Agence de presse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Une agence de presse est une organisation qui vend aux médias de l'information (textes, photos, vidéos, etc.) à la manière d'un grossiste fournissant des détaillants, ce qui permet à ces derniers d'informer sur des pays dans lesquels ils n'ont pas, ou pas assez, de correspondants, et dans des domaines (musique, sport, économie) où l'agence peut compléter ou renforcer leur propre production.

Trois d'entre elles sont agence de presse mondiale et généraliste car elles ont des bureaux dans la plupart des pays du monde et couvrent tous les domaines d'information: l'américaine Associated Press, la britannique Reuters et l'Agence France-Presse. Il existe aussi plusieurs dizaines d'agences nationales, de structure coopérative en Europe du Nord ou dans les pays anglo-saxons, et appartenant à l'État dans le reste du monde, certaines d'entre elles ayant une relative présence internationale mais alimentant surtout les médias et organismes officiels de leur pays.

La plus grande partie de la production journalistique des agences de presse à travers le monde est assurée par plusieurs milliers d'agences spécialisées dans un domaine particulier ou une technique de journalisme : photo, infographie, etc. Quel que soit leur actionnaire, les journalistes des agences de presse sont tous tenus au respect de la déontologie du journalisme et au principe de protection des sources d'information.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des agences de presse.

Dans les années 1830, la France comptait plusieurs agences spécialisées, progressivement incorporées dans l'Agence Havas à partir des années 1840. Le développement du télégraphe dans les années 1850 entraîne la création de solides agences nationales également en Angleterre, Allemagne, Autriche et aux États-Unis. Mais malgré les efforts des gouvernements, via les lois sur le télégraphe de 1878 en France, s'inspirant de l'exemple anglais du Telegraph Act de 1869, le coût des liaisons télégraphiques reste élevé. Ce handicap motive la signature le 29 juillet 1875 du Traité quadripartite des agences de presse, appelé aussi "cartel des agences", entre l'AP, l'Havas, Reuters et l'Agence Continentale allemande. Chacune se veut mondiale, mais ne peut s'approcher du but que via ce cartel, qui partage le monde entre leurs zones de production et organise l'échange de services au sein du cartel. L'interconnexion des marchés financiers leur ouvre des horizons commerciaux.

Aux États-Unis, l’Arrêt Inter Ocean Publishing contre Associated Press facilite la concurrence entre quotidiens en obligeant les agences à accepter tous les journaux qui souhaitent y adhérer. Sur fond de multiplication des quotidiens, l’Associated Press est alors concurrencée par la création en 1907 de l’United Press (association) puis en 1909 de l’International News Service du groupe Hearst. Portées par l'énorme marché intérieur américain, dopées par le succès fulgurant de la radio, toutes trois imposent le démantèlement du « cartel des agences » via l’Accord du 26 août 1927 sur l'information. Inquiets du succès des agences américaines d'autres pays européens créent une agence nationale après la Première Guerre mondiale. Reuters est affaiblie par la censure de guerre, ce qui favorise la création de coopératives de journaux dans le Commonwealth et d'agences nationales en Asie, ses deux zones forces. Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement de création des agences nationales s'accélère, lors de l'accès à l'indépendance des ex-colonies, dont les agences nationales sont cette fois détenues par l'État. Reuters, devenu coopérative, réussit une percée dans la finance, contribuant à ramener le nombre d'agences américaines de trois à un, parallèlement à l'internationalisation de l'espagnole EFE et la mondialisation de l'AFP.

Depuis les années 1960, qui leur ont procuré de nouveaux débouchés dans la télévision et la presse magazine, les agences de presse spécialisées livrent la production d'agence la plus importante, en nombre d'images et de photos. Leur nombre ne cesse d'augmenter. En France, par exemple, elles représentent plus des deux-tiers du marché national[1], même si l'Histoire de l'AFP s'est traduit par une forte croissance.

Spécialisée, mondiale, ou nationale, les trois natures d'Agence de presse[modifier | modifier le code]

En forte expansion, grâce à leur extrême diversité, en termes de taille, d'actionnariat et de publics, les agences de presse spécialisées sont les plus nombreuses et celles qui produisent le plus de textes et d'images. De leur côté, les agences nationales et les agences mondiales relèvent de cultures et de modèles économiques antagoniste.

Les agences de presse spécialisées, côté texte[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, l'apparition des comics a vu la création d'agences pour assurer leur diffusion. D'autres, vendant aux journaux des rubriques diverses (articles, mots croisés, recette de cuisine, courrier du cœur, etc.) se sont développées après la Première Guerre mondiale.

Parmi les nombreuses agences spécialisées en économie, Fournier est apparue dès 1874 en France et a lancé L'Agefi (France) en 1911. Une autre agence économique est créée en 1903 par le quotidien L’Information. Nées dans les années 1980 aux États-Unis, Bloomberg et Dow Jones sont toutes les deux associées avec une agence de presse mondiale et généraliste, leurs clients voulant connaître des nouvelles dépassant le cadre de l'économie et pouvant l'impacter: coups d'État, émeutes, élections, guerres. La britannique Reuters, même si elle gagne surtout de l'argent avec les services financiers, n'est pas une agence spécialisée mais une agence de presse mondiale et généraliste couvrant tous les domaines, grâce à des bureaux dans tous les pays du monde, y compris les plus pauvres. En couvrant une émeute au Yémen, une épidémie au Zimbabwe ou la pollution autour d'une mine en Bolivie, elle permet à ses clients de suivre l'évolution des dossiers sociaux et environnementaux à l'échelle du monde et leurs interconnexions.

En France, la plus connue des agences spécialisées est l'Agence Education et Formation (AEF), en raison de son actionnaire Raymond Soubie[2], qui a dirigé le Groupe Liaisons entre 1985 et 1990 puis fut conseiller de Nicolas Sarkozy sur les affaires sociales entre 2007 [3] et octobre 2010[4]. Elle emploie 80 journalistes spécialisés sur l'éducation, l'urbanisme, les politiques de l'emploi et la protection sociale. Son concurrent principal, le Groupe Liaisons offre aussi des services d'agence de presse spécialisée. Dans le secteur cinéma, culture, loisirs, jeux et télévision, l'Agence Plurimedia, filiale du Lagardère SCA, est née de la fusion entre Plurimedia Spectacles, créée en 1986 à Paris, Imedia Presse, créée en 1987 à Strasbourg, Le Studio Grolier créé en 1995 par Grolier Interactive et Intermonde-Prescott, spécialisée dans la fourniture de jeux et programmes TV.

Plusieurs agences se sont spécialisées dans le choix d'un ton, d'un regard particulier sur l'actualité ou d'une ambition militante, qu'il s'agisse d'une approche plus détendue pour Relaxnews, ou plutôt axée sur les solutions constructives pour Reporters d'espoirs, ou tout simplement plus féminine pour Pénélopes. L’Agence de presse Hirondelle, créée en 1995, diffusée français, anglais, swahili et kinyarwanda, avec le soutien de la Belgique et de la Suisse, milite elle pour "l’application effective de la Justice internationale" pour qu'elle joue "un rôle de plus en plus important dans l’instauration d’États de droit dans les zones de conflits violents"

Les agences de presse spécialisées, côté images[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agence photographique.

En photojournalisme et télévision, Paris est la capitale des agences spécialisées, parmi lesquelles l'agence CAPA, fondée le par Hervé Chabalier, qui réalise un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros avec 250 employés, ou Rapsodia, dirigée par Laurent Bouvet, qui fédère une trentaine de photographes ayant pour spécialités les sports et loisirs, le voyage et l’aventure. *

La plus ancienne est Rapho, fondée en 1933 par le Hongrois Charles Rado, rachetée par Hachette Filipacchi Médias en 2000, qui l'a regroupée avec l'agence Gamma et d'autres fonds d'images. En décembre 2006, Hachette Filippachi Médias vend l'ensemble, dont Rapho, à Green Recovery, un fonds d'investissement qui crée la holding « Eyedea », qui dépose son bilan en juillet 2009. Elle alors est reprise en avril 2010 avec les autres agences du groupe Eyedea par le photographe François Lochon, qui crée une nouvelle structure, dénommée Gamma-Rapho.

Magnum Photos a ensuite été créée en 1947 sous forme de coopérative par Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, George Rodger, William Vandivert et David Seymour, avec des bureaux à New York, Londres et Tokyo. Gamma a suivi en 1967, créée par Hubert Henrotte, qui a décidé six ans plus tard de fonder l'agence Sygma, disparue en 2010, dont les 40 millions d’images ont été rachetées par Corbis.

La même année, en 1973, le photoreporter turc Gökşin Sipahioğlu avait fondé Sipa Press, rachetée en 2001 par Pierre Fabre, le patron du groupe pharmaceutique éponyme, puis en 2012 par l'agence allemande DAPD et qui fédère près de 6 000 photographes. Cette génération compte aussi Roger-Viollet et l'agence Viva, fondée en 1972 par huit photographes (Alain Dagbert, Martine Franck, Hervé Gloaguen, Claude Raimond-Dityvon, François Hers, Richard Kalvar, Jean Lattès et Guy Le Querrec)[5].

Les agences de presse mondiales et généralistes[modifier | modifier le code]

Le modèle économique d'agences de presse mondiales et généralistes se caractérise par la nature du service offert: couvrir en temps réel l'actualité sur l'ensemble de la planète et dans tous les domaines de l'information (sport, justice, économie, politique, faits-divers, culture, vie pratique), en déployant une structure de coût et d'actionnariat permettant de s'adresser à toutes les radios, télévisions, sites internet et journaux de tous les pays, en offrant une garantie de neutralité. Leur modèle économique est bâti sur des économies d'échelle : toucher tous les publics pour rentabiliser les coûts fixes d'un réseau mondial constitué de bureaux ouverts dans la plupart des pays. La couverture des petits pays et des domaines d'information moins recherchés pèse sur la rentabilité de ce modèle économique, qui est par ailleurs confortée par les barrières à l'entrée.

Les agences nationales[modifier | modifier le code]

De nombreux pays ont créé une agence nationale de presse, à capitaux publics, après la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale ou lors de la Décolonisation. L'agence Tunis Afrique Presse est par exemple fondée le , avec un monopole national qui en fait la seule source d'information en Tunisie. Dès 1918, lorsqu'est proclamé la République d'Autriche, avec seulement sept millions d'habitants, sur les décombres de l'Empire austro-hongrois, qui en comptait 26 millions[6], le Korrbureau doit céder ses filiales étrangères comme la hongroise Magyar Távirati Iroda. En Turquie, le "bureau de presse kémaliste" créé en 1920 par Mustapha Kémal est devenu l'Agence Anadolu[7].

Ce mouvement a ensuite connu une troisième vague dans les années 1970, lorsque l'UNESCO a soutenu les agences d'État dans de nombreux pays en voie de développement. Ce modèle a cependant été soumis à rude épreuve par le développement d'Internet, qui a permis de contourner les monopoles officiels et mis en lumière l'insuffisante neutralité d'une bonne partie des agences nationales. En Australie et au Canada, la revendication d'une agence nationale a pris une forme coopérative, plus modeste mais plus solide, car reposant sur la presse locale.

Les agences appartenant à un État ou un groupe d'États ont pour certaines d'entre elles acquis une dimension internationale, comme Xinhua (Chine Nouvelle), ITAR-TASS (Russie), EFE (Espagne) ou ANSA (Italie), mais sans disposer d'un nombre de clients suffisant à l'étranger pour amortir les coûts de production d'un réseau mondial de journalistes. Ni mondiales ni généralistes, elles se focalisent par ailleurs sur les informations politiques et diplomatiques, avec une production plus réduite dans les autres domaines. Pour couvrir de nombreux évènements, elles se reposent sur des envoyés spéciaux, faute de disposer d'un bureau dans le pays concerné, ou bien achètent la production de l'une des agences mondiales et généralistes.

France, Afrique et Commonwealth: les cohabitations entre différents types d'agences[modifier | modifier le code]

Deux univers en France, l'AFP et les agences spécialisées[modifier | modifier le code]

L'AFP s'est mondialisée dans les années 1960 et les années 1970, après avoir survécu à la concurrence des initiatives de quotidiens régionaux comme l'Agence MaxPPP, l'ACP ou l'Agence télégraphique républicaine à l'époque de son ancêtre l'Agence Havas. Malgré l'importance des abonnements publics, elle ne pèse qu'un tiers de l'activité des agences de presse en France, au nombre de 1373 en 2008, dont 58 % reposant sur un modèle d'entreprise individuelle[1], particulièrement dynamique dans le domaine de la photo, qui a su profiter dans les années 1970 de l'expansion de la presse magazine. Pour celles qui emploient des salariés, la Convention collective nationale de travail des journalistes est étendue, ce qui lui donne force de loi, même s'il s'agit d'une agence de presse régie par l'Ordonnance no 45-2646 du 2 novembre 1945, donnant droit à un taux de TVA réduit, de 5,5 %. Ce taux est accordé par une commission paritaire - comprenant des représentants de la presse et de l’administration - la « Commission paritaire des publications et agences de presse » (CPPAP).

Seulement 35 des agences de presse en France ont plus de 20 salariés et un tiers du chiffre d'affaires est assuré par les agences de moins de 20 salariés[1]. Les intérêts de 118 d'entre-elles, à la date d'avril 2012, étaient défendues, en fonction des spécialités propres à chaque groupe, par trois fédérations patronale différentes: le SAPHIR (Syndicat des Agences de Presse Photographiques d'Information et de Reportage), qui regroupe les agences photographiques à destination de tous supports de diffusion, le SAPIG (Syndicat des Agences de Presse d’Informations Générales), qui fédère les agences d'informations générales et spécialisées pour la presse écrite et le SATEV (Syndicat des Agences de Presse Télévisée), au sein duquel sont réunies les agences d'informations pour les chaînes de télévision[8]. Ce dernier regroupe 55 agences de presse, de taille et de contenus éditoriaux différents.

Canada et Australie: le modèle coopératif en réaction à l'hégémonie AP/Reuters[modifier | modifier le code]

Dès les années 1860, les journaux scandinaves choisissent le modèle coopératif, avec l'aide de l'Allemagne, face à la face à l'hégémonie Reuters en Europe. L'Agence Ritzaus ne se résout pas à acheter le service général de Reuters, qui refuse de lui vendre un service limité, et contribue en 1867 à la création de l'Agence Svenska Telegrambyran suédoise et l'Agence Norks Telegrambyra norvégienne.

Au début du XXe siècle, le développement de la presse écrite au Canada s'est appuyé sur le recours aux grandes agences de presse américaines, l'Associated Press, United Press International et l'IMS du groupe Hearst, la première dominant assez rapidement le marché canadien après les difficultés de la britannique Reuters découlant de la censure lors de la Première Guerre mondiale. "Le point de vue canadien sur les évènements internationaux est donc moins présent dans les nouvelles que celui des États-Unis", déplorent ainsi les auteurs Denis Monière et Julie Fortier[9]. Le ton des articles constitue le principal travers que les éditeurs canadiens reprochent à l'Associated Press américaine[10]. Face aux premières critiques, le Canada tente d'assurer sa propre production de nouvelles. La modeste Canadian Associated Press, fondée en 1903 pour développer un réseau de distribution, devient en 1917, grâce à un acte du parlement canadien une structure plus offensive, organisée sous forme coopérative : La Presse canadienne. Elle a l'ambition de permettre aux journaux canadiens d'échanger de l'information sur l'actualité et lance en 1951 son premier service d'information en français, mais sans parvenir à dépasser le cadre d'une agence de taille nationale, même si elle est la première des agences canadiennes. Les critiques contre la "vision américaine du monde" des grands médias américains, reviennent ainsi au Canada avec la mondialisation, le "village mondial" étant présenté alors comme un véritable "village CNN"[11].

En Australie, le modèle coopératif s'est développé sur des bases proches, mené par Sir Keith Murdoch (1886-1952), père de Rupert Murdoch, en réaction aux difficultés de Reuters, accusée d'être composée de journalistes snob, arrogants et éloignés des réalités australiennes[12]. Ces critiques précipitent le passage de Reuters, alors propriété de Sir Roderick Jones, sous le contrôle de la Press Association britannique, et ainsi sa renaissance sous une forme plus neutre, y compris en Australie.

Grandeur et décadence des agences nationales et « régionales » en Afrique[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, l’UNESCO a soutenu la création d’agences de presse nationales en Afrique, avec l'espoir de promouvoir une plus grande diversité des sources d’information au niveau international, après une controverse sur la domination des agences de presse mondiale et généraliste[13]. Dès la XVIIe Conférence générale de l'Unesco, en 1972, les agences de presse mondiales et généralistes, alors au nombre de cinq, furent en effet accusées d'être « une source de pollution morale et culturelle »[14], une polémique nourrie depuis la création de l'Agence de presse Latin, à qui succédera l'Agence commune des pays non alignés.

Pour l'Unesco, il s'agissait aussi de pallier la quasi-absence des agences de presse dans certains pays parmi les plus pauvres. Face à leurs difficultés, l’UNESCO a encouragé l’établissement d’agences de presse par grandes régions d'Afrique (CANAD, SEANAD et WANAD) et encouragé le développement de l'Agence panafricaine de presse, basée à Dakar, capitale du Sénégal, avec deux bureaux extérieurs, à New York (États-Unis) et à Paris (France).

Le secteur des agences de presse s’est ensuite enrichi au cours des années 1990 par l’apparition en Afrique d’agences locales privées comme l’"Agence Proximités" au Bénin[15], ou associatives, comme Syfia Info, fédération d'agences francophones créée en 1988, qui regroupe 9 agences de presse dont 6 en Afrique (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Madagascar, République démocratique du Congo, Sénégal), faisant travailler quelque 80 journalistes[16] dans 35 pays, en complétant le réseau mondial des 3 grandes agences, AFP, AP et Reuters.

Le développement d'Internet a ensuite signifié la fin du modèle classique de l’agence de presse en tant que « grossiste » de l’information. Dans la plupart des États d’Afrique francophone, il existe aujourd'hui une diversité de médias, voire d'agences de presse. L'irruption des agences privées a coïncidé avec l'éclatement du modèle des agences nationales auxquelles l'Agence panafricaine de presse servait de relais pour la diffusion des informations à l’extérieur, en constituant par ailleurs la seule voie d’accès possible aux services des grandes agences internationales ou mondiales. Les possibilités d'accès à l’information internationale offertes par le réseau Internet ont rendu désuets les monopoles des agences nationales. Par ailleurs, la concentration des journaux et la formation, dans le secteur des médias africains, de conglomérats multimédias internationaux a permis à certains d'entre eux de se passer des services classiques des agences nationales. Ils ont préféré se doter d’un service interne pour la couverture de l'Afrique, en complément des réseaux de l'AFP, AP, Reuters et Radio France internationale, ces deux dernières restant très implantées en raison de leur couverture intensive des matières premières.

Anecdotes et dépêches d'agence restées célèbres[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Le 21 septembre 1854, en pleine guerre de Crimée, Havas révèle avant la « télégraphie officielle » le débarquement de 25000 soldats français pour le siège de Sébastopol[17]. Le 1er octobre, un agent du ministère des affaires étrangères communique aux frères Havas un message de Bucarest indiquant qu’un "cavalier tartare est arrivé de Constantinople avec des dépêches pour Omer Pacha", annonçant la « prise de Sébastopol » et la mort de « 18 000 soldats russes ». À Londres, le très sérieux Times donne la nouvelle, d'une autre source, un vapeur croisé sur la mer Noire par son envoyé spécial. La dépêche Havas est saluée par des cris « Vive l’Empereur ! » à la Bourse de Paris. Le lendemain, le Moniteur révèle que le sac de dépêches du tartare n’a même pas été ouvert[18]. Sébastopol finira par se rendre… mais un an plus tard.
  • Le 17 mai 1864, deux journalistes du Brooklyn Eagle fabriquent une fausse dépêche pour manipuler le marché de l'or, annonçant la levée par Lincoln de 400 000 soldats supplémentaires[19]. Ils la font livrer à pied à six quotidiens new-yorkais vers trois heures du matin[20]. Trois la reprennent mais le NY Sun a déjà envoyé sa dernière édition à l'imprimerie et le NY Times ne reconnait pas l'écriture manuscrite de la dépêche: il télégraphie au siège de la NYAP où on lui répond immédiatement qu'il s'agit d'un faux[20]. Le NY Herald fait détruire immédiatement les 25000 exemplaires imprimés avec la fausse information[20].
  • Dans la nuit du 14 au 15 avril 1865, la nouvelle de l'assassinat d'Abraham Lincoln dans un théâtre de New York est télégraphié par AP jusqu'à Portland, d'où un paquebot, le Nova Scotian partira le lendemain midi pour Liverpool. James Heckscher , le représentent de Reuters à New-York, transmet la nouvelle à un autre paquebot, le Teutonia qui part dès minuit de New-York. Les deux paquebots sont interceptés au large de l'Irlande par des "collecteurs de nouvelles" qui les embarquent sur des petits bateaux pour les télégraphier du premier petit port. Le Teutonia arrive dans le sud de l'Irlande, où Reuters a sa propre ligne de télégraphe, construite avec Carl Wilhelm Siemens[21] deux heures avant que le Nova Scotian ne double les côtes d'Irlande du Nord. En vertu d'accord avec ses clients financiers, Reuters leur diffuse avec deux heures d'avance la nouvelle de l'attentat, encore incomplète, le président américain n'étant décédé de ses blessures que le lendemain du crime. L'indiscrétion de l'un d'eux, Peabody, fait cependant que la nouvelle s'ébruite.
  • Le 3 juillet 1866, la Prusse écrase l'Autriche à la Bataille de Sadowa. De Vienne, Reuters avait pourtant annoncé une "victoire complète" de la seconde, infirmée sur le terrain par le reportage d'William Howard Russell, du Times de Londres[22].
  • Le 13 juillet 1870, Bismarck envoie un télégramme diplomatique à toutes les ambassades européennes. Dès l'après-midi, la Gazette de l'Allemagne du Nord, organe de propagande prussien, lui consacre une édition spéciale. C'est le récit d'un pseudo-incident diplomatique franco-allemand à Ems (Luxembourg). Napoléon III y voit une provocation. Il déclare la guerre franco-prussienne de 1870. On parle de "dépêche d'Ems" car ce télégramme est aussi reproduit par l’Agence Continentale, contrôlée par Bismarck, dont les dépêches sont diffusées en France par sa partenaire Havas. La dépêche ne reprend qu'une partie du télégramme, suivie d’un second paragraphe qui relativise l'incident diplomatique. Mais les journaux français, qui ont reçu le télégramme officiel d’abord, ne retiennent que le premier paragraphe.
  • Le 26 juin 1876, Mark Kellogg (1831-1876) est le premier journaliste de l'Histoire de l'Associated Press à mourir au travail, pendant la bataille de Little Big Horn. Il était reporter au Bismarck Tribune, dirigé par l'ex-colonel Clement A. Lounsberry. Son ami George A. Custer lui avait donné deux ans plus tôt un scoop à l'origine de la Ruée vers l'or dans les collines noires. Pour le scoop du massacre des soldats de Custer, son journal est battu de 2 jours par Andrew J. Fisk, un autre correspondant de l'Associated Press, basé 800 kilomètres plus à l’ouest[23]. Pigiste pour le Helena Herald, de l'autre côté des Big Horn Mountains, Fisk télégraphie la nouvelle. Il reçoit commande de James Gordon Bennett, patron du New York Herald, pour foncer vers le champ de bataille et ramener des détails[24].
  • Le 26 janvier 1885, le massacre qui conclut le Siège de Khartoum par les insurgés soudanais est révélé par Bennett Burleigh, reporter de la Central News, arrivé avec l'armée de secours britannique. Un peu plus tôt, le correspondant du Times avait été tué en tentant une sortie pour vérifier des rumeurs reprises par la Central News à Londres[25]. Deux mois après, c'est l'Affaire du Tonkin, en Indochine : une dépêche Havas confond la modeste Retraite de Lang Son de l'armée française avec un abandon général du delta du fleuve Rouge. La fausse nouvelle, donnée "de bonne foi" par le général Louis Brière de l'Isle, fait chuter la Bourse de Paris et le gouvernement de Jules Ferry, "au moment même où arrive une deuxième dépêche minimisant l'importance des combats"[25].
  • Le 19 février 1900, l'Associated Press doit annoncer à contre-cœur qu'elle a perdu le procès le plus important de son histoire : la Cour suprême de l'Illinois a décidé qu'une agence de presse est un « service d'intérêt général », pas un club d'entreprise. Elle n'a pas le droit d'exclure un membre au motif qu'il adhère à une agence concurrente. C'est l'arrêt Inter Ocean Publishing contre Associated Press[26], salué par la Publisher Press Association, petite agence qui fusionne en 1907 avec deux autres pour créer United Press, qui sera la grande rivale de l'Associated Press pendant trois-quarts de siècle.
  • Le 17 mai 1900, lors de la Deuxième Guerre des Boers, Reuters révèle la levée du Siège de Mafeking[27], saluée par un mouvement de liesse à Londres. Peu auparavant, Reuters avait fourni un reportage détaillé sur la vie de la garnison anglaise, dirigée par Baden-Powell. On était sans nouvelles depuis un mois, malgré la nuée d'envoyés spéciaux britanniques, canadiens et australiens[28], parmi lesquels Winston Churchill. L'auteur du scoop, Sir Roderick Jones, a d'excellents contacts chez les Boers tout comme son supérieur, Leo Weinthal, rédacteur en chef du Pretoria Press[29]. Tous deux ont enquêté sur les abus des anglais. Leur couverture, nourrie de sources d'information diverses, renforce l'image d'indépendance de Reuters[30]. La perdante est l'agence Central News, critiquée pour son manque de neutralité[25].

1re partie du XXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Le 15 août 1900 en Chine, 17 000 soldats occidentaux libèrent 500 expatriés victimes du « siège des légations » de Pékin, épilogue de la guerre des Boxers. La nouvelle est télégraphiée le 17 août par les amiraux, du port de Takou, car Pékin est privée de câbles. Après deux mois d'un voyage harassant, l'envoyé spécial d'Havas Gaston Chadourne arrive début septembre. Il interviewe les 500 rescapés, qu'on croyait tous morts depuis le faux reportage télégraphié de Tianjin le 1er août par un stringer du Daily Express, repris par le très sérieux Times[25].
  • Le 16 avril 1917, le Times reprend une histoire inventée par un journal belge, sur une usine allemande qui transformerait des corps humains en matériaux de guerre. Le sous-ministère de l’information britannique l’intègre à l’Imperial News Service de Reuters, pour inciter les pays du Commonwealth à l’effort de guerre. Reuters-Australie, demande confirmation qu’il faut la signature Reuters sous l’article. Sir Roderick Jones dit oui[31]. M. Jones avait obtenu un an plus tôt un prêt du gendre du premier ministre Herbert Asquith, pour financer son OPA sur Reuters, à 11 sterling l'action contre 10 offerts par la Compagnie Marconi, affaiblie par le Scandale Marconi. Ces années de propagande minent Reuters, confrontée après 1918 à de nouveaux concurrents dans le Pacifique : la Central News Agency chinoise, la Shimbum Ringo japonaise et la British United Press américano-canadienne. La Press Association britannique s'empare en 1925 de Reuters, qui conservera un statut de coopérative jusqu'en 1984.
  • L’agence United Press fut la première à annoncer l'Armistice de 1918, quatre jours avant sa signature, par une dépêche du 7 novembre à 11 heures 56, rédigée par son président Roy W. Howard. L'information est saluée à New York par une liesse générale. Roy W. Howard l'a découverte par hasard, alors qu'il est en route pour New York, en provenance de Buenos Aires[32] après la signature d'un contrat avec le quotidien argentin La Nacion. Contraint à un détour par l'Espagne et la France, il se retrouve à Brest, où il déjeune avec l'amiral américain Henry B. Wilson, qui lui donne l'information, obtenue selon lui de l'ambassade américaine. Cinq ans après, Roy W. Howard devient patron de l'Empire de presse Scripps-Howard.
  • Le 26 avril 1937, en pleine Guerre d'Espagne, la ville de Guernica est en flammes[33], bombardée par la Légion Condor. Trois jours après, l’armée de Franco investit la ville, accompagnée de Georges Botto, qui envoie la Dépêche Havas de Guernica affirmant que les habitants ont incendié eux-mêmes leurs maisons[34]. Le bureau Havas de Berlin note que « la presse allemande a donné une publicité tapageuse à la dépêche »[35]. Le Foreign Office britannique enquête. L'ambassadeur britannique à Paris dévoile les explications du Quai d'Orsay : l'envoyé d'Havas, menacé, n'avait probablement "pas écrit de première main", la dépêche, "imposée par les nationalistes" espagnols[35]. Une autre enquête, d’Antoine Lefebure, montrera que la dépêche avait aussi été retouchée par la direction d’Havas puis par le Quai d'Orsay, pour nier le bombardement.
  • En 1938, le Mahatma Gandhi, est accueilli à minuit, à sa sortie de prison, par le correspondant de l'AP Jim Mills. L'ayant reconnu, il lui déclare : "Je suppose que lorsque j'arriverai aux portes du Paradis, la première personne que je rencontrerai sera un correspondant de l'Associated Press".
  • Lors du débarquement de Normandie du 6 juin 1944, les agences de presse envoient 600 000 mots à leurs clients. Parachutés la nuit précédente avec deux émetteurs légers, les reporters de la BBC sont les premiers à poser le pied sur le sol de France.
  • Le 20 août 1944, un groupe de journalistes clandestins s'empare de l’Office français d'information, place de la Bourse, premier bâtiment pris par les résistants lors de la Libération de Paris. Ils diffusent la première dépêche de l'Agence France-Presse[36], cinq jours avant l'arrivée de la colonne blindée du général Leclerc : « Grâce à l’action des Forces françaises de l’Intérieur, les premiers journaux libres vont paraître », révèle la dépêche[36].

De 1945 à 1989[modifier | modifier le code]

  • Le 28 février 1953, Staline emprunte une limousine du Kremlin pour rejoindre sa datcha de Kountsevo, où il est retrouvé inconscient la nuit suivante. Le 6 mars à 4 h 2 (heure de Moscou), l'AFP est la première à annoncer la mort de Staline, avant même l'agence Tass. Le correspondant de l'AFP à Moscou a écouté Radio Moscou interrompre son programme de musique classique, diffusé depuis la veille, et donner la parole à Youri Levitan, le speaker qui annonçait les grands communiqués de guerre de l'Armée rouge[37]. L'AFP a battu l'Associated Press d'une minute et 48 secondes.
  • En avril 1958, à peine arrivé au bureau AFP d'Alger, Georges-André Euloge[38] apprend de la DST que « 300 supplétifs musulmans qu'on croyait ralliés ont tué leur chef, planté un drapeau français sur son cadavre », et sont repassés au FLN[39].Il annonce le premier aussi le coup d'État du 13 mai 1958. Il est le seul journaliste sur les barricades, grâce à son ami Pierre Lagaillarde. Ses reportages sur la foule algéroise sont abondamment repris par la presse internationale[40].Quand de Gaulle termine son discours par Je vous ai compris, Georges-André Euloge précise que cela "ne veut pas dire Je vous approuve"[40].
  • Le 22 novembre 1963, Merriman Smith, de l’United Press International, se jette sur un téléphone pour annoncer le premier l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Dans le cortège présidentiel de Dallas, il était dans la cinquième voiture après celle de JFK, avec trois autres journalistes. Son reportage décroche le prix Pulitzer. Il avait déjà reçu le prix « National Headliners », 18 ans plus tôt, pour sa couverture de la mort du président Franklin Delano Roosevelt[41].
  • Le 22 octobre 1964 à l'heure du déjeuner, François de Closets part à la recherche de Jean-Paul Sartre, qui vient de recevoir le Prix Nobel de Littérature. D'un restaurant à l'autre, il apprend qu'il déjeune peut-être à L'Oriental, à Denfert-Rochereau, et l'y trouve. L'écrivain lui révèle qu'il refuse le Prix[42],[43].
  • Le 3 avril 1968, l'indice Dow Jones s'envole à Wall Street après un scoop de Reuters : le Front national de libération du Sud Viêt Nam se déclare prêt à négocier avec Washington. Son représentant l'a dit à l'antenne d'une radio écoutée par Reuters à Singapour. L'agence Dow Jones Newswires l'annonce à son tour, avec 21 minutes de retard. Reuters commande une publicité dans le Wall Street Journal, avec un gros titre : « Vietcong willing to talk and it takes Wall Street 21 minutes to find out ». Elle gagne 40 nouveaux clients à Wall Street en deux semaines[44]. Son chiffre d'affaires, dopé par le Stockmaster lancé en 1965, est multiplié par 16 entre 1965 et 1980.
  • Le 8 juin 1972 sur une route du Viêt Nam, les 7 enfants de la famille Phuc fuient les combats, sous la pluie. Nick Ut, 21 ans, photographe d'Associated Press, actionne le déclencheur, puis mène à l'hôpital la petite Kim, évanouie par la douleur de ses brûlures au napalm[45]. Nick Ut, qui parle vietnamien et français, envoie ensuite sa photo, accompagnée d’un reportage écrit. C'est la "Une" de tous les journaux dans le monde. Trois ans plus tard, la guerre du Viêt Nam s’achève. Nick Ut reverra la petite fille devenue adulte. Il réussit une autre photo-choc, 36 ans après : Paris Hilton en larmes dans une voiture de police.
  • Dans la nuit du 5 au 6 septembre 1972, Charles Biétry est témoin pour l'AFP du dénouement tragique de la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich. Effondré, le maire de Munich lui révèle à 2 heures du matin, à une sortie annexe de l'aéroport, que tous les athlètes israéliens ont été tués par les preneurs d'otages palestiniens, démentant le « sauvetage » officiellement annoncé par les autorités allemandes. Les 28 journalistes de l'AFP s’étaient répartis toutes les sorties de la Fürstenfeldbruck Air Base à surveiller. Ils signent collectivement la dépêche[46].
  • Le 11 septembre 1973, Philippe Gustin, directeur de l'AFP à Santiago, est le premier à annoncer le suicide du président chilien Salvador Allende, d'une rafale de mitraillette. Son ami Juan Enrique Lira, photographe du Mercurio, premier quotidien chilien, avait été appelé au Palais de la Moneda pour faire des clichés de la dépouille, prouvant qu'Allende n'a pas été assassiné[47].
  • Le 16 mars 1978 un peu avant minuit, Alain Boébion, journaliste débutant est seul au bureau de l’AFP de Rennes. Il capte un SOS répercuté par les fréquences de la police. Après vérifications, il signale un pétrolier en détresse, puis parcourt les 270 km menant à la plage de Portsall, qu’il découvre, en pleine nuit, couverte de pétrole. En cherchant un téléphone, il révèle la catastrophe de l’Amoco-Cadiz aux habitants d’une maison proche. Les policiers ont besoin de lui comme interprète pour le premier interrogatoire du commandant du navire. Ils le laissent ensuite partager avec une lui une partie de billard. Le journaliste découvre un autre scoop : la compagnie propriétaire de l’Amoco-Cadiz n’avait répondu à aucun de ses SOS[48].
  • Au soir du 11 février 1979 à Téhéran, la chute du gouvernement de Shapour Bakhtiar propulse l'Ayatollah Khomeini au pouvoir. Le bureau de l'Associated Press (AP) est encerclé par les manifestants. Les communications sont progressivement coupées. Bob Reid fait précipitamment tous les numéros de fax qu'il connaît par cœur. Il tombe par chance sur le bureau AP de Tokyo[49]. Dix mois plus tard, il sera l'un des premiers reporters occidentaux à Kaboul, lorsque deux divisions de l'armée de l'air soviétique atterrissent, suivies de chars venant d'Ouzbékistan.

Depuis 1989[modifier | modifier le code]

  • Le 22 décembre 1989 à Timișoara, à 600 kilomètres de Bucarest, les agences Magyar Távirati Iroda et Tanjug, accourues des frontières proches, parlent de 4632 cadavres, résultant d'émeutes trois jours plus tôt et de 7614 manifestants fusillés par la Securitate[50]. Elles sont partiellement reprises par l'Associated Press puis l'AFP[51], faute de correspondants sur place[52]. L'AFP tente de vérifier auprès des passagers du Bucarest-Timișoara-Belgrade[53], en attendant ses envoyés spéciaux. Marc Semo, de Libération, est l'un des premiers Occidentaux. Mais les communications sont coupées. Il découvrira que son article a été retouché, suggérant qu'il était au milieu des morts. De fausses images de charniers diffusées par la télévision roumaine, aux mains des insurgés, font le tour du monde. En 1990, Claude Moisy, nouveau PDG de l'AFP, ouvre des bureaux à Bucarest et Budapest[54].
  • Le 22 février 1999, Julijana Mojsilovic, correspondante de Reuters à Sarajevo, apprend que le président serbe Milan Milutinovic a effectué un voyage secret à Belgrade avant la conférence de Rambouillet, où il rejette systématiquement toute présence de l’OTAN. Grâce au téléphone cellulaire, elle obtient confirmation à Belgrade, Rambouillet et jusqu’au sein de la délégation serbe. Un mois plus tard, les premières bombes de l’OTAN tombent sur les ministères de Belgrade, où le , un million de manifestants[55] contraindront Slobodan Milošević à partir[56]
  • Le 6 décembre 2011, un kamikaze se fait exploser à Kaboul en pleine procession de l'Achoura, l'une des fêtes les plus sacrées des musulmans chiites, causant près de 80 morts et 150 blessés, parmi lesquels Massoud Hossaini, photographe AFP, qui rapporte l'horreur dans un article[57]. Son cliché d'une petite fille choquée par le drame est récompensée par le prix Pulitzer[58]. Six mois plus tôt, Emmanuel Duparcq, de l'AFP-Islamabad a reçu le prix Albert-Londres[59] pour une série de reportages décrivant « de l'intérieur le système de soutien et les réseaux des talibans ». Moribonds en 2005, ils ont depuis « infiltré 2/3 de l'Afghanistan et des régions entières du Pakistan »[60].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Statistiques d’entreprises des industries culturelles », par Valérie Deroin, Secrétariat général Délégation au développement et aux affaires internationales au sein du Département des études, de la prospective et des statistiques [1]
  2. Valeurs et histoire de l'AEF, site officiel
  3. "Le pacificateur", par Car Meeus, dans Le Figaro du 12/02/2010 [2]
  4. "Raymond Soubie remplacé par Jean Castex comme conseiller social de Sarkozy", dans Le Monde du 22.11.2010 [3]
  5. Viva, une alternative à Magnum?
  6. "Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957)", par Pierre Frédérix – 1959, page 332
  7. "Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957)", par Pierre Frédérix – 1959, page 342
  8. Les syndicats SAPHIR, SAPIG et SATEV
  9. "Radioscopie de l'information télévisée au Canada", par Denis Monière, et Julie Fortier - 2000
  10. "La presse québécoise de 1884 à 1914", par Jean De Bonville - page 187 - 1988
  11. "Le village CNN: la crise des agences de presse", par Patrick White - 1997 - Presses de l'Université de Montréal
  12. "The globalization of news", par Oliver Boyd-Barrett et Terhi Rantanen, page 42
  13. « Rapport final Atelier sur les Agences de Presse à l’ère de l’Internet », par Oliver Boyd-Barrett, vice-doyen du College of the Extended University, California State Polytechnic University, pour l'UNESCO en 2001
  14. « La Guerre Mondiale de L'Information », par Antoine Char - Éditions PUQ - 1999 page 27 [4]
  15. Les Cahiers du journalisme no 9 – Automne 2001 28, Dix ans de pluralisme en Afrique francophone, par Marie-Soleil Frère, maître-assistant à l’Université de Ouagadougou
  16. "SYFIA INFO, Agences de presse, L'Afrique au quotidien"
  17. "Un siècle de chasse aux nouvelles : de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957)", par Pierre Frédérix – 1959 -, page 48
  18. Un siècle de chasse aux nouvelles : de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957), par Pierre Frédérix – 1959 -, page 53
  19. The Great Civil War Gold Hoax, par Alex Goase [5]
  20. a, b et c Schwarzlose 1989, p. 251
  21. "History of the Atlantic Cable & Undersea Communications from the first submarine cable of 1850 to the worldwide fiber optic network Bridging the Gap – News Telegraphs 1863-1870", par Steven Roberts [6]
  22. "The Medium and Its Message: Reporting the Austro-Prussian War in the "Times of India" d'Amelia Bonea, page 183
  23. Earl Alonzo Brininstoo, Troopers With Custer: Historic Incidents of the Battle of the Little Big Horn, page 251
  24. Earl Alonzo Brininstoo, Troopers With Custer: Historic Incidents of the Battle of the Little Big Horn, page 254
  25. a, b, c et d « Michael Palmer, Des petits journaux aux grandes agences. Naissance du journalisme moderne », Éditions Aubier-Montaigne, 1983, page 214
  26. Richard Allen Schwarzlose, The Nation's Newsbrokers: The Rush to Institution, from 1865 to 1920, page 198
  27. http://books.google.fr/books?id=T4hkhieCXFwC&pg=PA69&dq=REUTErs+++%22guerre+des+boers%22&hl=fr&sa=X&ei=Ji9uT9SgJsSX1AX_mqmPAg&ved=0CDgQ6AEwAQ#v=onepage&q=REUTErs%20%20%20%22guerre%20des%20boers%22&f=false
  28. « Des petits journaux aux grandes agences. Naissance du journalisme moderne », par Michael B. Palmer, 1985, page 214
  29. "A question of treason", par Francis Hugh De Souza, page 47
  30. Foreign correspondence: the great reporters and their times par John Hohenberg, page 133
  31. The role of Reuters in the distribution of propaganda news in Australia during World War I
  32. Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957), par Pierre Frédérix – 1959 -, page 325
  33. Hugh Thomas Heinkels over Guernica
  34. Havas, les arcanes du pouvoir, par Antoine Lefebure (Grasset, 1993), page 250
  35. a et b Havas, les arcanes du pouvoir, par Antoine Lefebure (Grasset, 1993), page 251
  36. a et b http://caveat.ouvaton.org/2009/08/19/65-ans-de-lafp-des-%C2%ABjournaux-libres%C2%BB-a-linternet-libre/
  37. « Fascicule no 99 (volume 7) de l'hebdomadaire À la Une des Éditions Atlas (1981) qui a reproduit les principales « unes » des quotidiens (en majorité français) concernant les 120 plus grands événements du XXe (Le plus beau scoop de l'AFP)
  38. Chroniqueur judiciaire expérimenté, il sera l'auteur d'une Histoire de la police et de la gendarmerie, des origines à 1940, par Georges-André Euloge
  39. Jean Huteau et Bernard Ullmann, AFP, une histoire de l'Agence France-presse : 1944-1990, page 159, Robert Laffont, 1992.
  40. a et b Entretien avec Georges-André Euloge, le 3 mai 2001 par Barbara Vignaux, auteur de L’Agence France-Presse en guerre d’Algérie
  41. François Carlier, Elm Street : Oswald a tué Kennedy !, page 31
  42. "Le monde était à nous", par François Closets, 2012, Fayard.
  43. "Sartre 1964, le scoop oublié", par Hugues Honoré, Making off [7]
  44. Castro and stockmaster: À life in Reuters, par Michael Nelson, décembre 2011
  45. Nick Ut, Kim Phuc, brûlée au napalm
  46. Jean Huteau et Bernard Ullmann, AFP, une histoire de l'Agence France-presse : 1944-1990, Robert Laffont, 1992.
  47. « Les soldats de l’information », par Jacques Thomet, page 302, éditions Hugo Doc, 2007
  48. Les Soldats de l’information, par Jacques Thomet, page 109, éditions Hugo Doc, 2007
  49. David Halberstam, Breaking News: How the Associated Press Has Covered War, Peace, and Everything Else, Associated Press, Princeton Architectural Press, 2007, page 259
  50. Un mensonge gros comme le siècle : Roumanie, histoire d'une manipulation, par Michel Castex, Éditions Albin Michel, 1990
  51. Jean Huteau et Bernard Ullmann, AFP, une histoire de l'Agence France-presse : 1944-1990, page 473, Robert Laffont, 1992
  52. Un mensonge gros comme le siècle : Roumanie, histoire d'une manipulation, par Michel Castex, éditions Albin Michel, 1990
  53. Jean Huteau et Bernard Ullmann, AFP, une histoire de l'Agence France-presse : 1944-1990, page 473, Robert Laffont, 1992.
  54. Jean Huteau et Bernard Ullmann, AFP, une histoire de l'Agence France-presse : 1944-1990, page 476, Robert Laffont, 1992.
  55. Michael Palmer, Quels mots pour le dire: correspondants de guerre, journalistes et historiens face aux conflits yougoslaves, Éditions L'Harmattan, 2003, page 114
  56. (en) Misha Glenny, « Can Serbia’s new leaders overcome the legacy of Slobodan Milosevic ? », sur http://www.glypx.com, The New Yorker,‎ (consulté le 6 décembre 2011)
  57. AFP, Corps empilés, cris… un photographe de l'AFP raconte l'attentat de Kaboul , 6 décembre 2011
  58. Vingt Minutes, « "Massoud Hossaini a été récompensé pour cette photo montrant une fillette en pleurs après un attentat suicide à Kaboul en décembre »
  59. La Voix du Nord, « Emmanuel Duparcq, lauréat 2011 du prix Albert-Londres »
  60. L'Express, « Emmanuel Duparcq (AFP) et David André lauréats du prix Albert-Londres 2011 », mai 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Richard Schwarzlose, The Nation's Newsbrokers: : The formative years, from pretelegraph to 1865, vol. 1, Evanston, IL, Northwestern University Press,‎ (ISBN 0-8101-0818-6) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Richard Schwarzlose, The Nation's Newsbrokers : The rush to institution, from 1865 to 1920, vol. 2, Evanston, IL, Northwestern University Press,‎ (ISBN 0-8101-0819-4) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • (en) Kent Cooper, Barriers down: the story of the news agency epoch, Kennikat Press,‎  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre Frédérix, Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas à l'AFP (1835-1957), Flammarion,‎  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Donald Read, The power of news: the history of Reuters, Oxford University Press,‎  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Michael Nelson, Castro and stockmaster : A life in Reuters, Troubador Publishing,‎  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Menahem Blondeim, News Over the Wires: The Telegraph and the Flow of Public Information in America, 1844-1897, Harvard University Press,‎ (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Bernard Carlson, "Entrepreneurship in the Early Development of the Telephone: How Did William Orton and Gardiner Hubbard Conceptualize this New Technology? ", Business History Conferenc,‎ (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article


Source[modifier | modifier le code]

Jean-Paul Jennequin, Histoire du comic book, vol. 1 : 'Des origines à 1954', Milan (Italie), Vertige Graphic,‎ 2002, relié, 160 p. (ISBN 2-908981-68-8)