Histoire de la Guinée-Bissau

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Le territoire où se situe l'actuelle Guinée-Bissau (Guinée-Bissao, Guinée) est occupé à la fin du néolithique (autour de 300 av JC) à l'ouest par des peuples côtiers[1] qui s'adonnent à la pêche, la riziculture, et l'élevage, à l'est par des populations sans activité ni alimentation maritime et s'adonnant à un autre type de riziculture. Les villages côtiers ont des échanges entre eux, parfois à distance.

Jusqu'à la fin du premier millénaire divers groupes arrivent et s'intègrent. Ils créent peu à peu des petites nations féodales, aux organisations politiques variées, qui échangent constamment et se mêlent (par conflit, par mariage surtout, par commerce, par aventure, etc.). Les nations de la partie plus "continentale" tissent un réseau commercial vers le Nord, le Sud et l'Est. Le royaume Bainouk, dont la partie Sud englobe une grande partie de ce territoire, en est le plus étendu et le plus ancien pays centralisé.

Du XIe siècle au XVIe siècle, période de grande sécheresse[2],

  1. Plusieurs migrations de groupes de langue Mandé arrivent de l'Ouest. Tout d'abord des commerçants habitués au circuits de longue distance sont accueillis dans le Royaume de Baianouk le long du fleuve Gambie (notamment le clan Sané) ; d'autres s'installent en pays Landuma le long des fleuves Grande et Geba, le Royaume de Kinara y sera créé. Plus tard, à la fin du XIIIe siècle, lors de l'extension de l'Empire du Mali, une armée de langue Mandé, suivie de groupes de tous corps de métiers, colonisent le royaume Bainouk qui passe sous leur contrôle et est divisé en Mansayas administrées par des Farims et créent une nouvelle noblesse. Le royaume de Kinara devient assez naturellement vassal. Selon les périodes, les nations côtières seront parfois vassalisées. Les Mansayas intègrent les populations colonisées; mais aussi des dispositions politiques, sociales, agricoles et religieuses de celles-ci. Ils exercent une forte influence commerciale. Progressivement, le Mansaya du Kaabu (Kaabunké)[3] dirige, puis englobe les Mansayas situés entre fleuves Gambie et Geba. Au XVIIe siècle, le Kaabunké décrète son indépendance.
  2. Des nomades Fulbés, aidés de guerriers, s'installent, comme ils sont coutume de le faire, en bordure des zones agricoles au sein des Mansayas. Ils ne s'installent pas au Royaume de Kinara, qui repoussera leur armée.
  3. Deux siècles après l'invasion Mandé, des commerçants portugais (1447), italiens (1455-56), prennent contact au nom du Royaume du Portugal, situé au sud de l'Europe, avec des Seigneurs des Nations Côtières, avec le Roi de Kinara et certains Farims, mais aussi avec le Mansa du Mali (Manding Mansa) qui faisait observer les agissements des européens depuis leur arrivée au fleuve Sénégal[4]. Puis ils louent des terrains, avec plus ou moins de bonheur selon les époques, le long de fleuves pour y installer des comptoirs commerciaux.

Ces deux phénomènes, côté continent avec les Mansayas puis le Kaabunké et côté mer avec les navires européens, vont développer le commerce longue distance, bouleverser les circuits commerciaux Puis le commerce d'esclaves Transatlantique s'ajoute à son pendant transsaharien, puis prend une très grande ampleur, ce qui va altérer en cascade les relations au sein des nations et entre elles, puis le développement global[5].

La fin du XIXe est marqué par deux conflits majeurs : le royaume Fulbé du Fouta Djalon vainc militairement le Kaabunké déclinant, avec l'appui du royaume du Portugal. Celui-ci ensuite envahit, avec difficulté, le territoire. C'est la "Naissance de la Guiné"[6]. Puis il contrôle peu à peu le pays (dernière bataille en 1936). Il sera chassé 1973.

Depuis l’indépendance jusqu'en 1994, elle est gouvernée par un parti unique, puis sous la pression de la Banque Mondiale et d'autres partenaires internationaux, le président João Bernardo Vieira installe le multipartisme.

Du néolithique au premier millénaire après JC, installation progressive de peuples, liés à la mer à l'Ouest, plus terriens à l'Est.[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guinée portugaise.

Entre 1000 avant JC et 1100 après JC, diverses populations s'installent progressivement sur les côtes et de nombreux mouvements de population ont lieu.

Le territoire est composé par :

Sur la côte, un ensemble de communautés liées à la Mangrove[modifier | modifier le code]

Ces communautés littorales des "rivières du sud" (encore appelées "côtes de haute Guinée"), se répartissent depuis le néolithique sur un espace émietté entre les nombreuses fleuves, rias et les grandes étendues mangrove. Elles :

  • Vivent de la cueillette des huîtres, du ramassage des coquillages, de la pêche maritime et de la riziculture.
  • Disposent déjà d'importants troupeaux de bovins.
  • Pratiquent le commerce entre elles : riz contre poisson séché, sel, poteries, etc. (on a par exemple retrouvé la traces de ces échanges entre la Basse-Casamance et les îles Saloum)
  • Présentent un émiettement politique et une organisation socio-écononique qui trouvent leurs fondements dans la conversion des mangroves en rizières.

En effet, entre ces estuaires est inventée la riziculture de mangrove[1].

L’aménagement de la mangrove et la culture fort ancienne de la variété africaine oriza glaberrima constituent le trait par lequel se distinguent de la manière la plus remarquable de nombreuses populations depuis l'actuelle Gambie jusqu'à la Sierra Leone : endiguées, défrichées, dessalées, les mangroves sont reconverties en rizières au prix d’un travail accumulé sur de nombreuses générations. Cette agriculture intensive va de pair avec de fortes densités démographiques[7],[8].

Après l'an 1000, cet ensemble de communautés de riziculteurs littoraux est étroitement liée à la présence de forêts de mangroves, en front de mer, le long des estuaires, rias et chenaux de marée.

Un peu plus au Nord, en Basse-Casamance, les archéologues ont observé deux vagues de population[1] : à la fin du néolithique y ont vécu des groupes humains, peu nombreux et itinérants, qui n'exploitaient pas les ressources de la mangrove et utilisaient peu les ressources de la mer. Il s'agirait de riziculteurs de riz sec, qui sont venaient de l'EST. Puis, Entre 200 et 700 après JC, arrivent du territoire l'actuelle Guinée-Bissau, des populations habituées à la mer et à la mangrove.

Au Nord-est et au Sud, un ensemble de nations "plus terriennes et commerçantes"[modifier | modifier le code]

Ces nations, Baïnouk-Kassang au nord , Landuma-Pajadinka au sud, divergent par leurs institutions politiques, leur organisation sociale, leurs cultures, etc.

Elles constituent cependant un ensemble identifiable. Bien que pratiquant aussi la riziculture, elles ne se définissent pas par rapport à cette pratique. Peu à peu, elles s'érigent en intermédiaires, permettant notamment le commerce entre les nations côtières et les nations de l'intérieur du continent, mais aussi plus au nord et plus au sud.

Ces deux nations ont tissé un réseau commercial dont le cœur est un ensemble de marchés internationaux, situés en bordure de fleuves.

La nation Bainouk a peut-être été le premier occupant de la région. En effet, à la fin de cette période, le Royaume Bainouk était le plus étendu et le plus organisé ; le plus centralisé aussi. Ce royaume a probablement été dirigé originellement par des femmes.

En mouvement[modifier | modifier le code]

Les échanges ne se limitent pas au commerce. Comme partout, les mouvements de population sont nombreux soit par l'arrivée de nouvelles communautés, le départ d'autres, soit par des déplacements de groupes de population, des mariages, des commerçants allant de marché en marché, etc. entre ces petits pays.

Une mosaïque de peuples et d'États entre Sahel et Tropiques, mer et terre ; mais aussi un melting-pot.[modifier | modifier le code]

Melting Pot[9],[3]

Ces différentes nations, et celles qui suivront au long des siècles ont généralement une forte tradition de réciprocité entre villages hôtes et nouveaux[10],[2]

Début du deuxième millénaire[modifier | modifier le code]

Les États du littoral sont principalement :

  • la Nation Felupe/Djola (Royaume de Cacheo?) entre Gambie et Rio Cacheo. Le nom Djola ("vassal" du Mandé) est resté à la partie Nord de la nation Felupe située sur la côte entre les fleuves Gambie et Casamance.
  • la Nation Brâme, qui lui est proche, est divisée en multiples seigneuries, selon un système féodal
  • La Fédération Balante possède une organisation politique qui la distingue très nettement. Non centralisée, elle fédère des communautés aux organisations variées, avec cependant dominante commune : la répartition des pouvoirs. De plus c'est une nation très ouverte : elle s'enrichit sans cesse de nouveaux venus de tous les pays voisins. Cela lui permet d'étendre de manière naturelle et progressive son territoire, sans besoin "d'annexion".
  • plus au sud, Bagas, etc.

Outre les territoires qu'elles occupent, ces nations se distinguent les unes des autres par leur organisation politico-administrative et religieuse.

Le Nord-est est donc occupé par le sud du puissant et très ancien Royaume Bainouk[11] entre Gambie et Geba. Originellement dirigé par des femmes, les hommes ont ensuite pris le pouvoir royal (les griots actuels semblent avoir "oublié" cette période, car ils ne connaissent que des listes de rois) et la noblesse, qui se transmettent malgré tout par la mère. Sa capitale est alors Mampating, située sur le territoire l'actuelle Guinée-Bissau

Il possède à ce moment un vaste réseau commercial vers le Nord et les royaumes Wolof, et vers l'Est et le Royaume du Ghana, ce qui donne accès aux produits transsahariens : ses marchés sont notamment fréquentés par les commerçants longue distance Soninkés, puis, à cette période, des commerçants Mandé commencent à s'installer sur le fleuve Gambie, notamment le clan Sané.

La mémoire du Royaume va s'éteindre, très progressivement, après sa défaite (cf. plus bas). Cette extinction est alors pacifique : sa noblesse est intégrée dans les affaires du vainqueur et ses habitants se mêlent, par mariage, avec les différentes populations soit voisines, soit nouvellement installées sur leur territoire .

Au Sud, il y a plusieurs mouvements, avec des apports de populations diverses, dans ces nations de plus en plus commerçantes. Deux migrations ont un effet majeur sur la recomposition territoriale :

Au Sud une autre vague de migration Mandé, peu importante et antérieure à la création du Mali (cf plus bas), s'impose dans la partie Nord de la nation Landuma. Elle y crée le royaume de Kinara, très héirarchisé. Sa population, appelée Beafada, est dirigée par une classe aristocrate majoritairement issue de cette immigration Mandé. Le royaume de Kinara joue un rôle important dans les échanges commerciaux, étant au centre d'un réseau commercial alliant la connaissance du commerce sahélien longue distance des commerçants Mandé et les connexions des Landuma avec les nations plus au sud.

Dans la même zone des groupes, issus d'une même région du plateau du Fouta Djalon, arrivent par étapes. Ils ne s'installent pas le long des côtes ni les rivières. Leur démographie va en grandissant et ils deviendront, plus tard, la nation Nalu, dont le pays séparera alors le royaume de Kinara du pays Landuma. Ceci renforcera alors la position commerciale du Kinara qui gardera ses réseaux du fait de sa proximité d'origine.

La nation Sosso

Le bouleversement important vient au XIIIe siècle aussi l'Est : sur les ruines du royaume du Ghana détruit par le Maroc, se développe l'Empire du Mali, puissance avec laquelle doivent alors compter le Maroc et l'Égypte. Après avoir vaincu par la force, notamment avec l'appui du général Tiramaghan, la ligue des forgerons Soninké qui dirigeait le Ghana, Soudjata Keita crée une noblesse guerrière liée à la cavalerie et non plus aux ligues professionnelles. Les ligues, malgré leurs efforts, ne parviendront jamais à reprendre le pouvoir. Cette nouvelle noblesse appuie son pouvoir sur la force, la possession d'esclaves et en créant la caste des griots chargés de louer ses mérites[12].

Déclaré Mansa du Mali, Soundjata Keita et ses successeurs développent ce pays par des conquêtes, créent une administration et une organisation territoriale pour les territoires occupés : les Mansayas. Ces territoires politico administratifs sont dirigés par des Farims (pouvoir tournant entre quelques familles Mandé, en début d'occupation) soumis au Mansa du Mali.

Au prétexte d'un différent commercial entre un roi Wolof et Soundjata Keita, celui-ci envoie son cousin, le général Tiramaghan Traoré pour des représailles qui seront victorieuses. Tiramaghan Traoré se voit alors confier l'extension de la partie Ouest de l'Empire pour permettre l'accès de l'empire directement à la mer et au précieux sel. Entre 1235 et 1265, son armée ce cavaliers, suivie d'un énorme convoi de la population, représentant tous les corps de métier, envahira la zone entre le Sénégal et le Geba. Cette armée vaincra en 1250 le roi Bainouk Kikikor en rase campagne près de sa capitale, Mampating. Kikikor est fait prisonnier, de manière à permettre l'intégration colons mandingues à son peuple .

C'est la fin du royaume Bainouk, divisé en Mansayas. Celui de Sankola, le Sankolanké, à quelques dizaines de km au nord de l'actuel Bafatá, sera un peu plus tard le siège économique dans un premier temps, car il est le nœud du commerce entre avec le reste de l'Empire et en particulier avec les commerçants du Manding Mansa. Tiramaghan se déplace constamment d'une Mansaya à l'autre, afin de s'assurer la bonne administration des Mansayas. C'est lui, qui après chaque conquête, avait nommé les dirigeants de chaque nouvelle Mansaya parmi ses guerriers.

Les populations des anciennes nations sont facilement intégrées dans ces Mansayas occidentales, selon une politique qui prévaut dans tout l'empire du Mali. Cette intégration est à deux sens car les Mansayas intègrent certaines règles des nations conquises. De ce fait, les Mansayas entre Gambie et Geba, sont très différentes des autres Mansayas de l'Empire. On peut par exemple noter le matrilinéage[3] issu des lois Bainouk, et en conséquence le partage par des descendants de Bainouks du pouvoir tournant avec des familles non Mandé, l'importance des religions animistes, la nomination de l'ancienne noblesse à la tête de territoires décentralisés, etc. De ce fait, les religieux musulmans jouent dans ces Mansayas un rôle différent des autres régions de l'Empire où l'islam est plus généralisé et renforcent le maraboutisme comme instrument de pouvoir auprès de la noblesse, mais ils n'accèdent jamais à des fonctions dirigeantes, ni de noblesse.

Cette conquête permet d'installer un commerce longue distance avec les grands centres commerciaux sahéliens, qui permettent l'accès aux produits du commerce transsaharien, avec les nations du Maghreb et d'Asie.

Les Nomades : les installations de villages d'agriculteurs dans l'Empire, comme le Ghana, s'accompagnent toujours en périphérie de l'installation d'éleveurs (foulo selon les Mandingues), anciens nomades formant la nation Fulbé. La présence du bétail permet le fumage des cultures, et l'échange de céréales contre du lait.

Entre les XVe et XVIIIe siècle[13],[9][modifier | modifier le code]

L'organisation Mandé-Banhuns se renforce et devient le Kaabunké indépendant, toujours animiste et gouverné par des militaires.[modifier | modifier le code]

Malgré la dégradation de l'empire du Mali, elle se transforme au fil des siècles. Vers le XVe siècle, le Farim du Sankolanké est Farsisangu. Mais après son règne, le Sankolanké est divisé en Birasunké et Kaabunké ; le centre économique et politique des Mansayas de la région se déplace vers la capitale de ce dernier, Kansala. Le Kaabunké prend de l'ampleur jusqu'à englober toutes les Mansayas se situant sur un territoire allant de la Gambie au rio Grande, notamment le Birasunké[14].

Au XVIIe siècle, le Kaabunké décrète son autonomie par rapport au Mali très affaibli par l'invasion du Songhai. Son Farim, qui alterne entre 3 familles, prend le titre de Mansa du Kaabunké. Le Kaabunké reste un État décentralisé et comprend jusqu'à une vingtaine de Mansayas à certaines époques[11]. Cette décentralisation permet des variations politico-administratives d'une Mansaya à l'autre.

Cinq éléments fondamentaux vont permettent son maintien :

  1. Le commerce vers l'Est (menant au le commerce transsaharien) est rendu difficile par la création des royaumes Fulas qui ont séparé pays Djolof, Kaabunké, et Guinala de l'ancien empire du Mali. Le kaabunké profite alors pleinement de la réorientation du commerce vers la mer. Le Mansa du Kaabunké, localisé à Kansala, envoie des émissaires sur les marchés le long du Geba et de la Gambie, et notamment dans les comptoirs européens (cf ci-dessous).
  2. Les réseaux commerçants longue distance. Les Mandingues Musulmans (Diolas) ne sont pas seuls ; ils sont aussi accompagnés de commerçants Juifs ayant fui l'Espagne et le Portugal, et de "Chrétiens" (juifs portugais et espagnols convertis de force au christianisme). Tous sont liés à des réseaux commerciaux transsahariens et œuvrant dans les marchés au Nord-Est du Sahara (par exemple Arguin, port et centre commercial maure, notamment textile, qui reçoit aussi les bateaux de commerçants portugais et Juifs ayant fui sur les navires portugais). Aussi certains commerçants longue distance musulmans, Juifs et Chrétiens du Geba et de Gambie font probablement partie de réseaux communs à certains commerçants de navires portugais. Ceci facilitera, aux XVe et XVIe siècles, le commerce entre Afrique de l'Ouest et Atlantique. À l'arrivée des premiers navires portugais dans les marchés de Gambie, on connaissait l'existence des chrétiens. Leur arrivée par la mer, cependant, a surpris et suscité la curiosité.
  3. Il garde secret le lieu de sa capitale et le Mansa ne permet pas aux commerçants européens de pénétrer à l'intérieur du royaume.
  4. La demande d'esclaves augmente de manière inconsidérée
  5. L'élite des nobles est constituée de guerriers (cavaliers) : le Kaabunké fait alors reposer la majeure part de son développement économique sur des guerres-razzia avec les nations voisines, notamment vers l'est.

Cependant, ce choix stratégique de gouvernance militaire s'avèrera plus tard être sa faiblesse, car il omet le développement des autres strates de sa population. Les ligues professionnelles, cordonniers et forgerons, nobles de classe inférieure (l'empire du Mali est un putsch de chasseurs devenus militaires cavaliers contre les ligues, notamment de forgerons, anciens dirigeants du Ghana et du Mandé primitif), ne profiteront pas de la richesse accumulée : du fait du commerce surtout orienté sur le troc, les Mansas successifs choisis parmi les nobles guerriers troqueront l'or, les esclaves et autres denrées contre des chevaux, mais aussi les armes, les selles des chevaux, du mobilier et des ustensiles de luxe. Cela empêchera le développement d'un artisanat de production, les artisans restant confinés à la réparation de ce qui est acquis par le commerce international.

Les peuples côtiers[modifier | modifier le code]

Selon les périodes ou les circonstances, ils feront allégeance au Mansa du Kaabuké. Mais le plus souvent ils resteront indépendants. Ils sont toujours constitués de

  1. L'ensemble des petits royaumes Brâmes (Borumos/Pepels), forment 4 groupes à la fin du XVIIIe siècle, société linéagères, où des lignées se font et défont en cherchant pouvoir et surtout richesse en s'alliant, par mariage, avec les lignées diverses, notamment dans les nations voisines
    • Bissau : les seigneurs de l'île Bissau dépendent de celui de Bissau (un village proche du comptoir portugais qui a pris le même nom).
    • Fin XVIIIe siècle : le seigneur de Bassarel organise, en fin de siècle, l'administration de tous les villages alentour rassemblés en une seule entité, en définissant d'autres règles politico-administratives que celles prévalant chez l'ensemble des lignées Pepels. Les habitants de ce territoire seront peu à peu appelés "Mandjacos" (nom utilisé auparavant pour les marins africains travaillant sur les navires portugais) par l'envahisseur portugais. Ce territoire sépare l'île de Bissau d'autres territoires Brâmes/Pepel, ce qui entraîne la création de deux autres entités :
    • Les "Pepels du Nord", qui restent organisés selon le modèle ancien, mais sont dès lors séparés géographiquement du royaume de Bissau.
    • Les royaumes de Bula et de Cô, dont les habitants seront appelés "Mancagnes" par l'envahisseur portugais, qui développent aussi une organisation politique particulière.
    • Les îles de Jeta et Pecixe, deviennent une sorte de mélange entre l'organisation de l'île de Bissau et le territoire de Bassarel.
  2. la Nation Confédérée des Balantes, au début riziculteurs autour de Mansoa, étend significativement son territoire pendant toute cette période. Son organisation sociale reste horizontale, mais aussi ouverte à l'accueil de nouvelles populations (parfois des villages entiers) qui sont la raison principale de son extension, vers le nord et vers le sud. Cette politique d'accueil fait que cette nation, d'un village à l'autre, peut avoir des organisations, coutumes et langues différentes, l'organisation horizontale et la riziculture restant la base de la nation.
  3. Au nord, les Royaumes Felupes (et Djolas selon la dénomination Mandé au nord de la Casamance), pêcheurs et riziculteurs.

Au sud, au XVe siècle le Royaume de Kinara est à son apogée.[modifier | modifier le code]

Le Rio Grande coule au centre du royaume et il est assez puissant pour refouler entre 1474 et 1514 une importante invasion Fula[15] En effet, les Beafadas, avant leur islamisation, avaient organisé un réseau commercial important avec le Sud. L'arrivée des européens lui permet de renforcer son rôle d'intermédiaire, notamment en leur permettant l'accès non seulement aux produits sahéliens et des nations forestières, mais aussi aux produits artisanaux Nalus, dont la côte était difficile d'accès aux navires.

Mais ensuite, le royaume de Kinara diminue progressivement au cours de ces siècles et perd sa dominance[16] pour arriver au XIXe n'occuper plus que le Sud de du Rio Grande. Son déclin démographique pourrait être lié au défaut d'assimilation de nouveau clans dans l'organisation de ce royaume. Cette diminution démographique des Beafadas et leur perte de territoire se fait surtout au profit des Balantes, dont l'explosion démographique est liée à leur politique d'accueil des réfugiés[17],[18].

Les petites seigneuries Nalus[modifier | modifier le code]

Elles se renforcent peu à peu partir de migrations successives depuis une région du massif du Fouta Djalon. Tant qu'elles n'ont pas accès à la mer et aux fleuves, elles commercent beaucoup avec la côte (peules côtiers et bateaux européens) par l'intermédiaire des Beafadas. Lorsque leur nation a réussi à s'étendre jusqu'aux frontières des nations côtières et la mer, le commerce s'établit directement. Or pendant ces quelques siècles, leur croissance démographique a été importante; mais surtout les petites vagues successives d'arrivants étaient constituées de populations dont eux-mêmes étaient issus. Cela leur a permis de constituer des organisations politique et économique, le développement d'un artisanat de grande qualité, et d'étendre leur territoire.

La nation des îles Bissagos[modifier | modifier le code]

L'arrivée de commerçants européens le long des fleuves, début de la nation Kriolo, mais aussi catastrophe due au commerce d'esclaves à grande échelle pour les Amériques.

D'abord une arrivée de navires par mer, considérée comme dangereuse par les Felupes et le long de la Gambie, du fait des méfaits commis par ces chrétiens, ennemis venus de la mer, en pays Djolof dans les années précédentes.

L'écuyer portugais (de Madère) Álvaro Fernandes est le premier portugais à avoir pris contact (difficilement) avec des populations de cette zone en 1447 (le fleuve Gambie?), un an après que le navigateur Nuno Tristão eut été tué probablement sur le fleuve Diombos par les habitants du Saloum (pays Sérère)[19]. Ce combat aurait un lien avec des captures d'habitants lors d'intrusions de guerriers du Bour Djamel [20](roi Djolof, Seigneur du Cayor), dans le but unique de les vendre comme esclaves à des commerçants blancs venus en bateau par la mer... Le début d'une histoire qui va devenir un fléau.

Les villageois Felupes, à l'embouchure de la Gambie, ont appris que les chrétiens anthropophages arrivent par mer et achètent des esclaves en pays Djolof pour les dévorer. En 1455 , trois commerçants Vénitien, Génois et Portugais, commandant des caravelles portugaises, s'étaient fait accompagner d'interprètes, esclaves venus du pays Djolof en quête d'affranchissement. Lors d'une discussion sur le rivage avec les villageois, un de ceux-ci est tué. Cela fait fuir les caravelles. Plus loin sur le fleuve, des guerriers en pirogue attaquent les 3 caravelles. Ils subissent de lourdes pertes, du fait d'armes bruyantes, lançant de lourdes munitions et probablement d'origine diabolique tirées depuis les navires. Néanmoins, ils n'abandonnent pas et remportent cette bataille, les caravelles s'enfuient. Les guerriers cependant promettent aux navires de transmettre leur message à leur Mansa : ils viennent uniquement commercer, pas guerroyer.

Une politique commerciale remplace en effet la politique guerrière du Portugal[modifier | modifier le code]

En 1456, Le Mansa ayant pris acte du changement, reçoit le Génois et le Vénitien au commencement de 2 caravelles portugaises. Il les reçoit dignement à titre de représentants du Roi du Portugal et leur permet aussi de visiter le marché et de commercer. C'est le début d'un commerce entre les marchés de Gambie et les chrétiens venus de la mer, qui inversera peu à peu les flux de marchandises, qui jusqu'ici allaient vers l'est, puis le Sahara. Ensuite, le Royaume de Guinala voit arriver ces deux navires. Mais les villageois Beafadas ne comprennent pas les langues de ces commerçants. En effet le Rio Geba est non seulement une frontière géographique, mais aussi linguistique. Les villageois et autres populations voisines côtières venues voir et visiter les navires étrangers (aussi long que les leurs, mais plus hauts et navigant sans rames) pourront troquer quelques affaires, mais faute de compréhension, ce commerce ne durera que quelques jours cette première fois. Ils regardent donc repartir les navires qui retourneront dans leur pays. Plus tard, les autorités des deux côtés du Geba autoriseront l'installation de points de commerces par les portugais.

Autorisation de l'installation des comptoirs[modifier | modifier le code]

Les autorités locales - rois des peuples côtiers (Bissau) ou un de leurs vassaux (Cacheu), Mansas (Farim), roi de Kinara (Geba) , roi Bissagos (Bolama à certaines périodes) - autorisent l'installation de comptoirs en échange d'une redevance commerciale et de la location du terrain. En parallèle se développe, le long des fleuves, un commerce direct entre navires européens et producteurs et/ou commerçants locaux (favorisé par la présence de grumettes et lançados) ou commerçants internationaux (commerçants Beafadas pour les produits du Sud et Dyoula pour les produits du Sahel et l'or), permettant de contourner les commerçants et les taxes des comptoirs.

Ces quelques comptoirs[21] ont été installés par le royaume du Portugal sur cette côte, nommée par les navigateurs Rios da Guiné de Cabo Verde. En 1630, une capitainerie générale de la Guinée portugaise est mise en place, pour les administrer et veiller à ce que le commerce ne se fasse qu'avec les navires portugais. Ceux-ci participent aussi au commerce triangulaire et emmènent de nombreux esclaves vers les Amériques, en passant par les Îles du Cap-Vert. Cacheu devient l’un des centres de commerce des esclaves de ce territoire, mais du Sénégal à la Guinée, ce commerce d'esclaves sera moindre que plus au Sud (du Ghana actuel à l'Angola.). La traite décline au XIXe siècle et Bissau, construite en 1765 pour être un fort militaire protégeant un comptoir, centre commercial, y compris d'esclaves, reste une place de commerce.

Sur toute la côte africaine ce commerce des esclaves a généré entre les différents royaumes et nations et à l'intérieur même des pays, des conflits, des renversements de pouvoirs et des désorganisations d'États. Le conflit entre royaumes Wolofs auquel s'ajoute le combat ayant mené à la mort du Portugais Nuno Tristao aura été le début d'une longue série de conflits internes qui a déstabilisé la côte atlantique comme l'arrière pays du continent.

XIXe et première moitié du XXe siècle : deux terribles conflits et annexion par un pays lointain[modifier | modifier le code]

Le conflit entre Fulbés et l'administration Mandinka du Kaabu dégénère en guerre : création de la Nation Fuladu[modifier | modifier le code]

Le milieu du XIXe siècle est marqué par un conflit majeur initié par les Fulbés du Fuladu contre les autorités Mandés du royaume du Kaabu en plein déclin. Le royaume voisin du Futa Djalon (situé dans l'actuelle Guinée Conakry) envoie une armée en soutien au Fuladu, ce qui entraînera la défaite du Mansa du Kaabu en 1867 et sa chute définitive[22]. Ce conflit a engendré en 50 ans plus de cent batailles.

Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, le Portugal conclut des alliances avec des leaders du Fuladu, ce qui l'amène à intervenir militairement.

Le Portugal échangea une partie de ses conquêtes au profit de la France, la Casamance, dont les comptoirs furent un temps le centre des intérêts commerciaux portugais dans la région. Un conflit entre européens (Grande-Bretagne qui disposait d'un important comptoir à Bolama) à propos de l'île de Bolama fut arbitré en Europe en faveur du Portugal, avec la participation du président des États-Unis Ulysses Grant.

Conquête par le Portugal, et nations réduites au concept d'ethnie : naissance de la Guiné.[modifier | modifier le code]

Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, le Portugal mène de nombreuses agressions contre les royaumes de l'Ouest qui lui ont confié des concessions commerciales portuaires. Face à ces agressions, des alliances militaires se créent, notamment entre les Royaumes Papel, Mandjaques, et la Nation Confédérée Balante.

À l'Est, il dispose des alliances avec certains des leaders du Fuladu (cf paragraphe précédent). En retour, le Fuladu fournit par la suite de nombreux soldats qui permettront de compléter l'invasion portugaise, qui ne fut cependant jamais totale, devant subir régulièrement de fortes révoltes.

Avant la Première Guerre mondiale, les forces portugaises avaient soumis tant bien que mal donc les royaumes côtiers, avec le soutien d’une partie de leurs alliés à l'Est. Le Portugal et la France, qui avait conquis les royaumes voisins, fixèrent conjointement les frontières du nouveau pays, dénommé Guiné Portuguesa, au cours d'expéditions conjointes de géographes sur le terrain.

L’intérieur de la Guinée portugaise fut à peu près "maîtrisé" par le Portugal après 30 ans de combats qui se conclurent par la reddition des Bijagos en 1936.

Le territoire n'est pendant cette période qu'une colonie, puis province (1952) du Portugal, avec un chef-lieu administratif à Bolama, puis à Bissau en 1941

En 1952, un amendement constitutionnel modifia le statut de la colonie de la Guinée portugaise, qui devint une province d’outre-mer du Portugal.

Lutte pour l’indépendance par rapport au Portugal[modifier | modifier le code]

En 1956, Amílcar Cabral et Rafael Barbosa fondèrent clandestinement le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). En 1959, une grève ouvrière au port de Bissau aboutie à un massacre. Cinquante ouvriers sont tués par les forces de l'ordre portugaises et plus de 100 blessés. Ce massacre constitue un « tournant de la réflexion des nationalistes révolutionnaires », les incitant à reconsidérer les luttes pacifiques menées jusqu'alors pour envisager la lutte armée[23]

Le PAIGC déplaça ses quartiers à Conakry, en Guinée Conakry, en 1960 et entama une rébellion armée contre le Portugal l’année suivante. Il remporta rapidement des victoires et les « zones libérées » s'étendent sur 50 % du territoire dès 1966, puis 70 % à partir de 1968. Il instaura un pouvoir civil et organisa des élections législatives dans les zones passées sous son contrôle, tandis que les forces et les civils portugais étaient confinés à leurs garnisons et aux grandes villes. Les rebelles tentent de reconstruire un modèle politique où le pouvoir serait exercé par les paysans eux-mêmes et entreprennent de développer le système sanitaire et l'alphabétisation

Le PAIGC explique comme suit le déroulement de l'insurrection : « Nous déclenchons la lutte armée au centre de notre territoire et adoptons une stratégie que nous pouvons appeler centrifuge, qui part du centre et va vers la périphérie. Cela a totalement surpris les Portugais qui avaient placé leurs forces aux frontières de la république de Guinée et du Sénégal, espérant que nous essaierons d'envahir le pays. Nous nous mobilisons dans les villages et nous organisons clandestinement dans les villes et les campagnes, nous préparons nos cadres, nous armons le minimum de gens, davantage avec des armements traditionnels qu'avec des armes modernes, et nous déclenchons la révolution à partir du centre de notre pays »[23].

L'objectif se situe au-delà de la seule indépendance nationale. Selon Cabral : « nous ne luttons pas simplement pour mettre un drapeau dans notre pays et pour avoir un hymne mais pour que plus jamais nos peuples ne soient exploités, pas seulement par les impérialistes, pas seulement par les Européens, pas seulement par les gens de peau blanche, parce que nous ne confondons pas l’exploitation ou les facteurs d’exploitation avec la couleur de peau des hommes ; nous ne voulons plus d’exploitation chez nous, même pas par des Noirs ». Amílcar Cabral mourut assassiné à Conakry en 1973 et la direction du parti revint à Aristides Pereira, qui devint plus tard le premier président du Cap-Vert.

Création d'un nouvel État, la Guinée-Bissau[modifier | modifier le code]

L’Assemblée nationale du PAIGC se réunit à Boe et déclara l’indépendance de la Guinée-Bissau le 24 septembre 1973. Les Nations unies reconnurent l’indépendance en novembre de la même année par le vote 93-7 de l’Assemblée générale[11]. Fait sans précédent, le vote dénonça une agression et occupation illicite par le Portugal et intervint avant le retrait et la reconnaissance de l’indépendance par ce dernier. Le Portugal accorda officiellement l’indépendance à la Guinée-Bissau le , après la révolution des œillets et la chute de la dictature de Marcelo Caetano, en avril de la même année. Luís Cabral, demi-frère d’Amílcar Cabral, devint président de la Guinée-Bissau. Il sera renversé en 1980 par un coup d’État mené par le premier ministre et ancien commandant des forces armées, João Bernardo Vieira.

Présidence de Vieira[modifier | modifier le code]

Le Conseil révolutionnaire dirigé par Vieira fut au pouvoir en tant que gouvernement provisoire de novembre 1980 à mars 1984, date à laquelle le Conseil fut dissous et l’Assemblé nationale populaire reconstituée. L’assemblée, à parti unique, approuva la nouvelle constitution, élut Vieira à la présidence pour un mandat de cinq ans et élut le Conseil d’État, branche exécutive du pouvoir. Le président cumulait les charges de chef de l’État, chef du gouvernement et commandant en chef des forces armées.

Le gouvernement Vieira fut victime de tentatives de coup d’État en 1983, 1985 et 1993. En 1986, le premier vice-président Paulo Correia fut exécuté avec cinq autres personnalités pour trahison, à la suite d’un long procès.

Guerre civile et démocratisation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile de Guinée-Bissau.

En 1994, vingt ans après l’indépendance, la Guinée-Bissau vécut ses premières élections présidentielle et législative multipartites, et Vieira est réélu à la Présidence de la République. Quatre ans plus tard, en 1998, le parlement est en fin de mandat ; le président de la République refusa de procéder aux nouvelles élections législatives; un soulèvement militaire, autoproclamé "junte militaire" et mené par le général Ansoumane Mané plongea, le 7 juin 1998, le pays dans un conflit interne et externe (intervention de l'armée sénégalaise appelée par le président): le président fut renversé par la "junte" le et contraint à l'exil. En février 2000, Kumba Ialá, leader de l’opposition, fut élu à l’issue de deux tours d’élection présidentielle qualifiée de transparente par les observateurs. Il établit un gouvernement provisoire, mais le retour à la démocratie fut compliqué par une économie dévastée par la guerre civile et la propension de l’armée à s’immiscer dans les affaires gouvernementales. Le poids des anciens combattants qui ont obtenu l'indépendance de leur pays est en effet tel que l'armée est le véritable socle du pouvoir politique[24].

En septembre 2003, un coup d’État mené par le général Veríssimo Seabra Correia déposa Ialá. Reportées plusieurs fois, les élections législatives eurent finalement lieu en avril 2004. Seabra fut tué en octobre de la même année par des factions mutinées. D’après le premier ministre Carlos Gomes Júnior, les mutins étaient des soldats au service de l’ONU rentrés du Liberia et insatisfaits de n’avoir pas encore reçu leurs primes. Vieira, rentré d'exil en juin sous protection de l'armée, fut réélu président le , avec le soutien de Kumba Ialá au deuxième tour. Le 2 mars 2009, Vieira est assassiné dans sa résidence par des militaires en représailles contre un attentat à la bombe ayant visé, et tué, la veille, le chef d'état major des armées Tagme Na Wai.

Le 26 juillet 2009, Malam Bacai Sanha, candidat du PAIGC, remporte au deuxième tour l'élection présidentielle. Il décède de maladie le 9 janvier 2012 et de nouvelles élections présidentielles sont programmées pour le 11 mars 2012.

Le premier tour des élections présidentielles du 11 mars 2012 accorde au Premier ministre sortant, Carlos Gomes Jr, 49 % des voix, et à l'ancien président Kumba Ialá 23,3 %. Le second tour n'a pas le temps de se tenir car, dans la soirée du 12 avril 2012, un putsch dirigé par le général Mamadu Ture Kuruma, vice-chef de l'état-major dépose le Premier ministre intérimaire Adiato Djaló Nandigna, tandis que Carlos Gomes Jr, enlevé avec d'autres responsables politiques est interné à la forteresse d'Amura[25]. L'Union africaine suspend la Guinée-Bissau le 17 avril 2012. Mamadu Ture Kuruma devient de facto le dirigeant du pays. Manuel Serifo Nhamadjo, président de l'Assemblée nationale populaire, est nommé président de la République par intérim mais celui-ci refuse cette nomination le [26] avant de l'accepter le [27].

En 2014, José Mário Vaz remporte l'élection présidentielle du [28], marquant le retour progressif à la légalité constitutionnelle. Pour autant, l'instabilité persiste. Le premier ministre désigné, Domingos Simões Pereira, chef du PAIGC, est renvoyé en août 2015 à la suite d'un conflit avec son président José Mário Vaz sur le sujet sensible de la lutte contre la corruption, faisant rentrer le pays dans une grave crise politique.

Un nouveau premier ministre, Baciro Djá, est désigné le au poste de Premier ministre[29], au grand dam du PAIGC qui dénonce un « coup d'État constitutionnel »[30]. Le , il forme son gouvernement[31], qui est investi le même jour par l'Assemblée nationale populaire. Cependant, il doit démissionner deux jours plus tard, à la suite de l’invalidation par la Cour suprême de sa nomination[32]. Il est ensuite exclu de son parti, le PAIGC[33].

De nouveau nommé Premier ministre le , il prête serment le 27 du même mois[34]. Cependant, le gouvernement sortant refuse de céder le pouvoir[35]. Le , il forme son gouvernement[36] puis une semaine plus tard prend possession du siège du gouvernement[37].

Au mois de septembre 2016, le président guinéen Alpha Condé, médiateur de la crise bissau-guinéenne, et son homologue du Sierra Leone Ernest Baï Koroma obtiennent un compromis politique signé le 10 septembre par toutes les parties ː ce sont les accords de Conakry[38]. Ils portent en particulier sur le choix du premier ministre, sur la composition du gouvernement, la réforme constitutionnelle, la réforme électorale.

Le 18 novembre 2016, Umaro Sissoco Embaló est nommé Premier ministre. Artur Silva lui succède le 31 janvier 2018. Aristides Gomes lui succède à son tour le 16 avril 2018.

Lors d'une réunion du 30 août 2018[39] du conseil de sécurité de l'ONU, les signes d'une amélioration de la situation politique sont soulignés mais il est rappelé que des points des accords de Conakry restent à réaliser ː réforme constitutionnelle et réforme électorale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

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