Les Oies sauvages 2

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Affiche du film.

Les Oies sauvages 2 (Wild Geese II) est un film d'action australo-britannique réalisé par Peter Hunt, sorti en 1985.

Il fait suite au film Les Oies sauvages de Andrew V. McLaglen sorti en 1978 et devait marquer le grand retour de Richard Burton au cinéma. Cette page est le résultat de 30 ans d'enquête, d'informations recoupées et vérifiées depuis le choc de la disparition de la star galloise juste avant le tournage de cette séquelle tant attendue.

La conception des Oies sauvages 2[modifier | modifier le code]

Les Oies Sauvages (The Wild Geese) sortit au cinéma en 1978. Produite par Euan Lloyd, cette superproduction britannique réalisée par Andrew V. Mc Laglen réunissait un impressionnant casting de stars : Richard Burton, Roger Moore, Richard Harris, Hardy Krüger et Stewart Granger. Dans ce premier opus de la saga, un groupe de mercenaires devait quitter le Congo avec l'ex-président Limbani après l'avoir libéré des geôles du général Ndofa (alors au pouvoir dans le pays). Suite à l'énorme succès du film, les distributeurs internationaux demandèrent avec insistance à Euan Lloyd de produire une seconde partie. La demande ne faiblit pas au cours des années, ce fut même tout l'opposé : en effet, contrairement à nombre de réussites commerciales qui sombrent dans l'oubli une fois « consommées », Les Oies Sauvages avait pour sa part rapidement acquis le statut d'oeuvre de référence dans plusieurs pays, notamment grâce à des ressorties triomphales au cinéma lors de reprises estivales, traditionnelles à une époque où la vidéo n'en était qu'à ses balbutiements. En France, le film avait réuni plus d'un million de spectateurs dans les salles en octobre 1978. Par conséquent, le producteur Euan Lloyd finit par évoquer l'idée d'une suite à Daniel Carney, l'auteur du roman original Les Oies Sauvages, mais celui-ci se déclara d'abord sans la moindre idée pour une séquelle éventuelle, même s'il avoua y avoir songé. C'est donc Lloyd lui-même qui souffla le sujet de cette seconde opération mercenaire à l'écrivain, immédiatement enthousiasmé par ce concept inédit. De plus, ce concept évitait l'écueil principal dans lequel se fourvoient nombre de suites d'un livre ou d'un film à succès : il évitait à cette nouvelle aventure de n'être qu'une pâle resucée de la première partie. Lloyd évoqua donc l'idée d'organiser une opération mercenaire visant à libérer l'ancien leader nazi Rudolf Hess : il finance 3 semaines sur place à Berlin pour Carney afin de lui laisser le temps de trouver un moyen plausible de libérer Hess. 3 semaines plus tard, Carney rappelle le producteur pour lui dire qu'il pense avoir trouvé ce moyen. Le projet est lancé et Carney s'attelle à l'écriture de son nouveau roman. Le roman Oies Sauvages 2 fut d'abord publié en Angleterre en 1983 et adapté dans la foulée pour le grand écran par Reginald Rose (déjà scénariste des Oies Sauvages). Sans Richard Burton, cette suite était inenvisageable. Heureusement pour le producteur, Burton croyait également au potentiel de ce projet. Plus que cela : il était persuadé que cette production marquerait son grand retour (à 58 ans) au sommet du box-office, il accepta donc sans hésiter de signer pour Les Oies Sauvages 2.

Une distribution de classe internatioanle[modifier | modifier le code]

NOTE : le second rôle masculin aurait été plus important dans cette version prévue : d'où un ordre différent comparé au casting final.

Ce casting prestigieux pour l'époque, l'histoire-choc, ainsi que la longue et minutieuse préparation de cette suite en firent l'une des superproductions les plus attendues des années 80.

Une suite très attendue[modifier | modifier le code]

La République Fédérale d'Allemagne faisait alors justement partie de ces pays où Les Oies Sauvages avait acquis un statut exceptionnel car le film y avait attiré dans les salles près de 4 millions de spectateurs. Précisons qu'au regard de la fréquentation des cinémas dans ce qui n'était à l'époque que l'Allemagne de l'Ouest et afin de comparer ce qui est comparable, c'est un peu comme si le film avait fait 7 ou 8 millions d'entrées chez nous ! (Un exemple parmi tant d'autres: Mad Max 2 avait fait 3 625 000 entrées dans l'hexagone, mais « seulement » 1 823 000 en R.F.A.). L'annonce du tournage de sa suite dans la ville de Berlin avec un sujet aussi brûlant créa une onde de choc difficile à imaginer aujourd'hui pour ceux qui ne considèrent Les Oies Sauvages que comme une vague série B de luxe un peu périmée des année 70. Ses personnages inoubliables et son final bouleversant avaient marqué les spectateurs comme aucun autre film de guerre dans l'histoire du cinéma et le sujet de sa suite parlait lui aussi au coeur de nombre d'Allemands parce que la détention prolongée de Rudolf Hess était jugée dans ces années-là tout simplement scandaleuse par beaucoup de personnes (y compris par certains dirigeants politiques) : tous les détenus nazis de Spandau étaient sortis l'un après l'autre depuis au moins vingt ans ; l'opinion publique se demandait simplement pourquoi Rudolf Hess (qui n'avait plus participé à la seconde guerre mondiale depuis 1941), pourquoi lui restait-il seul en prison ? Dire que le film était attendu en Allemagne relève de l'euphémisme roi. Il est vrai que les chiffres d'entrées seraient certainement un peu moins bons que pour le premier épisode dans les autres pays, mais Euan Lloyd pouvait décemment se targuer d'avoir mis en chantier une séquelle qui avait le potentiel de déclencher un véritable séisme au box-office allemand. Vu l'impact du premier épisode, le second aurait de toutes façons été très attendu en Allemagne (même avec un autre sujet), mais là tout prenait soudainement des proportions énormes : on ne pouvait pas exclure des chiffres d'entrées records au moins les premiers jours. Il est indispensable de considérer tous ces éléments pour remettre Les Oies Sauvages II dans le contexte de son époque et ainsi mesurer à sa juste valeur l'intense fébrilité qui entourait l'attente de ce film.

Synopsis du film prévu avec Richard Burton dans le rôle principal[modifier | modifier le code]

Afrique 1977 : l'opération mercenaire du colonel Allen Faulkner s'achève de façon désastreuse. Les derniers survivants de l'unité Oies sauvages courent après l'avion qui pourrait leur faire quitter le pays. Malgré les tirs ennemis, certains parviennent à rejoindre l'appareil avant le décollage mais pas le meilleur ami de Faulkner : Rafer Janders, blessé à la jambe. Celui-ci voit son ami de toujours continuer à l'encourager depuis la porte de l'avion mais lui sait que tout est perdu. Il implore son frère d'armes de ne pas le laisser vivant entre les mains des soldats du dictateur africain. Bouleversé, Faulkner abat Janders.

Londres 1982 : Allen Faulkner est assis à l'arrière d'un taxi noir qui le mène à travers les rues mouillées de la capitale anglaise jusqu'au bureau européen de la grande chaîne d'information américaine EBC. Le directeur de la filiale européenne Michael Lukas est en grande conversation téléphonique avec le magnat américain qui la dirige : ils interrompent leur discussion lorsqu'on annonce Faulkner. Michael fait venir sa sœur Kathy pour assister à l'entretien. Les directeurs d'EBC Europe vont droit au but : ils montrent au mercenaire un court documentaire sur Rudolf Hess, ancien leader nazi qui est aujourd'hui un vieillard emprisonné seul dans la prison-forteresse de Spandau située à Berlin-Ouest et dont la sécurité est assurée à tour de rôle par les quatre puissances alliées. Il n'est plus qu'un pion politique dont la détention prolongée choque l'opinion publique d'autant qu'il n'a plus participé à la guerre depuis 1941, année où il s'envola seul vers l'Angleterre afin de négocier la paix. Il est en prison depuis tout ce temps. La chaîne EBC souhaite faire libérer Hess pour réaliser l'interview du siècle car le vieillard pourrait faire des révélations fracassantes sur la Seconde Guerre mondiale et certains de ses secrets les mieux gardés. Malgré quelques sarcasmes, Faulkner accepte la mission mais projette de se rendre à Berlin afin d'évaluer tout d'abord les chances de libérer Hess. Le colonel boîte légèrement depuis un stupide accident, c'est pourquoi il retrouve avant cela à Londres un marginal d'origine libanaise, John Haddad, à qui il demande son aide pour effectuer des repérages autour de la prison-forteresse de Spandau tandis que Faulkner assurera sa protection en sniper embusqué sur un toit de Berlin. Faulkner retrouve Kathy Lukas au fameux Stade Olympique car "il avait toujours voulu voir l'endroit où Jesse Owens avait défié Hitler" : premier compte-rendu. Le lendemain, nouvelle observation de l'intérieur de Spandau cette-fois, depuis la caserne jouxtant la prison. Haddad s'y introduit en se mêlant aux ouvriers qui y travaillent. Quand il ressort, il jette un coup d'oeil discret de l'autre côté de la rue , là où planque Faulkner, prêt à faire feu si besoin. Faulkner voit Haddad se faire aborder par une femme avant de se faire attaquer par 2 hommes sortis d'une Mercedes qui vient d'arriver à leur hauteur. Faulkner ouvre le feu et permet à Haddad de s'échapper, mais ses tirs volontairement éloignés (pour ne pas risquer de toucher son ami), s'ils ont surpris les agresseurs, n'ont blessé personne et l'ont même fait repérer. Pas assez rapide pour s'enfuir à cause de sa jambe, Faulkner se fait enlever par ces hommes (des services secrets est-allemands) mais il leur échappe en sautant de la voiture en pleine circulation. Après un séjour à l'hôpital, il revoit Kathy au zoo de Berlin pour lui expliquer la situation : l'enlèvement de Hess est d'ores et déjà trop dangereux, il doit se faire oublier, récupérer de ses blessures et ensuite reprendre contact avec Haddad à Munich. Kathy et Faulkner se rendent ensemble en Bavière et étudient les coupures de presse sur Hess. Peu à peu, ils se rapprochent. Ils reviennent à Berlin comme prévu avec Haddad. Ce dernier repère les agents de l'est au bas de leur immeuble, Faulkner lui demande de sortir seul afin de les attirer dans une cour d'immeuble : là il fera feu et promet cette fois de ne rater personne. Le plan réussit et après cette hécatombe, le chef des services secrets de l'Allemagne de l'est accepte de négocier. C'est ensuite un colonel britannique (Reed-Henry) qui offre son aide dans un cabaret berlinois où Faulkner se rend avec Haddad comme garde du corps (qui reste dans le fond de la salle, en galante compagnie). Faulkner commence à élaborer le plan de l'enlèvement après avoir creusé la faille du système de sécurité à Spandau dévoilée par ce Reed-Henry : la forteresse est imprenable et les gardes ont ordre de tirer à vue sur ceux qui s'approchent trop près de l'enceinte, mais Hess a des ennuis de santé qui les obligent à sortir le vieillard de sa prison. Il faut donc attaquer le convoi qui emmène Hess à l'hôpital. Mais il faudrait en même temps que l'alarme ne soit pas donnée durant plusieurs heures pour laisser le temps aux mercenaires de quitter Berlin avec Hess par l'un des corridors traversant la sinistre Allemagne de l'Est : Faulkner parvient à trouver un moyen de relever ce défi et reforme une nouvelle unité « Oies sauvages » avec d'autres vétérans du Liban. Il retrouve d'abord à Berlin un certain Pierre, ami de longue date connu à Beyrouth et qui est aujourd'hui cascadeur dans une foire du trône : il lui délègue la première partie du plan, celle qui consiste à simuler un accident avec le convoi. Pierre devra lancer sa Mercedes-Benz contre l'ambulance transportant Hess et essayer de la renverser le plus « proprement » possible. Faulkner fait ensuite venir deux frères ayant travaillé sous ses ordres à Beyrouth pendant que Haddad, en sniper embusqué, continue de défendre le colonel contre les agressions violentes des services secrets est-allemands. Ceux-ci enlèvent Kathy et Faulkner est contraint d'accepter un mercenaire de l'IRA dans son groupe. Il sera là pour s'assurer que les mercenaires livrent bien Hess aux Allemands de l'Est : les secrets détenus par Hess pourraient leur permettre ensuite de manipuler les pays impliqués. John Haddad trouve un moyen ingénieux et spectaculaire pour libérer Kathy Lukas avant le clou de l'opération. Il ne participera donc pas à celle-ci pour aller attaquer seul la maison où est détenue Kathy. L'entraînement du groupe, lui, continue dans une grande bâtisse anonyme du centre de Berlin : un sergent britannique entraîne les hommes à se comporter comme de vrais soldats de la Police Militaire Royale afin de pouvoir intervenir juste après l'accident provoqué par Pierre. Faulkner et ses hommes, déguisés en soldats britanniques, gèreront alors immédiatement avec autorité le site de l'accident et iront ensuite remplacer le corps du vrai Rudolf Hess par un cadavre lui ressemblant. L'autopsie du faux Rudolf Hess devra être faite en présence de hauts représentants des quatre puissances : cela laissera-t-il suffisamment de temps aux mercenaires pour rejoindre le Stade Olympique et la cohue d'une fin de match entre le club de Berlin et un club autrichien ? C'est là en effet que tout devrait se jouer car Faulkner a peut-être eu un coup de génie pour s'évader de Berlin-Ouest en doublant les services secrets est-allemands et britanniques : se mêler aux supporters du club autrichien qui doivent reprendre l'avion à... Berlin-EST ! Si son plan réussit et qu'EBC diffuse effectivement l'interview explosive de Hess, cela pourrait avoir des répercussions mondiales...

Modifications apportées à la dernière minute[modifier | modifier le code]

Richard Burton mourut la veille du premier jour de tournage et le producteur Euan Lloyd demanda au scénariste de réviser le script en catastrophe : c'est le frère de Faulkner, prénommé Alex (et interprété par Edward Fox), qui débarque au siège d'EBC (attention : nous parlons de la version originale, la version française a été amputé de plusieurs scènes (15 minutes en tout) dont celle-ci). Mais lui refuse la mission : il conseille aux Lukas d'engager John Haddad (Scott Glenn), qui n'est donc plus homme de main dans la version tournée mais leader de l'opération. L'entretien entre Allen Faulkner et les Lukas est par conséquent coupé en deux pour permettre à John Haddad de reprendre la main. Ce changement entraînera un film constamment illogique : nous avons vu que le Colonel Faulkner devait initialement mener cette mission avec ce tueur à gages aux allures de marginal pour l'épauler puis le protéger dans la jungle urbaine de Berlin. Après les modifications, nous avons donc ce même marginal qui dirige cette fois la mission avec un Colonel qui reviendra sous ses ordres dans une mission qu'il avait refusée ! Même Scott Glenn, pourtant promu au casting, a reconnu avec une impressionnante humilité dans une interview lors de la promotion de Silverado que ce changement était la principale cause de l'échec du film : « On a transformé mon personnage secondaire en personnage principal : cela ne pouvait pas marcher. »[réf. nécessaire]

Edward Fox ne se lance plus seul (comme l'aurait fait Scott Glenn) à l'assaut de la maison où Kathy est retenue en otage et ce même Scott Glenn vient l'épauler contre toute logique (il est censé attendre l'accident simulé à l'autre bout de Berlin !) mais pour éviter le plus grand gag involontaire de l'histoire du cinéma s'il avait laissé le frêle Edward Fox jouer seul les Rambo urbains.

Scènes-clé ayant souffert d'une réduction de budget[modifier | modifier le code]

Co-financé par les américains de Thorn Emi, le film avec Richard Burton disposait d'un budget très conséquent à l'époque de 10 millions de $. De nombreux éléments déjà prêts pour le tournage démontrent l'ampleur de la production dans le film tourné : la prison de Spandau reconstituée grandeur nature par exemple (il était bien sûr interdit de filmer la vraie). Mais ensuite, plusieurs scènes essentielles ont subi le revers d'un budget réduit au minimum.

  • Le grand final dans Berlin devait se dérouler lors d'une imposante opération militaire britannique lancée en réaction à une attaque simulée des Russes (d'où les hélicoptères sur l'affiche originale et même la jaquette DVD, alors que l'on ne voit jamais d'hélicoptères dans le film). Cette opération, lancée sous l'influence de Reed-Henry pour créer encore plus de confusion au moment de l'accident, existait dans la réalité et tous les Anglais se faisaient évacuer en urgence de Berlin par les militaires de la Couronne, pour donc échapper à cette agression russe fictive : un entraînement grandeur nature en somme, appelé operation rocking horse...
  • L'attaque du convoi transportant Hess devait se dérouler sur une cinq voies très connue de Berlin : la Heer Strasse. La scène n'a même pas été filmée sur une route ressemblante mais sur une simple route de campagne alors que nous sommes censés être en plein Berlin.
  • Une autre scène-clé vers la fin du film devait être tournée au célèbre stade olympique de Berlin. Le film ne montre pas le stade et des scènes de match de football ont été « empruntées » à une émission télévisée comme dans une pâle série Z.

Richard Burton à l'époque des Oies Sauvages 2[modifier | modifier le code]

L'aura de Richard Burton était sans conteste l'élément essentiel de l'effervescence qui se créait à l'époque autour des Oies Sauvages 2. La preuve en est que les préventes du film avaient permis au producteur de lui allouer un budget très confortable alors que Burton sortait d'une longue absence au cinéma (son dernier film en vedette remontait à 1980). Pour son tout dernier film 1984 (où il ne tenait pourtant que le second rôle), il recevra des critiques dithyrambiques : « D'une puissance rare. Une prestation extraordinaire de Richard Burton dont chacune des apparitions fait monter le film d'un cran. » (Saison Cinématographique 1985). Comme le soulignait avec humour le célèbre acteur irlandais Richard Harris : « Si on mettait dix éléphants avec Richard Burton sur une scène, on ne verrait que Richard ». Bien sûr, il ne défrayait plus la chronique comme à l'époque de ses deux mariages passionnés et tumultueux avec Liz Taylor, beaucoup le disaient même en perte de vitesse, voire fini, mais on disait déjà cela sept ans auparavant avant que Les Oies Sauvages ne fracassent le box-office international et le talent de Euan Lloyd pour médiatiser cette seconde partie allait tout de même finir par instaurer le doute chez les plus sceptiques. En effet, avant même le premier tour de manivelle, Lloyd avait déjà fait dessiner l'affiche qui annonçait clairement la couleur : Richard Burton serait cette fois la star du film. Toutes les conditions étaient réunies pour un nouveau triomphe au box-office et le grand come-back de Richard Burton au cinéma dont le dernier gros succès remontait lui à 1978 avec... Les Oies Sauvages. Début 1984, Euan Lloyd se trouvait alors en Californie pour le casting du film quand il reçut un coup de téléphone: c'était Burton pour lui demander les coordonnées du professeur qui avait guéri avec un certain génie ses problèmes de dos sur le tournage des Oies Sauvages. Le spécialiste de Pretoria pourrait ainsi guider le médecin qu'il avait en Haïti (où il se trouvait pour des vacances car il y possédait une maison). Euan Lloyd répondit bien entendu à sa requête et un coup de fil plus tard, Burton alla mieux. Mais Euan Lloyd contacta le scénariste Reginald Rose pour modifier légèrement le script afin de tenir compte de ce problème, d'autant plus que les producteurs américains trouvaient le second rôle un peu trop effacé : il faudrait donc le faire entrer dans le script plus tôt que dans le roman, car c'est un acteur américain connu qui devra tenir ce rôle (exigence de la co-production US). Ces problèmes de dos n'étaient malheureusement pas le seul souci du producteur : les assurances refusaient désormais en effet de couvrir la star britannique et si Burton lâchait le film en cours de tournage, ce serait une catastrophe financière de dix millions de dollars (le budget du film, égal à celui du premier opus. Pour donner un ordre d'idée, c'était environ une fois et demi le budget des Dents de la Mer ou de Terminator). Mais Lloyd avait confiance dans le professionnalisme de Burton pour l'avoir déjà vu à l'oeuvre en Afrique sept ans plus tôt. Il prit donc le risque d'autant que le rôle serait bien moins éprouvant que lors de l'épopée africaine.  Fin juillet, Burton était chez lui à Céligny, en Suisse, où il se préparait pour le tournage des Oies Sauvages II. Ses amis savaient qu'il s'apprêtait à s'envoler pour Berlin où il tournerait jusqu'à la fin de l'été, car Burton parlait avec enthousiasme de ce film à son entourage.  L'équipe du film commença à se réunir début août 1984 en Allemagne sous la houlette de Peter Hunt (le réalisateur du James Bond ''Au Service Secret de sa Majesté''). Il était en effet clair depuis le départ que ce ne serait pas de nouveau Andrew V. McLaglen aux commandes, car celui-ci était déjà par ailleurs engagé sur le tournage d'un téléfilm de prestige avec Lee Marvin : la suite du mythique ''Les 12 Salopards''. D'autre part, Peter Hunt devait déjà réaliser le premier opus en 1978 mais avait dû à l'époque décliner l'offre. Dans la distribution des Oies Sauvages II figurait également dans un petit rôle l'actrice allemande Ingrid Pitt (déjà aux côtés de Burton dans Quand les Aigles Attaquent). Elle se réjouissait à l'idée de retrouver la star britannique le lendemain sur le plateau quand le téléphone sonna dans sa chambre d'hôtel pour lui annoncer une terrible nouvelle. Euan Lloyd devait lui arriver sur place dans la soirée et rejoindre cet hôtel où résidait une partie de l'équipe car il venait apporter le reste des fonds finançant le tournage. Anéantie par la nouvelle, Ingrid partit se réfugier au bar de l'hôtel. Elle sortait de l'ascenseur quand elle croisa Lloyd qui venait juste d'arriver. Il la salua tout heureux de la revoir. L'humeur enthousiaste du producteur fit immédiatement craindre le pire à l'actrice : à cause de son voyage en avion il n’était pas encore au courant (pas de portable à l'époque) et c'est elle qui allait devoir tout lui dire. Elle lui asséna alors le coup de grâce : ─ Euan... Richard est mort !  La terre s'entrouvrit sous les pieds de Euan Lloyd. Il n'avait jamais oublié, en effet, à quel point Richard Burton s'était investi lors du tournage des Oies Sauvages en 1977. Souffrant déjà horriblement du dos mais ne se plaignant jamais, allant jusqu'à inspirer le respect au véritable mercenaire Mike Hoare (conseiller technique du film) pour son interprétation réaliste et charismatique, il était Allen Faulkner et il portait une immense responsabilité dans le triomphe du film. Mais là cette fois c'était différent : Les Oies Sauvages II reposait entièrement sur lui. Le drame fut d'autant plus éprouvant et inattendu pour tous que Richard Burton, avant son hémorragie cérébrale, était dans une forme éblouissante.  Malgré la double tragédie qui s'abattait sur lui (la perte d'un ami et un cataclysme professionnel), et alors que le temps pour trouver un remplaçant était plus que compté, Euan Lloyd n'hésita pas à se rendre au Pays de Galles à l'église de Pontrhydyfen, l'endroit d'où était originaire Burton, pour une célébration qui avait lieu deux jours après l'enterrement en Suisse. Il avait laissé son épouse à Berlin et les événements qui l'accablaient tout d'un coup le rendaient désespéré. Il avait pris tous les risques, fait passé avant toute autre considération son amitié pour Richard Burton, s'était moqué des assurances, pensant qu'il allait de nouveau gagner son pari de façon triomphale comme en 1978 avec Les Oies Sauvages et il était en train de tout perdre.

Après la disparition de Richard Burton : tournage cauchemardesque[modifier | modifier le code]

 La disparition brutale de l'acteur obligea donc toute l'équipe du film à terminer le tournage des Oies Sauvages II sans sa star emblématique. Le projet était en effet bien trop avancé pour annuler quoique ce soit mais Euan Lloyd ne parvenait pas à trouver un remplaçant digne de ce nom à Burton. Il n'avait pas à remplacer qu'un ami, mais aussi une véritable légende du cinéma. Il passa trois jours dans ses bureaux de Londres à passer des coups de fil à tous les agents d'acteurs susceptibles de prendre la relève. Lloyd envisagea un temps l'acteur britannique Lewis Collins, alors assez connu pour la série TV Les Professionnels. Là, il y eut deux problèmes : le premier, et non le moindre, était que Collins avait été le premier choix pour le rôle de John Haddad. Il avait même déjà commencé à parler de son rôle dans des interviews. Mais les financiers américains de Thorn Emi exigèrent son remplacement par un "nom" américain. Euan Lloyd se sépara donc de Collins pour Scott Glenn. On se doute que la décision ne dut pas être facile à prendre car après avoir donc été une star du petit écran, Collins fut lancé au cinéma par Euan Lloyd lui-même en 1982 dans un film à la gloire des S.A.S. britanniques et dans lequel ils libèrent une ambassade prise en otage. Ce film intitulé Commando en France (Titre original : Who dares wins, rien à voir avec le Commando de Schwarzenegger) connut un certain succès. Lloyd prétendit avoir écarté Collins, craignant que le spectateur ne fasse un amalgame entre le personnage de ce film et celui des Oies Sauvages II. Explication difficilement crédible (comme si ce Commando avait été un triomphe inoubliable !) mais dissimulant discrètement cet épisode. Seconde question : Lloyd allait-il rappeler un acteur qu’il avait préalablement lui-même écarté du projet ? Si ce fut le cas, la nouvelle qui suit dut être un nouveau coup de massue pour le producteur : viré de la suite officielle des Oies Sauvages, Lewis Collins venait en effet ni plus ni moins de tourner à ce moment précis en Asie... une « fausse » suite des Oies Sauvages ! Une co-production italo-germano-suisse qui profita, parfois à la limite du plagiat (mais avec un certain succès), de la renommée exceptionnelle du film original avec un titre on ne peut plus évocateur ( Nom de code : Oies sauvages (1984) de Anthony M. Dawson. D'autres séries B italiennes utiliseront d'ailleurs le terme « Oies Sauvages » dans leur titre afin d'entretenir la confusion chez certains spectateurs peu regardants). Le producteur suisse Erwin C. Dietrich, dont le nom apparaît au début du générique allemand des Oies Sauvages 1 juste en dessous de celui de Euan Lloyd (Euan Lloyd et Erwin C. Dietrich présentent), avait en effet décidé de produire seul une « fausse » suite sans doute pour profiter de l'annonce de la mise en chantier de la « vraie ». On comprend désormais mieux l'amalgame que souhaitait à tout prix éviter Lloyd en se refusant quoiqu'il arrive à réengager Lewis Collins : il ne voulait surtout pas que ses Oies Sauvages II ressemble à la suite de Nom de Code : Oies Sauvages produit par son frère ennemi, ce qui aurait été avouons-le un comble. Jouant d'une malchance hallucinante et après d'autres contacts infructueux, Lloyd comprit qu'il ne trouverait jamais une nouvelle star crédible en si peu de temps. Or le temps pressait. Il fit réécrire le script à Reginald Rose, après avoir finalement décidé de donner sa chance en tête d'affiche à Scott Glenn, prévu depuis le départ dans le second rôle, mais ironie du sort : il était plus connu que les derniers acteurs susceptibles de remplacer Burton. Son personnage conservera son identité (John Haddad) mais reprendra tous les dialogues et toutes les scènes prévues pour Faulkner ou presque. Lloyd contacta alors l'acteur anglais Edward Fox car il l'avait récemment revu à la télévision dans Le Chacal et l'avait trouvé « proche de Richard Burton ». Il jouera donc le rôle du frère d'Allen Faulkner. On aura compris qu'il subira le sort inverse de Scott Glenn : à lui le rôle d'un personnage qui ressemble au Faulkner original mais avec les dialogues et scènes prévues pour le personnage de John Haddad. De toutes façons, l'arrivée très tardive d'Edward Fox sur le plateau rendait un véritable remplacement techniquement impossible : Richard Burton, lui, devait être là dès le premier jour pour le tournage de la fusillade dans le quartier turc, une scène où Fox sera curieusement invisible.

Quelles scènes auraient interprétées Richard Burton ?[modifier | modifier le code]

On a compris qu'il ne faut pas imaginer Burton à la place de Edward Fox pour imaginer le film prévu. Nous n'évoquerons pas ici les différences déjà mentionnées mais seulement le film tourné au final.

Burton aurait joué la 1ère scène d'Edward Fox au siège d'EBC puis également l'entrevue à EBC de Scott Glenn (ces 2 séquences n'auraient été qu'une seule et même scène pour Burton). Ensuite Burton aurait joué l'intégralité des scènes de Scott Glenn jusqu'à l'aéroport. Là et à la pension à Vienne, c'est bien Edward Fox qui interprète le rôle prévu pour Burton. La toute dernière scène voit à nouveau Scott Glenn remplacer Burton. En résumé : Edward Fox, remplaçant officiel de Richard Burton, l'a remplacé dans 3 scènes. Trois petites scènes....

Le roman de Daniel Carney[modifier | modifier le code]

Comme Les Oies sauvages, le roman Oies Sauvages 2 a aussi été écrit par Daniel Carney, sur une idée de départ d'ailleurs suggérée par Euan Lloyd lui-même, qui envoya l'écrivain en repérages à Berlin pour trouver un plan d'évasion pour Rudolf Hess. 3 semaines plus tard, Carney téléphona à Lloyd pour lui annoncer qu'il avait trouvé un moyen et le roman fut lancé... Comme le film finalement tourné sans sa star emblématique ne sortit pas en salles en France, le roman n'avait logiquement pas bénéficié de traduction française à l'époque, manquement réparé des années plus tard grâce à une édition parue en format de poche en 2011.

Différences entre le film et le roman[modifier | modifier le code]

Le script original respectait quasiment à la lettre la trame du livre, voici les rares différences notables :

  • Kathy Lukas et son frère n'appartiennent pas à une chaîne de télévision mais à un groupe de pression composé d'universitaires défenseurs des droits de l'homme.
  • Allen Faulkner observe Spandau d'abord avec Kathy, puis seul. Il ne retrouve Haddad qu'après avoir été laissé pour mort sur une autoroute de Berlin.
  • Le film se déroule donc entre Londres, Berlin et la Bavière avec un épilogue à Vienne. Le livre voit Faulkner se faire engager aux États-Unis et partir retrouver Haddad à Paris (non à Munich). L'épilogue est lui en Grèce dans le roman.
  • Le film se passe au mois d'août, le roman en plein hiver.
  • Michael Lukas n'a pas le même destin dans le roman que dans le film.

La musique du film[modifier | modifier le code]

Le thème du film a de nouveau été composé par Roy Budd, qui a choisi de ne pas reprendre un seul extrait de sa musique écrite pour la première partie (précisons qu'il s'agissait là d'un choix artistique absolument pas lié à la disparition de Richard Burton).

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre : Les Oies sauvages 2
  • Titre original : Wild Geese II
  • Réalisation : Peter Hunt
  • Scénario : Reginald Rose
  • Musique : Roy Budd
  • Pays d'origine : Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni / Drapeau de l'Australie Australie
  • Durée : 125 minutes
  • Dates de sortie : 1985
  • (Tournage : août-septembre 1984. Lieux de tournage : Londres, Berlin, Vienne)

Le face à face Richard Burton-Barbara Carrera[modifier | modifier le code]

Daniel Carney décrit Allen Faulkner comme s'il avait voulu le voir interprété par Richard Burton. On a souvent décrit Burton affaibli et diminué dans les années 1980 : une lecture superficielle de sa filmographie cinématographique peut sembler confirmer cela : elle est en effet loin d'être imposante. Or il s'avère que la star se diversifiait entre la télévision, le théâtre et le cinéma et enchaînait en fait projet sur projet avec une incroyable énergie. Il commença cette décennie avec Les Âges du cœur (Circle of Two (en)) de Jules Dassin en 1980 (également connu sous le titre d'Obsession). Ce film est intéressant à plus d'un titre car Burton y préfigurait sous bien des aspects le Faulkner des Oies Sauvages II. Il y vivait là aussi une histoire d'amour avec une jeune femme beaucoup plus jeune que lui. Après l'échec cuisant de ce film, il fera une apparition dans la série télévisée L'Homme qui tombe à pic (The Fall Guy, avec Lee Majors).

Il connut ensuite au théâtre un des moments les plus marquants de sa carrière quand, dans la pièce Camelot, il fut obligé de quitter la scène durant la représentation à Broadway. Il titubait sur scène puis fut contraint de sortir au milieu du premier acte. Réaction du public (les problèmes de boisson de la star n'étaient un secret pour personne) : « Donnez-lui un autre verre ! »[réf. nécessaire]. De nombreux spectateurs, scandalisés, exigèrent d'être remboursés. La doublure de Burton avait pris la relève mais tous étaient persuadés que Burton avait abandonné le spectacle parce qu'il avait trop bu. L'acteur nia et affirma que c'était le mélange de plusieurs médicaments qui l'avait rendu malade. Il revint sur scène dès le lendemain, terrifié à l'idée de l'accueil que lui réserverait le public. À son entrée en scène, le public l'ovationna sans discontinuer pendant plus de trois minutes montre en main. Laissant la star bouche bée sur scène, bouleversée par le soutien extraordinaire qui lui était manifesté. Puis il avait interprété de nouveau pour la télévision le rôle titre dans la mini-série de prestige Wagner en 1983, avant d'amorcer son retour sur le grand écran avec une création monumentale dans le film 1984 d'après George Orwell. Mais c'était un second rôle. Son vrai retour au premier plan, il le savait, se ferait avec Les Oies Sauvages II. Il avait déjà joué (à la fin des années 1970) dans deux suites de films à succès, mais à chaque fois: il s'agissait de la suite d'un film où il ne figurait pas au générique (L'Exorciste 2 : L'Hérétique et La Percée d'Avranches (la séquelle du fameux Croix de fer de Sam Peckinpah). Les Oies Sauvages II était donc à marquer d'une pierre blanche dans sa filmographie : c'était la toute première fois qu'il interpréterait une seconde fois le même personnage. Et c'était - cela aurait dû être - Allen Faulkner, le fabuleux personnage créé par Daniel Carney. Il n'avait pas pris ce film à la légère et s'était préparé en conséquence car outre ce possible retour en force au sommet du box-office, il y avait également ce face à face avec l'une des stars féminines les plus en vue dans à l'époque : Barbara Carrera (le dernier 007 d'alors avec Sean Connery, Jamais plus jamais, ou la superproduction Walt Disney Condorman, qui fut à l'époque un gros succès commercial).

Avec ses faux airs de Pocahontas, Barbara Carrera est une Kathy Lukas idéale même si les remaniements de scénario la desservent, car les joutes verbales qui auraient par exemple fait merveille avec Burton tombent ici pitoyablement à plat avec Scott Glenn. La fin des années 1970 et le début des années 1980 l'avaient vue devenir l'égérie de nombreux films de genre dont la plupart furent de réels succès commerciaux (le western contemporain et Œil pour œil avec Chuck Norris, le film fantastique et L'Île du docteur Moreau avec Burt Lancaster, le film catastrophe et Le Jour de la fin du monde avec Paul Newman, ...). Elle avait commencé la décennie 1980 en acceptant un rôle torride dans le polar J'aurai ta Peau (I, the Jury (en)). Le film fut un échec commercial sans appel mais ce rôle l'amènera à faire la une de nombreux magazines masculins pour des photos mettant en valeur sa sensualité latine. Stratégie payante puisqu'elle lui permettra de franchir un palier décisif dans sa carrière avec le James Bond Jamais plus jamais. Sa nouvelle scène d'amour avec Sean Connery marquera les esprits mais ce personnage était de nouveau un personnage de femme vénale. Euan Lloyd lui proposa donc le rôle (positif, enfin) de Kathy Lukas à point nommé et elle était en passe de réussir ce que peu de « James Bond girls » ont réussi : Les Oies Sauvages II devait transformer l'essai avec un nouveau gros succès au box-office en moins de deux ans. Elle devait être l'atout charme du film avec Richard Burton incluant l'inévitable et quasi-contractuelle scène d'amour de chacun de ses longs métrages de l'époque, mais Les Oies Sauvages II lui aurait surtout enfin permis de révéler son talent dans un vrai grand rôle. La version involontairement consternante tournée sans la star britannique la privera de tout cela au dernier moment. Elle se tournera vers la télévision l'année suivante pour redonner une seconde jeunesse à la série Dallas détrônée depuis quelque temps par Dynasty : elle allait ainsi devenir Angelica Nero, la rivale directe de Joan Collins et était annoncée comme la « méchante » qui allait terroriser J.R. Ewing lui-même. Un retour aux rôles de femme arriviste et sans scrupule. La mayonnaise ne prendra pas vraiment et sa stratégie de carrière s'avérera désastreuse : elle ne sera dès lors plus sérieusement considérée comme une actrice de cinéma, alors elle tournera encore dans quelques séries B et pour la télévision jusqu'au début des années 2000, mais depuis de longues années, elle se consacre davantage à la peinture.

Les Oies Sauvages 2 avec Richard Burton et Roger Moore[modifier | modifier le code]

Roger Moore, survivant à la fin des Oies Sauvages 1, a été naturellement contacté par Lloyd pour Les Oies Sauvages 2 et son personnage de Shawn Fynn aurait alors remplacé celui de John Haddad pour refaire équipe avec Allen Faulkner/Richard Burton : Moore laisse entendre non sans humour et avec une étonnante honnêteté dans son autobiographie qu'il avait alors vraisemblablement demandé un cachet au-delà du raisonnable mais également qu'il n'aimait pas le sujet du film. Il se retira donc très vite du projet et sa participation à l'époque ne fut d'ailleurs jamais évoquée dans la presse. Très curieusement, l'acteur écrira ensuite dans la préface de "Et Dieu créa Richard Burton" qu'il avait quitté le projet suite à la mort de Burton. C'est démenti nous venons de le voir de le voir par Moore lui-même (!) dans son autobiographie et par l'affiche du film réalisée avant le tournage pour prévendre le film. On n'y voit que Richard Burton en vedette et Scott Glenn dans le second rôle. Pas de trace de Roger Moore... Une rumeur veut aussi que Roger ait été recontacté par Euan Lloyd pour jouer dans "Les Oies Sauvages II" après la mort de Richard Burton afin de sauver le film en reprenant cette fois le rôle principal. Lloyd a peut-être appelé son ami à cet instant en désespoir de cause, mais Roger Moore ne pouvait pas jouer à Berlin dans ce film puisqu'il tournait à Paris cet été-là son dernier James Bond (info vérifiable dans les bonus dvd de Dangereusement vôtre). On peut également entendre Roger Moore et Euan Lloyd commenter avec verve et comme deux amis de longue date Les Oies Sauvages 1 sur les bonus du dvd.

Distribution finale[modifier | modifier le code]

Rappel : l'arrivée en catastrophe et très tardive sur le tournage d'Edward Fox a modifié l'ordre du casting.

Carrière du film[modifier | modifier le code]

Le film tourné est passé pour une manière de capitaliser sur un titre à succès. Or, contrairement à nombre de suites, tous les noms importants du premier épisode sont là, mais la mort de Richard Burton a été fatale au film. Le film ne sortit même pas en salles dans de nombreux pays et ne passa pas non plus à la télévision en France. Il est noter qu'aucun film dans l'histoire du cinéma ne subit aussi cruellement le revers de la disparition de son interprète principal. Le seul exemple comparable étant peut-être Don Camillo et les contestataires après le décès de Fernandel.

En Allemagne, le film fit 135 000 entrées alors que l'opus 1 avait attiré 4 millions de spectateurs.

Les Oies sauvages 2 est néanmoins sorti en DVD en France.

Lien externe[modifier | modifier le code]