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Obligation de guerre

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Les obligations de guerre sont des titres de créance obligataires émis par un État dans le but de se financer en temps de guerre.

Les obligations de guerre permettent à un État de capter l'épargne nationale afin de l'orienter dans le sens de l'effort de guerre durant un conflit armé. L'achat de ces obligations repose sur l'esprit patriotique des épargnants et des souscripteurs, car leur rendement est généralement inférieur à la valeur du marché[1].

Le lancement public de ce type d'obligation est souvent accompagné d'appels au patriotisme et à la conscience des citoyens, et donc à une forme de propagande faisant partie d'un ensemble plus vaste, l'effort de guerre. Les obligations étaient en général disponibles aux souscripteurs à travers tout le réseau bancaire du pays.

Un État mobilisant ses efforts de guerre fait nécessairement appel à l'épargne — ou plus spécifiquement à des liquidités, de la trésorerie accumulées par des ménages et des entreprises — pour augmenter ses capacités à constituer une industrie militaire efficace : dans la réalité, il existe deux types de démarches, soit l'emprunt forcé, soit l'emprunt volontaire. Ce dernier prend la forme d'obligations, c'est-à-dire qu'un État s'oblige à rembourser l'argent qu'il emprunte en plusieurs fractionnements, sur des durées et un étalement variables : le défaut de paiement est dans ce cas très rare. Il existe pourtant plusieurs cas de non-remboursement, par exemple quand un État se retrouve de facto en situation de faillite, tels que la France en 1797, ou l'Allemagne en 1921-1924.

Au XIXe siècle, d'importantes obligations de guerre sont émises par les États-Unis au moment de la « Guerre civile » (1861-1865). En France, après la guerre franco-allemande de 1870, le pays est contraint de payer 5 milliards de francs-or à l'Allemagne[2].

Au XXe siècle, ce type d'obligations a été massivement utilisé lors des guerres mondiales. La France a alors recours à de grands emprunts nationaux.

Au Royaume-Uni, le Trésor de Sa Majesté fait voter dès août 1914 le Government War Obligations Act afin d'émettre des obligations en vue de la Première Guerre mondiale[3].

Le gouvernement fédéral des États-Unis lève des sommes importantes grâce à ses U.S. War Bonds[4].

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le même phénomène se reproduit tant du côté des Alliés que du côtés des forces de l'Axe.



Bibliographie

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  • Gary Sheffield, La première Guerre mondiale en 100 objets : Ces objets qui ont écrit l'histoire de la grande guerre, Paris, Elcy éditions, , 256 p. (ISBN 978 2 753 20832 2), p. 30-33

Références

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  1. (en) Michael C. C. Adams, The Best War Ever: America and World War II, JHU Press, (ISBN 978-1-4214-1668-7, lire en ligne)
  2. Émile PAGÈS (pseud [i e Louis Bergeron.]), Les sept milliards de la guerre remboursés en quarante-cinq ans sans augmentation d'impôts. Projet de conversion du 5%., (lire en ligne)
  3. France Ministère de l'économie et des finances, Bulletin de statistique et de législation comparée, Imprimerie nationale, (lire en ligne)
  4. Henry Laufenburger, Crédit public et finances de guerre, 1914-1944 (Allemagne, France, Grande-Bretagne), Librairie de Médicis, (lire en ligne)