Emmanuelle Haïm

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Emmanuelle Raymonde Suzanne Haïm, née le à Paris, est une claveciniste et cheffe d'orchestre française. Spécialiste de la musique baroque, elle crée en 2000 et dirige l'ensemble Le Concert d'Astrée. En parallèle, elle développe une carrière de cheffe invitée auprès de prestigieux orchestres modernes : Orchestre philharmonique de New York, Orchestre philharmonique de Los Angeles, Philharmonie de Berlin, Opéra d'État de Vienne, etc.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une formation de pianiste avec Yvonne Lefébure[1] et d'organiste avec André Isoir[2], elle étudie l'écriture musicale, l'harmonie et le contrepoint avec Jean-Claude Raynaud, et le clavecin notamment auprès de Kenneth Gilbert[2]. Elle étudie également cette instrument au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dans la classe de William Christie dont elle devient l'assistante[2] aux Arts florissants[3]. Elle obtient cinq premiers prix au conservatoire de Paris[4].

Sa passion pour l'expression vocale la pousse à se consacrer à la direction en résidence du chant au Centre de musique baroque de Versailles[5]. Elle enseigne au Conservatoire national supérieur de musique de Paris[6] de 1990 à 2002, où elle donne des cours d'écriture, de musique vocale et de répertoire baroque.[réf. nécessaire] Elle travaille également auprès de Daniel Harding et Claudio Abbado avant qu'elle ne décide définitivement de devenir cheffe d'orchestre grâce à Simon Rattle[7].

On la retrouve ainsi à la direction de prestigieuses scènes internationales en tant que cheffe invitée. En 2001, elle connaît un succès retentissant au Glyndebourne Touring Opera, avec Rodelinda puis Theodora de Haendel en 2003[8]. Elle est la première femme à diriger la compagnie de l'Opéra lyrique de Chicago dans Giulio Cesare in Egitto, en 2007[9]. En mars 2008, Emmanuelle Haïm est pour la première fois à la tête de l'Orchestre philharmonique de Berlin et est invitée à s'y produire[10]. Artiste fidèle du Glyndebourne Opera Festival, elle y présente à l'été 2008, L'incoronazione di Poppea[11]. Par ailleurs, elle dirige régulièrement l'Orchestre de l'âge des Lumières[12], l'Orchestre symphonique de Birmingham, le Scottish Chamber Orchestra[13] et le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin[4].

En 2000, elle fonde son propre ensemble de musique baroque, Le Concert d'Astrée[14]. L'orchestre se produit aussi bien dans Rameau ou Monteverdi que dans Purcell ou Haendel. L'ensemble multiplie les représentations, autant en France (Paris, Caen) qu'à l'étranger (Salzbourg, Londres, Amsterdam, Vienne, Bruxelles, Prague, États-Unis)[15]. Son succès est couronné en 2003 par une Victoire de la musique classique récompensant le meilleur ensemble de l'année. En 2004, l'orchestre s'installe en résidence à l'opéra de Lille[14].

En 2005, pour poursuivre son projet avec son orchestre, Haïm crée le chœur du Concert d'Astrée qui se joint à l'orchestre sur divers projets[16]. Lors des productions lyriques scéniques, Haïm et Le Concert d'Astrée collaborent avec de grands noms de la mise en scène comme Robert Wilson, Robert Carsen ou Sandrine Anglade[17]. Parmi les versions scéniques dirigées par Emmanuelle Haïm, on peut citer Hippolyte et Aricie de Rameau[18] ou Les Noces de Figaro[19].

En 2001, Le Concert d'Astrée signe un contrat d'exclusivité avec le label Virgin Classics[16]. Les enregistrements sont récompensés à plusieurs reprises par la critique : en France, par les Victoires de la musique classique (Lamenti, meilleur enregistrement en 2009, Carestini, The Story of a Castrato, meilleur enregistrement en 2008)[20] comme à l'étranger. L'enregistrement Dido and Aeneas reçoit, en 2003, le Prix Echo (Allemagne)[4].

En 2010, Haïm dirige notamment Philippe Jaroussky et Sandrine Piau lors de deux soirées de gala consacrées à Haendel au théâtre des Champs-Élysées.[réf. nécessaire] Elle s'y rend de nouveau en novembre 2010 pour interpréter Orlando de Haendel[21] En 2011, elle dirige son orchestre dans une autre œuvre de Haendel, Giulio Cesare in Egitto, dans une mise en scène de Laurent Pelly, à l'Opéra Garnier[22]. En 2012, elle dirige Le Concert d'Astrée dans Médée au théâtre des Champs-Élysées[23].

Pour la saison 2013-2014, elle dirige La finta giardiniera dans une mise en scène de David Lescot[24]. Lors de la saison 2014-2015, elle dirige Castor et Pollux de Rameau[25]. En 2015-2016, elle présente Mithridate de Mozart avec entre autres Patricia Petibon, Sabine Devieilhe, Michael Spyres et Cyrille Dubois[26].

En 2016 est créé au festival d'Aix-en-Provence, dans une mise en scène de Krzysztof Warlikowski, Il Trionfo del Tempo e del Disinganno de Händel[27]. L'année suivante, à l'opéra de Lille, elle présente Cosi Fan Tutte dans une mise en scène de Christophe Honoré[28].

La saison 2018-2019 voit la création à Lille dans une mise en scène de Jean Bellorini de Rodelinda (Haendel) et de Les Boréades (Rameau) dans une mise en scène de Barrie Kosky à Dijon. En , elle présente le semi-opéra The Indian Queen de Henry Purcell dans une mise en scène de Guy Cassiers[29].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Prix Echo pour Didon et Énée, Allemagne, 2003
  • Prix du meilleur ensemble de l'année avec le Concert d'Astrée aux Victoires de la musique classique 2003
  • Prix du meilleur enregistrement de l'année avec le Concert d'Astrée aux Victoires de la musique classique 2008 pour Carestini, The Story of a Castrato
  • Prix du meilleur enregistrement de l'année avec le Concert d'Astrée aux Victoires de la musique classique 2009 pour Lamenti

Décorations[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

CD[modifier | modifier le code]

DVD[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Olgan, « Emmanuelle Haïm : «Ceux qui ont changé ma vie» » Accès payant, Le Figaro, (consulté le ).
  2. a b et c « Une ambition baroque », Les Échos, (consulté le ).
  3. Thierry Hillériteau, « Emmanuelle Haïm, l'étincelle baroque » Accès payant, Le Figaro, (consulté le ).
  4. a b et c Dictionnaire des Musiciens, Encyclopaedia Universalis, .
  5. « Programme du jeudi musical du 6 janvier 2022 », sur cmbv.fr (consulté le ).
  6. « Musiques », Le Monde, (consulté le ).
  7. Lorenzo Ciavarini Azzi, « "Avec mes musiciens, c'est main dans la main, depuis toujours" : Emmanuelle Haïm fête les vingt ans de son ensemble Le Concert d'Astrée », France Info, (consulté le ).
  8. « Théâtre des passions », Les Échos, (consulté le ).
  9. Marie-Aude Roux, « Emmanuelle Haïm, triomphale », Le Monde, (consulté le ).
  10. (de) « »Miss Dynamite« - Emmanuelle Haïm zu Gast bei den Berliner Phikharmonikern und im Kammermusiksaal », sur berliner-philharmoniker.de (consulté le ).
  11. « L'incoronazione di Poppea | Le couronnement de Poppée, opéra de Claudio Monteverdi », sur anaclase.com, (consulté le ).
  12. « Journée Emmanuelle Haïm sur France Musique », Radio France, (consulté le ).
  13. « Emmanuelle Haïm - Chef d'orchestre », Jeunes Talents, (consulté le ).
  14. a et b Jean-Baptiste Urbain et Clément Rochefort, « Emmanuelle Haïm : "Il faudrait plusieurs vies pour explorer le répertoire magnifique encore devant nous !" », Radio France, (consulté le ).
  15. « Emmanuelle Haïm, femme orchestre » Accès payant, Le Quotidien du Médecin, (consulté le ).
  16. a et b « Biographie d'Emmanuelle Haïm et du Concert d’Astrée », sur concerclassic.com (consulté le ).
  17. « Emmanuelle Haïm : "Au-delà de la musique, ce qui compte c'est cette capacité à la communication" », Radio France, (consulté le ).
  18. Philippe Ramin, « Lave incandescente en quête d’oxygène : Hippolyte et Aricie au TCE », Bachtrack, (consulté le ).
  19. Gé. C., « Emmanuelle Haïm », Le Monde, (consulté le ).
  20. Karima Romdane, « Gala Monteverdi avec le Concert d'Astrée, direction Emmanuelle Haïm », sur italieaparis.net, (consulté le ).
  21. « Orlando - Haendel - Théâtre des Champs-Élysées », sur chanteur.net, (consulté le ).
  22. « Paris. Palais Garnier, jeudi 20 janvier 2011. Haendel: Giulio Cesare in Egitto, 1724. Choeur de l’Opéra National de Paris. Natalie Dessay, Cleopatra…, Le Concert d’Astrée. Emmanuelle Haïm, direction. Laurent Pelly, mise en scène », sur classiquenews.com, (consulté le ).
  23. Fabien Cavaillé et Claire Lechevalier, « La femme puissante. Entretien avec Emmanuelle Haïm », Skén&graphie, no 4,‎ , p. 65-71 (lire en ligne).
  24. « Lille : «La Finta Giardiniera», opera buffa de Mozart par Emmanuelle Haïm », La Voix du Nord, (consulté le ).
  25. « Castor & Pollux dépoussièré par Haïm et Kosky », sur resmusica.com, (consulté le ).
  26. Sophie Bourdais, « Au Théâtre des Champs Elysées : “‘Mithridate’ est un chef-d'œuvre en soi” », Télérama, (consulté le ).
  27. Michel Egea, « Aix-en-Provence : Sur son petit nuage festivalier, Emmanuelle Haïm converse avec Haendel qu’elle aime tant », sur destimed.fr, (consulté le ).
  28. Gilles Charlassier, « Cosi fan tutte ou les couleurs de l’ambivalence avec Emmanuelle Haïm et Laurent Pelly », La Terrasse, (consulté le ).
  29. Julien Hanck, « The Indian Queen selon Guy Cassiers et Emmanuelle Haïm », La Terrasse, (consulté le ).
  30. Décret du 13 juillet 2007 portant promotion et nomination.
  31. a et b « Le Concert d’Astrée - Emmanuelle Haïm, direction » [PDF], Collégiale Saint-Martin, (consulté le ), p. 5.
  32. Décret du 2 mai 2017 portant promotion et nomination.
  33. a b et c « Les mille et une vies d'Emmanuelle Haïm », Forum Opéra, .
  34. Bertrand Dermoncourt, « Natalie Dessay et Emmanuelle Haïm, gammes sœurs » Accès payant, L'Express, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Presse[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]