Histoire du Togo

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L'histoire du Togo a été marquée par la colonisation, tout d'abord par les Portugais, puis les Allemands à partir de 1883, enfin les Britanniques et Français à partir de 1914-1916, avant d'aboutir à l'indépendance en .

Préhistoire[modifier | modifier le code]

On a découvert dans l'ensemble du pays, des objets lithiques (meules, broyeurs, pierres taillées, etc.) et des perles de pierre notamment dans le Nord du pays où la nature du terrain, plus sec et plus dégagé, les rendent plus visibles.

Les études préhistoriques restent encore insuffisantes et ne sont pas encore assez nombreuses, pour permettre de faire précisément un lien avec les cultures voisines. Cependant, on a réussi à retrouver de nombreuses traces d'anciens fourneaux ainsi que de scories permettant d'affirmer l'intensité de l'activité métallurgique dans le centre. De plus, on sait que les forgerons exportaient le fer extrait des minerais de la région jusqu'à la ville de Kano au Nigeria.

Quelques-uns de ces hauts-fourneaux mesuraient jusqu'à trois ou quatre mètres de hauteur, servant aux Bassari à réduire le minerai de fer afin de fabriquer des outils et des armes qu'on utilisait encore à la veille de l'indépendance.

Histoire du peuplement du Togo[modifier | modifier le code]

Les Bassari, les Tamberma et les Kabyés se trouvaient déjà dans les régions montagneuses lorsque arrivèrent de nouvelles populations déplacées par les événements qui déstabilisèrent durablement l'Afrique occidentale comme la traite des noirs, l'introduction de fusils ou encore les apports des colporteurs musulmans parlant haoussa et qui islamisèrent les savanes du nord du pays. Ces derniers fondèrent certaines villes qui portent encore des noms haoussa comme Sansanen Mango qui signifie le « camp du manguier » et Gerin Kouka dire la « ville du baobab. » De plus, la plus ancienne ville du sud du pays porte un nom haoussa : Ba Guida qui signifie « pas d'habitation. »

Dans le Nord, les Gourma furent donc islamisés et les Kotokoli s'installèrent autour de Sokodé ; les Tyokossi s'installèrent dans la région de Mango. Le centre et le sud du pays subirent les conséquences de la montée en puissance des Bariba du Bénin ainsi que du royaume de Dahomey et des Ashantis du Ghana.

Réfugiées dans leurs montagnes, les populations locales résistèrent cependant aux razzias que subirent leurs voisins. Dans le Sud, les populations venues de l'Est, à l'exemple des Ewés originaires d'Égypte, s'installèrent en vagues successives à partir du XVe siècle, après avoir traversé le Nigéria et le Bénin, au moment même où les portugais débarquèrent sur la côte.

Les Éwés s'établirent autour de Tado, près de Notsé, au siècle suivant. Leur roi, Agokoli, fit édifier une enceinte faite d'argile pour protéger Notsé des réfugiés affluant du Nord.

Au XVIIe siècle, parce qu'ils étaient devenus trop nombreux, les Éwés se sont dispersés dans l'Ouest, jusqu'à la rive gauche de la Volta.

Colonisation et conquêtes allemandes[modifier | modifier le code]

Dès cette époque commencèrent les missions catholiques auxquelles les protestants ne réagirent qu'au XVIIe siècle.

Puis, les Portugais pratiquèrent rapidement un commerce actif et la traite négrière se développa le siècle suivant, autour du comptoir nommée Petit-Popo (actuel Aného). Au XVIIIe siècle, les Danois venus de Christianenborg (l'actuelle Accra), s'implantèrent à leur tour. Ils furent suivis, à partir des années 1780-1800, par des groupes de Hollandais, par de nombreux « Brésiliens », des anciens esclaves libérés et rapatriés du Brésil ou des descendants de Portugais installés au Togo, qui participèrent aux échanges côtiers.

Francisco Félix de Sousa, qui s'établit à Petit-Poto (futur chacha du Dahomey, l'actuel Bénin), fit fortune dans le commerce du tabac, du rhum, des tissus et dans la traite des esclaves.

En 1880, le Togo actuel n'existait pas encore. Les Britanniques et les Français, occupant respectivement la «Gold Coast» (actuellement le Ghana) et le Dahomey (actuellement le Bénin), installèrent des postes douaniers à leurs frontières, d'où ils tiraient l'essentiel de leurs ressources, prélevées sur des produits tels le tabac et l'alcool.

En 1883, le chancelier allemand Bismarck décida d'imposer un protectorat sur le Togo. L'année suivante, l'explorateur allemand Gustav Nachtigal signa un «traité de protectorat» le sur la plage de Baguida, avec le chef du lac Togo, Mlapa III de Togoville, représentant l’autorité religieuse du Togo, qui donna son nom au pays. C'est en 1885, lors de la conférence de Berlin qui délimita les zones d'influence économiques européennes en Afrique, que la côte togolaise fut officiellement attribuée à l'Allemagne (Togoland). Le gouvernement de Berlin, dans le cadre d'un négociation bilatérale avec la France, reconnut, par une convention du 24 décembre 1885, les droits français sur le territoire de la future Guinée française en échange de l'abandon par la France à l'Allemagne des villages de Petit-Popo et de Porto-Seguro, sur la côte des Esclaves.

Comme les autres puissances coloniales de l'époque, l'Allemagne s'empressa de faire valoir ses droits sur l'arrière-pays, ainsi elle annexa rapidement, en à peine quelques années 85 000 km² de territoires.

Les Allemands fondèrent le port de Lomé et mirent en place une économie de plantations, en particulier dans la région de Kpalimé, propice à la culture du cacao et du café.

Allée menant au palais du Gouverneur (1904)

Mais, l'arrivée des Allemands se heurta à une forte résistance de la part des Africains. Des accords furent signés avec certains royaumes, mais la révolte des Kabyé (1890) et celle des Konkomba (1897-1898) furent matées violemment. Toutefois, les révoltes ne cessèrent d'augmenter en intensité surtout lorsque les occupants allemands s'enfoncèrent à l'intérieur des territoires du Togo conquis.

L'Allemagne encouragea ses citoyens à s'installer dans la colonie togolaise appelée le Togoland, en leur offrant des concessions à des conditions très avantageuses. Elle fit également construire les infrastructures nécessaires à l'exploitation du Togo, comme des lignes de chemin de fer, en recourant massivement aux travaux forcés.

Les Allemands en firent une Musterkolonie (une « colonie modèle ») où devaient régner l'équilibre, la prospérité et la bonne gestion, mais où la langue allemande n'était pas imposée aux populations locales. Certains responsables allemands ne désiraient pas transmettre la langue et la culture allemandes, car ils considéraient que les noirs n'étaient ni dignes, ni capables de bénéficier d'une "telle éducation".

En matière de formation scolaire, le Togo allemand mit en place des écoles gérées par des missions catholiques et protestantes. Vers, 1910, le pays comptait 163 établissements scolaires évangéliques et 196 catholiques. Les catholiques avaient créé aussi un centre de formation pour les enseignants.

Les missionnaires, tant catholiques que protestants, privilégiaient l'enseignement «en langue indigène» pour mieux convertir les «païens» à leur religion. Par exemple, la Mission de Brême assurait l'enseignement primaire entièrement en éwé, tandis que la formation supérieure était surtout dispensée en anglais, très rarement en allemand. Ainsi, dans l'ensemble, les missionnaires n'imposèrent jamais la langue allemande. L'influence de la langue allemande demeura presque nulle chez les Togolais.

Les autorités allemandes tentèrent bien d'organiser le partage de la nouvelle colonie entre les missions chrétiennes et de n'autoriser que la présence de missionnaires de nationalité allemande, mais elles se désintéressèrent rapidement de la question scolaire. En 1913, on ne comptait que quatre écoles publiques (Regierungschulen), qui rassemblaient 341 élèves, comparativement à 348 écoles confessionnelles qui en recevaient plus de 14 000. Ce furent les seuls établissements d'enseignement où l'on enseignait en allemand. Dans les petites écoles primaires, l'enseignement en éwé est toujours resté prépondérant.

Après le début de la Première Guerre mondiale, une opération conjointe franco-britannique força les Allemands, retranchés à Atakpamé (capitale de la région des Plateaux), à capituler dès le mois d'août 1914. Le gouverneur allemand Adolphe-Frédéric de Mecklembourg (1912-1914) dut quitter le Togo, de même que le vicaire apostolique, Mgr Wolf (qui reste de jure en poste jusqu'en 1921[1]).

Le Togo sous mandat français[modifier | modifier le code]

Le Togoland britannique en vert pâle qui a été rattaché au Ghana
Corps expéditionaire anglais au Togo en 1914

Les Français et les Britanniques se partagèrent l'occupation du territoire à partir de 1914-1916, décision qui fut confirmée le . Le Togo devint alors un mandat de la Société des Nations (SDN), partagé entre la partie française (à l'est appelée le « Togo français » ou Togoland oriental) et la partie britannique (à l'ouest appelée le « Togoland britannique »).

Le Togo français obtint une superficie de 56 600 km2, le Togo britannique, 33 800 km2. Avant la Première Guerre mondiale, le Togo avait une superficie de 90 500 km2.

Par crainte que les Togolais ne restent loyaux à l'Allemagne, les Français firent en sorte de supprimer toute trace de la colonisation allemande. Tout en appliquant un régime plus souple, ils réduisirent à néant l'influence des Togolais instruits par les Allemands et interdirent l'usage de la langue allemande, notamment aux missionnaires alsaciens et lorrains. Le français devint la langue officielle du Togo et l'enseignement public se fit seulement dans cette langue.

À l'inverse des Allemands qui n'avaient pu définir, ni appliquer une politique linguistique cohérente, les Français imposèrent sans ambiguïté la langue française. Dès 1915, l'allemand fut interdit dans leur zone, puis ce fut le tour de l'anglais à partir de 1920.

L'arrêté de 1922, qui organisait le secteur scolaire public et assurait le contrôle des écoles confessionnelles, imposa le français comme seule langue admise dans les écoles. Publié dans le Journal Officiel du Togo, son article 5 stipulait cette disposition sans équivoque : « L'enseignement doit être donné exclusivement en français. Sont interdits les langues étrangères et les idiomes locaux ». Les langues étrangères visées étaient l'allemand et l'anglais, les « idiomes locaux » (qui n'avaient pas droit au titre de « langue ») étaient les langues togolaises.

Les Français croyaient que, en raison du grand nombre des langues togolaises, il était inutile et impossible d'en choisir une comme « langue de communication » au détriment des autres, sans provoquer des conflits de préséance entre les ethnies.
Ils croyaient surtout que les langues africaines étaient trop « primitives » et « inaptes à l'enseignement », c'est-à-dire tout le contraire du français décrit comme « supérieur ».

De leur côté, les Togolais n'ont pas semblé à ce moment-là porter un grand intérêt au problème de leurs langues nationales. Seules les communautés religieuses restaient préoccupés par l'enseignement en éwé dans les écoles.

Vers l'indépendance[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale arrive à un moment où, dans l'ensemble, le Togo est paisible. Après l'armistice signé en juin 1940, le pays est placé sous le contrôle du Régime de Vichy. La frontière avec l'ancien Ghana (la Gold Coast) est fermée, et les approvisionnements deviennent rares.

L'une des premières conséquences du débarquement en Afrique du Nord, le , est l'internement des commerçants anglophiles, dont Sylvanus Olympio, cependant comme l'Afrique-Occidentale française (AOF) rentre en guerre, les frontières s'ouvrent petit à petit, et les suspects sont libérés.

En 1945, la Charte des Nations unies va établir un régime de tutelle visant à « Favoriser l'évolution des populations vers la capacité de s'administrer eux-mêmes ; Développer le sentiment de l'indépendance. Encourager le respect des Droits de l'homme et des libertés fondamentales, sans distinction de race, de sexe, ou de religion ».

Le Togo fut, par la suite, un des premiers pays, à se doter d'institutions politiques et électorales. Les partis politiques togolais travaillèrent activement à l'évolution du statut du pays mais se divisèrent en deux camps, opposés dans leurs objectifs :

  • le Comité de l'unité togolaise (CUT), qui était partisan d'un État réunifié et autonome
  • le Parti togolais du progrès (PTP), qui devint le Mouvement populaire togolais (MPT), qui demandait l'abolition de la tutelle et réclamait une association plus étroite avec la France

En 1956, le premier ministre qui est le chef du gouvernement est désormais élu par l'Assemblée nationale, et la république autonome, instituée le [2], dispose de pouvoirs de plus en plus larges.

La même année, à l'issue d'un référendum, le Togo britannique fut incorporé à la Côte-de-l'Or (ou « Gold Coast »), qui devint le Ghana au moment de son indépendance en 1957. Les Éwés refusèrent ce choix qui consacrait la partition de leur peuple, dont le territoire s'étendait avant la colonisation européenne de Notsé aux rives de la Volta. Cet éclatement nourrit par la suite des tensions périodiques entre le Ghana et le Togo.

Le CUT remporte une écrasante victoire le , et Sylvanus Olympio, son chef, est ainsi élu Premier Ministre de la République.

En 1958, un nouveau référendum, organisé sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU), permit au Togo français d'accéder à l'autonomie, en tant que république, au sein de la Communauté française.

En février 1960, Sylvanus Olympio, refusa l'offre du président ghanéen, Kwame Nkrumah, d'unir les deux pays.

L'indépendance du Togo[modifier | modifier le code]

Monument de l'Indépendance à Lomé

Le Togo devient indépendant, le et obtient un siège à l'ONU en septembre de la même année et Sylvanus Olympio est élu président aux dépens de Nicolas Grunitzky, candidat soutenu par la France, lors d'élections supervisées par l'ONU.

C'est logiquement Sylvanus Olympio qui dirige la rédaction de la Constitution de la République du Togo, qui devient une démocratie à régime présidentiel, à la tête de laquelle Olympio engage une politique autoritaire. Cette situation provoqua des impatiences voire des mécontentements dans la région Nord du pays, qui se sent délaissée par un gouvernement dominé par les Ewé de la région de Lomé.

En 1963, l'Afrique des indépendances connut son premier coup d'État. Sylvanus Olympio refuse la réintégration dans l'armée togolaise des soldats qui avaient combattu au sein de l'armée française pendant la Guerre d'Algérie. Ces soldats, majoritairement issus des Kabyê du Nord du Togo, décidèrent alors d'organiser un coup d'État dans la nuit du 12 au 13 janvier 1963, une poignée de militaires dont faisait partie Gnassingbé Eyadema assassinèrent Sylvanus Olympio.

Rapidement, un comité militaire insurrectionnel fait appel à Nicolas Grunitsky, qui fut élu président en 1963, tout en adoptant une nouvelle Constitution. Grunitzky dirigea le pays d'une manière un peu plus libérale, en acceptant l'existence d'une opposition.

Cependant, les difficultés persistent et le 13 janvier 1967, les militaires prennent à nouveau le pouvoir. La Constitution est suspendue et l'Assemblée nationale dissoute. Kléber Dadjo occupe provisoirement le poste de Premier ministre. Le lieutenant-colonel Étienne Gnassingbé Eyadema, appartenant à l'ethnie des Kabyê, prend le pouvoir et met en place un nouveau gouvernement où les personnalités issues du Nord du pays sont majoritaires.

Gnassingbé Eyadema président de 1967 à 2005[modifier | modifier le code]

Devenu Président de la République, il commence par supprimer le multipartisme et fait ainsi de son parti, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), le seul autorisé et y fait adhérer les chefs coutumiers. Par référendum en 1972, il fait ratifier ce régime politique, qui durera pendant vingt et un ans.

À partir de ce moment, le général Eyadéma inaugure une longue période de calme et de développement qui donne à l'étranger une impression de stabilité qui permet, par la suite, des rencontres internationales lors des conférences de Lomé1, Lomé2 et Lomé3.

L'État, dirigé par son chef Gnassingbé Eyadema instaure une politique de nationalisation, notamment celle des phosphates, une des principales richesse du pays et développe aussi une politique de promotion agricole afin de parvenir à l'autosuffisance alimentaire.

Durant les années 1970, la conjoncture internationale devient enfin favorable, les nombreux investissements étrangers permettent un développement important du pays, entraînant une certaine prospérité.

Le 30 décembre 1979, à la suite d'un référendum, le pays adopte une nouvelle Constitution dont les fondements sont la présence d'un chef de l'État et des armées, un parti unique (le RPT) et une assemblée de 67 élus au suffrage universel et qui figurent sur une liste unique, non modifiable.

Après une période relativement calme, le climat politique et social du pays va commencer à se détériorer. Ainsi, en 1986, un commando infiltré depuis le Ghana organise un attentat manqué contre Eyadéma. Cette tentative de coup d'État déclenche de violentes manifestations à Lomé et entraîne une intervention de la France, craignant une nouvelle déstabilisation du régime en place.

Les Togolais et en tout particulier les jeunes intellectuels, supportent de moins en moins la loi du silence et la censure qui leur sont imposées. Nombreux sont ceux qui supportent encore moins de voir que ce sont les Togolais originaire du Nord du pays qui sont aux commandes de l'État, alors même qu'ils ne représentent approximativement que 20 % de la population, contre environ 45 % pour les Ewé du Sud.

C'est ainsi que de violentes émeutes éclatent à Lomé, en octobre 1990, gagnant peu à peu les régions. Les manifestations, au départ pacifiques, deviennent rapidement de violentes et sanglantes insurrections. Le président cède et accorde le multipartisme.

Cette concession est malgré tout jugée insuffisante. Les chefs de l'opposition demandent la tenue d'une conférence internationale qui leur est d'abord refusée, puis accordée sous la pression de la grève générale de juin 1991. La conférence nationale souveraine (800 délégués) siège du 8 juillet au 28 août, dans un climat ambiant très tendu.

Il en résulte l'élection de Joseph Koffigoh, un nouveau premier ministre appelé chef du gouvernement de transition, assisté par le Haut Conseil de la République (HCR) qui tâche d'élaborer une nouvelle Constitution, ainsi que de veiller à la tenue des états généraux de la Santé, des Affaires sociales, de l'Éducation, etc. Et de préparer pour 1992, de nouvelles élections.

L'armée se retrouve divisée, les tentatives de rendre le pouvoir au général Eyadéma, toujours Président en titre, mais sans aucune autorité, n'aboutissent pas et déclenchent de graves épisodes sanglants dans l'ensemble du pays. Les maisons brûlent, les anciennes rancunes entre ethnies refont surface, les victimes sont nombreuses de chaque côté.

Les 27 et , l'armée, principalement composée de Kabyê s'empare de la radio et de la télévision, et se rend devant la primature (la résidence du premier ministre). Elle exige la dissolution du HCR et la participation du RPT au gouvernement.

Après quelques jours, l'armée attaque la primature. Le premier ministre Josseph Koffigoh, alors présent, est emmené de force au palais présidentiel où il conclut avec le président Eyadéma, un accord où il est sommé de former un gouvernement d'union nationale avec des ministres du parti du président, le RPT. Au même moment, les responsables du HCR s'enfuient à l'étranger ou restent chez eux, sans bouger. Le RPT retrouve sa place et le général Eyadéma ses pouvoirs.

Puis le 27 septembre 1992, le pays adopte une nouvelle Constitution, qui conforte les pouvoirs retrouvés du Président. L'opposition organise des grèves ainsi que de nombreuses manifestations qui sont réprimées dans le sang en janvier 1993. On dénombre au moins 16 morts, l'opposition parle de 50 morts. La Communauté européenne suspend immédiatement sa coopération avec le Togo.

Ces violences entraînèrent un exode massif vers le Ghana (où auraient trouvé refuge 100 000 personnes) et le Bénin (130 000 personnes).

Le , le général Eyadéma échappe à une attaque lancée contre sa résidence officielle.

En août 1993, Eyadéma est réélu avec 94,6 % des voix en raison du boycottage du scrutin par l'opposition. Cependant, celle-ci remporte les élections législatives de février 1994 et obtient la majorité à l'Assemblée nationale. Les deux partis d'opposition (le CAR et l'UTD) nomment un Premier ministre, mais Eyadéma refuse et confie le poste à Edem Kodjo, chef de l'UTD.

En 1996, les présidents ghanéens et sud-africains se rendent à Lomé et font étape au village natal du président, Pya. Les relations avec le Ghana de Jerry Rawlings s'améliorent grandement et le Togo établit même des relations diplomatiques avec l'Afrique du Sud, notamment lors de la visite de Nelson Mandela en mars 1996.

La privatisation des filières du coton et des phosphates se poursuit.

Lors des nouvelles élection présidentielle du , le général Eyadéma est réélu avec 52,13 % des suffrages exprimés, mais le résultat a été contesté par l'opposition (qui est désormais représenté par Gilchrist Olympio, fils de l'ancien président assassiné) et mis en doute par les observateurs de l'Union européenne.

En mai 1999, Amnesty International affirme, dans un rapport intitulé Le Règne de la terreur, que des centaines de personnes ont été exécutées extrajudiciairement et que leurs corps ont été jetés à la mer et dans la lagune de Bè, après la proclamation des résultats de l'élection de 1998. Lomé rejette les accusations aux quelles il n'y a eu aucune réponse.

Début 2000, les promesses non tenues[modifier | modifier le code]

Les différents partis politiques soutenant Gnassingbé Eyadéma et ceux de l'opposition signent un accord le , afin d'enrayer la crise politique qui perdure depuis les années 1990. En effet, les partis d'opposition ont boycotté les législatives de mars 1999 en raison de la réélection contestée du président en juin 1998.

Le président s'était engagé à dissoudre l'Assemblée nationale et à organiser des élections législatives en mars 2000 pour que d'autres formations politiques puissent entrer au Parlement. Il s'était aussi engagé à respecter la Constitution et à ne pas se présenter pour un troisième mandat. Cependant le processus de réconciliation sera marqué par de nombreuses pannes.

Le général Eyadéma et son parti modifient par la suite le code électoral et la constitution que le peuple togolais avait massivement adoptés en 1992, pour lui permettre de faire un troisième mandat, lors des élections de 2003.

Le président Gnassingbé Eyadéma est donc réélu en juin 2003 pour un nouveau mandat de cinq ans. La Commission électorale annonce que Eyadéma, détenteur du record de longévité politique à la tête d'un État africain, a réuni 57,2 % des suffrages lors du scrutin.

Le , le président Étienne Eyadéma Gnassingbé, décède d'une crise cardiaque à 69 ans, après avoir présidé durant 38 ans le pays. Sa mort surprend autant la population du pays que le gouvernement, qui décide de confier le pouvoir à son fils Faure Gnassingbé par l'intermédiaire de l'assemblée nationale qui réécrit la constitution pour l'occasion.

Année 2005, le Togo en crise[modifier | modifier le code]

À la suite de violentes et sanglantes manifestations dans les rues de la capitale et sous la pression internationale qui dénonce un coup d'État, Faure Gnassingbé démissionne le 26 février 2005 de la présidence et annonce sa candidature pour la nouvelle élection présidentielle.

Faure Gnassingbé gagne l’élection avec plus de 60 % des voix, cependant l'opposition dénonce des fraudes massives tandis que la France représentée par son chef d'État Jacques Chirac, ami de longue date de la famille Eyadéma, juge que le scrutin a été satisfaisant. C'est en réponse à ces événements que les violences vont continuer dans les rues de Lomé, entraînant la mort de nombreuses personnes et plongeant le pays dans une crise politique majeure.

Faure Gnassingbé tente de calmer le pays en formant un gouvernement d'union nationale, avec l'élection du premier ministre Edem Kodjo, le 9 juin 2005.

Amnesty international publie en juillet 2005, un rapport dénonçant selon ses propres termes « Un scrutin entaché d'irrégularités et de graves violences » tout en montrant que « les forces de sécurité togolaises aidées par des milices proches du parti au pouvoir (le Rassemblement du peuple togolais (RPT)) s'en sont violemment prises à des opposants présumés ou à de simples citoyens en ayant recours à un usage systématique de la violence. ». Le rapport reproche aussi à la France son rôle ambigu dans la situation.

Les violences consécutives aux événements politiques de 2005 auraient entraîné entre 400 et 500 morts. Certains parlent même de plus de 800 morts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En fait dès 1918, le Togo est régi par un administrateur apostolique, Mgr Hummel, vicaire apostolique de la Côte de l'Or
  2. mjp.univ-perp.fr Digithèque de matériaux juridiques et politiques : Togo.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]