Thuès-Entre-Valls

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Thuès-Entre-Valls
Thuès-Entre-Valls
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Pyrénées-Orientales
Arrondissement Prades
Canton Les Pyrénées catalanes
Intercommunalité Communauté de communes Conflent Canigó
Maire
Mandat
Jean-Jacques Rouch
2014-2020
Code postal 66360
Code commune 66209
Démographie
Gentilé Thuésiens
Population
municipale
35 hab. (2015 en augmentation de 6,06 % par rapport à 2010)
Densité 1,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 31′ 31″ nord, 2° 13′ 27″ est
Altitude Min. 740 m
Max. 2 606 m
Superficie 20,41 km2
Localisation

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Thuès-Entre-Valls est une commune française située dans le département des Pyrénées-Orientales, en région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Thuésiens et Thuésiennes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de Thuès-Entre-Valls est située dans le Conflent, sur la rive droite de la Têt.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Thuès-Entre-Valls[1]
Canaveilles
Thuès-Entre-Valls[1] Nyer
Fontpédrouse

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La superficie de la commune est de 2 041 hectares. L'altitude varie entre 740 et 2 606 mètres[2].

La commune est classée en zone de sismicité 4, correspondant à une sismicité moyenne[3].

Les gorges de la Carança et sa corniche

Les gorges de la Carança creusent la vallée de cet affluent de la Têt à son débouché.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Voies ferroviaires[modifier | modifier le code]

Depuis 1910, le train jaune y fait halte à deux endroits :

Toponymie[modifier | modifier le code]

En catalan, le nom de la commune est Toès i Entrevalls[5].

Pour Thuès, on rencontre les mentions de villa Tobese ou Tovese en 878 et Thoes en 1267[6].

Pour Entre-Valls, on trouve les mentions de villare Tresvalles en 854 et Intervalles en 958[6].

La commune est connue en 1793 sous le nom de Thués Entrevaills[2], puis en 1831 de Thuès-Entrevails[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Entre la fin du VIIIe et le début du IXe siècle se met en place la Marche d'Espagne après les victoires des Francs Carolingiens sur les Sarrasins: la région est divisée en territoires administrés par des seigneurs francs ou par des abbayes.

Vers 840 est créée l'abbaye de Saint-André d'Eixalada, par la suite détruite par une crue de la Têt et repliée à quelques lieues de là dans l'abbaye Saint-Michel de Cuxa.

En lien avec l'abbaye s'érigent plusieurs hameaux dans la vallée de la Têt et en bordure de la Via Confluentana[Note 1], notamment Saint-Romain, Thuès, Trèsballs. et le mas de l'Albaret. Un document datant de 952 atteste ces lieux comme étant possessions de l'Abbaye Saint-Michel de Cuxa.

Thuès, situé proche de la Têt, à l'origine s'appelait Toui-Oedes[Note 2]. L'église de sa paroisse est placée sous le patronage de saint Génis.

Trèsballs, situé plus au sud et plus haut dans la vallée de la Carança, à la jonction de trois vallons, s'appelait Très Valls[Note 3]. L'église de sa paroisse est placée sous le patronage de saint André.

Le mas d'Albaret regroupant plusieurs familles dans la forêt de Campilles plus loin dans la vallée de la Carança disparaît assez rapidement au cours du XIIe ou XIIIe siècle.

Thuès se développe ensuite durant le XIIe siècle en absorbant le hameau de Saint-Romain. Au XIVe siècle, le roi de Majorque a des droits sur la forêt de Thuès : Pierre IV engage à des particuliers de Barcelone le bois de la Carença[Note 4] et les revenus qu'il perçoit du moulin de sa forêt[Note 5].

En 1399, Grimaud de Banyuls, abbé de Cuxa, inféode à Pons Descatllar une forge sise à Thuès avec les droits de charbonner dans les bois de son territoire. En novembre 1440 conjointement avec le roi d'Aragon, coseigneur de Thuès, il lui confirme la possession des bois de la Carença avec faculté d'y installer une scierie de planches. Thuès est alors une copropriété royale partagée avec l'Abbaye Saint-Michel de Cuxa.

La forge de Thuès est cédée plus tard à un certain Bertran de Catlla puis revendue le 4 octobre 1577 à don Thomas de Banyuls. Cette forge, dont la propriété reste à la famille de Banyuls jusqu'à la Révolution est une des plus importantes de la région.

La famille de Banyuls en plus des forges de Thuès possède une masade à Trèsballs, le moulin banal de Thuès, des prairies, ainsi qu'un droit d'usage pour exploiter les forêts de Thuès afin d'alimenter les forges en charbon de bois.

Au XVIe siècle, le village de Thuès fusionne avec celui de Trèsballs pour donner Thuès-Treballs qui deviendra par la suite Thuès-entre-Valls.

En 1737 le hameau de Trèsballs comporte huit maisons, une église et ne compte plus que deux familles d'agriculteurs. Sont mentionnés à cette époque le ravin de la tour, prouvant que le hameau était fortifié, celui de l'église, les lieux-dits "als meners" et "al pla de la cella"[Note 6]. Par ailleurs les habitants avaient construit un aqueduc pour amener l'eau de la fontaine "del ciré" (des cerisiers) au cœur du village.

Durant le XVIIIe siècle l'isolement de Trèsballs força les habitants à se rabattre sur Thuès, plus proche des voies de circulation.

Les ruines de la chapelle Saint-Jean anciennement église Saint-André sont toujours visibles. La chapelle est à nef unique, sous une voûte en berceau brisé, a une abside semi-circulaire et un clocher-tour carré.

Durant la Révolution sont déclarés bien national tous les biens de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa. Raymond de Banyuls, marquis de Montferré ayant émigré en 1791, sa famille est spoliée en 1794. En 1817, il obtient néanmoins que la montagne en partie boisée dite des gorges de Quérança, d'une étendue de 300 hectares, lui soit restituée, mais la commune de Thuès réclame alors un droit de propriété sur toutes les forêts. Un arrêt de la cour royale du 1er août 1834 se prononce en faveur de l'État contre la municipalité et contre le marquis de Montferrer (décédé entretemps en 1833), ne leur accordant qu'un simple droit d'usage.

Un jugement du 17 juillet 1837 déboute la commune de Souanyas de ses prétentions sur les mêmes montagnes, ne lui reconnaissant également que le droit d'usage.

La paroisse de Thuès comprenait également les villages de Llar et de Thuès-de-Llar.

Le , la commune de Thuès-de-Llar est supprimée et rattachée à celle de Thuès-Entre-Valls[7].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Canton[modifier | modifier le code]

En 1790, la commune de Thuès-Entre-Valls est incluse dans le canton d'Olette, qu'elle ne quitte plus par la suite[7].

À compter des élections départementales de 2015, la commune est incluse dans le nouveau canton des Pyrénées catalanes.

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 mars 2008 Jean Ulme    
mars 2008[8], réélu en 2014[9]   Jean-Jacques Rouch    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie ancienne[modifier | modifier le code]

La population est exprimée en nombre de feux (f) ou d'habitants (H).

Évolution de la population
1358 1365 1378 1709 1720 1767 1774 1789
17 f 23 f 8 f 7 f 21 f 146 H 33 f 25 f
(Sources : Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : dictionnaire d'histoire administrative et démographique, vol. 66 : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS, , 378 p. (ISBN 2-222-03821-9))

Notes :

  • 1358 : pour Thuès et Eixalada ;
  • 1365 : dont 17 f pour Thuès et Eixalada et 6 f pour Entre-Valls.

Démographie contemporaine[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[11].

En 2015, la commune comptait 35 habitants[Note 7], en augmentation de 6,06 % par rapport à 2010 (Pyrénées-Orientales : +5,02 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
154 152 151 167 267 300 235 322 274
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
234 219 201 160 156 143 151 128 139
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
132 208 120 141 110 94 93 107 76
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015
53 46 23 38 48 41 36 32 35
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

À partir de 1826, la population de Thuès-de-Llar est comptée avec celle de Thuès-Entre-Valls.

Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[14] 1975[14] 1982[14] 1990[14] 1999[14] 2006[15] 2009[16] 2013[17]
Rang de la commune dans le département 195 213 198 200 210 216 218 218
Nombre de communes du département 232 217 220 225 226 226 226 226

Enseignement[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Fête communale : 25 août[18].

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Génis

L’église paroissiale de Thuès, patronnée par saint Génis, est à nef unique, surmontée d'une voûte en berceau. Son abside était autrefois semi-circulaire mais au XIIIe siècle on le tronqua pour le rendre plat, tel qu'il est aujourd'hui. Une deuxième vague de travaux apporte une seconde nef séparée de la nef initiale par deux arcatures reposant sur un pilier massif. À cette occasion on y peignit de nombreux décors dont il reste quelques traces aujourd'hui.

L'église Saint-Jean d'Entre-Valls est une autre église romane, située dans le hameau d'Entre-Valls.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

À proximité immédiate se trouvent les réserves naturelles de Nyer, de Mantet, de Py, de Jujols de la Vallée d'Eyne ; par ailleurs, par le village, on accède aux Gorges de la Carança, affluent de la Têt.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire du Roussillon et Œuvres posthumes de Jean de Gazanyola, augmenté des notes recueillies et classées par Clément de Lacroix
  • Histoire de la maison des chevaliers de Banyuls, barons de Nyer, marquis de Montferré, seigneurs de La Rocha, Porcinyans, Fornols, Puig, Réal, Odeillo, Leca, Millepetit 1132-1922, par M. l'abbé Jean Capeille, curé à Banyuls-dels-Aspres.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La via Confluentana est la voie du Conflent, voie romaine reliant la plaine du Roussillon à la Cerdagne.
  2. "Toui-Oedes" veut dire "maisons du creux" en catalan.
  3. "Très Valls" veut dire "trois vallons" en catalan.
  4. El forestatge del bosch de Querença
  5. Le moli serrador del dit bosch, soit le moulin-scierie du dit bois en catalan
  6. La Cella était une petite cellera, une enceinte fortifiée.
  7. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. a et b Notice Cassini de Baillestavy
  3. « Plan séisme »
  4. Panneau de la gare, d'après l'orthographe des gorges de la Carança (carte IGN)
  5. (ca) (fr) Institut d’Estudis Catalans, Université de Perpignan, Nomenclàtor toponímic de la Catalunya del Nord, Barcelone, (lire en ligne)
  6. a et b Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 2, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, , 579-1133 p. (ISBN 2904610014)
  7. a, b et c Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : dictionnaire d'histoire administrative et démographique, vol. 66 : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS, , 378 p. (ISBN 2-222-03821-9)
  8. Préfecture des Pyrénées-Orientales, Liste des maires élus en 2008, consultée le 22 juillet 2010
  9. [PDF] « Liste des maires du département des Pyrénées-Orientales à la suite des élections municipales et communautaires des 23 et 30 mars 2014 », sur http://la-clau.net
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  14. a, b, c, d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016)
  15. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  16. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  17. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  18. Michel de La Torre, Pyrénées-Orientales : Le guide complet de ses 224 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », (ISBN 2-7399-5066-7)