Rudolf Hess

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Rudolf Hess
Hess, en 1935.
Hess, en 1935.
Fonctions
Stellvertreter des Führers

(« Adjoint » du Führer[N 1])

et chef de la chancellerie du parti
Gouvernement Cabinet Hitler
Successeur Martin Bormann[N 2]
Biographie
Nom de naissance Rudolf Walter Richard Hess
Date de naissance
Lieu de naissance Alexandrie (Égypte)
Date de décès (à 93 ans)
Lieu de décès prison de Spandau, Berlin (Allemagne)
Nationalité Allemagne
Parti politique NSDAP
Conjoint Ilse Pröhl (1900-1995)
Enfants Wolf Rüdiger Hess
Diplômé de Université de Munich
Profession Chef de la chancellerie du NSDAP

Signature de Rudolf Hess

Rudolf Hess (en allemand Heß, API : [hɛs]), né le à Alexandrie (Égypte) et mort le à la prison de Spandau à Berlin (République fédérale d'Allemagne) est une personnalité majeure du Troisième Reich jusqu'en 1941.

Après avoir été le compagnon influent d'Adolf Hitler dès ses débuts politiques, il en devient le représentant officiel auprès du parti nazi (chef de la chancellerie du NSDAP) et participe activement en 1935 à la rédaction des lois de Nuremberg.

En , il s'envole secrètement pour l'Écosse, probablement afin de proposer un traité de paix séparée avec le Royaume-Uni[1] en prévision de l’entrée en guerre imminente de l'Allemagne contre l’URSS. Mais à son arrivée, il est arrêté et emprisonné jusqu'à la fin de la guerre par les autorités britanniques.

Au procès de Nuremberg, il est reconnu coupable de complot et crime contre la paix et en conséquence condamné à la prison à vie, peine qu'il purge dans la prison de Spandau à Berlin-Ouest jusqu’en 1987 où, après quarante-six années de détention[N 3], il est retrouvé pendu dans une maisonnette de jardin qui lui sert de salle de lecture dans l'enceinte de la prison.

Biographie[modifier | modifier le code]

1894-1914 : Origines[modifier | modifier le code]

Fritz Hess, le père de Rudolf Hess.

Rudolf Hess voit le jour en Égypte où sa famille s'est établie. Son père, Fritz Hess, est un commerçant allemand puritain et strict tandis que sa mère, Klara Muench (fille d'un industriel de Hof)[2], est indulgente et pieuse[3]. Sa famille compte trois enfants (Rudolf, Alfred et Margarete[2]), dont il est l'aîné, et habite une villa de trois étages située dans la banlieue d'Ibrahimieh[4]. Bien que le père de Rudolf soit assez aisé pour employer du personnel de maison, la mère se charge seule de l'éducation de Rudolf jusqu'à l'âge de six ans[4]. Rudolf Hess entre alors à l'école allemande protestante, qui ne dispose que d'une seule pièce en raison du faible nombre de familles allemandes vivant à Alexandrie[5]. Cependant, Fritz le retire rapidement, jugeant l'école insuffisante, et le fait éduquer à la maison en embauchant des précepteurs. Par la suite, il l'envoie au lycée français d'Alexandrie[6] puis dans un pensionnat allemand[5]. À l'âge de quatorze ans, il quitte l'Égypte pour l'Allemagne afin d'étudier à Bad Godesberg, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie dans une école protestante[3],[7].

En Allemagne, Rudolf est choqué de constater que ses condisciples le considèrent comme un étranger[7]. Il veut devenir ingénieur ou scientifique, mais son père, qui gère sa propre entreprise, a prévu qu'il prendrait sa succession[8]. Après trois ans, il obtient son certificat d'études intermédiaires et s'inscrit à l'« École supérieure de commerce », un pensionnat situé à Neuchâtel, en Suisse[9]. La perspective de devenir un homme d'affaires répugne à Rudolf, qui n'ose toutefois pas en parler ouvertement à son père. Néanmoins, il s'efforce sans succès de le faire changer d'avis. En compensation, son père lui offre de l'envoyer à Oxford dès lors qu'il aura terminé ses études commerciales[9]. Après avoir réussi de justesse, Rudolf suit une formation commerciale complémentaire à Hambourg[10] en 1912[11]. À l'époque il se passionne pour la navigation et l'histoire de la marine allemande[11].

À cause du chauvinisme pro-allemand de son père, Rudolf Hess n'a jamais vraiment pu connaître l'Égypte : son monde s'est résumé à une éducation allemande prodiguée dans un milieu d'expatriés allemands[12]. Cependant, le seul enseignant qui a vraiment marqué Rudolf a été l'un de ses précepteurs à Alexandrie, Abdul-Aziz Effendi, un Égyptien qui lui donnait des leçons d'arabe[12].

Dans les années 1900, la famille Hess commence à se rendre plus souvent en Allemagne, car Fritz a acheté un terrain dans le Fichtelgebirge, à l'est de Bayreuth et a fait bâtir une maison à Reicholdsgrün, un petit village à dix kilomètres environ au nord-ouest de Wunsiedel[12]. Durant les vacances, Rudolf ne peut voyager beaucoup, même pour le trajet entre Alexandrie et Reicholdsgrün[13]. Inversement, pendant qu'il est à l'école en Allemagne, Rudolf passe Noël chez un oncle qui vit à Mainkur (de), près de Francfort-sur-le-Main. Celui-ci l'emmène souvent assister à des opéras à Francfort, ce qui développe chez Rudolf un intérêt pour la musique, notamment pour Ludwig van Beethoven ou Eugen d'Albert[14].

1914-1920 : Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Première Guerre mondiale en 1914, et pour la première fois de sa vie, Rudolf Hess, alors âgé de vingt ans, se rebelle contre son père, après une altercation avec celui-ci alors qu'ils sont à la villa de Reicholdsgrün. Il refuse de retourner à son stage commercial à Hambourg[15]. Dans un élan de nationalisme et de patriotisme, Hess se rend à Munich et s'enrôle dans le 7e régiment bavarois d'artillerie de campagne[16]. Le , il est transféré à la 1re compagnie du 1er régiment d'infanterie (König), un des régiments bavarois les plus prestigieux[17].

Le , Rudolf est envoyé au front, à ce moment stabilisé dans ce qui va devenir la guerre des tranchées, alors que seuls 25 % des membres de sa compagnie sont des soldats expérimentés[17]. Hess connaît son baptême du feu lors de la bataille qui a pour but de percer les lignes ennemies à Ypres[18]. Il passe l’hiver 1914-1915 dans la Somme et en Artois autour d'Arras[18]. Le , il est promu première classe et reçoit la Croix de fer de seconde classe pour bravoure en défendant sa position contre une attaque ennemie[18]. Un mois plus tard, il est promu caporal[19]. Rudolf Hess se porte toujours volontaire pour les patrouilles de reconnaissance et les raids et il conserve son sang-froid de manière exemplaire lors des attaques ennemies[20]. En , son unité est transférée de la Somme à Verdun en renfort[20]. Rudolf est confronté à toutes les horreurs de la guerre durant la bataille de Verdun qui débute pour lui le [20]. Il écrit à un cousin qu'il a dû subir des tirs de barrage d'artillerie ennemis pendant plusieurs jours et qu'il a dû dormir dans une tranchée où gisait la moitié du corps d'un soldat français[20]. Le , il est gravement blessé près du fort de Douaumont par des éclats qui l'atteignent au dos et aux jambes[20].

Pendant sa convalescence à l'hôpital, il lit beaucoup, surtout des récits des exploits des aviateurs tels que Max Immelmann, Oswald Boelcke et Manfred von Richthofen[20]. L'esprit chevaleresque des combats aériens attire Rudolf Hess au point de déposer une demande de transfert à la Luftstreitkräfte, le corps aérien impérial ; elle est refusée[21]. Alors qu'il est en convalescence à Reicholdsgrün, il envoie une seconde demande qui est elle aussi refusée[22]. En fait, il est promu caporal-chef le et reçoit l'ordre de se rendre en Roumanie en tant que commandant de peloton dans la 10e compagnie de la réserve bavaroise d'infanterie, régiment no 18[22]. Son unité combat dans les montagnes bordant la Transylvanie lorsqu'il est de nouveau blessé le par des éclats reçus dans le haut du bras[22]. Cependant, Rudolf ne considère pas ces blessures sérieuses et retourne au combat quelques jours plus tard[22]. Il est blessé plus gravement à Focşani, durant la dernière offensive contre les Roumains, lorsqu'il est atteint d'une balle au poumon[22]. Il saigne à profusion tout en étant inconscient ; il survit de justesse à cette blessure après avoir été transporté à un point d'évacuation sanitaire à Kézdivásárhely[22]. Il demeure plusieurs mois en convalescence à l'hôpital militaire et à Reicholdsgrün[23]. Le , il reçoit sa promotion au grade de lieutenant par la poste[23].

Après un examen médical qui le déclare inapte au métier de fantassin, il est finalement transféré dans l'armée de l'air en tant que pilote[8],[22]. Son entraînement de pilote est supposé débuter au printemps 1918[23]. Cependant, avant de se présenter à sa nouvelle affectation, il doit accomplir une dernière tâche en tant que fantassin : escorter une compagnie d'infanterie au front ouest[23]. Alors qu'il exécute cette mission sous les ordres du premier lieutenant, le baron von Tubeuf, il remarque un caporal qui se tient à côté de lui, portant la Croix de fer de première classe, et dont la tâche est de livrer les messages aux différentes unités quand le téléphone de campagne ne fonctionne plus. Il s'agit en fait d'Adolf Hitler[23]. Peu après, il rejoint l'école de pilotage du camp Lechfeld près d'Augsbourg[24]. C'est à cette école de pilotage que Rudolf Hess se fait l'un de ses premiers vrais amis, le lieutenant Max E. Hofweber, qui devient plus tard le directeur de la Heinrich Lanz AG à Mannheim[24]. Rudolf Hess apprend à piloter durant le printemps et l'été 1918 et effectue son premier vol seul aux commandes à Ried à bord d'un Fokker D.VII[24]. En essayant d'impressionner ses cousins qui vivent à proximité, Rudolf écrase accidentellement son avion dans un pré proche de Ried ; il s'en sort indemne[24]. Son entraînement se termine en et il est transféré à l'escadron de chasse 35 sur le front ouest[24]. Son engagement au front ne dure qu'une seule semaine et se limite à quelques missions de vol sans incident, lors de la bataille aérienne finale au-dessus de Valenciennes[24]. La guerre s'achève avant qu'il n'ait pu abattre un seul avion ennemi[24]. L'armistice signé le entraîne la dissolution de l'escadron 35. Hess part donc en congé à Reicholdsgrün[25] et est officiellement démobilisé le [26].

Pendant ce temps, en Égypte, la firme Hess & Co. a été expropriée par les Britanniques victorieux[24]. Fritz Hess effectue un voyage en Égypte afin de négocier et de reconstruire son entreprise ; il n'a toutefois plus les moyens d'envoyer son fils à l'université[24]. De plus, Rudolf Hess n'a pas les pré-requis nécessaires[24]. Cependant, dans l'État libre de Bavière, tous les militaires démobilisés disposent d'une dérogation gouvernementale leur permettant de s'inscrire dans une université bavaroise avec seulement un diplôme d'études intermédiaires[24]. Rudolf s'y rend en et commence l'étude de l'économie politique à l’université de Munich[8],[24]. Ses études sont vite interrompues par la Révolution allemande, à laquelle il s'oppose en s'engageant dans le Corps franc de Franz von Epp. Après quoi, il retourne de nouveau à l'université pour étudier l'économie[8]. C'est à cette époque qu'il rencontre sa future épouse, Ilse Pröhl originaire de Hanovre, alors âgée de dix-neuf ans[27] et de six ans sa cadette.

1920-1939 : Ascension dans l'ombre de Hitler[modifier | modifier le code]

Himmler et Hess à Dachau (1936).

Il adhère au NSDAP dès sa création en 1920. Il retrouve Adolf Hitler en 1921 et tombe rapidement sous son emprise. Lorsqu'Adolf Hitler prend la direction du NSDAP, il devient son secrétaire particulier[27]. Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas Hess mais Karl Haushofer qui est l'inventeur du concept de Lebensraum (espace vital). Il est cependant possible que ce soit Hess qui ait introduit l'idée dans l’esprit de Hitler comme l'un des éléments majeurs de la politique nazie. Cette idée est développée ultérieurement par d'autres personnes dans la revue qu'il dirige, Zeitschrift für Geopolitik (de) (Cahiers pour la géopolitique).

Garmisch-Partenkirchen, , cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver avec Hitler : Hess est à gauche, debout près d’un soldat.

Rudolf Hess participe en 1923 au putsch de la Brasserie à Munich. Après l'échec de la tentative de coup d'État, il est emprisonné avec Hitler dans la prison de Landsberg et lui propose son aide pour la rédaction de Mein Kampf.

Le , Hess épouse Ilse Pröhl, dont il a fait la connaissance huit ans plus tôt.

À sa sortie de prison, Hess occupe une position privilégiée en tant qu'adjoint de Hitler lors des premières années du mouvement nazi. En 1933, Hitler le désigne publiquement comme son dauphin, puis comme le troisième personnage du régime, Göring en étant le deuxième. Rudolf Hess engage comme secrétaire personnel Martin Bormann et représente le Führer dans des manifestations mineures. En 1935, il participe activement à la rédaction des lois de Nuremberg. Qualifié de « conscience du Parti », il dispose d'une grande influence de par sa position, bien que celle-ci s'ancre dans l'objectif de servir Hitler et en aucun cas ses ambitions personnelles : il se place de ce fait à distance des intrigues des « pontes » du régime et limite son rôle politique effectif à « [prononcer] chaque année l’allocution de Noël, [recevoir] les délégations de l'Association des Allemands de l'étranger, [prendre] le café en compagnie de mères de famille nombreuses et assumer, outre quelques tâches charitables, le patronage de [certains] congrès de second ordre. De même avait-il le privilège d'annoncer de la tribune, lors des cérémonies solennelles, l'arrivée du Führer »[28].

Le , naît son unique fils qu'il prénomme Wolf Rüdiger[N 4] ; Hitler en est le parrain.

1939-1945 : Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Clairière de l'Armistice dans la forêt de Compiègne, la veille de la signature de l'armistice avec la France en , Hess, en arrière-plan de face, se trouve entre Göring (à gauche) et Hitler (à droite).

La marginalisation de son rôle politique s'accroît lors des premières années de la Seconde Guerre mondiale[29], qui focalise toute la primauté politique sur les stratèges de Hitler : Hermann Göring, Joseph Goebbels et Heinrich Himmler. Il est cependant nommé membre du Conseil de la défense du Reich dès 1939 et assiste Hitler, le , lors de la préparation de l'armistice français de 1940 à Rethondes[N 5].

Les débris du Messerschmitt Bf 110 de Hess.

Le , Rudolf Hess s'envole à bord d’un Messerschmitt Bf 110 qu'il pilote jusqu'au nord du Royaume-Uni : il subit des tirs de DCA et saute en parachute dans l'Ayrshire en Écosse. Il se casse la cheville en atteignant le sol et est aussitôt arrêté par les autorités britanniques.

Il demande alors à rencontrer le duc d'Hamilton qu'il dit connaître depuis une visite officielle du prince de Galles en Allemagne antérieure à la guerre. Il pense que le duc peut être un bon médiateur, car il est au service de lord Halifax, opposant et successeur potentiel de Winston Churchill. La motivation de Hess est la suivante : entamer un processus de paix, laissant à l'Allemagne sa politique d'expansion vers l’Est sur le continent européen, en échange de l'intégrité de l'Empire britannique[30]. Selon Martin Allen[31], mais également selon le livre de l'historien Peter Padfield paru en 2013[1], Rudolf Hess serait parti à la demande de Hitler avec mission d'informer la Grande-Bretagne de la prochaine entrée en guerre contre l'Union soviétique et de proposer un traité de paix[28].

Les services secrets avaient encouragé le Premier ministre britannique à accepter d'ouvrir des discussions avec des représentants de l'Allemagne nazie pour laisser penser qu'une paix était envisageable. Pour rendre crédible cette opération, la stratégie consistait à laisser croire qu'une fois que Winston Churchill serait mis en opposition à la Chambre des Lords, Lord Halifax — son successeur le plus crédible — accepterait de négocier un arrêt des hostilités. À cette époque, l'Empire britannique supportait seul l'effort de guerre et la politique de Churchill était mise en doute par une minorité. Une petite partie de la classe politique souhaitait l'arrêt des hostilités afin de préserver l'Empire. En fait, les bombardements de Londres lors de l’automne 1940 avaient a contrario soudé le peuple britannique contre l'ennemi.

Rudolf Hess qui ne rencontrera jamais ni le roi, ni Churchill, ni aucun dignitaire britannique important, est emprisonné quelque temps à la tour de Londres. Selon le professeur Richard Evans, empêcher Hess de parler était un moyen de faire croire à Staline que les Britanniques négociaient une paix séparée avec l'Allemagne, qui n'aurait ensuite plus eu que l'URSS comme ennemie. Cela devait inciter les Soviétiques à attaquer l'Allemagne au plus vite, avant le retrait des Britanniques.[pas clair]. Cependant, six semaines plus tard, quand Hitler envahit l’Union Soviétique, le prisonnier Hess ne présente plus d'intérêt et sombre dans l'oubli[32]

Sur les conseils de Goebbels le ministre de la Propagande, Hitler prétend alors que Hess est devenu fou, et qu'il a agi de sa seule initiative ; le Führer n'en est pas moins grandement affecté pour ce qu'il considère comme une évasion « plus grave que la désertion d'un corps d'armée »[30]. Toutefois, le colonel SS Otto Skorzeny affirme dans son livre La Guerre inconnue que Hitler était parfaitement au courant du projet de Rudolf Hess de partir négocier en Grande-Bretagne[réf. nécessaire]. Les seuls témoignages contemporains en ce sens sont ceux du général Karl-Heinrich Bodenschatz, officier de liaison de Göring auprès de Hitler, de l'ordonnance de ce dernier, Heinz Linge, du Gauleiter Ernst Wilhelm Bohle (en) (auquel Hess avait demandé de traduire en anglais des brouillons de lettres) et des deux aides de camp de Hess, Leitgen et Pintsch[33],[N 6]. Certains y voient plutôt un esprit romantique cherchant à obtenir une paix séparée avec les Britanniques. De l’avis de l'historien Joachim Fest et des spécialistes qu'il invoque, il s'agirait davantage de la conséquence d'une neurasthénie, de la désacralisation de la personne de Hitler, d'une volonté de « désobéissance constructive » ou de la volonté de surmonter la dépréciation dont il avait progressivement fait l'objet[34].

Martin Bormann lui succède au poste de chef de la chancellerie du parti et Hess passe le reste de la guerre au Royaume-Uni, à Maryhill Barracks (en) au nord de Glasgow en Écosse, puis à Mytchett (en) dans le Surrey. Les médecins qui l'y soignent relèvent sa « folie de la persécution » et des tendances hypocondriaques l'amenant à penser qu'on tente de l'empoisonner. Cela est également perceptible dans les Mémoires qu'il rédige pendant sa captivité[35]. À partir de l’automne 1943, il commence à manifester des symptômes d'amnésie, jusqu'au où il retrouve ses esprits en entretenant des délires antisémites et tente de se suicider avant d'entamer une grève de la faim[36]. Il déclarera par la suite avoir feint la maladie ; Joachim Fest note à ce sujet : « Sa foi intacte dans le Führer, le mépris qu'on lui témoignait sous prétexte qu'il était un traître et un fou, la découverte des crimes commis par le régime, l'effondrement du Reich, la rencontre avec les partenaires de naguère — autant de contradictions et de tensions qu'il n'était plus en mesure d'assumer[37] ».

1946-1987 : Procès de Nuremberg et emprisonnement[modifier | modifier le code]

Hess au procès de Nuremberg (au premier rang, deuxième depuis la gauche, entre Göring et Ribbentrop).
Hess en détention à Nuremberg en 1945.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Rudolf Hess est jugé au procès de Nuremberg pour complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Au cours du procès, il ne se reconnaît coupable d'aucun de ces crimes et se dit même fier d'avoir servi son maître, Adolf Hitler, et le peuple allemand. Il va jusqu'à invoquer son action en Écosse où il avait tenté, selon lui, de mettre fin à la guerre entre l'Allemagne et le Royaume-Uni au péril de sa vie. Il est alors persuadé qu'à sa place, Hitler aurait observé les mêmes réactions et la même réserve par rapport au tribunal, à l'inverse d'un Göring versé dans les « manifestations grandiloquentes[38] ». Des quatre chefs d'accusation, seuls sont finalement retenus le complot et les crimes contre la paix. Il est condamné à la prison à perpétuité, sanction qui sera appliquée sans remise de peine. Le , un psychiatre rédige un certificat soulignant que « à l'heure actuelle, Hess ne souffre d'aucun dérangement mental[39] ». Jean Delay qui l'avait examiné durant le procès avec le psychiatre britannique Donald Ewen Cameron avaient conclu à une « amnésie hystérique ».

Pendant les années qui suivent, il est le prisonnier « no 7 », étant donné qu'il occupe la cellule portant ce numéro[40]. Après les libérations de Schirach et de Speer, qui ont chacun purgé leur peine de vingt ans en , il reste le dernier et unique prisonnier de la prison de Spandau de 1966 à 1987[40]. La cellule no 7, qui ne fait que six mètres carrés, devient alors le logement à un seul lit le plus dispendieux du monde, avec un coût journalier de 2 800 marks, entièrement financé par l'Allemagne de l'Ouest[41].

Les forces alliées, les États-Unis, l'URSS, la France et le Royaume-Uni, trouvent important de garder Rudolf Hess dans la prison de Spandau, notamment en tant que dernier symbole de leur alliance, qui commence à s'effriter[40]. Rudolf Hess dispose pour lui seul de trois gardes armés, de vingt fonctionnaires de pénitencier, de dix-sept civils, de quatre médecins, d'un aumônier et de quatre directeurs de prison[41][pas clair]. Une pratique initiée en 1947 consiste à retirer les articles concernant le nazisme ou les personnalités du Troisième Reich des journaux qui sont remis aux prisonniers afin d'éviter qu'ils ne puissent se considérer comme étant des figures ayant marqué l'histoire[42]. Durant tout le temps de son emprisonnement, Rudolf Hess n’est pas autorisé à parler à la presse et n'a droit qu'à une seule visite par mois, d'une durée maximale de trente minutes ; en outre, le visiteur doit faire partie de sa famille immédiate[43] et les quatre directeurs de la prison sont tenus d’être présents lors de ces visites[43]. Rudolf Hess a le droit de recevoir des cahiers en prison, mais uniquement pour écrire des lettres ou des notes ; une fois remplis, ces cahiers sont détruits par les gardiens afin d'éviter que Hess ne puisse rédiger ses mémoires, qui seraient susceptibles de le glorifier par la suite[44]. Ses aumôniers — Charles Gabel de 1977 à 1986, Michel Roehrig de 1986 à 1987 — affirment que, contrairement aux idées reçues, Hess n'avait rien d'un fou, ou d'une personne psychologiquement fragile[réf. nécessaire].

1987 : Mort et conséquences[modifier | modifier le code]

« Les martyrs ne meurent jamais ! » Manifestation néonazie en mémoire de Hess à Wunsiedel en 2004.

Le , âgé de 93 ans, Hess est retrouvé pendu à un fil électrique dans une maisonnette de jardin à l'intérieur de la prison, qui avait été aménagée en salle de lecture[réf. nécessaire]. Le fil électrique aurait été récupéré d’une rallonge pour lampe et a été fixé à une poignée de fenêtre. Il est mort par asphyxie. Une note manuscrite à l'attention de sa famille est retrouvée dans sa poche, les remerciant de tout ce qu'ils avaient fait. Le , les quatre puissances occupantes[N 7] font une déclaration indiquant que sa mort est un suicide. Néanmoins, ensuite son fils Wolf Rüdiger Hess défend incessamment la thèse d'un assassinat perpétré par les SAS ou la CIA[45] pour empêcher d’éventuelles révélations de son père sur les erreurs de comportement britanniques pendant la guerre. L'infirmier personnel de Hess de 1982 à 1987, Abdallah Melaouhi, défend aussi la thèse de l'assassinat dans son livre Ich sah seinen Mördern in die Augen (titre traduit par J'ai vu ses meurtriers dans les yeux)[46]. Il a été renvoyé de son poste de correspondant local du Conseil pour l'immigration et l'intégration après avoir publié ce livre[47]. La thèse de l'assassinat est également défendue par le reste de la famille de Hess, ainsi que par les néonazis qui souhaitent faire de lui un martyr. Les médecins légistes britanniques maintiennent néanmoins la thèse du suicide.

Hess est d’abord enterré dans un lieu tenu secret pour éviter d’attirer l'attention des médias ou d’entraîner l'organisation de manifestations par les sympathisants néonazis. Ensuite, le , son cercueil est déplacé dans une concession familiale à Wunsiedel — ville d'origine de sa famille paternelle — pour satisfaire ses dernières volontés. Sept ans plus tard, en 1995, son épouse est inhumée à ses côtés[48].

L'avocat de Hess, le docteur Seidl, pense aussi que Hess était trop âgé et fragile pour réussir à se suicider seul. Selon une enquête du gouvernement britannique en 1989, les preuves disponibles ne peuvent étayer la thèse selon laquelle Hess aurait été assassiné et l'avocat général Sir Nicholas Lyell (en) ne trouve pas motif à ouvrir une enquête complémentaire[49]. En outre, le rapport d’autopsie confirme que Hess s'est suicidé[50],[51],[47]. À nouveau, un rapport édité en 2012 a posé la question de l'assassinat. L'historien Peter Padfield a quant à lui précisé que la note trouvée sur Hess avait été écrite en 1969, à l'occasion d’une hospitalisation[52].

Un article du quotidien britannique The Independent en date du relance le débat sur la thèse de l'assassinat exécuté par deux membres du SAS. Âgé de 93 ans et rongé par l'arthrite, Hess, selon son fils Wolf, aurait eu du mal à se hisser seul pour se pendre[N 8].

L'épitaphe « Ich habs gewagt » (« J'ai osé ») ornait la tombe de Rudolf Hess à Wunsiedel. Cette phrase énigmatique alimente une controverse. Les hypothèses sur ce qu'il aurait « osé » sont diverses : se supprimer, avoir agi comme il le fit au cours de la Seconde Guerre mondiale, avoir essayé de faire la paix avec le Royaume-Uni, etc.

Après la mort de Hess, la prison de Spandau est détruite sur décision des forces d'occupation de Berlin, les Soviétiques voulant notamment éviter d'en faire un lieu de pèlerinage néonazi[50]. Cependant, aux dates anniversaires de sa mort, des Allemands et d'autres Européens se retrouvent régulièrement à Wunsiedel pour une « marche de la mémoire ». Ces manifestations sont interdites de 1991 à 2000, mais les marches ont quand même lieu dans différentes villes des alentours. En 2002, les marches sont de nouveau autorisées. Celle de 2004 rassemble plus de cinq mille personnes[53],[54].

Le , le conseil municipal de Karlsruhe interdit une manifestation en mémoire de Hess organisée par une association néonazie, prévue pour le [55].

Comme la ville de Wunsiedel est devenue chaque 17 août le lieu d'un pèlerinage annuel des nostalgiques du nazisme, le conseil paroissial décide en 2011 de ne pas autoriser la prolongation de la concession concernant la tombe de Hess[56]. Avec l'accord de sa famille, la tombe est rouverte et ses restes sont exhumés puis incinérés. Ses cendres sont ensuite dispersées en mer par sa famille. Puis, sa tombe est détruite[57]. Le , le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung confirme ces évènements[58].

Décorations[modifier | modifier le code]

Croix de fer, seconde classe, de 1914.

Rudolf Hess a reçu la Croix de fer de seconde classe, le pour un acte de bravoure accompli alors qu'il était simple soldat d'infanterie sur le front de l'Ouest dans la Somme, durant la Première Guerre mondiale[18]. Il a reçu cette décoration pour avoir défendu sa position contre une attaque ennemie[18].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • La tentative de paix séparée avec l'Angleterre initiée par Hess est au centre du roman de Christopher Priest, La Séparation.
  • Le roman Oies Sauvages 2 de Daniel Carney : un groupe d'activistes engage le mercenaire Allen Faulkner pour libérer Rudolf Hess au début des années 1980. Il donne aussi des raisons tout à fait plausibles pour expliquer la détention prolongée de Hess et évoque des révélations stupéfiantes qui pourraient bien être étalées au grand jour lorsque les dossiers (classés « secret défense » par les Britanniques) le concernant seront ouverts en 2017 (en théorie, car la date a déjà été reculée).
  • Hess est présent dans les tomes 2 (Défaite éclair, coll. « Sale caractère », 1987) et 3 (Requiem pour un Pimpf, coll. « Sale caractère », 1988) de la bande dessinée La Patrouille des libellules, due au scénariste Yann le Pennetier et au dessinateur Marc Hardy.
  • Hess apparait dans les deux derniers tomes de la trilogie de Jean d'Ormesson (Tous les hommes en sont fous et Le bonheur à San Miniato). Il y donne une version romantique de son saut en parachute sur l'Angleterre.
  • Le livre Les Sept de Spandau est un ouvrage précis et documenté sur la prison-forteresse où Hess a passé plus de 40 ans de sa vie.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traduction littérale, mais on trouve parfois les expressions « dauphin » ou « successeur désigné » du Führer.
  2. Bormann succède à Hess uniquement en tant que chef de la chancellerie du parti, et non pas en tant que « dauphin du Führer ».
  3. En comptant ses années de détention au Royaume-Uni pendant la guerre, soit depuis 1941.
  4. Le second prénom « Rüdiger » est issu de la Chanson des Nibelungen, le conte préféré de son père.
  5. Hitler et Hess sont absents le jour de la signature qui a lieu le lendemain, le , en la seule présence de Keitel du côté de l'état-major allemand.
  6. Cette thèse peut aussi être accréditée par le fait que Hess a pu quitter le ciel allemand sans être inquiété par la Flak ou la chasse allemande.
  7. États-Unis, Union soviétique, Royaume-Uni et France.
  8. « His son, Wolf, had previously insisted that the height was insufficient for his father, crippled by arthritis, to hang himself[49] » ; traduction : « Son fils, Wolf, avait précédemment insisté sur le fait que la hauteur était insuffisante pour que son père, rendu invalide par son arthrite, puisse se pendre »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Padfield 2014.
  2. a et b Manvell et Fraenkel 1971, p. 9.
  3. a et b Schwarzwäller 1988, p. 14.
  4. a et b Schwarzwäller 1988, p. 46.
  5. a et b Schwarzwäller 1988, p. 48.
  6. Rudolf Hess, Encylopædia Universalis.
  7. a et b Schwarzwäller 1988, p. 51.
  8. a, b, c et d Schwarzwäller 1988, p. 15.
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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  • Charles A. Gabel, Conversations interdites avec Rudolf Hess : 1977-1986, Paris, Plon,‎ (ISBN 978-2-259-01834-0) (épuisé).
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  • François Kersaudy, Les secrets du IIIe Reich, Paris, Tempus Perrin,‎ (1re éd. 2013), 350 p. (ISBN 978-2262050269 et 2262050260, ASIN B00VU3UHMM).
  • Yves Lacoste, Géopolitique : la longue histoire d'aujourd'hui, Paris, Larousse,‎ (ISBN 978-2-035-05421-0).
  • Roger Manvell et Heinrich Fraenkel, L'affaire Rudolf Hess, Paris, Stock,‎ (ASIN B003MQF4EQ).
  • (en) Abdallah Melaouhi (trad. de l'allemand), Rudolf Hess : His Betrayal and Murder [« Ich sah seinen Mördern in die Augen! Die letzten Jahre und der Tod von Rudolf Heß »], Londres, The Barnes Review,‎ (1re éd. 2008), 300 p. (ISBN 978-1937787189 et 1937787184, présentation en ligne).
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  • William Shirer, Grandeur et décadence du Troisième Reich, Stock, Paris.

Autres publications[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]