Grève de la faim

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Grève de la faim contre les essais nucléaires, Grenoble, 1990.

Une grève de la faim ou jeûne de protestation, est un moyen de protestation non violent utilisé entre autres par Gandhi[1].[réf. insuffisante]

Le jeûne durant une grève de la faim est le plus souvent seulement alimentaire (l'hydratation par boissons étant conservé, notamment l'eau sucrée), permettant des grèves de la faim prolongées.

L'attitude médicale est délicate et diverse, variant du forçage alimentaire par sonde gastrique à l'accompagnement en respectant les volontés du protestataire[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis le début du XXe siècle, les grèves de la faim sont légion. Dès 1905, les suffragettes anglaises, incarcérées pour avoir revendiqué le droit de vote pour les femmes, ont fait la grève de la faim dans les prisons. La police tenta de les obliger à manger, mais cela ne les arrêtait guère. Le gouvernement répondit sans succès avec la loi dite « Chat et Souris » (Cat and Mouse Act, officiellement The Prisoners (Temporary Discharge for Ill Health) Act 1913) : quand une gréviste était trop faible, elle était relâchée puis réincarcérée une fois sa vie hors de danger.

La plus longue grève de la faim a duré 94 jours à la prison de Cork (Irlande) en 1920 par des membres de l'armée républicaine irlandaise[3].[réf. insuffisante]

Il a ensuite été utilisé par plusieurs personnalités en Europe, dont Lanza del Vasto, notamment pendant la guerre d'Algérie, pendant le concile Vatican II et la lutte des paysans du Larzac. Louis Lecoin a souvent utilisé cette méthode, qui a abouti à la reconnaissance du statut d'objecteur de conscience. Un épisode très dur a également eu lieu dans la lutte opposant les prisonniers irlandais de l'IRA provisoire ou assimilés au Royaume-Uni sous le gouvernement de Madame Thatcher, aboutissant à la mort de dix personnes en 1981, le plus célèbre étant Bobby Sands.

Il est aujourd'hui souvent utilisé par des réfugiés ou des déboutés du droit d'asile (par ex. : à l'église Saint-Joseph à Paris à l'été 1991[4]) pour forcer l'obtention d'un permis de séjour ; il est aussi pratiqué par des groupes désireux d'assurer une couverture médiatique à leurs idées ou de faire pression sur un gouvernement, un pouvoir. Il s'agit également d'une pratique dans le milieu carcéral, pour protester contre les conditions de détention.

En 1998, le Congrès de la jeunesse tibétaine organise une grève de la faim de six Tibétains à New Delhi du au qui avait pour objectif la réouverture par les Nations unies de la question tibétaine, la nomination d'un envoyé spécial et d'un rapporteur spécial de l'ONU pour le Tibet. Après 49 jours, le groupe composé de six personnes dont une femme âgée de 62 ans, fut évacué de force par la police indienne, le jour précédent la visite en Inde d’un chef de l'armée chinoise. C'est alors que Thubten Ngodup s'est immolé. Un deuxième groupe composé de cinq hommes devait prendre la suite le . Mais au 18e jours, le TYC suspendait la grève de la faim après l'engagement de la Norvège, de la Pologne, de la Hongrie, du Costa Rica et de l'Union européenne d'intervenir auprès du gouvernement chinois et de l'ONU[5]. Cet évènement inspire Les Guerriers de l'esprit, un film de Pierre Anglade[6].

Du au , Jean Lassalle, député français des Pyrénées-Atlantiques, a suivi un jeûne de plusieurs semaines pour protester contre le risque de départ d'une entreprise japonaise dans sa circonscription vers une circonscription voisine ; il a cessé son jeûne contre les garanties que l'entreprise reste dans les lieux.

Le 17 avril 2017, à l’appel de Marouane Barghouti, 1578 détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre les conditions de vie dans les prisons israéliennes. Ils réclament entre autres une augmentation des visites de la croix-rouge et de leur famille, ainsi que de meilleurs soins médicaux. Un accord est trouvé le 26 mai 2017 entre Israël, l’Autorité palestinienne et la Croix rouge. 834 détenus refusaient alors encore de s'alimenter. [7]

Grévistes de la faim célèbres[modifier | modifier le code]

Mise à jour au [réf. souhaitée]

Personnalité Nombre de jours de grève de la faim Lieu de la grève de la faim
Gandhi 21
Theresa Spence 43 tipi sur l'île Victoria
Stepan Bandera 9 / 13 / 16
Marcel Vervloesem 32 prison de Turnhout (Belgique)
Lisandru Plasenzotti 45 prison des Baumettes
Louis Lecoin 14
Bobby Sands 66 prison de Maze (Irlande du Nord)
Saïda Menebhi 34 prison de Casablanca (Maroc)
Jean Lassalle 39 Palais Bourbon
Bernard Rappaz 72 / 74
Jean-Baptiste Castellani place Saint Nicolas (Bastia)
Holger Meins 58 prison de Wittlich (Allemagne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Mohandas Karamchand Gandhi.
  2. (en)Clinical care of hunger strikers, Lancet, 2008;372:777.
  3. Ça m'intéresse, playbac, 365 jours pour aiguiser sa curiosité, 14 janvier[Quand ?].
  4. INA, Droit d'asile St Joseph, Midi 2, 9 juillet 1991 - min 32 s.
  5. Grève de la faim à New-Dehli (1998), Site de Tibet-Info.
  6. Pierre Anglade, Les Guerriers de l'esprit, Mat Films, 2000.
  7. « Israël. Pour les prisonniers palestiniens, “la grève de la faim est finie” », Courrier international,‎ (lire en ligne)

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