Marches

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Marches
Drapeau de Marches
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Chef-lieu Ancône
Provinces 5
Communes 228
Président Luca Ceriscioli (PD)
NUTS 1 ITE (Italie centrale)
ISO 3166-2 IT-57
Démographie
Population 1 528 210 [1]hab. (30/04/2018)
Géographie
Superficie 940 138 ha = 9 401,38 km2
Localisation
Localisation de Marches
Liens
Site web regione.marche.it

Les Marches (en italien le Marche [ˈmarke]) sont une région d'Italie centrale qui compte au [1]1,528 210 million d'habitants sur 9 401,38 km2.

Histoire[modifier | modifier le code]

La région a comme capitale Ancône que les Romains annexent au IIIe siècle av. J.-C. Les Grecs se sont limités à la fondation d'Ancône au IVe siècle av. J.-C. et établissent seulement des liens commerciaux avec les premiers. Les Marches sont envahies par les tribus gauloises des Sénons (qui fondent Senigallia, aujourd'hui jumelée avec Sens). Ils sont chassés par les Romains (vestiges en particulier à Fano et Ancône) avec l'aide des Picéniens, qu'ils défont ensuite vers 300 av. J.-C..

On assiste après la chute de l'Empire romain d'Occident à l'invasion des Ostrogoths lors des migrations germaniques.

Au haut Moyen Âge, les villes d'Ancône, Fano, Pesaro, Rimini et Senigallia forment la Pentapole d'Italie, puis elles sont le théâtre des affrontements de deux maisons seigneuriales, les Malatesta, de Rimini, et les Montefeltro, d'Urbino[2].

Également, au IXe siècle, de nombreuses razzias le long des côtes de la part des Sarrazins expliquent l'installation de nombreux villages côtiers fortifiés sur les hauteurs notamment dans la moitié sud de la région.

De nombreuses communes libres se constituent au XIIe siècle. La région subit ensuite les luttes entre les Gibelins et les Guelfes. La République d'Ancône, république maritime importante, s'émancipe du marquisat d'Ancône et s'enrichit du commerce avec l'Orient, malgré la concurrence redoutable de Venise.

Les Marches font partie des États pontificaux entre 1532 et 1860[2].

À la suite de l'invasion française au début du XIXe siècle, et après quelques vicissitudes (création de la République Cisalpine, annexion à Naples, tentatives de Murat), le congrès de Vienne structure la région en cinq provinces (Ancône, Ascoli, Fermo, Macerata et Pesaro).

Une bataille décisive du Risorgimento eut lieu en 1860 à Castelfidardo, où Cialdini défit les troupes pontificales du général Lamoricière : elle permit l'union des territoires du Sud, libérés (ou conquis) par Garibaldi à ceux du Nord, dépendants de Vittorio Emmanuel[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

altimétrie des Marches

La région se situe au centre-est de l'Italie le long de l'Adriatique, entre la Romagne au nord, l'Ombrie et la Toscane à l'ouest et les Abruzzes au sud. Elle est bordée par la dorsale de l'Apennin (Appennino Umbro) à l'ouest : l'altitude y varie de 1 702 m au Monte Catria au centre-nord à 2 472 m dans les Monts Sibyllins au sud au Monte Vettore. Le paysage se compose de 31 % de montagne et 69 % de collines[2]. Des collines douces percées par quelques fleuves côtiers parallèles, perpendiculaires à la côte et dépassant à peine 100 km de longueur (Foglia, Métaure, Esino, Misa, Chienti, Tenna, Tronto...) viennent plonger directement dans la mer : Stendhal a été particulièrement séduit par ce relief dépourvu de la moindre plaine. Elle est donc « compressée ».

Le , Stendhal écrit depuis Lorette : «  Nous nous promenons le long du golfe Adriatique, sur ces collines singulières. couvertes de verdure, et desquelles, par un accident des plus bizarres que j’ai vu, on plonge tout à coup sur la mer. Tantôt, pendant deux ou trois milles, le chemin suit la crête d’une montagne, à droite et à gauche on a une descente rapide en face le golfe ; tantôt il plonge dans une vallée profonde, et l’on se croirait à cent lieues de la mer : car ses rivages n’ont rien ici de cet aspect désolé qu’ils présentent dans le Nord. » [3].

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Administration[modifier | modifier le code]

Les cinq provinces des Marches.

Au la région des Marches est divisée en 5 provinces[2]

Nature[modifier | modifier le code]

La région partage avec l'Ombrie le parc national des Monts Sibyllins, institué en 1993 et caractérisé par une grande variété de paysages et d’animaux.

Avec les Abruzzes et le Latium, Les Marches partage le parc national du Gran Sasso et Monts de la Laga, institué en 1991.

Cas unique en Europe, la commune d'Arquata del Tronto est contenue au Nord et au sud dans ces deux parcs[réf. nécessaire].

Les Marches disposent également de quatre parcs régionaux

  • Parc Régional du mont Conero
  • Parc Naturel Régional des Gorges de la Rossa et des Gorges de Frasassi [4].
  • Parc Naturel du Sasso Simone et Simoncello
  • Parc Naturel Régional du Mont San Bartolo

De six réserves naturelles dont trois nationales et trois régionales :

  • Réserve Naturelle nationale des Gorges du Furlo
  • Réserve Naturelle nationale de l'Abbaye de Fiastra
  • Réserve Naturelle nationale de la Montagne de Torricchio
  • Réserve Naturelle régionale du Mont San Vicino et du Mont Canfaito[5].
  • Réserve Naturelle Regionale Ripa Bianca di Jesi
  • Réserve Naturelle régionale della Sentina

L’on compte également 27 zones de protection spéciale Natura 2000[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

Les Marches comptent 1 470 581 habitants dont la tranche d'âge se trouve en majorité entre 30 et 54 ans, aussi bien chez les hommes que chez les femmes (16 %). 9 % de la population est d'origine étrangère, et contribue à entretenir la jeunesse dans la région puisque 51 % des immigrés ont entre 15 et 39 ans. Parmi ces immigrés, plus de 58 % proviennent du continent européen et 21 % d'entre eux proviennent du continent africain, avec en majorité les nationalités albanaise, roumaine et marocaine.

Politique[modifier | modifier le code]

Les Marches constituent l'un des bastions de la gauche italienne. À l'issue des élections régionales de 2010, le conseil régional des Marches est composé de 15 élus du Parti démocrate, 12 élus du Peuple de la liberté, 4 élus de l'Italie des valeurs, 3 élus de l'Union de Centre, 2 élus de la Ligue du Nord, 1 élu de la Fédération de la gauche, 1 élu de l'Alliance réformiste, 1 élu de Gauche, écologie et liberté, 1 élu de l'Alliance pour l'Italie et 1 élu de la Fédération des verts.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la région consiste principalement dans un éventail de PME industrielles distribuées sur l'ensemble du territoire. En pointe, on pourra signaler : l'industrie des chaussures, avec de nombreux emplacements dans les provinces de Macerata et d'Ascoli ; l'industrie des meubles et de la mécanique de Pesaro, les entreprises viticoles des Castelli de Jesi, patrie du verdicchio ; la grande industrie navale de Fano et Ancône ; et enfin, l'activité touristique, chaque année plus fructueuse grâce aux nombreux centres balnéaires et artistiques, qui attirent des touristes d'Italie et de toute l'Europe[2].

Culture[modifier | modifier le code]

Bien qu’une grande partie des oeuvres d’art de la région peuple les musées du monde entier, les Marches conservent encore un important patrimoine artistique, archéologique, architectural, religieux et culturel, qu’il s’agisse des vestiges de l’époque des colonies grecques, romaines, de l’architecture et de l’art gothique cistercien, de la renaissance ou du «risorgimento».

L’ensemble de la région regorge, par ailleurs, de petites villes paisibles aux atmosphères médiévales. Celles-ci sont également porteuses de l’esprit propre à la fameuse Cité idéale, œuvre marchisane par excellence, conservée à Urbino.


Città ideale, Luca Signorelli (?), Galleria Nazionale, Urbino


Ces petites cités de briques ocre jaune (24 villages sont recensés au titre des plus beaux villages d’Italie) sont pour la plupart cernées de remparts à l’intérieur desquelles rivalisent lieux commerciaux et lieux de pouvoir, places traversées d’anciennes voies romaines et centrées de fontaines, palais d’anciennes familles patriciennes, théâtres, édifices religieux et sièges ecclésiastiques.


Si la région a produit une quantité impressionnante d’œuvres d’art de la préhistoire à l’époque contemporaine au profit des musées du monde entier, elle a aussi donné une singulière profusion d'artistes et scientifiques de renommée internationale :

Raffaello Sanzio dit Raphaël (1483 - 1520), le génie d’Urbino, un des interprètes majeurs de la peinture de la renaissance[7] ; Gioachino Rossini (1792 - 1868), un des plus grands compositeurs d’Opéra de tous les temps[8] ; Giacomo Leopardi (1798 - 1837), précurseur du romantisme et l’un des poètes et philosophes principaux du XIXe siècle[9] ; le compositeur du célébrissime Stabat Mater, Giovanni Battista Pergolesi dit Pergolèse (1710 - 1736)[10], Maria Montessori (1870 - 1952), connue pour sa méthode d’enseignement révolutionnaire, appliquée dans des milliers d’écoles dans le monde ; Gentile da Fabriano (1370 - 1427), l’un des peintres les plus représentatifs du gothique international ; Cyriaque d’Ancône (1391 - 1452), l’un des pères de l’archéologie ; Donato Bramante (1444 - 1514), architecte et peintre majeur de la Renaissance; Père Matteo Ricci (1552 - 1610), Parmi les principaux divulgateurs de la culture occidentale en Chine et spécialiste de la civilisation orientale, le compositeur Gaspare Spontini (1774 - 1851)[10], L’un des fondateurs du mouvement de la Trans-avant-garde, Enzo Cucchi[11], le poète latin latin Lucius Accius, contemporain de Cicéron . L’architecte du monument romain Victor-Emmanuel (Vittoriano), Giuseppe Sacconi, mais aussi des peintre moins connus mais d’importance tout aussi considérable pour l’histoire de l’art que Barroccio dit « le Baroche  », Salvi dit le Sassoferrato, Fra Carnevale, Olivuccio da Ciccarello, Giovanni Francesco Guerrieri et les frères Salimbeni.

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Appartenant jadis aux états pontificaux, Les Marches portent également les traces des pinceaux de passage de célèbres peintres tels que Piero della Francesca, Paolo Uccello, Lorenzo Lotto, le Titien, Orazzio Gentileschi, Carlo et Vittorio Crivelli, Luca Signorelli, Melozzo da Forli, Pinturicchio, Justus van Gent, Giovanni Bellini, Antonio da Sangallo le Jeune, et ont donné naissance à Frédéric II de Hohenstaufen et neuf papes Jean XVIII, Nicolas IV, Clément VIII, Clément XI, Clément XIV, Leon XII, Pie VIII, Pie IX et surtout Sixte V dit le pape Bâtisseur.


Outre Fabriano, Ville membre du réseau des 116 villes créatives mondiales de l’UNESCO, et Urbino inscrite au patrimoine mondial de l’humanité. La petite région des Marches comptent 28 châteaux, 46 abbayes et sanctuaires, 38 théâtres dont le fameux sferisterio de Macerata, 26 cités ceintes de remparts, plus de quatre-vingt-dix musées et de très nombreuses églises.

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Monuments et patrimoine[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Les Marches comportent 180 km de côtes, une chaîne montagneuse aux nombreux sommets supérieurs à 2 000 m, de nombreuses plages, 26 localités au bord de la mer Adriatique, le port maritime d'Ancône et neuf ports de plaisance ; 500 places et plus de mille monuments significatifs ; une centaine de villes d'arts, des milliers d'églises, dont 200 romanes, et 163 sanctuaires, 34 sites archéologiques, 71 théâtres historiques ; la plus grande densité, en Italie, de musées et de pinacothèques (265 sur 265 communes), 315 bibliothèques qui gardent plus de quatre millions de livres ainsi que de nombreuses aires protégées dont 2 parcs nationaux, 4 réserves naturelles et 15 forêts domaniales.

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Religion[modifier | modifier le code]

Des milliers d’églises et plus de 160 sanctuaires, la région des Marches est connue particulièrement pour Notre Dame de Lorette qui intéressa plusieurs figures chrétiennes pendant et après la Renaissance, dont spécialement Érasme[12], Montaigne, René de Bastarnay, Louis d’Arpajon et Battista Spagnuoli. René Descartes s'y rendit en pèlerinage en 1623 en action de grâce pour le songe qu'il rapporte dans les Olympiques[13], et qui est à l'origine de sa mathesis universelle. Elle provoqua l'afflux de pèlerins notamment les jours de fêtes mariales, de nombreux personnages y adressant leurs prières (Anne d'Autriche, ex-voto des marins de Christophe Colomb rescapés d'une tempête en 1493), les rois et reines ainsi que les grands aristocrates y envoyèrent des procureurs (émissaires chargés de faire le pèlerinage à leur place). Et plus surprenant, le Marquis de Sade y séjourna[14].

La fête de la Madonne a lieu le 12 décembre depuis le XVIe siècle.

Les 1er et 2 septembre 2007, le pape Benoît XVI se rend à Lorette[15] pour vivre une fête de la foi avec les jeunes de la ville3.

Il y revient le 4 octobre 2012, renouvelant ainsi le pèlerinage que Jean XXIII y avait effectué 50 ans auparavant, à quelques jours de l'ouverture du concile Vatican II4.

Le 25 mars 2019, c’est au tour du pape François de se rendre à Lorette, le 15 mars 2019[16] .

Le 16 juin 2019, le pape François visite les zones touchées par les tremblements de terre du diocèse de Camerino et san Severino Marche[17],[18]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christine Delplace, La Romanisation du Picénum : l'exemple de l'Urbs Salvia, Rome, École française de Rome, coll. « Publications de l'École française de Rome » (no 177), , 444 p. (ISBN 2-7283-0279-0, lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dato Istat - Population résidente au 30 avril 2018
  2. a b c d e et f (it) « Marche », sur treccani.it (consulté le 17 juin 2019).
  3. Stendhal, édition originale de Rome, Naples et Florence, Edité par Delaunay, Pélicier, (1817) p. 218-219.
  4. « Le parc naturel de Rouge et de la Gorge Frasassi: zone Fabriano «  Nostra Italia », sur nostraitalia.it (consulté le 27 juin 2019).
  5. (it) Anna Scoppola, « Flora vascolare della Riserva Naturale Monte Rufeno (Viterbo, Italia centrale) », Webbia, vol. 54, no 2,‎ , p. 207–270 (ISSN 0083-7792 et 2169-4060, DOI 10.1080/00837792.2000.10670680, lire en ligne, consulté le 26 juin 2019).
  6. (it) « DIARIO DEL VIAGGIO IN ITALIA DI ALEKSANDR, PAVEL E PËTR DEMIDOV (20 GENNAIO-8 FEBBRAIO 1758) », dans I Demidov fra Russia e Italia. Gusto e prestigio di una grande famiglia in Europa dal XVIII al XX secolo, Casa Editrice Leo S. Olschki s.r.l. (ISBN 9788822270467, lire en ligne), p. 5–16.
  7. « Casa Raffaello, Urbino », sur www.casaraffaello.com (consulté le 16 juin 2019)
  8. (it) « Casa Rossini », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  9. (it) « Casa Leopardi » (consulté le 16 juin 2019)
  10. a et b (it) « Fondazione Pergolesi Spontini - Teatro, lirica e prosa », sur Fondazione Pergolesi Spontini (consulté le 16 juin 2019)
  11. Bruno Somalvico, « La Voce et la reformulation de l'identité culturelle italienne », Cahiers Georges Sorel, vol. 5, no 1,‎ , p. 131–141 (ISSN 0755-8287, DOI 10.3406/mcm.1987.950, lire en ligne, consulté le 16 juin 2019)
  12. Augustin Renaudet, Erasme et l'Italie. Nouvelle édition corrigée / Préface de Silvana Seidel Menchi, Librairie Droz, (ISBN 9782600005098, lire en ligne)
  13. Les Olymiques de Descartes, Librairie Droz (ISBN 9782600046275, lire en ligne)
  14. « Sade, D. A. F., marquis de, Voyage d’Italie, Maurice Lever éd., Paris, Fayard, 1995, « Note sur Lorette », p. 305-306. », Le Pèlerinage à Lorette de quelques voyageurs français entre Renaissance et Lumières. article en ligne de François Moureau, professeur Emérite de l’université Paris-Sorbonne,‎ (lire en ligne, consulté le 27 juin 2019)
  15. « Gallery », sur www.vatican.va (consulté le 16 juin 2019)
  16. (it) « Papa Francesco a Loreto accolto da migliaia di fedeli - Vatican News », sur www.vaticannews.va, (consulté le 16 juin 2019)
  17. (it) « Papa Francesco è a Camerino - Vatican News », sur www.vaticannews.va, (consulté le 16 juin 2019)
  18. « La région italienne des Marches se réjouit d'accueillir le Pape François - Vatican News », sur www.vaticannews.va, (consulté le 16 juin 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]