Albert Plécy

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Albert Plécy
Albert Plécy vers 1944-45.png
Albert Plécy vers 1944-45
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Albert Denis Frédéric Émile PlécyVoir et modifier les données sur Wikidata
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Albert Plécy est un journaliste, photographe, cinéaste et peintre français, spécialiste du langage de l’image, né le à Wormhout et mort le aux Baux-de-Provence.

Il est, avec Jacques Henri Lartigue et Raymond Grosset, le co-fondateur de l’association Gens d'images.

Biographie[modifier | modifier le code]

Albert Plécy naît le à Wormhout dans le Nord[1]. Très tôt, le journalisme le passionne. Il pratique le scoutisme et publie un journal pour son groupe scout[2], puis pendant ses études, publie un journal étudiant

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il est sous-lieutenant, détaché en 1943 auprès du corps expéditionnaire français, et devient à la demande du général Alphonse Juin, le chef du Service Cinéma aux Armées (SCA)[3] sur le théâtre des opérations extérieures en Tunisie, en Corse et lors de la campagne d’Italie (1943-1944) .

Il opère comme photographe, en binôme avec le cameraman Raymond Méjat, et dirige le journal des combattants de l'armée d'Afrique Patrie[4].

Les appareils photos, caméras et pellicules ainsi que les véhicules leur sont fournis par l’United States Army Signal Corps[4].

Plécy est blessé en 1944 alors qu’il fait des photos pendant le débarquement de Provence[1].

Ses photographies de guerre sont publiées en 1946 par Raymond Schall, frère du photographe Roger Schall, dans un album photo collectif : Victoires des français en Italie. 8 mois de campagne vu par les correspondants de guerre rédigé par Jean-Louis Babelay, et Jacques Belin (Service cinéma de l'armée)[5].

Après la Libération, Albert Plécy devient en 1946 rédacteur en chef de Point de vue – Images du monde[6].

Il développe le magazine autour de la photographie, grâce à l’apport des photographes de l’agence Rapho, dirigée par Raymond Grosset, dont il publie les reportages et qui deviendront célèbres[7].

Dans Point de vue-Images du monde, il présente de 1953 à 1977, secondé par Jean-Claude Gautrand, Le Salon permanent de la photo[7], une rubrique hebdomadaire publiée sur les deux pages centrales du journal, où il montre les images de nombreux photographes humanistes comme Robert Doisneau, Izis, Willy Ronis, Henri Cartier-Bresson, Jean Dieuzaide, Sabine Weiss, Frank Horvat, Gisèle Freund, Ernst Hass, Werner Bischof, Paul Almásy, Denis Brihat, etc[8].

C’est en fouillant dans l’album familial de Jacques-Henri Lartigue qu’il découvre les talents du photographe qui sans lui « serait peut-être resté longtemps encore un discret “peintre de fleurs” »[9].

En 1955, il choisit les images du troisième livre de Robert Doisneau Instantanés de Paris, que Blaise Cendrars préface. Il rédige la première biographie du photographe et conçoit la mise en pages du livre avec Pierre Faucheux[7].

Michel Tournier le décrit comme « l’un des plus grand brasseur d’images de notre époque »[7].

Il devient rédacteur en chef du Parisien libéré en 1958[6] mais continue de s’occuper du Salon Permanent de la Photo et publie en 1962 publie la première version de sa Grammaire de l’image.

Albert Plécy met fin à ses jours d’un coup de fusil de chasse le , dans les carrières du Val d'Enfer, en contrebas du village des Baux-de-Provence[10],[11].

Réalisations[modifier | modifier le code]

Gens d’Images[modifier | modifier le code]

Avec avec Jacques Henri Lartigue et Raymond Grosset, il fonde l’association Gens d'images qui rassemble des personnalités faisant « œuvre créatrice dans le domaine de l’image » le , puis créé les prix Niépce et Nadar en [1].

Journées internationales de photojournalisme (1959-1974)[modifier | modifier le code]

En 1959, avec Raymond Grosset et en liaison avec l’association Peuple et Culture, Plécy lance Les Journées internationales de photojournalisme à Boulouris puis à Porquerolles (1962-1974).

Parmi les participants figurent Jean Adhémar, Louis Dalmas, Jean Dieuzaide, Pierre Gassmann, Raymond Grosset, Jacques-Henri Lartigue, Janine Niépce, Jean-Louis Swiners, Albert Monier, Gérard Blanchard, Abraham Moles, Jacques Bertin[12]

Chambre noire (1961-1969)[modifier | modifier le code]

Avec l’écrivain Michel Tournier, il produit et anime Chambre noire, la première série documentaire de la télévision française consacrée à la photographie. Entre mai 1961 et novembre 1969, une cinquantaine d’épisodes sont diffusés chaque semaine sur la deuxième chaine de l’ORTF[13].

Esthétiques nouvelles[modifier | modifier le code]

En 1963, avec Alexandre de Marenches qu’il a connu au cours de la campagne d’Italie en 1943, il fonde Esthétiques nouvelles, un cabinet conseil en images dédié à la recherche et à l’innovation dans le domaine de la communication visuelle[14]. Il crée les collections Maraboutscope et Photoscope dont il assure la direction artistique et la sélection des images pour les éditions Marabout.

Cathédrale d’Images[modifier | modifier le code]

Albert Plécy est le fondateur en 1975 aux Baux-de-Provence, de Cathédrale d'Images, un spectacle audiovisuel où l’on projette des images géantes sur les parois lisses de calcaire blanc des carrières du Val d'Enfer qui plongent le spectateur dans un univers visuel et musical[15].

Il est le précurseur des projections géantes en immersion qui contribuent aux soirées des Rencontres de la photographie d'Arles, où il ne s’est jamais rendu[12], et du festival de photojournalisme Visa pour l’Image.

Publications[modifier | modifier le code]

Comme auteur[modifier | modifier le code]

  • Les Aventures de Negro et Rouget, illustrations de Charles Brouty, Alger, Éditions Carbonel, 1941.
  • La grammaire élémentaire de l'image : comment lire les images, comment les faire parler, Paris, École Estienne, 1962, Éditions Marabout, 1969.
  • Les chiens du bon monsieur Corteville, La Table Ronde, Paris, 1973. (ISBN 978-2710311522) [16]
  • La photo, art et langage : La grammaire élémentaire de l'image, Paris, Marabout, (1re éd. 1971) (édition remaniée de La grammaire élémentaire de l’image).
  • Hommes d’images, Actes Sud, 1997. (ISBN 978-2742712120)

Ouvrage collectif[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Babelay, Victoires des français en Italie. 8 mois de campagne vu par les correspondants de guerre, Documentation photographique réunie par Jacques Belin (Service cinéma de l'armée). Photographies de J. Belin, R. Méjat, R. Moisy, A. Plecy, Tourtois, Verdu. Aux éditions Raymond Schall, Paris, 1946.

Comme directeur artistique et éditeur[modifier | modifier le code]

  • Instantanés de Paris, Robert Doisneau préface de Blaise Cendrars, Arthaud, 1955
  • 1, 2, 3, 4, 5. Compter en s'amusant, Robert Doisneau. Lausanne, La Guilde du Livre et Éditions Clairefontaine, 1955.
  • Nus antillais, photos de R. M. Clermont, Éditions Prisma 1961.
  • Harmonies universelles, Conception esthétiques nouvelles, avec Gilbert Paintendre, textes de Norbert Casteret - Gaston Rebuffat - Paul-Émile Victor, etc… Imprimerie Braun, 1962.
  • Plaza de torro. Tous les secrets de la corrida. Texte et préface de R. Delorme. Photographies de Lucien Clergue, Paco Cano, Henri Cartier-Bresson. Yann Dieuzaide. Mise en page de Albert Plecy et Serge Chevalier. Éditions Marabout. Maraboutscope, 1964.
  • Le grand barrage sur le Nil, Pierre Ichac, Éditions Marabout. Maraboutscope, 1964.
  • Espion chez les bêtes : la faune d'Europe au téléobjectif, Pierre Ichac, Éditions Marabout. Maraboutscope, 1964.
  • La Camargue : mariage de la mer, de la terre et du ciel, Pierre Ichac, Éditions Marabout. Maraboutscope, 1964.
  • Trésors de l'art roman, Guy Knoche et Yann Dieuzaide, Éditions Marabout. Maraboutscope, sd.
  • Versailles, l’histoire du plus beau palais du monde, Antoine Hours, Éditions Marabout. Maraboutscope, sd.
  • Èves de Paris, photos de Paul Almásy, Éditions Marabout. Maraboutscope, sd.
  • La France à livre ouvert par les plus grands écrivains et photographes, Maraboutscope, sd.

Prix[modifier | modifier le code]

  • 1969 : Prix Thorlet de l’Institut de France (Académie des sciences morales et politiques) pour son ouvrage Grammaire élémentaire de l’image.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Blanchard et Jean-Claude Macquet, « Hommage à Albert Plécy », Communication et langages, vol. 34, no 1,‎ , p. 122
  • Raphaël Morata, Quand Doisneau était l’œil de Point de Vue-Images du Monde, Paris, Roularta, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Albert Plécy, l'homme d'images », sur Actes Sud (consulté le 14 janvier 2021)
  2. Gérard Blanchard, « Hommage à Albert Plécy », Communication & Langages, no 34,‎ , p. 122
  3. Albane Brunel, Le SCA au service de la France libre (1940-1945), Rennes, Presses universitaires de Rennes, (lire en ligne), p. 85
  4. a et b Christine Majoulet, « Binôme caméraman photographe pour une mise en récit en images de la campagne d'Italie », sur Rendez vous de l’Histoire,
  5. Jean-Louis Babelay, Victoires des français en Italie. 8 mois de campagne vu par les correspondants de guerre, Éditions Raymond Schall, Paris, 1946.
  6. a et b « Albert Plécy, l'homme d'images » [html], sur actes-sud.fr, Actes Sud, (consulté le 5 mars 2016).
  7. a b c et d Raphaël Morata, Quand Doisneau était l’œil de Point de Vue-Images du Monde, Paris, Roularta,
  8. « Le Salon permanent d'Albert Plécy », dans : Laure Beaumont-Maillet, Françoise Denoyelle et Dominique Versavel, La Photographie humaniste, 1945-1968, BnF, p. 45-46.
  9. François Billaut, « Tout ce que vous ignorez sur Point de Vue en 75 anecdotes », sur Point de Vue,
  10. « M. Albert Plécy est tué d'un coup de fusil », sur Le Monde,
  11. « M. Albert Plécy s’était suicidé », sur Le Monde,
  12. a et b Françoise Denoyelle, Arles Les Rencontres de la Photographie, Une histoire française, Art Book Magazine, , p. 30-31
  13. Chambre noire (Paris. 1961) (notice BnF no FRBNF38490026).
  14. « Association "Les gens d'Image", témoignage », sur gensdimages.com (consulté le 28 décembre 2018)
  15. Christophe Vial, « Nouvelle victoire judiciaire pour Cathédrale d'Images », sur La Provence,
  16. Jacqueline Lefèbvre, « Des chiens-guides pour aveugles », sur Le Monde,

Liens externes[modifier | modifier le code]