Pinacothèque de Brera

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Pinacothèque de Brera
Milan - Pinacothèque de Brera - Cour intérieure.jpg
Cour intérieure de la Pinacothèque de Brera
Informations générales
Ouverture
Surface
38 salles
Site web
Bâtiment
Protection
Bien culturel en Italie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
28, Via Brera
Coordonnées

La pinacothèque de Brera est un musée d'art ancien et moderne de Milan (Italie), qui se trouve au 28 Via Brera, dans le quartier du même nom.

C'est l'un des musées les plus importants d'Italie, avec le Musée des Offices à Florence et les Musées du Vatican à Rome. Le musée conserve et expose principalement des peintures italiennes: un trait caractéristique de Brera, comparé à autres grands musées italiens, est la présence de chefs d’œuvres de plusieurs écoles : bien que ses points forts soient les écoles lombarde, vénitienne, ferraraise, bolonaise et des Marches, la peinture tuscane et la flamande y sont bien représentées. Cette circonstance prends sa source de l‘approche du musée depuis l’époque napoléonienne, quand il fût conçu comme lieu représentatif de toute l’art italienne, en recueillant œuvres prélevées dans églises et couvents (parfois supprimés), dans la perspective « révolutionnaire » des lumières, que Brera partage avec le Louvre qui visait à mettre des œuvres d‘art jusqu’alors inaccessibles à disposition du public.

On y trouve notamment les œuvres de : Federico Barocci, Giovanni Bellini, Umberto Boccioni, Sandro Botticelli, Bramante, Agnolo Bronzino, Caravage, Carlo Carrà, Giannino Castiglioni, Le Corrège, Piero della Francesca, Andrea Mantegna, Amedeo Modigliani, Raphaël, Rubens, Luca Signorelli, Giambattista Tiepolo, Tintoret, Titien, Van Dyck, Véronèse, Alvise Vivarini, etc.

Dans la cour intérieure est érigé le « Napoléon » en bronze d'Antonio Canova, hommage au fondateur du musée inauguré en 1809.

En 2018, Brera a été au dix-huitième place entre les musées d’État italiens par nombre de visiteurs (386.000) [1] soit une augmentation du 44 % depuis 2014 (voir table).

En octobre 2018 a été terminée la rénovation de toutes les 38 salles, décidée par le directeur James Bradburne, désigné en 2015.

visiteurs à Brera[2]
Date Visiteurs
2013 249.579
2014 269.805
2015 325.882
2016 343.173
2017 373.123
2018 386.415
2019 (prev.) 456.000


Architecture[modifier | modifier le code]

La pinacothèque est située dans le palais baroque Brera où l'on trouve également la Biblioteca nazionale Braidense, l'Académie des sciences et des lettres de l'institut lombard (Istituto Lombardo Accademia di Scienze e Lettere), l'Observatoire astronomique, le Jardin botanique de Brera (Osservatorio Astronomico e Giardino Botanico di Brera) et l'Académie des beaux-arts de Brera (l'Accademia di Belle Arti di Brera).

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans l'antiquité, le quartier Braida, devenu Brera était une zone de maraîchers, qui était traversée par des canaux. Il est attesté que certaines œuvres ont été déchargées par bateau au Tumbun de San Marc, du nom de l'église toute proche, dans la cour du palais.

Les palais milanais étaient conçus comme ceux de Venise, avec une entrée monumentale côté canal et une entrée de service côté rue. Ce n'est qu'à l'époque de Mussolini, que la plupart des canaux ont été comblés puis recouverts par de nouvelles artères routières plus larges, ce qui a eu pour effet de renverser le sens d'utilisation des palais.

Le palais comporte en effet une belle cour monumentale à portiques au centre de laquelle se trouve un Napoléon Bonaparte, de Antonio Canova qui l'a représenté « à l'antique » à demi-nu, en empereur romain.

Il a été construit à l'emplacement d'un ancien couvent en 1571, par bulle pontificale de Grégoire XIII qui l'attribue aux Jésuites qui en firent une université.

L'édifice est agrandi en 1591, puis confié en 1615 à l'architecte Francesco Maria Richini, puis à son fils, enfin à Gerolamo Quadrio et Pietro Giorgio Rossone, pour n'être terminé qu'en 1776. La Compagnie de Jésus fut abolie en 1773 et le palais fut donné au gouvernement, la Lombardie appartenant alors à la Maison d'Autriche.

De 1773 à 1860[modifier | modifier le code]

En 1776, Marie-Thérèse d'Autriche y institua les Scuole Palatine, avec une bibliothèque et élargit l'Orto Botanico. Elle fonda également l'Accademia di Brera, avec des sculptures, des toiles, des gravures.

La Cène de Rubens

La période napoléonienne fut l'occasion de nombreuses rapines dans les châteaux et surtout la saisie pendant la période révolutionnaire du patrimoine des églises italiennes pour alimenter les musées français, mais c'est également à cette époque que furent constitués les musées dans chacune des grandes villes de l'Empire. Avec Brera, la galerie de l'académie des beaux-arts de Venise et la Pinacothèque nationale de Bologne jouèrent aussi un même rôle de plaque tournante dans l'inventaire et le tri des œuvres. Les premières œuvres exposées à Brera proviennent en particulier de l'église Saints Cosme et Damien, ensuite supprimée.

Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie, se consacra à cette tâche. L'église de Brera fut détruite pour constituer les nouvelles salles dites napoléoniennes, dont l'inauguration a eu lieu le . L'inauguration de la Pinacothèque royale et nationale du royaume d'Italie eut lieu le . La collection Giacomo Sannazzari, léguée à l'Hôpital de Milan fut ainsi rachetée par Brera au Vice-Roi. Elle comprenait notamment le Mariage de la Vierge de Raphaël.

Le musée bénéficia également d'œuvres flamandes envoyées par Paris, dont la Cène de Rubens, envoyée en 1813.

À l'inverse, des restitutions furent ordonnées par le congrès de Vienne. Les Autrichiens firent cependant encore plusieurs acquisitions pour le musée à partir de 1820. L'activité de la pinacothèque, fermée au public, connut alors une période d'accalmie, car elle n'était alors qu'un département de l'Académie des beaux-arts.

Ce n'est qu'avec l'indépendance italienne, que se réveillera le musée, enfin ouvert au public en 1860.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1926, la création de l'association des Amis de Brera permit d'acquérir de nouvelles œuvres dont Le Souper à Emmaüs du Caravage

Pendant la Première Guerre mondiale, l'éloignement des œuvres à Rome permit par la suite des travaux d'embellissement et l'acquisition d'œuvres vénitiennes, sous la direction d'Ettore Modigliani de 1908 à 1914.

De même, pendant la Deuxième Guerre mondiale, les œuvres furent temporairement évacuées dans différents points du nord de l'Italie. Le palais fut sévèrement endommagé par les bombardements. À la réouverture, après une importante reconstruction de plusieurs salles, entrèrent des œuvres modernes d'Ambrogio Lorenzetti, Umberto Boccioni et Giovanni Segantini. Le musée fut également réorganisé par écoles régionales et rouvert au public en 1950.

Le rachat en 1974, du Palazzo Citterio adjacent n'a qu'à peine réduit les problèmes d'espace que connaissent toujours les différentes institutions abritées par le Palazzo Brera, notamment le jardin botanique et l'observatoire ainsi que L'académie et la bibliothèque.

Le musée, malgré des limites de budget et d'espace, offre notamment une bonne vision de la peinture lombarde.

Principales œuvres des collections[modifier | modifier le code]

L'Adoration des Mages du Corrège
  • Bramante :
    • Cristo alla colonna
    • Fresque Uomini d'arme de la maison Gaspare Visconti
  • Carlo Crivelli :
    • Madonna della candeletta
    • Trittico di Camerino
    • Incoronazione della Vergine
  • Bernardino Luini :
    • Madonna del Roseto
    • Fresques de Santa Maria della Pace
    • Fresques de la maison des Rabia
  • Tintoret :
    • Ritrovamento del corpo di San Marco
    • Pietà
  • Véronèse :
    • Cristo nell'orto
    • Cena in casa di Simone
    • Pala di S. Antonio abate
  • Giuseppe Pellizza da Volpedo
    • Le quart état

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ministero dei Beni e delle Attività Culturali, (it) « "Visitatori e introiti dei musei " », (consulté le 15 octobre 2019)
  2. (it) Chiara Vanzetto, « Brera: la stagione della crescita> », Corriere della Sera,‎ .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maria Teresa Binaghi Olivari, La pinacothèque de Brera, Éditions Bonechi, 1983
  • Soprintendenza per I beni artistici e storici della Lombardia Occidentale, Inventaire Napoléonien, Milan, 1976