Le Trouvère

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Le Trouvère
Genre Grand opéra
Nbre d'actes 4 actes et un ballet
Musique Giuseppe Verdi
Livret Émilien Pacini
Langue
originale
Français
Sources
littéraires
Le livret d'Il trovatore de Salvatore Cammarano
Dates de
composition
1855-1856 pour les modifications et ajouts
Création 12 janvier 1857
Opéra de Paris

Le Trouvère est un « grand opéra » en quatre actes et un ballet de Giuseppe Verdi sur un livret en français d'Émilien Pacini, d'après celui de Salvatore Cammarano pour Il trovatore, la version italienne de l'opéra, créé le 12 janvier 1857 à l'Opéra de Paris.

Genèse[modifier | modifier le code]

À la suite de la première triomphale d'Il trovatore, le 26 décembre 1854 au Théâtre italien de Paris, François-Louis Crosnier, le directeur de l'Opéra de Paris, propose à Giuseppe Verdi de revoir son opéra pour l'adapter aux attentes du public de la « grande boutique » : il s'agissait d'en faire une version française, assortie d'un ballet, selon les standards du « grand opéra » alors en vigueur dans la première salle de la capitale française. Après quelques difficultés et un procès perdu contre Toribio Calzado, l'impresario du Théâtre des Italiens, Verdi peut enfin donner son accord le 22 septembre 1856.

Composition[modifier | modifier le code]

La traduction du livret de Salvatore Cammarano est confiée à Émilien Pacini qui travaille sous l'œil vigilant de Verdi. Celui-ci apporte de nombreuses modifications à la partition, réécrit la scène finale et compose le ballet du troisième acte.

Le ballet[modifier | modifier le code]

Placé au troisième acte entre le chœur d'introduction et le trio de la scène suivante, le ballet du Trouvère est, selon la tradition du « grand opéra » à la française, un long intermède composé d'un « Pas des bohémiens », une « Gitanilla », une « Seviliana », un numéro titré « La bohémienne », un « Galop » et une « Sortie de la danse ».

Pour Guillaume de Van[1] « ce ballet n'a rien à faire dans Il trovatore mais mérite d'être réécouté à l'occasion d'une reprise de la version française. »

La scène finale[modifier | modifier le code]

Verdi a donné au Trouvère une fin plus étoffée que celle d'Il trovatore : alors que l'exécution de Manrico intervient et se déroule rapidement dans la scène équivalente de l'opéra italien, Verdi rajoute ici un Miserere et l'air de Leonora « Di te... di te scordarmi » est remplacé par un air chanté par Manrico « Ma mère, sois bénie » ; le trouvère évoque ensuite sa bien-aimée dans une complainte. Ce n'est qu'après encore un duo dans lequel Azucena exprime son tourment, et le comte l'assouvissement de sa vengeance, que Manrico est enfin exécuté et que la gitane assène à de Luna son terrible secret.

Il s'agissait pour le compositeur de satisfaire là le goût du public de la « grande boutique ». Selon Guillaume de Van toujours[2], cette scène finale « suggère une volonté purement conjoncturelle de trouver à peu de frais une fin plus spectaculaire » : le Miserere est en effet repris du début du quatrième acte.

Création[modifier | modifier le code]

Le Trouvère est créé le 12 janvier 1857[3] sur la scène de l'Opéra Le Peletier, qui était alors la salle de l'Académie impériale de Musique, par Pauline Gueymard-Lauters (Leonora), Adelaide Borghi-Mamo (Azucena), Louis Gueymard (Manrico), Marc Bonnehée (De Luna) avec Narcisse Girard à la direction. L'ouvrage obtint un grand succès public et une réception dithyrambique de la part de la critique. Il est aujourd'hui rarement représenté.

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guide des opéras de Verdi, dir. Jean Cabourg, p. 508.
  2. Ibid., p. 513.
  3. Alain Pâris mentionne cependant deux représentations en français sur le livret de Pacini, les 22 février et 20 mai 1856 respectivement à l'Opéra de Marseille et à la Monnaie de Bruxelles (Livrets d'opéras, vol. 2, p. 478).

Articles connexes[modifier | modifier le code]