Mantet

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Mantet
Vue générale du village.
Vue générale du village.
Blason de Mantet
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Pyrénées-Orientales
Arrondissement Prades
Canton Le Canigou
Intercommunalité Communauté de communes Conflent Canigó
Maire
Mandat
Jean-Luc Blaise
2014-2020
Code postal 66360
Code commune 66102
Démographie
Population
municipale
32 hab. (2014)
Densité 1 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 28′ 41″ nord, 2° 18′ 28″ est
Altitude Min. 1 381 m
Max. 2 688 m
Superficie 32,15 km2
Localisation

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Mantet

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Mantet

Mantet est une commune française située dans le département des Pyrénées-Orientales, en région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Mantetaires.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de Mantet est située dans le Haut Conflent, entre le Pic du Canigou, Pic du Costabonne et le Pic du Géant (ou des Bâtiments).

Situation de la commune.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Mantet[1],[2]
Nyer
Fontpédrouse Mantet[1],[2] Py
Setcases
(Espagne)
Prats-de-Mollo-la-Preste

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Village de Mantet.

La superficie de la commune est de 3 215 ha. L'altitude varie entre 1 381 m et 2 688 m[3].

Au sud-est et à l'est, la séparation avec le territoire de Py s'effectue par la Cime de Pomarole (2 456 m) (ou de Pomerola), le Pla Segala (2 250 m) et le Mouscaillou (2 244 m) (ou Moscalló) surplombant le col de Mantet (1 761 m) qui met en relation la vallée de Mantet et la vallée de la Rotja (ou Rojà).

Au sud et au sud-ouest, la ligne de crête sépare Mantet de Prats-de-Mollo-la-Preste entre les pics du Roc de la Mort de l'Escoula (2 463 m) (ou Mort de l'Escolà) et de Roc Colom (2 507 m), puis sert de limite frontalière avec le petit village espagnol de Setcases, en passant par le Puig de la Llosa (2 456 m), le Puig de Coma Armada (2 496 m) et le Pic de la Dona (2 702 m). Ainsi, le col de la Porteille de Mantet (2 412 m) (ou Portella de Mentet), situé entre le Puig de Coma Armada (2 496 m) et le Pic de la Dona (2 702 m) déjà cités, fait office de frontière avec l'Espagne et met en communication Ripollès et Conflent, grâce au chemin de Camprodon à Villefranche qui le franchit pour relier les bassins du Ter et de la Têt.

À l'ouest, entre le pic de Serre Gallinière (2 663 m) (ou de Serra Gallinera) et le pic de Rives Blanques (2 445 m), le Coll del Pal (2 294 m) permet de passer dans la vallée de la Carança.

Les vallées du Ressec (au sud), de l'Alemany (qui descend de la Porteille de Mantet au sud-ouest) et du Riu de Caret (à l'ouest) convergent en éventail vers le pied du col de Mantet où s'est établi le village. Ces trois torrents donnent naissance à la Rivière de Mantet laquelle, vers le nord, s'engouffre dans le défilé qui la conduit vers les gorges de Nyer entre, flanc ouest, la Serre de Pocarobe (ou delà Pocaroba) (1 575 m) et, flanc est, la Farga Vella (entre 1 406 m au niveau de la rivière et 1 600 m environ).

En amont, les grands plateaux d'altitude au sud qui dominent la vallée du Ressec (Pla Segala, Pla de Campmagre [vers Roc Colom], Pla de Coma Armada) et les anciens cirques glaciaires au sud-ouest qui surplombent la vallée de l'Alemany (Coma de la Portella, Coma de la Dona, Coma de Bassibès) constituent le vaste domaine des troupeaux à l'estive.

La commune est classée en zone de sismicité 4, correspondant à une sismicité moyenne[4].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Formes du nom

En catalan, le nom de la commune est Mentet[5].

La première mention du nom est villa Mentedo en 1011. On rencontre Mentet dès 1097[6], puis Mented et Mentedi. Au XIVe siècle, on revient à Mentendo, puis Mantet devient la forme la plus courante. Cette dernière forme s'impose à partir du XVIIe siècle[7].

Étymologie

Deux hypothèses s'affrontent concernant l'étymologie de Mantet.

Pour Lluís Basseda, le nom de la commune a pour origine le mot latin Mentha (menthe) auquel est accolé le suffixe collectif -etum, ce qui désigne un lieu où la menthe abonde[7].

Jean Rigoli propose une autre origine. La menthe n’est pas particulièrement plus abondante qu’ailleurs aujourd'hui à Mantet et le toponyme serait alors un dérivé de ment, terme archaïque associé aux cols et passages pyrénéens, comme le sont aussi d'autres dénominations telles ancise, ansa ou jou. Une fois oublié le sens primitif de passage de montagne, Mented a subi l'attraction paronymique du nom de la plante mentha ou menta. Au Moyen Âge, les scribes des chartes se contentent, comme pratiquement partout, de latiniser le Mented des autochtones, en joignant à Menta le suffixe collectif -etum pour former Mentetum, faux phytonyme qui connaît les évolutions que l'on sait de Menteto en Mantet puis en Mentet, pour finir par Mantet[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Mantet, protégé par un splendide isolement, rompu par l'arrivée d'une route du bout du monde qui, en 1964, l'a enfin rattaché à ses contemporains, a connu ainsi l'épilogue de la légende du «dernier village de France» qui parlait de ce hameau, aux confins des terres d'Espagne, enclavé entre des monts de plus de deux mille mètres, où ne pouvaient parvenir que chèvres et mulets pratiquant un affreux sentier bordé de précipices, où les maisons, bâties sur un fumier millénaire, abritaient une race de contrebandiers sales et sauvages menant leur fragile existence parmi les aigles, les isards et les sangliers.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
         
         
1824   Pierre Calvet    
1866   Jean Ricard    
1886   Emmanuel Fillols    
1891   Joseph Fillols    
1895   Pierre Ricard    
         
1964   Raphaël Vidal    
1975   Noël Haon    
1977 1995 Olivier Villalongue    
1995 2001 Jean-Pierre Vidal    
mars 2001 mars 2014 Odile Guinel[9],[10]    
mars 2014 en cours Jean-Luc Blaise[11]    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie ancienne[modifier | modifier le code]

La population est exprimée en nombre de feux (f) ou d'habitants (H).

Évolution de la population
1365 1720 1767 1789
9 f 7 f 90 H 18 f
(Sources : Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : dictionnaire d'histoire administrative et démographique, vol. 66 : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS, , 378 p. (ISBN 2-222-03821-9))

Note :

Démographie contemporaine[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[13],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 32 habitants, en augmentation de 28 % par rapport à 2009 (Pyrénées-Orientales : 4,38 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
43 85 99 108 133 145 133 139 119
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
117 131 137 201 144 137 157 161 161
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
157 158 154 120 101 95 79 46 24
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
13 4 7 23 26 17 21 30 32
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[16] 1975[16] 1982[16] 1990[16] 1999[16] 2006[17] 2009[18] 2013[19]
Rang de la commune dans le département 228 195 223 217 221 221 218
Nombre de communes du département 232 217 220 225 226 226 226 226

Enseignement[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Fête patronale : 22 janvier[20] ;
  • Fête communale : week end avant le 15 aout[20].
  • Le Mantestival, festival estival de musique aux styles variés (rock, jazz, reggae, ska, etc.), en milieu rural. Il s'est tenu en 2001, 2002, 2004 et 2005 et a réuni plus d'un millier de spectateurs lors de sa dernière année. Il n'y a pas de nouvelle édition prévue à ce jour.[réf. nécessaire]

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Aucun institut sportif n'est établit a Mantet, en revanche certaines activités sportives sont librement pratiqués :

  • la pêche,
  • la chasse,
  • la randonnée,...

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments et lieux touristiques[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Vincent de Mantet : église romane consacrée en 1102.
  • Quittant l’église pour descendre à La Farga, grande prairie s’étendant par-delà le torrent du Ressec, se trouve le marteau de l’ancienne forge, daté de 1774, pièce maîtresse d’une activité métallurgique remontant haut dans le temps puisqu’existait, en aval, une forge plus ancienne encore, La Farga Vella, mentionnée in Plane de Fourno dans l’acte de consécration de l’église en 1102.
  • Tumulus de Collada Verda.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Stèle dédiée à Georges Bassouls.
  • Georges Bassouls (1919-1982) : naturaliste à l'origine de la création des réserves naturelles de Mantet, Py et Prats-de-Mollo.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Mantet Blason Coupé : au 1er d’azur au col formé de deux montagnes du même, les cimes enneigées d’argent, celle de dextre plus élevée, leur contour souligné de sable, formant la lettre M, à la tête d’isard contournée d'argent brochant en pointe, au 2e fascé d’or et de sable (qui est d'Oms).
Devise 
Usque ad summum : jusqu'au sommet
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Une partie du documentaire Terres Noires (1961) de Luc Moullet est consacré au village. Quelques années plus tard, dans son film Brigitte et Brigitte (1966)[21], il fait à nouveau référence à Mantet dont est originaire le personnage principal, de Brigitte Roux, interprétée par Françoise Vatel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martina Camiade, Joan Becat et Jean-Philippe Meneau, Territoire et droits d'usage : L'exemple de la commune de Mentet (Conflent), ICRESS, coll. « Catalogne nord », (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. Institut cartographique de Catalogne, « Visualisateur cartographique Vissir » (consulté le 23 mars 2013)
  3. Notice Cassini
  4. « Plan séisme » (consulté le 29 mars 2017)
  5. (ca)(fr)Institut d’Estudis Catalans, Université de Perpignan, Nomenclàtor toponímic de la Catalunya del Nord, Barcelone, (lire en ligne)
  6. Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 2, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, , 579-1133 p. (ISBN 2904610014)
  7. a et b Lluís Basseda, Toponymie historique de Catalunya Nord, t. 1, Prades, Revista Terra Nostra, , 796 p.
  8. Jean Rigoli, Toponymie de Mentet, 1995, 108p, microédition, 21x27cm
  9. Préfecture des Pyrénées-Orientales, Liste des maires élus en 2008, consultée le 22 juillet 2010
  10. Odile Guinel est l'un des 500 élus ayant parrainé la candidature de José Bové à l'élection présidentielle de 2007, cf. Liste des citoyens ayant présenté les candidats à l'élection du Président de la République
  11. [PDF] « Liste des maires du département des Pyrénées-Orientales à la suite des élections municipales et communautaires des 23 et 30 mars 2014 », sur http://la-clau.net.
  12. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  16. a, b, c, d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016)
  17. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  18. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  19. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  20. a et b Michel de La Torre, Pyrénées-Orientales : Le guide complet de ses 224 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », (ISBN 2-7399-5066-7)
  21. http://www.bb.com.br/portalbb/page512,128,10172,1,0,1,1.bb?codigoNoticia=27862