Werner von Blomberg

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Werner von Blomberg
En 1934.
En 1934.
Fonctions
Ministre du Reich à la Guerre
Gouvernement Cabinet Hitler
Prédécesseur Kurt von Schleicher
Successeur Poste supprimé
Biographie
Nom de naissance Werner Eduard Fritz von Blomberg
Date de naissance
Lieu de naissance Stargard (Empire allemand)
Date de décès (à 67 ans)
Lieu de décès Nuremberg, Allemagne occupée
Blomberg avec Raeder (à gauche) et Hitler, en 1934.
Blomberg (à gauche) en compagnie de Fritsch et Raeder, en 1936.

Werner von Blomberg, né le à Stargard (Poméranie) et mort le [1] ou le [2] à Nuremberg, est un militaire allemand. Il est ministre de la Défense (Reichswehrminister) puis ministre de la Guerre du Reich (Reichskriegsminister) dans les années 1930 et atteint le grade de Generalfeldmarschall.

Biographie[modifier | modifier le code]

Werner von Blomberg est le fils du lieutenant-colonel Emil von Blomberg et de son épouse Emma Tschepe. Blomberg commence sa carrière de militaire en 1897 en tant que lieutenant dans un régiment d'artillerie prussien. De 1907 à 1910, il suit les cours de l’académie de guerre de Berlin. Il est promu capitaine en 1911. Affecté à l’état-major de Metz en , il prend le commandement d'une compagnie du 130e Lothringisches Infanterie-Regiment[3], rattaché à la 33e division d'infanterie, en . Il participe à la Première Guerre mondiale en tant qu'officier d'état-major, d'abord dans la 19e division de réserve, puis dans le 13e corps en . En 1916, il est promu au grade de commandant au sein de la 7e armée, et reçoit en 1918 la médaille de l'ordre « Pour le Mérite ».

Après la guerre, Blomberg est nommé chef d’état-major de la brigade Döberitz en 1920 — année à la fin de laquelle il est promu lieutenant-colonel — et chef d’état-major pour la zone militaire de Stuttgart en 1921. En 1925, il est nommé responsable de la formation des troupes armées, fonction qu'il occupe jusqu'en 1929. En 1932, il devient directeur de la délégation militaire allemande à la conférence sur le désarmement à Genève puis, en 1933, commandant de la 1re région militaire (Prusse orientale). Cette même année, il perd son épouse Charlotte, avec qui il a eu cinq enfants.

En 1933, le maréchal Paul von Hindenburg (1847-1934), président allemand, appelle Hitler à la chancellerie. Le , Blomberg est chargé de la sécurité de Hitler. Il devient ministre de la Défense du Reich.

Pendant la nuit des Longs Couteaux, à la fin , le général Blomberg adopte une attitude passive vis-à-vis des assassinats de deux anciens amis, Kurt von Schleicher et Ferdinand von Bredow.

En 1935, le nom de son ministère est transformé en « ministère du Reich à la Guerre » et Blomberg reste titulaire du portefeuille : il est alors aussi le commandant en chef des forces armées, la Wehrmacht.

Le , il est promu Generalfeldmarschall.

Blomberg en compagnie de Goebbels au festival de Bayreuth, .

Le , il participe à une réunion secrète rassemblant Hitler, Werner von Fritsch (Armée de terre), Erich Raeder (Marine), Hermann Göring (Armée de l'air) et le ministre des Affaires étrangères, réunion au cours de laquelle Hitler dévoile ses projets de guerre contre les états voisins. Cette réunion est décrite dans le protocole Hossbach.

Les conséquences de la réunion, où Blomberg et Fritsch s'opposent à Hitler, apparaissent bientôt avec l'éclosion de l'affaire Blomberg-Fritsch : en , la révélation, par Arthur Nebe, de son mariage avec une ancienne prostituée, Margarethe Gruhn, crée un scandale qui oblige Blomberg à démissionner de ses fonctions de ministre le . Lors de ses adieux à la chancellerie du Reich, il jure néanmoins fidélité à Hitler, le chef suprême.

Simultanément, Hitler supprime le ministère de la Guerre qu'il remplace par une structure militaire, l’Oberkommando der Wehrmacht (en français : « le Haut-Commandement de la Wehrmacht ») qu'il confie au général Wilhelm Keitel. Au cours de cette opération, Hitler s'attribue en direct le commandement en chef des forces armées, fonction qui avait été exercée par Blomberg de 1935 à son départ.

Blomberg et sa femme partent ensuite en lune de miel pendant un an sur l'île de Capri. L'amiral Erich Raeder estime que Blomberg doit se suicider et lui envoie le capitaine von Wangenheim pour l'inciter à agir ainsi[4]. En dépit des demandes incessantes du capitaine qui va jusqu'à tenter de mettre une arme dans ses mains, Blomberg refuse d'obtempérer[5].

Ensuite, Blomberg se retire dans sa propriété de Bad Wiessee dans les Alpes bavaroises, où il réside pendant le déroulement de la Seconde Guerre mondiale. Après la capitulation de l'Allemagne en 1945, Blomberg y est arrêté par les Alliés pour être jugé en tant que criminel de guerre ; il doit aussi être cité comme témoin au premier procès de Nuremberg qui juge les principaux dirigeants nazis.

Pendant sa détention, il est exposé au mépris de ses anciens collègues et il apprend en outre que son épouse a l'intention de le quitter : sa santé commence à décliner  ; le , il note dans son journal qu'il ne pèse plus que 72 kg, malgré sa grande stature. Le , on lui diagnostique un cancer colorectal : au cours de ses dernières semaines de vie, il est résigné, déprimé et refuse de s'alimenter[6]. Il meurt peu après en et on l'enterre d’abord dans une tombe anonyme. Ses restes font ensuite l'objet d’une crémation et sont enterrés dans sa propriété de Bad Wiessee[7].

Promotions[modifier | modifier le code]

Dates des promotions de Werner von Blomberg
Grade Date d’obtention
Leutnant 13 mars 1897
Oberleutnant 18 mai 1907
Hauptmann 20 mars 1911
Major 22 mars 1916
Oberstleutnant 20 décembre 1920
Oberst 1er avril 1925
Generalmajor 1er avril 1928
Generalleutnant 1er octobre 1929
General der Infanterie 30 janvier 1933
Generaloberst 31 août 1933
Generalfeldmarschall 20 avril 1936

Distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. D'après l'encyclopédie Brockhaus, Erich Stockhorst
  2. D'après (de) dhm.de
  3. Notice sur lexikon-der-wehrmacht.de
  4. (en) Wheeler-Bennett, John The Nemesis of Power, London: Macmillan, 1967, p. 368.
  5. (en) Shirer, William The Rise and Fall of the Third Reich, New York: Simon & Schuster, 1960, p. 314.
  6. (de) Schäfer, Kirstin A., Werner von Blomberg: Hitlers erster Feldmarschall (2006), p. 200 et 206-207.
  7. (de) Samuel W. Mitcham, Jr.: Generalfeldmarschall Werner von Blomberg. In: Gerd R. Ueberschär (ed.): Hitlers militärische Elite. 68 Lebensläufe. 2nd Edition. Darmstadt: Primus Verlag, 2011, p. 34-35, note 23. ISBN 978-3-89678-727-9.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire pour tous : Alain Decaux - Le Maréchal Keitel - Werner von Blomberg

Articles connexes[modifier | modifier le code]