Histoire de l'Afrique

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Carte achronique des entités politiques d'Afrique (entre env. et env. ).

L'histoire de l'Afrique commence avec l'apparition de l'espèce humaine dans la corne de l'Afrique, il y a environ 2,5 millions d'années. Le continent est considéré comme le berceau de l'humanité, à partir duquel, il y a 200 000 ans environ, l'homme moderne s'est étendu sur le reste du globe. Vers la fin de la Préhistoire, le Sahara, qui était alors formé de grands lacs, devint aride et « coupa » l'Afrique en deux, conduisant à des évolutions historiques distinctes entre le nord et le sud.

À la période historique, la civilisation de l'Égypte antique se développa le long du Nil, et l'Afrique du Nord, rive sud de la Méditerranée, connait l'influence des Phéniciens, des Grecs et des Romains.

L'Afrique subsaharienne voit naître ses propres civilisations dans les zones de savanes. À compter de 3000 av. J.-C. l'expansion bantoue repousse les peuples Khoïsan. Il s'agit d'un mouvement de population en plusieurs phases, orienté globalement du nord, depuis le grassland du Cameroun actuel, vers le sud, jusqu'en Afrique australe, atteinte aux débuts de l'ère chrétienne. L'expansion bantoue explique la carte ethno-linguistique actuelle de la zone subsaharienne.

La religion chrétienne s'implanta en l'Afrique dès le Ier siècle, essentiellement dans l'Afrique romaine du nord du continent puis en Éthiopie. Le VIIe siècle voit les débuts de l'Islam en Afrique, lequel s'installe sur la côte est et dans le nord du continent jusqu'à la frange septentrionale de la zone subsaharienne. L'Afrique du nord est, dans le même temps, arabisée. En Afrique subsaharienne, à partir du VIIIe siècle et jusqu'au XVIIe siècle, de puissants et riches empires se succèdent.

Vers la fin de cette période, au XVe siècle, les Portugais, suivis par d'autres nations européennes, installent sur la côte ouest un trafic d'esclaves, la traite atlantique, qui s'ajoute à la traite intra-africaine et à la traite orientale qui sévissent déjà sur le continent. Le XVIIIe siècle marque le début des explorations européennes, suivies par la colonisation massive du continent entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. La traite esclavagiste cesse au début du XXe siècle, mais l'Afrique est presque entièrement sous domination coloniale jusqu'à la fin du XXe siècle, ce qui modèle jusqu'à aujourd'hui les frontières et les économies des pays concernés.

La plupart des États obtinrent leur indépendance entre la fin des années 1950 et le milieu des années 1970. Les pays du continent présentent la croissance démographique la plus importante de la planète et une situation sanitaire qui s'améliore nettement tout en progressant moins vite que dans les autres pays en développement.


Préhistoire[modifier | modifier le code]

Naissance de l'espèce humaine[modifier | modifier le code]

Schéma structural simplifié du grand rift est-africain.

L'Afrique est considérée par les paléoanthropologistes comme le berceau de l'humanité, où est née l'espèce humaine (Ève mitochondriale)[1],[2]. La vallée du Rift a livré un nombre important de vestiges archéologiques et de fossiles liés à la présence des premiers hominidés préhistoriques. Dans le courant du XXe siècle, les anthropologues découvrirent un grand nombre de fossiles et de preuves d'une occupation par des hominidés précurseurs de l'être humain, datés, par datation radiométrique, de 7 millions d'années avant le présent pour l'espèce Sahelanthropus tchadensis (fossile Toumaï)[3],[4], de 6 millions d'années pour Orrorin tugenensis, de 4 millions d'années pour le fossile Ardi de l'espèce Ardipithecus ramidus, de 3,9 à 3,0 millions d'années pour l'Australopithecus afarensis[5], de 2,3–1,4 millions d'années avant le présent pour Paranthropus boisei[6] et d'environ 1,9 million–600 000 ans avant le présent en ce qui concerne Homo ergaster.

Après l'évolution d'homo sapiens, il y a environ 200 à 100 000 ans, le continent fut principalement peuplé par des groupes de chasseurs-cueilleurs[7],[8],[9]. Selon la théorie de l'« origine africaine de l'homme moderne », ces premiers humains modernes quittèrent l'Afrique et peuplèrent le reste du monde entre 80 à 50 000 ans avant le présent. Ils auraient quitté le continent en traversant la mer Rouge via le Bab-el-Mandeb[10],[11], le détroit de Gibraltar[10],[11] et l'isthme de Suez[12].

Des migrations de ces humains modernes, à l'intérieur du continent, datent des mêmes époques, avec des traces de peuplement humain précoce en Afrique australe, Afrique du Nord et au Sahara[13].

Lucy, un squelette relativement complet d’Australopithecus afarensis

Formation du Sahara[modifier | modifier le code]

La taille du Sahara a considérablement varié au fil du temps, essentiellement du fait des conditions climatiques[14]. À la fin de la glaciation qui a lieu aux alentours de , le Sahara était un territoire vert et fertile. On trouve, dans le Tassili n'Ajjer, des peintures rupestres, datant d'environ , représentant un Sahara fertile et largement peuplé[15]. Vers 5000 av. J.-C., l'échauffement et l'assèchement du climat font que le Sahara devient de plus en plus chaud et hostile. À l'occasion d'une évolution qui dure jusqu'aux alentours de 3900 av. J.-C., le Sahara connaît une période de désertification[16],[17]. Une récession climatique importante se produit, entraînant une diminution des pluies en Afrique de l'est et du centre. Depuis cette époque, ce sont des conditions sèches qui prédominent en Afrique de l’est[18]. Le Sahara devient un « hiatus climatique […] qui joue un rôle capital dans le cloisonnement géographique d'une grande partie de l'Afrique[19] ». Cela réduit la quantité de terres propices au peuplement et provoque des migrations des communautés agricoles vers le climat plus tropical de l'Afrique de l'Ouest[18] et vers la vallée du Nil, en dessous de la seconde cataracte, où s'établissent des implantations permanentes ou semi-permanentes. Cette émigration a permis l'émergence de sociétés complexes et hautement organisées durant le IVe millénaire av. J.‑C.[20], comme en témoigne le site de Nabta Playa[n 1]. Ce hiatus climatique est un obstacle à la circulation nord-sud ; Pierre Gourou[21] parle de « hiatus isolant ». La vallée du Nil devient le couloir privilégié de circulation et l'Égypte suit un processus de développement distinct du reste de l'Afrique[22],[n 2].

Développement de l’agriculture et métallurgie[modifier | modifier le code]

La domestication du bétail en Afrique précède l’agriculture ; ainsi le bœuf est-il domestiqué depuis 7 500 à 6 000 ans av. J.-C. en Afrique du nord[23],[24]. Dans l'aire nilo-saharienne, de nombreux animaux sont domestiqués, dont l'âne[23]. Elle se développe parallèlement aux cultures de chasseurs-cueilleurs. Les Khoïsan, qui furent la population la plus nombreuse dans l'histoire de l'humain moderne[25] se divisent entre les chasseurs-cueilleurs San, appelés aussi « Bochimans » et les pasteurs Khoïkhoïs[26].

L'agriculture apparaît en plusieurs lieux selon un processus complexe [27] vers [28] Il s'agit d'abord d'une adoption par l'Égypte de plantes venant du sud-ouest asiatique. L’Éthiopie (et la Corne de l'Afrique en général) se distingue nettement de ses voisines et entretient des contacts intermittents avec l’Eurasie après l’expansion de l’espèce humaine hors d’Afrique. La culture, la langue ainsi que les espèces cultivées en Éthiopie (café, sorgho, teff) sont particuliers à cette région. Vers , une migration majeure de populations d'agriculteurs venus du Proche-Orient a lieu en direction de l'Afrique[29]. Cette implantation de nouvelles populations est notamment présente dans la corne de l'Afrique[29]. Vers 2 000 ans av. J.-C., une agriculture autochtone se développe avec la domestication du mil, du riz africain, de l'igname et du sorgho[30].

Article détaillé : Métallurgie en Afrique ancienne.

La métallurgie du fer apparaît précocement en Afrique, dès le IIIe millénaire av. J.-C. en Afrique de l’Ouest et du centre (territoires des actuels Gabon, Cameroun et République du Congo) et dans la région des Grands Lacs[31],[32].

De la protohistoire au VIIe siècle apr. J.-C.[modifier | modifier le code]

L'Égypte antique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Égypte antique.

Les premières traces d'histoire écrite en Afrique datent de l'Égypte antique, dont le calendrier est toujours employé pour dater les cultures de l'âge du bronze et de l'âge du fer de la région. Le royaume d'Égypte atteint son apogée sous le Nouvel Empire, entre -1567 et -1080.

Expansion bantoue[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Bantous, Langues bantoues et Expansion bantoue.
1 = 3000–1500 av. J.-C., origine
2 = env. 1500 av. J.-C., premières migrations
2.a = Bantou oriental, 2.b = Bantou occidental
3 = 1000—500 av. J.-C., Urewe, noyau du Bantou oriental
47 = avancée vers le sud
9 = 500 av. J.-C.—0, noyau Congo
10 = 0—1000 ap. J.-C., dernière phase[33],[34],[35]

Tandis que prospèraient et se développaient les civilisations de l'aire nilotique, vers 2000 av. J.-C. ou 1500 av. J.-C., commença la première migration[n 3] bantoue[n 4] vers les forêts tropicales d’Afrique centrale, à partir d'une localisation située au sud-est du Nigeria et du Cameroun actuels[37]. Il s'agit probablement d'un effet de la pression démographique des populations du Sahara qui fuyaient l’avancée du désert. La seconde phase de migration, environ mille ans plus tard, vers -1000, les amena jusqu’en Afrique australe et orientale[38]. Les bantous, éleveurs et semi-nomades, dans leur mouvement vers le sud, s’affrontèrent et se métissèrent aux populations locales de chasseurs-cueilleurs, jusqu'à atteindre l'aire des locuteurs khoïsan, en Afrique australe. Ces évènements expliquent la carte ethno-linguistique de l'Afrique actuelle[39].

Phéniciens, Grecs et Romains[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Civilisation carthaginoise.

Le nord de l’Afrique, dans l'aire d'influence méditerranéenne, est exploré depuis l’antiquité par les Phéniciens et les Grecs qui y établissent de nombreux comptoirs. Sur la côte, la cité-état d'Utique (située dans l'actuelle Tunisie) est fondée par les Phéniciens en 1100 av. J.-C. ; Carthage, base d'une civilisation importante sur la côte nord, est fondée par des colons phéniciens de Tyr, en 814 av. J.-C[40],[41] ; Utique est, plus tard, absorbée par Carthage au fil du développement de cette dernière. Cyrène, en actuelle Libye, est fondée en 644 av. J.-C. par les Grecs. Elle deviendra le centre politique de la Cyrénaïque qui finira englobée dans l'Égypte ptolémaïque (dynastie des Lagides). En 332 av. J.-C., Alexandre le Grand est reçu comme un libérateur par l'Égypte, alors occupée par les Perses[n 5]. Il fonde Alexandrie, qui deviendra la prospère capitale du royaume ptolémaïque[42].

La prospérité de la civilisation carthaginoise repose sur le commerce méditerranéen, mais aussi sur celui avec l'intérieur de l'Afrique, avec notamment les villes de Sabratha et de Leptis Magna (en actuelle Libye), situées au débouché des pistes transahariennes[43]. Du point de vue de l'organisation sociale et politique, Carthage ne forme pas un « empire » aussi solide et structuré que celui des Romains, ce qui expliquerait sa défaite[44],[n 6].

L'Afrique romaine et l'introduction du christianisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Afrique romaine.

Les Romains vinrent cependant à bout des trois pouvoirs partagés de la Cyrénaïque, de l'Égypte et de Carthage. Progressivement, à partir de 146 av. J.-C., après la victoire de Rome sur Carthage à l'issue des Guerres puniques[45], toute la côte nord du continent est incorporée dans l'Empire romain.

L'Empire romain compta jusqu'à huit provinces en Afrique, La Tripolitaine, la Byzacène, l'Afrique Proconsulaire, la Numidie Cirtéenne, la Numidie militaire, la Maurétanie Césarienne, la Maurétanie Sitifienne et la Maurétanie Tingitane. Les écrits de Ptolémée, qui permettent de déduire l'étendue du monde connu (directement ou par des témoignages) des Romains, mentionnent les Grands Lacs réservoirs du Nil, des comptoirs commerciaux le long des côtes de l'océan Indien jusqu'à Rhapta en Tanzanie actuelle ainsi que le fleuve Niger.

Le christianisme est arrivé en Afrique dès le Ier siècle apr. J.-C. dans les grandes villes . Selon la légende, il aurait été apporté par Saint Marc lui-même; c'est plus probablement l'Église de Jérusalem qui envoya des missionnaires. L'Église d'Alexandrie fut une des plus anciennes Églises chrétiennes. Vers 200, Alexandrie était le siège d'une Église officiant en grec ; en 325, l'Égypte comptait 51 évêchés et la Bible circulait en copte. Le Didascalée y fut une des grandes écoles théologiques des premiers siècles du christianisme.

Dans les provinces berbères, les communautés chrétiennes étaient également très nombreuses et dynamiques dès le milieu du IIe siècle. Les débuts du christianisme dans cette région est étroitement liée à la personne de Tertullien ; il adopta un caractère spécifique, se faisant remarquer par son intransigeance, refusant la participation à la vie politique de la cité[n 7] et de servir au sein de l’armée de l’Empire[n 8]. Ce choix politico-religieux a été à l’origine de conflits parfois violents. Cette tendance intransigeante perdurait au début du IVe siècle et après la persécution de Dioclétien en 303, les donatistes refusèrent la réintégration dans la communauté chrétienne des lapsi qui avaient failli.

Au IVe siècle, l'Afrique vit la naissance d'Augustin d'Hippone, père de l'Église dont la pensée devait avoir une influence déterminante sur l'Occident chrétien au Moyen Âge et à l'époque moderne[46]. Devenu évêque d'Hippone (actuelle Annaba), il s'opposa dans ses écrits au donatisme et au manichéisme ; il est le principal penseur qui permit au christianisme occidental d'intégrer une partie de l'héritage grec et romain, en généralisant une lecture allégorique des Écritures liée au néoplatonisme.

Au IVe siècle le christianisme s'étend vers l'Afrique de l'Est (notamment au Soudan et en Éthiopie)[47]. L'Église copte orthodoxe ainsi que Église éthiopienne orthodoxe, font partie des plus anciennes Églises au monde.

Du viie au xve siècle[modifier | modifier le code]

Islamisation de l'Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan, Tunisie, l'une des plus anciennes mosquées d'Afrique.

À partir du VIIe siècle, les armées Arabes conquièrent l'Afrique du Nord. En 639, Amru ben al-As entre en Égypte à la tête de 4 000 soldats. Quatre ans plus tard, en 643, il parvient en Libye, puis aux portes de Sbeïtla en 647. Après une brève interruption due à des querelles de successions, la conquête reprend en 665 sous Oqba Ibn Nafi Al Fihri, neveu d'Amru ben al-As. Il fonde Kairouan en 670 et en fait la capitale de l'Ifriqiya, ancienne province romaine fraîchement islamisée[48] ; c'est la même année (670) qu'est fondée la Grande Mosquée de Kairouan, l'une des plus anciennes mosquées d'Afrique[49]. De là, il rejoint les côtes de l'Afrique de l'Ouest mais se heurte sur la route du retour à une forte résistance berbère emmenée par Koceila. Ce dernier parvient à prendre Kairouan et, après sa mort, les Arabes ne peuvent s'installer dans l'ouest de l'Algérie qu'en s'alliant aux Berbères.

Les chrétiens d'Égypte ont le choix entre la conversion et le statut de dhimmi moyennant un impôt sur la terre. La plupart choisissent la seconde option et conservent d'importantes responsabilités administratives jusqu'au VIIIe siècle, où ils perdent petit à petit leur pouvoir. L'arabe devient langue officielle et le copte est relégué au rang de langue liturgique. Au XIVe siècle, les chrétiens ne comptent plus que pour 10 % de la population égyptienne.

Pendant cinq siècles, plusieurs dynasties puissantes se succèdent en Afrique du Nord. En 910, la famille des Fatimides prend le pouvoir à Kairouan et s'étend tant vers l'ouest que vers l'est, reprenant l'Égypte des mains des Turcs dans lesquelles elle était tombée entre-temps. De sévères famines entre 1062 et 1073 amorcent son déclin et Saladin renverse le royaume en 1171.

Commerce transsaharien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Commerce transsaharien.

Le commerce entre les pays méditerranéens et l'Afrique de l'Ouest à travers le Sahara a pris son essor à partir du VIIe siècle[50] et a connu son apogée du XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIe siècle . Les principaux produits fournis par l'Afrique sub-saharienne étaient l'or, les esclaves et l'ivoire. Ce commerce a joué un rôle central dans la diffusion de l'islam en Afrique subsaharienne[50].

Afrique de l’Ouest[modifier | modifier le code]

Les sociétés installées en Afrique de l'Ouest sont d'origines très diverses. Au sud, du Sénégal au golfe de Guinée, la forêt équatoriale est colonisée par des populations parlant des langues nigéro-congolaises, à l'instar de la totalité des langues parlées au sud d'une ligne reliant le nord du Sénégal au sud de la Somalie. Plus au nord, les régions de savane voient s'installer de petits groupes parlant des langues nilo-sahariennes, probablement en quête de terres plus fertiles face à l'avancée du désert. Ces groupes se dispersent le long du Moyen-Niger et sur les rives méridionales du lac Tchad, près de plaines inondables propices à l'agriculture.

À partir du IXe siècle, plusieurs États dynastiques se succèdent le long de la savane subsaharienne, de la côte Atlantique au centre du Soudan, dont les plus puissants sont l'empire du Ghana, le royaume de Gao et le royaume du Kanem-Bornou. Le Ghana commence à décliner au XIe siècle et l'empire du Mali lui succède deux siècles plus tard. Au XVe siècle, alors que le Mali commence lui-même à perdre des territoires, le chef songhaï Sonni Ali Ber échappe à l'autorité de son suzerain et fonde l'empire songhaï, au centre du Niger actuel, à partir de ce qui n'était qu'un royaume vassal du Mali.

Parallèlement, à partir du XIe siècle, des villes haoussas, en particulier Kano au nord de l'actuel Nigeria, se développent grâce à la pratique du commerce et de l'industrie, jusqu'à former des cités-États. Elles restent en bordure des principaux empires soudaniques jusqu'au XVe siècle, versant des tributs à l'empire Songhaï à l'ouest et au royaume du Kanem-Bornou à l'est.

La progression des Arabes vers le sud est interrompue par la forêt tropicale qui traverse le continent au niveau du 10e parallèle nord. Ils n'atteignirent jamais la côte de Guinée et les royaumes qui s'y développèrent restèrent hors de toute influence islamique. Ife, la plus ancienne des cités-États yoruba connues, est gouvernée par un prêtre-roi désigné par le titre d'oni. Centre culturel et religieux de l'actuel sud du Nigeria dès le VIIIe siècle, Ife exporta son système gouvernemental vers la ville d'Oyo, qui étend petit à petit son pouvoir sur la région environnante jusqu'à éclipser sa cité-mère et prospérer au sein de son propre État à partir du XVe siècle, constituant le royaume d'Oyo.

Les yorubas s'installent également à l'est d'Ife, en région de culture edo, au XIIIe siècle, pour y fonder le royaume du Benin. Deux cents ans plus tard, ce dernier est devenu une importante puissance commerciale, isolant Ife de la côte et de ses ports. À son apogée, entre le XVIe siècle et le XVIIe siècle, le royaume avait annexé une partie du territoire des yorubas et des igbos.

Le padroado portugais[modifier | modifier le code]

Les conquêtes et les comptoirs portugais[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Padroado.
Les découvertes et conquêtes territoriales de l'Ordre du Christ

Les Portugais commencent leur expansion outre-mer dès 1415, en s'installant à Ceuta (actuel Maroc) puis en s'implantant, au fil du temps, le long de la côte ouest du continent. Ils atteignent le Cap-Vert en 1444, le Sénégal en 1445, le golfe de Guinée en 1460 ; ils doublent le cap de Bonne-Espérance en 1488. En 1452, la papauté concède au Portugal l'exclusivité du commerce avec l'Afrique mais aussi l'activité de mission par le principe du padroado[51].

Les siècles de la traite[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Traite négrière et Esclavage en Afrique.
Estampe des années 1830 : soldat conduisant un esclave, Afrique équatoriale

Traite atlantique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Controverse de Valladolid.
gravure représentant un homme blanc vêtu à l'occidental, discutant avec un homme noir fumant la pipe ; en arrière-plan, deux hommes noirs vêtus d'un cache-sexe
Marchands d'esclaves à Gorée (v. 1797).
gravure de type eau-forte, représentant un homme noir à genoux, portant des chaînes, tendant les mains jointes en signe de supplication
Médaillon officiel de la Société britannique anti-esclavage. L'inscription dit : « Ne suis-je pas un homme et un frère ? » (1795)

Le commerce des esclaves (traite négrière) se développe avec l'arrivée des Portugais, au XVe siècle. Des esclaves africains, venus d'Arguin (île de l'actuelle Mauritanie), sont vendus dans la ville portugaise de Lagos dès 1444[52] et « les premiers esclaves noirs sont introduits à Hispaniola dès 1493[53] ». Les Portugais découvrent les îles du Cap-Vert en 1456 puis celles de Sao Tomé-et-Principe en 1471, désertes à l'époque, s'y installent et commencent à cultiver la canne à sucre grâce à des esclaves venus du continent[54]. Ils instaurent ainsi une économie de plantation rapidement transposée aux colonies américaines ; en 1505, le premier circuit triangulaire se met en place, à destination de Cibao et d'Hispaniola. « Les Portugais furent la première et, pendant cent cinquante ans, la seule nation européenne engagée dans la traite négrière atlantique[55]. » Les circuits sont, dès leurs débuts à la fin du XVe siècle, contrôlés et organisés ; le roi du Portugal accorde des droits exclusifs de navigation ou des droits de commercialisation en échange de redevances[56],[n 9].

Cette traite atlantique s'accélère lorsque l'exploitation du continent américain par les Européens s'accompagne d'une forte demande de main-d'œuvre pour les plantations de canne à sucre, café, cacao, coton, tabac… qui se développent massivement dans la seconde moitié du XVIe siècle. La demande concerne aussi, dans une moindre mesure, l'exploitation des mines d'argent et d'or du Pérou et du Mexique[60],[61]. Les implantations portugaises puis, plus largement, européennes, de la côte ouest-africaine deviennent les plaques tournantes de la traite tandis qu'à l'intérieur du continent de complexes circuits d'échanges s'établissent, la traite atlantique européenne se conjuguant aux circuits antérieurs qui perdurent, ceux de la traite orientale de la côte est et ceux de la traite transsaharienne orientés vers le nord[62].

Les autres puissances européennes s'engagent dans la traite aux XVIe et XVIIe siècles, impliquant les Français, les Anglais, les Néerlandais et même les Danois et les Suédois[63]. Ces autres nations européennes suivent la même voie que le Portugal, créant des compagnies « à charte » (bénéficiant d'un monopole ou d'un privilège accordé par un État)[64]. Cependant, au fil du temps, elles sont progressivement remplacées par des compagnies d'initiatives purement privées ; vers 1720, ces dernières dominent le commerce, profitant de la dérégulation progressive concédée par les gouvernements européens[65]. La place des pays dans la traite fluctue au gré des luttes et des rapports de force entre nations européennes. La fin du XVIIe siècle est marquée par la domination française, et c'est l'Angleterre qui domine la traite atlantique à son apogée, au XVIIIe siècle.

Les Européens ne pénètrent pas encore à l'intérieur du continent. Implantés sur le littoral, ils commercent avec les ethnies et les royaumes côtiers qui livrent les esclaves capturés à l'intérieur des terres[66]. Des royaumes africains, à la fois guerriers et commerçants[67], prospèrent ainsi grâce à ce commerce — qui coexiste avec la traite orientale[68] —, tels le Royaume de Dahomey, le Royaume de Kongo, l'Empire ashanti ou le Royaume du Kanem-Bornou[69],[70], au détriment notamment de l'Afrique intérieure, « objet de razzias incessantes »[71].

Le nombre d'esclaves déportés depuis l’Afrique au titre de la traite atlantique est évalué à douze millions environ en 400 ans[72],[73],[74].

Le partage de l'Afrique[modifier | modifier le code]

Explorations[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIIIe siècle, l'esprit du moment en Europe[n 10] est celui de la curiosité scientifique — qui justifie l’exploration — et celui de l'impérialisme culturel — qui pousse à évangéliser les populations tout en commerçant — ; c'est la « théorie dite des « trois C » […] [qui] consiste à associer les termes de civilisation, de commerce et de christianisme pour en faire les fondements de l’idéologie coloniale[76],[77]. » À côté des sociétéotess abolitionnistes, des sociétés d'exploration (l'African Association par exemple, fondée en 1788 en Angleterre) et des sociétés missionnaires (ainsi la Société missionnaire de Londres, créée en 1795) apparaissent à ce moment. Dans les débuts du XIXe siècle, l'intérieur de l'Afrique reste largement inexploré[78],[79] et les informations géographiques ou ethnographiques concernant le continent sont très anciennes[n 11],[81] ; lorsque René Caillié part à la découverte de Tombouctou, qu'il atteint en 1828, « les dernières informations concernant la ville dataient du XVIe siècle et émanaient des récits de Léon l'Africain[82]. » Sous l'impulsion anglaise, la fin du XVIIIe siècle puis le XIXe et le début du XXe siècle voient donc de grandes expéditions se monter, financées par les sociétés missionnaires, les sociétés d'exploration, les grands journaux et les États[n 12]. Parallèlement, les missions chrétiennes s'implantent massivement dans tout le continent ; il en existait quelques-unes au début du XIXe siècle, elles se comptent par dizaines à la fin du même siècle[83].

Les explorations et les missions n'ont pas que des visées désintéressées, scientifiques et évangélisatrices ; dans les faits, une exploration « précède souvent des prises de possession coloniales[84]. » Notable exemple du phénomène, à la fin du XIXe siècle, Léopold II de Belgique commandite plusieurs expéditions, dont une menée par l'explorateur Henry Morton Stanley[85],[n 13], lequel crée l'État indépendant du Congo, en 1885, qui sera la propriété personnelle du roi[86].

Le mouvement abolitionniste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abolitionnisme.

Colonisation[modifier | modifier le code]

L'Afrique coloniale en 1913 : la partition d'un continent.
  •      Allemagne
  •      Belgique
  •      Espagne
  •      France
  •      Grande-Bretagne
  •      Italie
  •      Portugal
  •      États indépendants
Articles détaillés : Partage de l'Afrique et Afrique au XIXe siècle.

La période coloniale en Afrique s'étend de la Conférence de Berlin (1884-1885) aux indépendances des années 1960 et constitue l'acte fondateur des actuels États africains : les puissances coloniales se partagent alors l'Afrique lors de la conférence de Berlin en 1884-1885.

La bataille d'Adoua où les italiens sont défaits par les troupes du Negusse Negest Menelik II, en 1896, marque un tournant historique dans la colonisation de l'Afrique

En 1880, à l'aube de la colonisation massive, moins de 20 % du continent est aux mains des Européens. Il s’agit, à l'ouest, de zones côtières[n 14], tandis que l'Afrique orientale est exempte de présence européenne. Seule l'Afrique australe est significativement occupée, 250 km à l'intérieur des terres[87],[n 15] ainsi que l'Algérie, conquise par les Français en 1830[88].

Entre 1880 et 1910, en un laps de temps très court du fait de la supériorité technologique des Européens[89], la quasi-totalité de son territoire est conquise et occupée par les puissances impérialistes qui instaurent un système colonial. La période après 1910 est essentiellement celle de la consolidation du système[88].

Ce déferlement entraîne des frictions entre les nations européennes ; c'est notamment le cas pour la zone du Congo où les intérêts belges, portugais et français se confrontent et pour l'Afrique australe, où se combattent Britanniques et Afrikaners[90]. Afin de traiter la situation, les États européens organisent, en l'absence de tout représentant africain, à la fin de 1884 et au début de 1885, la conférence de Berlin qui débouche sur un traité fixant les règles auxquelles les signataires acceptent de se soumettre dans le cadre de leur processus de colonisation. Cela a pour effet d'accélérer la colonisation[91] et donc le déploiement des « 3 C » (commerce, christianisme, civilisation) au nom du « fardeau de l'homme blanc »[92].

Deux pays échappent au partage de l'Afrique, le Liberia, créé par une société de colonisation américaine en 1822 et ayant proclamé son indépendance le 26 juillet 1847[93] et l'Éthiopie, État souverain depuis l'Antiquité, qui parvient à repousser la tentative de colonisation des Italiens auxquels elle inflige une défaite à la bataille d'Adoua, le 1er mars 1896. Il s'agit de la première victoire décisive d'un pays africain sur les colonialistes[94],[95].

Ce que les francophones nomment « partage de l'Afrique », mettant ainsi l'accent sur les conséquences pour le continent, est appelé Scramble for Africa (« la ruée vers l'Afrique ») par les anglophones, qui mettent ainsi en exergue les causes. Ce terme est corrélé avec l'analyse économiste qui avance que cette colonisation est déclenchée par les besoins en matières premières des économies européennes, engagées dans la révolution industrielle et dans le commerce international[96]. Le terme fait aussi référence à la compétition économique que se livrent les nations sur le sol africain[97]. Pour l'acception économiste, inspirée par John Atkinson Hobson[98], l'impérialisme et la colonisation sont les conséquences de l'exploitation économique pratiquée par les capitalistes et le résultat des rivalités entre les nations[99].

La plupart des régimes coloniaux mettent fin, de jure, à l'esclavage dans leur zone d'influence — quoique la pratique perdura de facto pendant longtemps encore[100] —, assumant ainsi un rôle de « mission civilisatrice »[101],[102]. C'est un second volet explicatif de la « ruée » : le sentiment de supériorité de l'Europe vis-à-vis de l'Afrique, conforté par les théories du darwinisme et de l'atavisme social[103] ainsi que par la période de la traite négrière, laquelle avait vu la montée du sentiment raciste et l'idée de hiérarchie entre les races (courant de pensée dit racialiste, incarné par exemple par Gobineau, auteur d'un Essai sur l'inégalité des races humaines en 1855)[104], tout cela justifiant d'apporter la civilisation et le christianisme aux peuples du « continent noir », via le « sabre et le goupillon »[105].

Enfin, le sentiment nationaliste des pays européens joue aussi un rôle, la compétition pour la domination de l'Afrique en étant un des aspects[106].

L'économie coloniale qui se met en place repose principalement sur deux secteurs : l'extraction minière et la traite de produits agricoles[107]. L'activité commerciale internationalisée (économie de traite[108]) est aux mains des Européens via leurs firmes pratiquant l'import-export, lesquelles disposent du capital nécessaire à l'investissement local[109].

Plusieurs dispositifs structurent cette économie : l'impôt de capitation, qui contraint les Africains au travail salarié pour le compte des colons afin d’acquitter l'impôt[110], les plantations obligatoires[110], l'« abject » travail forcé[111] et le travail migratoire, le déplacement des populations, la saisie des terres[112], le code de l'indigénat sous ses diverses variantes qui excluent les colonisés du droit commun, l'indirect rule britannique. Cela déstabilise fortement les structures sociales en place[113] ainsi que le système productif, ce qui conduit à la pauvreté, à la sous-alimentation, aux famines et aux épidémies[114]. Ces pratiques, déjà brutales par essence, s’aggravent de répressions sanglantes contre les soulèvements et les résistances[115]. La répression des héréros (1904-1907) est ainsi qualifiée de « premier génocide du XXe siècle »[116],[117]. Les pertes humaines sont telles que la démographie du continent en est affectée : « les deux ou trois premières décennies de l’ère coloniale (1880-1910 environ) […] provoquèrent […] une forte diminution de la population[n 16]. »

La quête de l'autonomie politique et les indépendances[modifier | modifier le code]

L'impact de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les prémices de l'émancipation de l'Afrique remontent à la Première Guerre mondiale. Celle-ci mobilise 1,5 million de combattants africains et, au total, 2,5 millions de personnes sont touchées, d'une manière ou d'une autre, par l'effort de guerre[119]. Pour les Africains, la guerre permet de rompre avec le rapport déséquilibré du colonisé à son « maître », à tel point, par exemple, qu'en « Guinée, le retour des anciens combattants fut le prélude de grèves, d’émeutes dans les camps de démobilisation et d’une contestation de l’autorité des chefs[120]. » Le traité de Versailles de 1919 dépouille l'Allemagne de ses colonies, que les vainqueurs se partagent, ce qui trace à peu près les frontières de l'Afrique actuelle[121].

La période qui suit, jusqu'à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, est parfois qualifiée d'« apogée » de la colonisation ; les puissances coloniales construisent des routes, des voies ferrées, des écoles et des dispensaires[122]. l'Afrique noire connut une période particulièrement difficile durant l'entre-deux guerres et une misère profonde régnait lors de la Grande Dépression[123]; l'écrasement de nombreuses révoltes laissa les populations désemparées ce qui favorisa l'essor de mouvements messianiques plus ou moins liés à des revendications d'indépendance[124]. Plusieurs Églises d'institution africaine furent fondées à cette époque : le Kimbanguisme au Congo, l'Église harriste en Côte d'Ivoire, le mouvement Aladura issu du Nigeria ou l'Église chrétienne de Sion depuis l'Afrique du Sud.

La révolution égyptienne de 1919 contre le colonialisme britannique en Égypte et au Soudan aboutit à l'indépendance de l'Égypte en 1922.

A cetté époque, l'Afrique s'intègre de plus en plus à l’économie mondiale[125],[n 17] et le continent bénéficie jusqu'en 1950 environ, date à laquelle culminent les profits des entreprises, de la reprise — interrompue par la Seconde Guerre mondiale — qui suit la crise de 1929[125].

L'Éthiopie est le seul État africain, avec le Libéria, qui n'ait pas été colonisé par une puissance européenne, le pays ne connut qu'une brève occupation de 5 années (1936-1941). Le Libéria était colonisé par les États-Unis pour y installer des esclaves noirs libérés. Une des raisons est qu'à l'instar de rares pays africains (Égypte, Maroc), l'Éthiopie est un État historiquement constitué (le pays de Kousch décrit dans la Bible). Elle ne fut pas « inventée » du fait des colonisations européennes du XIXe siècle. Cela explique, du moins en partie, le choix d'Addis-Abeba pour l'accueil du siège de l'Union africaine en 1963.

Décolonisation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décolonisation de l'Afrique.

Les aspirations nationalistes africaines menèrent aux indépendances qui s'étalèrent de 1910 à 1975 suivant les pays. Les régimes qui s'installèrent ne furent pas démocratiques et peinèrent à développer leurs pays. L'Afrique fut jusqu'aux années 1990 instrumentalisée par les puissances de la guerre froide. Depuis la chute du mur de Berlin, les pays africains oscillent entre guerres civiles et processus de démocratisation.

Afrique moderne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le site est occupé depuis le IXe millénaire av. J.‑C.
  2. « Très tôt la culture égyptienne […] s’est séparée de son environnement occidental et méridional […] les différences profondes du mode de vie établissent une distance entre Égyptiens et peuples voisins. » : Abd el Hamid Zayed et J. Devisse (collab.), chap. 4 « Relations de l'Égypte avec le reste de l'Afrique », dans G. Mokhtar (dir.), Histoire générale de l'Afrique, vol. 2 : Afrique ancienne, UNESCO, , p. 136.
  3. Ces migrations s'étalent sur une durée totale de 4 000 ans, se poursuivant jusqu'au XIXe siècle : « L’expansion se fit sur une longue durée puisqu’au XIXe siècle, elle n’était pas complètement terminée en Afrique orientale[36]. »
  4. Les bantous ne forment pas un « peuple » ; il s'agit de l'ensemble des locuteurs d'un groupe linguistique qui comprend environ 400 langues.
  5. L'Égypte connaît deux périodes de domination perse, entre 525 av. J.-C. et 522 av. J.-C. lorsque Cambyse II conquiert le pays et devient pharaon et entre 341 av. J.-C. et 332 av. J.-C. lors de sa conquête par Artaxerxès III.
  6. Sous domination romaine, Carthage redeviendra, au IIe siècle, une des plus grandes villes du monde romain.
  7. Une sentence de Tertullien est particulièrement connue : « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens ». Dans son œuvre De l’idolâtrie, il précise la nature des activités déconseillées aux chrétiens : ils doivent, pour les plus riches, refuser de participer à la vie politique de la cité en tenant un quelconque poste, refuser tout métier agricole qui pourrait fournir des produits et animaux aux séances de sacrifices. Les chrétiens ne doivent pas non plus exercer le professorat qui les obligerait à enseigner les mythes et cultes païens. Tertullien, De idololatria, De spectaculis
  8. Tertullien, De corona militis, I.
  9. Par ailleurs, la traite africaine est précocement et paradoxalement justifiée par ceux qui défendent les droits des Amérindiens ; ainsi Bartolomé de las Casas (1474 ou 1484-1566), prêtre aumônier des conquistadores, fut accusé, en ayant pris la défense des indigènes, d'avoir favorisé l'utilisation d'esclaves noirs à la place[57],[58],[59].
  10. Issu des « Lumières »[75].
  11. « La carte d’Afrique publiée par Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville en 1749 […] [montre] des tracés hydrographiques assortis de notes exposant les hypothèses établies à leur sujet à partir des géographes grecs et arabes[80]. »
  12. Les grands explorateurs de l'Afrique :
  13. Cf. Expéditions préludes à la fondation de l'État indépendant du Congo.
  14. Les zones côtières sous domination européenne en 1880 concernaient les actuels Sénégal, Sierra Leone, Ghana (nommé Gold coast à l'époque), le littoral d'Abidjan en actuelle Côte d'Ivoire, les alentours de Porto-Novo dans ce qui était le Royaume de Dahomey (actuel Bénin), l'île de Lagos dans l'actuel Nigeria, le delta du Gabon et des bandes côtières de l'Angola et du Mozambique actuels.
  15. À partir de la Colonie du Cap, établie par les Portugais en 1691, passée sous contrôle néerlandais puis anglais, l'Afrique australe avait vu la formation des Républiques boers, notamment le Natal (1838), la République sud-africaine du Transvaal (1852) et l'État libre d'Orange (1854), à l'issue du Grand Trek commencé en 1835.
  16. « Le nombre des habitants du Congo belge fut réduit de moitié pendant les quarante premières années de la domination coloniale, celui des Herero des quatre cinquièmes, celui des Nama de moitié et celui de la Libye d’environ 750 000[118]. »
  17. L'empire colonial britannique, qui s'étend d'ailleurs largement au delà du continent africain, est un exemple type du concept d'économie-monde, forgé par Fernand Braudel en 1949[126].

Références[modifier | modifier le code]

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  118. Histoire générale de l'Afrique, vol. 7, p. 839-840.
  119. Histoire générale de l'Afrique, vol. 7, p. 317.
  120. Histoire générale de l'Afrique, vol. 7, p. 331.
  121. Histoire générale de l'Afrique, vol. 7, p. 335.
  122. Histoire générale de l'Afrique, vol. 7, p. 34.
  123. Catherine Coquery-Vidrovitch, Petite histoire de l'Afrique, La Découverte, p. 17-25
  124. Catherine Coquery-Vidrovitch, Petite histoire de l'Afrique, La Découverte, p. 173-174
  125. a et b Petite histoire de l'Afrique, chap. 9, p. 17/25.
  126. Jacques Adda, « Braudel, Wallerstein et le système d'économie-monde », Alternatives Économiques, no 143,‎ .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Aspects méthodologiques et idéologiques[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert O. Collins, Problems in African History, Markus Wiener Publishing Inc., 2008 (nouvelle édition révisée), 320 p. (ISBN 1558764542)
  • Michel Amengual (dir.), Une histoire de l'Afrique est-elle possible ?, NEA, Dakar/Abidjan, 1975, 257 p. (ISBN 2-7236-0065-3) (entretiens radiodiffusés animés par M. Amengual)
  • Séverine Awenengo, Pascale Barthélémy et Charles Tshimanga (dir.), Écrire l'histoire de l'Afrique autrement ?, L’Harmattan, Paris/Budapest/Turin, 2004, 280 p. (ISBN 274756889X)
  • Chantal Chanson-Jabeur et Catherine Coquery-Vidrovitch (dir.), L'Histoire africaine en Afrique : recensement analytique des travaux universitaires inédits soutenus dans les universités francophones d'Afrique noire, L'Harmattan, Paris, 1995, 245 p. (ISBN 2-7384-3622-6)
  • Jean-Pierre Chrétien et Jean-Louis Triaud (dir.), Histoire d'Afrique - Les enjeux de mémoire, Karthala, Paris, 1999, 504 p. (ISBN 2-86537-904-3)
  • Collectif, Patrimoine et sources historiques en Afrique, 2007, 180 p. (ISBN 978-9-29900-207-0)
  • Catherine Coquery-Vidrovitch (dir.), Des historiens africains en Afrique. L'histoire d'hier et d'aujourd'hui : logiques du passé et dynamiques actuelles, L'Harmattan, Paris, 1998, 349 p. (ISBN 2-7384-6908-6) (Journées d'études organisées en mai 1996 à Paris par le laboratoire SEDET)
  • Sophie Dulucq et Colette Zytnicki (dir.), Décoloniser l'histoire ? : de « l'histoire coloniale » aux histoires nationales en Amérique latine et en Afrique : XIXe et XXe siècles, Société française d'histoire d'outre-mer, Saint-Denis, 2003, 176 p. (ISBN 2-85970-027-7)
  • Pierre Kipré, « Historiographie et méthodologie de l’histoire africaine » in Maria R. Turano et Paul Vandepitte (dir.), Pour une histoire de l’Afrique - Douze parcours, Argo, Lecce (Italie), 2003, p. 9-29. (ISBN 88-8234-394-4)
  • Gérard Leclerc, Anthropologie et colonialisme : essai sur l'histoire de l'africanisme, Fayard, Paris, 1972, 256 p. (Thèse publiée)
  • Issiaka Mandé et Blandine Stefanson (dir.), Les historiens africains et la mondialisation, 2005, 404 p. (ISBN 2-84586-652-6) (Actes du 3e congrès international, Bamako 2001)
  • Albert Mban, Les problèmes des archives en Afrique. À quand la solution ?, L’Harmattan, Paris, 2007, 170 p. (ISBN 978-2-296-03573-7)
  • François-Xavier Fauvelle, L'Afrique de Cheikh Anta Diop : histoire et idéologie, Karthala, Paris, 1996, 237 p. (ISBN 2-86537-667-2)
  • Théophile Obenga, Pour une nouvelle histoire, Présence africaine, 2000, 170 p. (ISBN 2708703781)
  • Claude-Hélène Perrot et Gilbert Gonnin (dir.), Sources orales de l'histoire de l'Afrique, Éditions du CNRS, Paris, 1993, 228 p. (ISBN 2-271-05080-4) (16 contributions issues du séminaire « Sources orales de l'histoire des sociétés africaines. Collecte et interprétation critique », animé par Claude-Hélène Perrot)

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

  • George-Alfred Barringer, Catalogue de l'histoire de l'Afrique, Bibliothèque nationale, Paris, 1895, 308 p.
  • Jean Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'Afrique et à l'Arabie. Catalogue méthodique de tous les ouvrages français et des principaux en langues étrangères traitant de la géographie, de l'histoire, du commerce, des lettres et des arts de l'Afrique et de l'Arabie, J. Gay et Fils, San Remo (Italie), 1875, XI-312 p.
  • John Leyden et Hugh Murray, Histoire complète des voyages et découvertes en Afrique : depuis les siècles les plus reculés jusqu'à nos jours... traduite de l'anglais et augmentée de toutes les découvertes faites jusqu'à ce jour par A. Cuvillier, A. Bertrand, Paris, 1821, 4 volumes et un atlas (7 cartes).

Ouvrages généraux contemporains[modifier | modifier le code]

Ressources audiovisuelles[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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