Sabine Weiss

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Sabine Weiss photographiée en juin 2016 au château de Tours par Jacques Maugars
Sabine Weiss
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Naissance
Nom de naissance
Sabine Weber
Nationalité
Activité
Maître
Mouvement
Conjoint
Distinctions
Œuvres réputées
Cheval ruant de la Porte de Vanves (1952)

Sabine Weiss, née Sabine Weber le à Saint-Gingolph, est une photographe d'origine suisse naturalisée française en 1995.

Elle fut, aux côtés de Robert Doisneau, Willy Ronis, Édouard Boubat et Izis, l'une des principales représentantes du courant de la photographie humaniste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père était ingénieur chimiste et fabriquait des perles artificielles à partir d'écailles de poissons. La famille demeurait à côté du poste frontière, et quitte Saint-Gingolph, alors qu'elle est encore enfant. Attirée très jeune par la photographie, elle dit elle-même : « J'ai pris conscience très jeune que la photographie serait mon moyen d'expression. J'étais plus visuelle qu'intellectuelle… Je n'étais pas très douée pour les études. J'ai quitté le lycée, je suis partie un jour d'été à bicyclette »[1]. Sabine Weiss commence à photographier en 1932 avec un appareil photo acheté avec son argent de poche. Son père la soutient dans son choix, et elle apprend plus tard la technique photographique, de 1942 à 1946, auprès de Frédéric Boissonnas, photographe de studio à Genève. Elle obtient son diplôme en 1945,

Paris[modifier | modifier le code]

Elle monte à Paris en 1946 et devient l'assistante de Willy Maywald : « Quand je suis venue à Paris, j'ai pu travailler chez Maywald à qui un ami m'avait recommandée. J'y ai travaillé dans des conditions inimaginables aujourd'hui, mais avec lui j'ai compris l'importance de la lumière naturelle. La lumière naturelle comme source d'émotion »[2]. Willy Maywald travaillait à cette époque au premier étage d'une remise du 22 rue Jacob qui appartenait à un antiquaire, il n'y avait ni l'eau ni le téléphone. Elle assiste à l'ouverture de la maison Dior et à la présentation de la première collection au 37 avenue Montaigne. En 1949, elle voyage en Italie et rencontre le peintre américain Hugh Weiss, qu'elle épouse le [3]. Elle ouvre alors son propre studio.

Elle travaille dans des secteurs variés : passionnée de musique, elle fixe les visages de grands noms de la musique (Igor Stravinsky, Benjamin Britten, Pablo Casals, Stan Getz…) mais aussi ceux de la littérature et de l’art (Fernand Léger, F. Scott Fitzgerald, Jean Pougny, Alberto Giacometti et Annette Giacometti, Robert Rauschenberg, Jan Voss, Jean Dubuffet, Françoise Sagan…), du cinéma (Jeanne Moreau), de la mode (Coco Chanel). Elle collabore également à plusieurs revues et journaux connus en Amérique et en Europe pour des commandes publicitaires et de presse (Vogue, Paris Match, Life, Time Magazine, Town and Country, Holiday, Newsweek, etc.). Enfin, elle parcourt le monde en tant que photojournaliste et en rapporte de nombreux clichés.

L'agence Rapho[modifier | modifier le code]

À partir de 1950, elle est représentée par l’Agence Rapho, première agence de presse française gérant entre autres le travail de Robert Doisneau. Celui-ci lui propose d'entrer dans l’agence après une rencontre dans le bureau du directeur de Vogue. Elle se lie d’amitié avec des personnalités du milieu artistique comme Jean Cocteau, Maurice Utrillo, Georges Rouault, et Jacques-Henri Lartigue. Elle partage avec ce dernier l’amour de l’humanité et le goût pour les visions intimes de la vie[réf. nécessaire].

En 1955, Edward Steichen choisit trois de ses photographies pour l'exposition « The Family of Man » au Museum of Modern Art de New York.

En 1957, elle réalise une série de photographies du peintre Kees van Dongen qu'elle découvre avec son mari, et d'un coup de cœur achète un petit cabanon avec vue sur les ruines du château de Grimaud. Ils agrandissent la maison en 1969 et y viennent régulièrement en famille jusqu'à la mort de son mari en 2007[4]. En 1983, elle obtient une bourse du ministère des Affaires Culturelles françaises et réalise une Étude sur les Coptes d’Égypte. Le même ministère lui délivre en 1992 une autre bourse lui permettant de réaliser une Étude sur la Réunion.

Malgré ses succès et la publication d’une quarantaine d’ouvrages dont 100 photos de Sabine Weiss pour la liberté de la presse par Reporters sans frontières en 2007, Sabine Weiss reste une personnalité discrète et peu connue du grand public. Elle est photographiée par Gilles Dacquin en 2007[5].

Ses photographies sont diffusées par l'agence Gamma-Rapho.

Analyse de son œuvre[modifier | modifier le code]

Son travail personnel est attaché à la vie dans son quotidien, aux émotions et aux gens. Il mêle habilement poésie et observation sociale, c’est pour cette raison que l’on rattache son œuvre au courant de la photographie humaniste : « lumière, geste, regard, mouvement, silence, repos, rigueur, détente, je voudrais tout incorporer dans cet instant pour que s'exprime avec un minimum de moyen l'essentiel de l'homme. »[6]. « Mes photos (…) expriment un certain amour que j'ai pour la vie. »[6].

Sabine Weiss, comme le photographe Bernard Plossu, récuse le statut d'artiste. Son but est de témoigner plutôt que de créer : « Je témoignais, je pensais qu'une photo forte devait nous raconter une particularité de la condition humaine. J'ai toujours senti le besoin de dénoncer avec mes photos, les injustices que l'on rencontre »[6]. « Je n'aime pas les choses très éclatantes mais plutôt la sobriété… il ne s'agit pas d'aimer bien, il faut être ému. L'amour des gens, c'est beau. C'est grave, il y a une profondeur terrible. Il faut dépasser l'anecdote, dégager le calice, le recueillement. Je photographie pour conserver l'éphémère, fixer le hasard, garder en image ce qui va disparaître : gestes, attitudes, objets qui sont des témoignages de notre passage. L'appareil les ramasse, les fige au moment même où ils disparaissent. »[6].

La photographe utilise essentiellement le noir et blanc en axant sa recherche sur un cadrage précis, une certaine qualité de lumière, des ambiances. Elle fait de la photographie un art de vivre, en arpentant les rues de Paris, souvent la nuit, pour trouver des sujets variés mais toujours proche de l’homme dans ses moments universels : scènes de rue, solitudes, enfants, croyances, figures humaines dans le brouillard, fugacité d’une émotion. On retrouve dans sa production beaucoup d’enfants, de vieillards, de sourires de stars, tous reliés par une caractéristique commune de spontanéité et simplicité : « J'aime beaucoup ce dialogue constant entre moi, mon appareil et mon sujet, ce qui me différencie de certains autres photographes qui ne cherchent pas ce dialogue et qui préfèrent se distancier de leur sujet. »[6].

Robert Doisneau dit à propos des photographies de Weiss : « Les scènes, en apparence inoffensives, ont été inscrites avec une volontaire malice juste à ce moment précis de déséquilibre où ce qui est communément admis se trouve remis en question. »[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Années 1960

  • J'aime le théâtre, de Catherine Valogne, Éditions Rencontres, Suisse, 1962, 301.p. In-12, illustré d'une photographie noir et blanc.
  • Une semaine de la vie de Daniel, Éditions Mac Millain, USA, 1969

Années 1970

Années 1980

  • Marchés et Foires de Paris, Éditions ACE, France, 1982
  • Intimes convictions, par Claude Nori, Éditions Contrejour, France, 1989

Années 1990

Années 2000

  • Poussettes, charrettes et roulettes, musée de Bièvres, 2000
  • André Breton, texte de Julien Gracq, Édition Fata Morgana, 2000
  • Sabine Weiss soixante ans de photographie, par Jean Vautrin et Sabine Weiss aux Éditions de La Martinière, 2003
  • Claudia de Medici, 2004
  • Musiciens des villes et des campagnes, par Sabine Weiss, Gabriel Bauret et Ingrid Jurzak (Filigranes Editions), 2006, (ISBN 9 782350 460741)
  • See and Feel , aux Éditions ABP (Pays-Bas), 2007

Années 2010

  • « Masques et Rites, Burkina Faso », dans la revue d'art TROU, no 20, 2010
  • l'Œil intime , Presses de e-Center, 2011, (ISBN 978-2-35130-056-5)
  • l'Œil intime , Impression Escourbiac, nouvelle édition octobre 2014, (ISBN 978-2-95493-890-5)
  • Sabine Weiss, co-édition Jeu de Paume / La Martinière, préface de Marta Gili, texte de Virginie Chardin, juin 2016

Expositions[modifier | modifier le code]

Années 1950

Années 1960

  • 1963, exposition collective « Femmes Photographes », Studio 28, Paris
  • 1967, exposition collective « Regards sur la Terre des Hommes » , Montréal
  • 1978, Centre Culturel Noroit, Arras
  • 1978, Centre Culturel de Châtillon
  • 1978, exposition itinérante organisée par L'ACMAE

Années 1980

Années 1990

Années 2000

Conférences animées par Sabine Weiss (France)

Années 2010

Collections publiques[modifier | modifier le code]

En France 

Émissions télévisées et vidéographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Extraits de différents entretiens de Sabine Weiss avec des journalistes et le rédacteur de l'article. La liste de ses expositions est tirée de son CV publié par différentes galeries.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles sur elle[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Vautrin, Soixante ans de photographies, monographie, Éditions de La Martinière, 2007
  2. Jean Vautrin, Sabine Weiss, Éditions de La Martinière, Paris, 2003.
  3. Le couple adoptera une fille, Marion.
  4. Raphaël Dupouy, « La dame au regard d'enfant » in Figure Libre, no 29, avril 2010.
  5. Exposée en 2009 aux Rencontres d'Arles en France, cette photo humoristique sera vendue aux enchères en 2009.
  6. a, b, c, d et e Jean Vautrin, op.cit.
  7. cité par Jean Vautrin, dans op.cit.
  8. Liste établie à partir de celle publiée sur le site de l'artiste et de différentes galeries
  9. liste non exhaustive des expositions de Sabine Weiss
  10. Médiathèque des Rencontres d'Arles
  11. Présentation de l'exposition sur mep-fr.org
  12. Les Rencontres d'Arles: Exposée en 2008 aux Rencontres d'Arles, une de ses photos humoristiques sera vendue aux enchères en 2009. Présentée ici dans les liens externes[Lesquels ?][réf. insuffisante]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]