Big Bill Broonzy

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Big Bill Broonzy
Décès
Chicago
Activité principale guitariste et chanteur
Genre musical Blues
Années actives 1927 - 1958

Lee Conley Bradley[1], dit Big Bill Broonzy, est un guitariste et chanteur de blues américain né en 1893 ou 1903 et mort le à Chicago[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Lee est l'un des dix-sept enfants de Frank Bradley et Mittie Belcher. Sa date de naissance est incertaine, il déclare être né en 1893, mais selon son biographe Bob Riesman, il est plus probablement né le sous le nom de Lee Conley Bradley[1]. Le jeune Lee Conley, dit plus tard Big Bill Broonzy, joue d'abord du violon et du banjo lors des mariages et des fêtes familiales. Il passe deux ans sous les drapeaux en 1917-1918, dont une partie en Europe[3]. C'est en tant que guitariste qu'il commence sa carrière à Chicago au milieu des années 1920. Il rencontre Papa Charlie Jackson qui lui enseigne la guitare et l'embauche pour l'accompagner.

Lee enregistre son premier 78 tours en 1927 chez Paramount Records[4]. Deux ans plus tard, il connaît son premier grand succès avec Big Bill Blues, qui lui assure une réputation qui durera jusqu’à sa mort.

Il enregistre plus de 300 faces de disque sous son nom, et autant en qualité d’accompagnateur d’autres grands bluesmen (Washboard Sam, Jazz Gillum, Memphis Slim, entre autres). Chanteur à la voix forte, claire et prenante, au ton déclamatoire, il est un guitariste complet, véloce et bondissant dont le style innovant sera abondamment imité. Son immense talent et sa personnalité chaleureuse le rendent populaire auprès de la communauté noire de la ville de Chicago, pendant la période (1930-1942) qui représente l'âge d’or du Chicago blues.

Big Bill Broonzy, accompagné au piano par Albert Ammons, participe aux fameux concerts From Spirituals to Swing organisés en 1938 et 1939 par John Hammond au Carnegie Hall, aux côtés de Count Basie, Benny Goodman, Big Joe Turner ou Sonny Terry. Il remplace Robert Johnson qui avait d'abord été invité, mais est mort entretemps[5].

Après la Seconde Guerre mondiale, son style devient plus policé, urbain et électrifié. Il est l’un des premiers bluesmen à venir en Europe et notamment en France (1951), et participe à la propagation du blues.

Doté d'un remarquable sens commercial, il abandonne alors sa guitare électrique et sa section rythmique pour revenir à la formule soliste des origines et il est présenté comme « un laboureur noir du Sud » ou comme « le dernier des bluesmen vivants » interprétant les vieux chants folkloriques du Sud. Sur le disque Hollerin’ and Cryin’ the Blues (enregistré en France), il chante le célèbre Baby please don't go, des airs traditionnels comme John Henry ou le negro spiritual Nobody Knows. Figurent également des extraits d’un de ses concerts à la salle Pleyel avec la participation du pianiste Blind John Davis.

Atteint d'un cancer de la gorge et des poumons[6], il meurt en 1958.

Il est inhumé au Lincoln Cemetery de Worth Township dans l'Illinois.

Discographie[modifier | modifier le code]

Good Liquor Gonna Carry Me Down
  • 1956 : Big Bill Blues 1956 (Disques Vogue)
  • 1991 : Black brown and white 1951 (Polygram)
  • 2004 : The Godfather of Chicago Blues (Saga Blues)
  • 2005 : The complete Vogue Rec' (Sony)
  • 2006 : Amsterdam Live Concerts 1953 (Munich Records)

Quelques titres à la loupe...[modifier | modifier le code]

  • Baby I done got wise : Big Bill nous raconte l'histoire d'un homme, que l'amour a rendu aveugle (un classique, dans la création). Heureusement, la raison l'emportera lorsque celui-ci se rendra compte de la duplicité de sa femme.
  • Just a dream (On my mind) : l'une des chansons qui a su faire honneur au Blues. Big Bill rencontrera un succès énorme avec ce titre. Le héros de cette histoire, à qui la vie a souri, se désespère de son triste quotidien : ces anges qui passent et l'or qui coule laissent place à une grande solitude. La revanche de l'esprit sur le consumérisme...
  • That's all right baby : ce morceau est, en quelque sorte, une réponse aux musiciens détracteurs du Blues. En effet, ces derniers lui reprochaient d'être une "petite" musique, accompagnant de la "chansonnette". Les artistes de l'époque eurent l'idée d'intégrer au Blues des instruments traditionnellement utilisés dans le Jazz, rendant alors certains titres de Blues confus…
  • I.C. Blues : I.C. pour Illinois Central, le chemin de fer reliant la Nouvelle-Orléans à Chicago. Cette ligne amenait les campagnards des États du Sud vers le monde moderne et ses industries. Au travers de cette chanson, Big BIll nous livre toute la nostalgie de sa région natale.
  • Cotton Choppin' Blues : le chopping (désherbage manuel) était une tâche rude et cassante pour l'homme. Les champs de coton du Delta étaient désherbés par une main d’œuvre servile et sous-payée. Sans cette intervention humaine, la pousse de coton étouffait et compromettait la récolte. Aujourd'hui, le désherbage est chimique et Big Bill aurait probablement composé et écrit un "Monsanto Blues"...
  • These ants keep biting me : cette chanson, dont le titre fait référence à l'expression familière « I got ants in my pants » (J'ai des fourmis dans le froc), est personnelle et Big Bill de son instabilité, sa quête du « toujours plus »…
  • Pneumonia Blues : comme aujourd'hui, ce sont les peuples les plus pauvres (aux États-Unis, c'est la population noire) qui ont à souffrir des maladies les plus dévastatrices. En 1927, Victoria Spivey écrivit T.B. Blues (Blues de la Tuberculose). Big Bill s'en est inspiré, alertant sur ce mal qu'est la pneumonie.
  • Hattie Blues : Hattie incarne la femme infidèle. Probablement la chanson où Big Bill pousse sa voix aussi haut dans les aigus, criant sa complainte.
  • That number of mine : la population noire, parquée dans des ghettos aimait à se distraire par des loteries clandestines. C'est ici une ode au hasard, à la chance de tirer le bon numéro que Big Bill fait référence.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Bob Riesman, « Book excerpt: 'I Feel So Good: The Life And Times Of Big Bill Broonzy' », sur Site de la National Public Radio, (consulté le 4 janvier 2019)
  2. Michka Assayas (dir.), Dictionnaire du rock, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2000-2001, 1058 p. (ISBN 978-2-221-09565-2), p. 221-222
  3. https://www.universalmusic.fr/artiste/15805-big-bill-broonzy/bio
  4. (en) Uncle Dave Lewis, « Artist Biography », sur www.allmusic.com (consulté le 4 janvier 2019)
  5. Alex Dutilh, « Jazz au Trésor : From Spirituals to Swing, Carnegie Hall 1938-39 », sur France Musique, (consulté le 17 février 2020)
  6. (en) « Big Bill Broonzy : legacy of a musical pioneer », sur The Daily Telegraph (consulté le 13 septembre 2020).
  7. « Big Bill Blues de Jean Delire - Belfilm - Cinergie.be », sur Cinergie.be (consulté le 13 septembre 2020).

Lien externe[modifier | modifier le code]