretons) fut installée entre 1888 et 1895 [10].

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Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Beuzec-Conq porte les noms de 185 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale[11].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1935, Beuzec-Conq fait partie des cinq communes du département du Finistère à avoir une municipalité à majorité communiste (les autres étant Concarneau, Douarnenez, Guilvinec et Treffiagat)[12].

La Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Beuzec-Conq porte les noms de 18 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale[11].

François Péron, marin-pêcheur de Saint-Guénolé, fut condamné à mort pour violences et voies de fait contre des militaires allemands et fusillé le au château de Kériolet en Beuzec-Conq[13].

Un groupe d'environ 80 résistants, dirigés par Pierre Le Naour[14], tint un maquis dans le bois de Beuzec entre le 7 et le  ; des réfractaires du STO s'y cachaient antérieurement[15]. Le , un groupe de résistants du mouvement Vengeance attaque des soldats allemands à Kernaoulan en Nizon et cherche à empêcher une éventuelle attaque allemande en direction de Rosporden qui vient d'être libérée par la Résistance, à partir des cantonnements allemands du Fresq et de Kerguirizit en Melgven : Yves Trichard, né le à Beuzec-Conq, est tué ce jour-là par une balle explosive allemande à Croissant-Bouillet[16].

Robert Le Mao, résistant, fut victime d'un éclat d'obus phosphorescent allemand à Beuzec-Conq le [17].

Le rattachement à Concarneau[modifier | modifier le code]

Beuzec-Conq est rattachée à la commune de Concarneau par un arrêté préfectoral du [18].

L'après-Seconde-guerre-mondiale[modifier | modifier le code]

François D. assassina le dans leur ferme de Kerhornou à coups de chevrotine son épouse Marie Gohiec, à qui il reprochait entre autres ses infidélités, ainsi que ses beaux-parents. Ivre au moment des faits, il fut condamné à vingt ans de travaux forcés par la Cour d’assises du Finistère le [19].

Deux soldats originaires de Beuzec-Conq sont décédés pendant la guerre d'Algérie : Jean Madec, décédé le à Palestro (Algérie) et Paul Herlédan, décédé le à Bougie (Algérie).

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de Beuzec-Conq[20]

Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861
Beuzec-Conq 1 206 1 236 1 280 1 126 1 176 1 300 1 339 lacune 1 547 1 504 1 643
Année 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
Beuzec-Conq 1 735 1 856 2 052 2 394 3 156 3 660 3 994 4 608 5 112 4 666 4 140
Année 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999
Beuzec-Conq 4 132 4 100 4 155
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux remarquables[modifier | modifier le code]

Patrimoine bâti[modifier | modifier le code]

Sites naturels[modifier | modifier le code]

  • plage des Sables-blancs
  • anse de Saint-Laurent
  • anse de Saint-Jean
  • perte du ru de Garlodic

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Largillière, « Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne », .
  2. Jean-Yves Le Moing, Noms de lieux de Bretagne : plus de 1200 noms expliqués, Christine Bonneton Éditeur, , 231 p. (ISBN 2-86253-283-5), p. 149
  3. Jean-Yves Le Moing, Noms de lieux de Bretagne : plus de 1200 noms expliqués, Christine Bonneton Éditeur, , 231 p. (ISBN 2-86253-283-5), p. 188
  4. a et b Jean-Baptiste Ogée, « Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne »,
  5. Julien Trévédy, « Essai sur l'histoire de Concarneau : avec un plan de Concarneau et ses environs au XVIIIe siècle »,
  6. Personnes en âge de communier.
  7. Collection complète des lois promulguées sur les décrets de l'assemblée nationale, imprimée par ordre de l'assemblée nationale, t. 12, Paris, impr. nationale, (lire en ligne)
  8. Bernard Tanguy (ill. Ronan Olier), Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère : Origine et signification, Douarnenez, ArMen - Le Chasse-Marée, (réimpr. 1993), 263 p. (ISBN 2-903708-25-8), p. 56 et 72
  9. Marie Louis Augustin Pierre de Beauchef de Servigny, né le à Cléville, décédé le à Paris
  10. Antoine-Auguste Saint-Gal de Pons, « Origines du cheval breton. Le Haras de Langonnet. Les Dépôts de Lamballe et d'Hennebont. Le Dépôt de remonte de Guingamp », .
  11. a et b « Beuzec-Conq : monument aux morts », sur Memorialgenweb.org.
  12. Journal L'Humanité no 13518 du 21 décembre 1935 |url=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k405592k/f4.image.r=Treffiagat
  13. « Beuzec-Conq : stèle commémorative », sur Memorialgenweb.org.
  14. Pierre Le Naour, né le à Quimperlé, commandant de la 2e compagnie FFI du capitaine Mercier, tué à l'ennemi le à la Croix de Lanveur en Kernével lors des combats pour la libération de Rosporden
  15. Cyrille Maguer, De Rosporden à Concarneau sous l'Occupation, Liv'éditions, (ISBN 978-2-84497-275-0)
  16. « Y. Trichard, mort au combat à Croissant-Bouillet », sur Ouest France, (consulté le 16 décembre 2018).
  17. « Robert LE MAO », sur Memorialgenweb.org.
  18. Jacques Charpy, Guide des archives du Finistère, Quimper, Archives départementales du Finistère, , 516 p., p. 309
  19. Lénaïg Gravis, Les grandes affaires criminelles du Finistère, De Borée éditions, (ISBN 978-2-84494-808-3).
  20. « Notice communale de Beuzec-Conq », sur Cassini Ehess (consulté le 30 août 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis-Pierre Le Maître, Concarneau : Histoire d'une ville, Plomelin, éditions Palantines, , 223 p. (ISBN 2-911-434-25-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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