Photographie humaniste

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La photographie humaniste est un courant photographique français qui réunit des photographes ayant en commun un intérêt pour l’être humain dans sa vie quotidienne. Ce courant est apparu en 1930 dans les quartiers populaires de Paris et sa banlieue, et a connu un grand essor entre 1945 et 1960.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La photographie humaniste est liée aux difficultés économiques de l'immédiate après-guerre, notamment en France où les caisses de l'État sont vides et où la reconstruction a lieu avec l'aide des États-Unis et de leur plan Marshall. Durant cette période, la photographie humaniste témoigne à la fois des bonheurs simples de la vie mais aussi des difficultés et des injustices.

Un style français[modifier | modifier le code]

Parmi les photographes humanistes, on compte une majorité de Français. L'origine du mouvement est liée à la notoriété internationale acquise par certaines œuvres photographiques françaises.

On peut donner l'exemple de la célèbre photographie de Robert Doisneau, le Baiser de l'hôtel de ville, qui avait été publiée dans Life en 1950 à côté d'autres images montrant les amoureux à Paris. Ce type d'image contribue à l'élaboration d'une imagerie nationale et renforce l'attribution à la France de la paternité du mouvement. L'américain Peter Hamilton désignait d'ailleurs Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau et Willy Ronis comme les trois fondateurs du mouvement.

Les quartiers populaires de Paris et sa proche banlieue sont le cadre privilégié de la photographie humaniste. Les photographes y captent le quotidien des Parisiens dans leur travail aussi bien que leurs loisirs.

L'esthétique du « réalisme poétique »[modifier | modifier le code]

Pour les photographes humanistes, l'environnement du sujet a autant d'importance que le sujet lui-même ; ce dernier est donc souvent photographié dans son cadre de vie intime ou en public. Certains lieux comme la rue ou le bistrot sont particulièrement exploités parce qu'ils sont des espaces de liberté et de convivialité.

Dans un numéro spécial des Cahiers de la photographie[1], Claude Nori applique la notion de réalisme poétique à la photographie humaniste. L'expression vient du cinéma et a été imposée par Georges Sadoul, qui lui-même l'avait empruntée au théoricien Roger Manvell. Selon Nori, les thèmes principaux de ce réalisme poétique sont la flânerie dans la grande ville, le goût pour les rues pavées, les personnages typés, l'idéalisation des bas-fonds et la quête des instants de grâce. Cette esthétique associe la photographie humaniste à des courants littéraires et Elle explique sans doute les nombreuses collaborations entre écrivains et photographes, comme celle d' Aragon et Henri Cartier-Bresson à « Ce soir », celle de Jacques Prévert et Izis pour « Grand Bal du Printemps », celle de René-Jacques et Mac Orlan pour « Les fêtes foraines », ou encore la célèbre rencontre de Blaise Cendrars et Robert Doisneau qui donnera lieu à La Banlieue de Paris. La musique n'est pas exclue de ces rencontres ; nombreux sont les photographes qui ont réalisé des portraits de chanteurs populaires de l'époque. On peut citer Doisneau, qui photographiait les vedettes du cabaret l’Écluse, ou encore Lucien Lorelle, qui réalisa les pochettes des vinyles du duo Marc et André.

Les domaines d'activité des photographes humanistes[modifier | modifier le code]

Les collaborations entre artistes de différents horizons ne sont pas la seule occupation des photographes humanistes. l'homme est au cœur des pratique de la photographie humaniste on le décrit dans son quotidien.

Dans les années 1930, la photographie commence à s'imposer dans la presse illustrée. Cet élan est coupé par la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle les activités sont réduites, voir impossibles à cause des pénuries et du pouvoir en place. Dès la fin de la guerre, les photographes sont amenés à couvrir la libération des villes, ou tout simplement à photographier les villes pour témoigner des dommages causés par la guerre. C'est le cas de François Tuefferd, qui part dans l'est de la France pour photographier les monuments historiques ou ce qu'il en reste. On peut aussi citer l'exemple de Denise Bellon, qui réalise à Moissac un reportage sur les enfants juifs déportés.

Ce n'est qu'en 1950 que l'élan photographique, qui avait débuté avant la guerre, reprendra son cours avec une nouvelle génération de photographes (Willy Ronis, Izis, etc.). Ces photographes travaillent pour la presse, l'édition, la publicité et sont aussi sollicités pour des campagnes menées par les ministères et différentes institutions françaises.

Il faut noter qu'il émane aussi du Commissariat général au tourisme une très forte demande d'images. Des campagnes de prises de vues sont lancées dans toute la France.

En ce qui concerne la publicité, outre les commandes des grandes entreprises telles que Renault, qui édite notamment un livre sur ses usines auquel les photographes les plus renommés participent, il ne faut pas omettre le fait que les commandes les plus importantes sont aussi celles des organisations créées tout de suite après la guerre comme l'ONU, l'UNESCO ou encore la Croix-Rouge.

Lucien Lorelle réalise une affiche pour la Croix Rouge représentant une femme tenant son enfant dans les bras avec en arrière-plan leur logement insalubre.

Pour ce genre de commande, l'image est minutieusement étudiée, retouchée en laboratoire pour que l'accent soit vraiment mis sur les visages de la mère et de l'enfant ainsi que sur l'arrière-plan.

Quelques exceptions rares sont à noter comme le parcours atypique d'Yvette Troispoux, photographe amateur dont La BnF, a préempté en 2008 à son décés, un fonds composé de l’intégralité de ses négatifs, de ses planches contacts et de ses archives personnelles. L’ensemble des archives est d’une grande importance pour documenter la vie de la photographie à Paris sur la période 1950-2000, et sa dispersion aurait représenté une perte sévère pour l’histoire de la période.

Les images des photographes humanistes sont donc partout aussi bien dans la presse, les publicités, les livres, les expositions que sur les calendriers, les affiches, les agendas, etc. C'est d'ailleurs l'une des revendications des photographes humanistes qui se disent « photographes polygraphes ». Cette expression de Willy Ronis résume bien la démarche unique de ces photographes dans tous leurs domaines d'activité.

Les agences de photographes[modifier | modifier le code]

  • Agence d'illustration pour la presse (AGIP) : Mise de côté pendant la guerre, elle reprend ses activités dès la Libération ;
  • Rapho : il semble que ce soit la première agence photographique créée par le Hongrois Sandor Rado en 1933.
  • Alliance-Photo :  est une association créée par Maria Eisner et René Zuber puis Pierre Boucher début 1933 et officialisée le . René Zuber qui avait fondé le Studio Zuber en 1932 et engagés comme collaborateurs Pierre Boucher, Emeric FeherPierre Verger, Denise Bellon poursuivit son travail de photographie et de publicité jusqu'à la rencontre orchestré par André Lejard, rédacteur en chef de la revue Arts et métiers graphiques, avec Maria Eisner. Elle propose alors à René Zuber de représenter les travaux des photographes du Studio Zuber, donnant naissance à l'association Alliance Photo, rejoint plus tard par les autres photographes du Studio Zuber, Denise Bellon, Emeric Feher, Pierre Verger. C'est un collectif de photographes qui propose leurs travaux en fonction de la demande. Alliance photo prend fin à l'automne 1939 car Maria Eisner, de confession juive, doit fuir Paris.
Elle reprend son activité après la guerre sous la direction de Suzanne Laroche. Photographes appartenant à l'agence  : Pierre Boucher, Emeric Feher, René Zuber, Denise Bellon, Pierre Verger, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Pierre Jahan, Marcel Arthaud, Jean Roubier et Roughol. À la suite de divergences, certains photographes quittent l'agence et réactivent L'ADEP.
  • Agence de documentation et d'édition photographique (ADEP) : Créée pendant la guerre par Orel et par Pierre Boucher, qui était graphiste dans les années 1920-1930, l'agence est réactivée par certains membres d'Alliance-Photo, dont Pierre Boucher qui dirigea le service graphique du plan Marshall de 1948-1952. Ensuite, de 1957 à 1970, L'ADEP devient l'agence de documentation et d'étude pour la presse. Elle ferme ses portes en 1959, la concurrences de Magnum et Rapho étant trop forte ;
  • Magnum Photos.

Autant qu'indispensable au vu de la demande d'images, la création de ces agences permet alors aux photographes de se regrouper pour mieux gérer leurs travaux et surtout leur diffusion. Auteurs, ils sont les seuls à pouvoir décider des modifications à apporter à leurs photographies, qu'il s'agisse d'un recadrage pour une publication dans la presse ou autre. Par ailleurs, ces agences, dont les photographes choisissent eux-mêmes les nouveaux membres, deviendront par la suite de véritables écoles de photographes, Magnum en étant encore aujourd'hui un bon exemple.

Les photographes humanistes[modifier | modifier le code]

La liste ci-dessous, non-exhaustive, présente des photographes qui peuvent être rattachés partiellement ou totalement à ce courant.

Expositions[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Swiners. Afrique.Tanganyka, (1962) à la BnF en 2006

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En avril 1996, l’exposition inaugurale de la Maison de la photographie Robert Doisneau, intitulée « Est-ce ainsi que les hommes vivent… Humanisme et Photographie », présentait 80 photographes, originaires de 17 pays différents, et couvrait une période allant de 1905 à nos jours. La Maison de la photographie Robert Doisneau se consacre depuis à une photographie d’inspiration humaniste, en revisitant cette notion et en l’élargissant au-delà des frontières et des époques.

L'exposition « La photo humaniste (1945-1968) autour d'Izis, Boubat, Brassaï, Doisneau, Ronis… » a eu lieu dans le cadre du mois de la photographie du 31 octobre 2006 au 28 janvier 2007 à la BNF, site Richelieu.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1945-1968 La photographie humaniste. Bibliothèque nationale de France sous la direction de Laure Beaumont-Maillet, Françoise Denoyelle et Dominique Versavel.
  • La photographie humaniste. 1930-1960. Histoire d'un mouvement en France. Marie de Thézy avec la collaboration de Claude Nori, Contrejour, 1992.
  • Est-ce ainsi que les hommes vivent… Humanisme et photographie. Maison de la Photographie Robert Doisneau / Marval. Annie-Laure Wanaverbecq

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Réalisme poétique, Claude Nori, Les cahiers de la photographies

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]